Ssangyong Rodius

Ssangyong Rodius

Lancé en Corée du Sud en 2004 puis commercialisé en France à partir de juin 2005, le Ssangyong Rodius est un grand monospace de sept places conçu pour transporter une famille et ses bagages sans imposer le prix d’un véhicule haut de gamme. Sa longueur de plus de cinq mètres, sa silhouette inhabituelle et la possibilité d’une transmission intégrale le distinguent immédiatement des monospaces européens de son époque. Les caractéristiques présentées ici concernent principalement la première génération et son diesel 270 XDi vendu en France.

Un grand monospace dans une gamme de 4×4

Au début des années 2000, Ssangyong est surtout connu pour ses véhicules tout-terrain. Avec le Rodius, le constructeur sud-coréen s’adresse à un autre public : les familles nombreuses et les conducteurs qui recherchent beaucoup d’espace à bord. Il conserve toutefois une particularité de sa gamme, la possibilité de choisir quatre roues motrices. Le modèle est présenté et mis en vente en Corée en mai 2004, avant d’arriver sur le marché français l’année suivante.

En France, le Rodius propose sept sièges dans une carrosserie de monospace à cinq portes. Sa longueur de 5,13 m le place parmi les véhicules familiaux les plus imposants de son temps. Il se compare davantage, par le volume qu’il offre, aux très grands monospaces qu’aux modèles compacts. Son positionnement tarifaire constituait une part essentielle de l’offre : il permettait d’accéder à sept vraies places et à un grand coffre pour un montant inférieur à celui de plusieurs véhicules de dimensions voisines.

Sur certains marchés, le Rodius a été vendu sous le nom de Ssangyong Stavic. Cette appellation ne désigne donc pas nécessairement une carrosserie différente. Pour identifier un exemplaire, son année, sa face avant et son moteur sont plus utiles que le nom inscrit sur le hayon.

Une silhouette immédiatement reconnaissable

Le dessin du premier Rodius est attribué au designer britannique Ken Greenley. Son avant arrondi, sa calandre initiale en V et ses grandes optiques contrastent avec une partie arrière haute et presque cubique. De profil, la forme de la vitre de custode attire particulièrement l’attention : elle rompt la ligne des autres vitrages et donne au véhicule une allure difficile à confondre avec celle d’un concurrent. Ce style a suscité des réactions très partagées dès le lancement, mais répondait aussi à une priorité concrète, préserver de la place pour les occupants et leurs bagages.

La carrosserie évolue pour le millésime 2008 après la présentation d’une face avant revue en 2007. La calandre devient plus horizontale et le bouclier change, tandis que le profil et la grande partie arrière restent reconnaissables. Cette évolution est un restylage de la première génération, non l’arrivée d’un nouveau Rodius.

La véritable seconde génération apparaît en 2013. Son dessin est plus conventionnel et elle abandonne notamment la vitre de custode si caractéristique du modèle d’origine. Cette distinction compte aussi sur le plan mécanique : les fiches des Rodius II équipés de diesels 2.0 ou 2.2 e-XDi ne décrivent pas le 270 XDi de la première génération.

Sept places, un coffre et une organisation particulière

Le principal argument du Rodius est son espace intérieur. En configuration française à sept places, sa fiche annonce un coffre de 577 litres, une capacité intéressante pour un véhicule dont tous les sièges peuvent être occupés. Les sièges arrière offrent plusieurs possibilités d’aménagement, dont le pivotement de certains éléments, mais il serait trompeur de résumer cette habitabilité à une modularité parfaite : les manipulations et l’encombrement des sièges doivent être appréciés sur le véhicule lui-même.

La longueur et l’empattement profitent aux passagers, mais se ressentent lors des manœuvres et du stationnement. De même, une transmission intégrale peut présenter un intérêt sur chaussée difficile ou pour certains usages de traction sans transformer ce grand monospace en tout-terrain spécialisé. Pour un achat d’occasion, il faut vérifier la configuration exacte inscrite sur la carte grise : nombre de places, transmission, masse autorisée et capacité de remorquage varient avec la version.

Le cinq cylindres 270 XDi et les transmissions

Le Rodius français de première génération est principalement associé au cinq cylindres turbodiesel 270 XDi, également proposé sur le Ssangyong Rexton. Son injection directe à rampe commune et son couple répondent à la vocation du véhicule : déplacer une carrosserie lourde, des passagers et des bagages. La fiche française de 2005 indique 165 ch, même si certains essais d’époque affichent 164 ch en raison des conventions de présentation ou des arrondis.

La boîte manuelle et la boîte automatique comptent chacune cinq rapports sur les versions 270 XDi documentées. Le choix ne se limite pas à la boîte : des Rodius à roues arrière motrices et à quatre roues motrices ont été proposés, avec une offre qui a évolué au fil des années. Il faut donc éviter d’attribuer systématiquement la transmission intégrale à tous les exemplaires, ou de supposer que deux véhicules portant le même badge disposent du même système.

Le poids influe sur le comportement. Un Rodius privilégie l’espace et la conduite souple plutôt que les changements rapides de direction ; son gabarit peut s’accompagner de mouvements de caisse sensibles. Les consommations normalisées des versions françaises consultées dépassent neuf litres aux 100 kilomètres. Elles servent à comparer les configurations d’époque, pas à garantir la dépense d’un exemplaire utilisé aujourd’hui.

Fiche technique de la Ssangyong Rodius

CaractéristiquePremière génération, 270 XDi français de 2005
CarrosserieGrand monospace, cinq portes, sept places
MoteurCinq cylindres en ligne turbodiesel, 2 696 cm³, injection directe à rampe commune, 20 soupapes
Puissance121 kW, soit 165 ch à 4 000 tr/min
Couple maximal340 Nm dans les fiches françaises consultées
ImplantationMoteur longitudinal avant
Boîtes de vitessesManuelle à cinq rapports ou automatique à cinq rapports selon version
TransmissionRoues arrière motrices ou quatre roues motrices selon version et année
StructureMonocoque en acier selon les fiches consultées
Suspension avantDouble triangulation, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques et barre stabilisatrice
Suspension arrièreIndépendante multibras, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques
DirectionÀ crémaillère, assistance hydraulique
Pneus215/65 R16 sur les versions françaises consultées
Longueur × largeur × hauteur5,13 × 1,92 × 1,85 m
Empattement3,00 m
Voies avant / arrière1,590 / 1,580 m
Poids à vide2 242 kg en boîte manuelle ; 2 268 kg pour la fiche automatique consultée
Volume de coffre577 litres en configuration sept places selon les fiches consultées
Réservoir80 litres
Vitesse maximale174 km/h pour la version automatique documentée
Consommation mixte normalisée9,2 l/100 km en boîte manuelle ; 9,8 l/100 km pour la fiche automatique consultée
Émissions de CO₂245 g/km en boîte manuelle ; 249 g/km pour la fiche automatique consultée
Masse remorquable freinée2 850 kg sur les deux fiches françaises consultées, sous réserve de l’homologation de l’exemplaire

Évolutions et points à vérifier sur un exemplaire

La première question devant un Rodius d’occasion est son identification. Un modèle à calandre en V appartient à la première présentation de la première génération ; une calandre plus horizontale signale le restylage. Un véhicule immatriculé tardivement n’est pas forcément un Rodius II : la date de première mise en circulation ne remplace ni l’examen de la carrosserie ni celui de la motorisation. Les finitions et équipements pouvant différer d’un pays à l’autre, une annonce étrangère ne constitue pas une fiche fiable pour un exemplaire français.

Il convient ensuite de confirmer la boîte et le nombre de roues motrices, puis de contrôler leur fonctionnement lors d’un essai. Le bon état des sièges, de leurs mécanismes et des équipements de confort compte particulièrement dans un véhicule destiné à transporter régulièrement plusieurs personnes. Le poids et les dimensions justifient aussi un examen attentif des pneus, des freins et des éléments de suspension, sans qu’une expérience isolée de propriétaire permette d’en déduire un défaut systématique du modèle.

Enfin, les chiffres de consommation ou de remorquage publiés pour une autre année ne doivent pas remplacer les documents de l’exemplaire envisagé. Pour tracter, les masses inscrites sur sa carte grise et les limites applicables à l’attelage font foi : la valeur figurant dans une fiche générale ne suffit pas à établir ce que ce véhicule précis est autorisé à tirer.