Lancée en Europe en 2003, la Subaru Outback 3 correspond à la troisième génération de la lignée du break surélevé japonais. Elle conserve la formule qui a fait l’identité de la Subaru Outback : moteur à cylindres opposés à plat, transmission intégrale et carrosserie de break capable de quitter l’asphalte sans adopter l’architecture d’un véritable tout-terrain. Cette génération, généralement associée au type BP, se distingue aussi par une silhouette plus basse et plus élancée que celle de sa remplaçante.
La nomenclature peut prêter à confusion. Certaines bases françaises appliquent le nom Outback 3 à la génération commercialisée à partir de 2009 ou 2010. Dans la chronologie internationale de la lignée, la troisième génération est cependant bien celle apparue en 2003 et produite jusqu’en 2009. Elle accompagne la quatrième génération de Legacy et reçoit au cours de sa carrière des quatre et six cylindres essence, puis le Boxer Diesel européen à partir de 2008.
Une nouvelle génération lancée en 2003
L’Outback trouve ses origines dans la transformation du break Legacy en modèle à garde au sol accrue, démarche illustrée quelques années auparavant par la Subaru Legacy Outback. En renouvelant sa grande familiale en 2003, Subaru repense simultanément l’Outback. La troisième génération succède ainsi à la Subaru Outback 2 avec une base technique profondément modernisée.
Le nouvel Outback européen est annoncé durant l’été 2003 avant sa première mondiale au Salon de Francfort en septembre. Sa filiation avec la Subaru Legacy 4 est directe : les deux modèles partagent leur architecture générale, une partie importante de leur mécanique et un empattement de 2,67 m. L’Outback s’en distingue par sa garde au sol accrue, ses protections extérieures et sa présentation orientée vers un usage plus polyvalent.
Cette proximité avec la Subaru Legacy explique le caractère particulier de l’Outback 3. Plutôt que de concevoir un SUV haut et massif, Subaru part d’un break routier et conserve un centre de gravité relativement bas. Avec environ 4,73 m de longueur et 1,77 m de largeur dans les spécifications européennes courantes, il reste sensiblement plus fin que les générations d’Outback qui suivront.
Un break surélevé avant l’essor des SUV
Le dessin de l’Outback 3 reste immédiatement identifiable comme celui d’un break. Le long pavillon, le hayon presque vertical et les proportions générales sont proches de la Legacy, mais les passages de roues protégés, les bas de caisse spécifiques, les rails de toit et une garde au sol d’environ 200 mm sur certaines versions renforcent son caractère tout-chemin. Cette combinaison constitue alors une alternative aux SUV traditionnels.
Au milieu des années 2000, Subaru propose parallèlement le Subaru Forester 2, plus compact et plus proche dans sa présentation de l’univers des SUV. L’Outback vise davantage les conducteurs recherchant le comportement et l’habitabilité d’un grand break, avec une transmission intégrale permanente et une aptitude supérieure à circuler sur chaussée dégradée, enneigée ou non revêtue.
Un restylage intervient en 2006. Il touche notamment le bouclier avant, la calandre, les projecteurs, les ailes et les rétroviseurs. Les jantes évoluent également et l’arrière reçoit plusieurs retouches, dont un traitement différent du hayon et des feux. Dans l’habitacle, Subaru modifie certains éléments de présentation, le volant et la console centrale. Ces changements permettent de distinguer assez facilement une Outback 3 de première phase d’un exemplaire de fin de carrière.
Moteurs Boxer et transmission intégrale
L’architecture mécanique reste l’un des traits les plus caractéristiques de cette génération. Les moteurs sont disposés longitudinalement à l’avant et utilisent des cylindres horizontalement opposés. Cette configuration Boxer permet de placer la mécanique relativement bas et s’intègre au principe de transmission intégrale symétrique de Subaru. Le fonctionnement précis de l’AWD dépend toutefois du moteur et de la boîte de vitesses, toutes les Outback 3 n’employant pas exactement le même dispositif de répartition du couple.
En Europe, le 2.5i constitue l’une des motorisations essence centrales de la gamme. Ce quatre cylindres atmosphérique de 2 457 cm3 existe avec plusieurs niveaux de puissance au cours de la carrière du modèle, autour de 165 à 173 ch selon le millésime et l’homologation. Les différences de marché et d’évolution mécanique expliquent pourquoi une puissance unique ne peut pas décrire toutes les Outback 2.5 de cette génération.
Au-dessus se trouve la 3.0R, animée par le six cylindres à plat EZ30 de 2 999 cm3. Il développe 245 ch à 6 600 tr/min et 297 Nm à 4 200 tr/min. Associé à une boîte automatique sur les versions européennes concernées, il donne à l’Outback un positionnement plus haut de gamme et des performances inhabituelles pour un break surélevé de cette époque. Le restylage apporte notamment au 3.0R le système SI-DRIVE, permettant de modifier la réponse de la mécanique selon le mode sélectionné.
Certains marchés, particulièrement l’Amérique du Nord, disposent aussi d’une Outback 2.5 turbo d’environ 250 ch. Cette variante ne doit pas être confondue avec la gamme française courante. Elle illustre l’ampleur des différences de catalogue d’un pays à l’autre, Subaru adaptant moteurs, transmissions et carrosseries aux marchés concernés.
L’arrivée du Boxer Diesel en 2008
L’évolution mécanique la plus marquante de la fin de carrière intervient en 2008 avec l’arrivée du 2.0D en Europe. Dans un marché où le Diesel occupe alors une place considérable, Subaru développe une mécanique originale plutôt que d’abandonner son architecture traditionnelle : un quatre cylindres Diesel horizontalement opposé.
D’une cylindrée de 1 998 cm3, ce Boxer Diesel utilise un bloc en aluminium, une injection common rail et un turbocompresseur à géométrie variable. Il délivre 150 ch à 3 600 tr/min et surtout 350 Nm dès 1 800 tr/min. Son alésage et sa course sont identiques, à 86 mm, et le moteur est associé sur l’Outback européen de lancement à une boîte manuelle à cinq rapports.
Le 2.0D marque également une évolution de certains organes périphériques, avec notamment une direction assistée électrique. Sa consommation mixte homologuée autour de 5,8 l/100 km et ses émissions de CO2 annoncées à 153 g/km lui permettent surtout d’élargir fortement la pertinence commerciale de l’Outback sur le marché européen. Son apparition est historiquement notable : Subaru présente alors cette mécanique comme le premier moteur Diesel à cylindres horizontalement opposés destiné à une voiture particulière de série.
Fiche technique de la Subaru Outback 3
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Période | 2003 à 2009 |
| Carrosserie principale en Europe | Break 5 portes, 5 places, surélevé |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, transmission intégrale |
| 2.5i essence | 4 cylindres Boxer atmosphérique, 2 457 cm3, environ 165 à 173 ch selon version et millésime |
| 3.0R essence | 6 cylindres Boxer atmosphérique, 2 999 cm3, 245 ch à 6 600 tr/min |
| Couple 3.0R | 297 Nm à 4 200 tr/min |
| 2.0D | 4 cylindres Boxer turbodiesel, 1 998 cm3, common rail, turbo à géométrie variable |
| Puissance 2.0D | 150 ch à 3 600 tr/min |
| Couple 2.0D | 350 Nm à 1 800 tr/min |
| Boîtes de vitesses | Manuelles ou automatiques selon moteur et marché |
| Transmission | Intégrale Subaru AWD, système variable selon boîte et version |
| Structure | Monocoque en acier dérivée de la Legacy de quatrième génération |
| Suspension avant | Indépendante de type MacPherson, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Direction | À crémaillère assistée, hydraulique ou électrique selon version |
| Freins | Disques aux quatre roues, dimensions variables selon version |
| Longueur | Environ 4 730 mm sur les versions européennes documentées, variations selon marché et configuration |
| Largeur | 1 770 mm |
| Hauteur | Environ 1 545 à 1 550 mm sur plusieurs versions européennes documentées |
| Empattement | 2 670 mm |
| Voies du 3.0R | 1 495 mm avant, 1 485 mm arrière |
| Garde au sol | Environ 200 mm sur le 3.0R documenté |
| Pneus du 3.0R | 215/55 R17 sur la version française documentée |
| Poids | Variable selon moteur et équipement, environ 1,5 à 1,67 tonne pour les versions européennes documentées |
| Vitesse maximale 3.0R | 224 km/h |
| 0 à 100 km/h 3.0R | 8,5 s |
| Vitesse maximale 2.0D | Environ 200 km/h |
| 0 à 100 km/h 2.0D | Environ 9,2 s |
| Consommation mixte 3.0R | Environ 9,8 l/100 km selon homologation documentée |
| Consommation mixte 2.0D | Environ 5,8 l/100 km selon homologation documentée |
| Réservoir | Environ 64 litres |
| Volume de coffre | Environ 459 litres sur la configuration documentée, jusqu’à environ 1 649 litres banquette rabattue selon version |
Une génération à bien distinguer de sa remplaçante
L’Outback 3 reste plus proche visuellement d’un break traditionnel que la génération suivante. Son pavillon relativement bas, ses dimensions contenues et ses protections périphériques discrètes contrastent avec l’évolution ultérieure de l’Outback vers une silhouette plus imposante. Cette différence de proportions constitue l’un des moyens les plus simples d’identifier correctement le modèle de 2003 à 2009.
Les différences entre marchés compliquent néanmoins l’identification à partir d’une simple fiche technique. L’Amérique du Nord a notamment reçu des motorisations et configurations absentes du catalogue européen, ainsi qu’une déclinaison Sedan. Pour un exemplaire européen, les quatre cylindres 2.5i, le six cylindres 3.0R et, à partir de 2008, le 2.0D représentent les versions les plus significatives de la génération.
Cette période correspond aussi au moment où la formule Outback acquiert une identité de plus en plus indépendante de la Legacy. Sans abandonner sa base de break routier, l’Outback 3 consolide les attributs qui définiront durablement la gamme : transmission intégrale, moteurs Boxer, garde au sol importante et compromis entre comportement routier, capacité de chargement et utilisation sur terrains difficiles.




