Subaru Outback 2

Subaru Outback 2

Lancée en 1998 au Japon, la Subaru Outback 2 correspond à la deuxième génération de la lignée Subaru Outback. Elle conserve la formule qui a fait l’originalité du modèle : une carrosserie de break familial, une garde au sol augmentée, une transmission intégrale et des moteurs à cylindres opposés. Techniquement liée à la troisième génération de Legacy, elle porte principalement le code BH dans sa configuration break et prend le nom Legacy Lancaster sur le marché japonais.

Cette identification mérite d’être précisée, car la nomenclature utilisée en France n’est pas uniforme. Certaines bases automobiles appellent « Outback 2 » la génération BP apparue en 2003. Dans la chronologie historique de Subaru, la génération BH lancée en 1998 constitue bien la deuxième génération d’Outback. Selon les marchés, son arrivée intervient toutefois en 1998, 1999 ou au millésime 2000, ce qui explique une partie des différences rencontrées dans les catalogues.

Une deuxième génération étroitement liée à la Legacy

L’Outback 2 succède à la Subaru Legacy Outback, première interprétation de la formule apparue durant les années 1990. Subaru ne cherche pas à transformer son modèle en tout-terrain traditionnel. Le constructeur conserve au contraire les qualités routières et la capacité de chargement d’un break, auxquelles il ajoute une garde au sol importante et les aptitudes de sa transmission intégrale.

Le renouvellement accompagne celui de la Subaru Legacy. La nouvelle famille BE/BH apporte notamment une structure de caisse renforcée et une suspension arrière multibras. Cette dernière constitue une évolution importante pour un break : son architecture réduit l’encombrement des éléments de suspension dans le compartiment à bagages et permet d’obtenir un espace de chargement plus exploitable.

La chronologie commence au Japon en 1998 avec la Legacy Lancaster. Le modèle gagne ensuite les marchés d’exportation, avec notamment une commercialisation européenne à partir de 1999. En Amérique du Nord, la nouvelle génération est présentée au salon de Detroit en janvier 1999 avant le lancement du millésime 2000. Ces décalages expliquent pourquoi une Outback appartenant à la même génération peut être présentée comme un modèle 1998, 1999 ou 2000 selon le pays considéré.

Un break surélevé avant l’essor des crossovers

L’Outback 2 reste visuellement proche d’un break Legacy, mais plusieurs éléments traduisent sa vocation plus polyvalente. La caisse est surélevée, des protections extérieures renforcent son apparence et des barres de toit complètent généralement la présentation. La garde au sol peut atteindre environ 200 mm sur certaines versions japonaises, une valeur élevée pour une automobile conservant une architecture de break routier.

La face avant se reconnaît notamment à ses blocs optiques intégrant des éléments circulaires. Une évolution intervient en cours de carrière, avec une calandre élargie, des projecteurs et clignotants redessinés ainsi qu’un emblème Subaru replacé au centre de la calandre. Les détails de carrosserie et d’équipement varient néanmoins sensiblement entre l’Europe, le Japon et l’Amérique du Nord.

Ce positionnement distingue aussi l’Outback du Subaru Forester. Le Forester adopte une silhouette plus haute et plus proche de celle d’un SUV compact, tandis que l’Outback privilégie la longueur, le coffre et la position de conduite d’un grand break. Cette différence participe à l’identité du modèle au moment où la catégorie des crossovers n’est pas encore aussi structurée qu’elle le deviendra dans les années 2000.

Du quatre cylindres 2.5 au boxer H6 3.0

Le moteur caractéristique du début de carrière est le quatre cylindres à plat EJ25 de 2 457 cm3. Dans sa configuration européenne de 156 ch, ce bloc atmosphérique développe 223 Nm et peut être associé à une boîte manuelle à cinq rapports ou à une transmission automatique à quatre rapports selon les versions. Les chiffres de puissance ne sont pas identiques partout : les spécifications américaines atteignent notamment 165 hp, les différences provenant des configurations de marché et des normes de mesure.

La grande nouveauté mécanique arrive en 2000 avec le six cylindres à plat EZ30 de 2 999 cm3. Ce moteur atmosphérique à double arbre à cames et 24 soupapes porte l’Outback dans une catégorie supérieure en matière d’agrément et de performances. La version européenne développe environ 209 ch et 282 Nm, tandis que la Lancaster japonaise atteint 220 PS. En Amérique du Nord, Subaru annonce 212 hp.

Le H6 est principalement associé à une boîte automatique à quatre rapports. Sur les versions les plus sophistiquées, notamment l’Outback H6-3.0 VDC américaine, Subaru associe le six cylindres à son système de contrôle dynamique VDC et à une transmission intégrale à répartition variable. Cette configuration illustre l’évolution de l’Outback : le modèle n’est plus seulement un break rustique capable de quitter l’asphalte, mais aussi un véhicule familial haut de gamme pouvant recevoir des équipements électroniques élaborés pour son époque.

Fiche technique de la Subaru Outback 2

CaractéristiqueSubaru Outback 2
Lancement1998 au Japon, puis 1999 en Europe et millésime 2000 en Amérique du Nord
Période principale1998 à 2003, avec décalages selon les marchés
Famille techniqueLegacy BE/BH, principalement BH pour le break
CarrosserieBreak 5 portes, 5 places
Architecture moteurBoxer essence atmosphérique, longitudinal avant
Moteur 2.54 cylindres EJ25, 2 457 cm3, 16 soupapes, injection multipoint
Puissance 2.5 européenne156 ch à 5 600 tr/min
Couple 2.5 européen223 Nm à 3 600 tr/min
Alésage x course du 2.599,5 x 79 mm
Taux de compression du 2.510,0:1
Moteur 3.0 H66 cylindres boxer EZ30, 2 999 cm3, 24 soupapes, double arbre à cames
Puissance H6 européenneEnviron 209 ch à 6 000 tr/min
Couple H6 européen282 Nm à 4 400 tr/min
TransmissionIntégrale
BoîtesManuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports selon moteur et marché
StructureMonocoque, structure renforcée de type Ring-Shaped Reinforcement Frame
Suspension avantIndépendante de type McPherson
Suspension arrièreIndépendante multibras
DirectionÀ crémaillère assistée
FreinageQuatre disques avec ABS selon versions documentées
Pneumatiques 2.5 européen215/60 R16
LongueurEnviron 4 720 mm
LargeurEnviron 1 745 à 1 750 mm
HauteurEnviron 1 580 mm
Empattement2 650 mm
Voies avant / arrièreEnviron 1 470 / 1 465 mm
Poids 2.5 BVA européenEnviron 1 610 kg
Vitesse maximale 2.5 156 ch BVA195 km/h
0 à 100 km/h 2.5 156 ch BVA10,6 s
Consommation mixte 2.5 BVA9,9 l/100 km selon données d’homologation européennes
Réservoir64 litres sur le 2.5 européen documenté
Volume de coffreEnviron 528 à 1 646 litres selon configuration et méthode de mesure

Transmission intégrale et comportement routier

La transmission intégrale constitue un élément structurel de l’Outback 2 plutôt qu’une option destinée aux seules versions supérieures. Son fonctionnement dépend toutefois de la boîte de vitesses et du marché. Les versions à boîte manuelle utilisent une transmission permanente, tandis que certaines versions automatiques emploient une gestion active de la répartition du couple. Le système VDC des H6 haut de gamme ajoute une intervention électronique destinée à améliorer la stabilité.

L’architecture boxer participe également à la personnalité du modèle. Les cylindres opposés permettent de conserver un moteur relativement bas dans le compartiment avant, tandis que l’implantation longitudinale s’accorde avec la chaîne de transmission intégrale. Subaru reste ainsi fidèle à une combinaison mécanique déjà devenue caractéristique de sa gamme à la fin des années 1990.

Malgré sa garde au sol et ses protections, l’Outback 2 n’est pas conçu comme un franchisseur. Sa suspension indépendante aux quatre roues, son empattement de 2,65 m et sa carrosserie de break privilégient la polyvalence sur route, les longs trajets et la circulation sur des chaussées dégradées ou faiblement adhérentes. La garde au sol et la transmission intégrale étendent simplement son terrain d’utilisation sans sacrifier l’architecture d’une familiale.

Des versions très différentes selon les marchés

La gamme européenne demeure relativement simple autour du 2.5 puis du H6 3.0. Au Japon, le nom Legacy Lancaster est conservé et les spécifications diffèrent, notamment en matière de puissance et d’équipement. En Amérique du Nord, Subaru développe davantage le positionnement haut de gamme avec des variantes H6-3.0 L.L.Bean Edition et VDC. Une Outback Sedan est également proposée sur ce marché, alors que l’image européenne du modèle repose essentiellement sur le break.

Cette diversité explique pourquoi il est impossible d’attribuer une puissance, un poids ou même certains équipements uniques à toutes les Outback 2. Une 2.5 européenne de 156 ch, une Lancaster 6 japonaise de 220 PS et une H6-3.0 VDC américaine appartiennent à la même génération, mais leurs caractéristiques et leur présentation ne sont pas interchangeables.

La plate-forme connaîtra aussi une déclinaison originale avec le Subaru Baja, véhicule destiné principalement à l’Amérique du Nord et combinant une base de Legacy/Outback avec une benne arrière. Cette parenté montre la souplesse de l’architecture BE/BH au-delà du break familial.

Le passage à l’Outback de troisième génération

La carrière de cette génération s’achève progressivement en 2003 avec l’arrivée de la Subaru Outback 3 de type BP. Cette succession constitue aussi la principale source de confusion dans certaines classifications françaises, qui attribuent parfois le numéro « 2 » à la BP. Pour identifier correctement une Outback 2 au sens de la chronologie Subaru, les repères les plus sûrs restent donc la famille Legacy BE/BH, le lancement japonais en 1998 et la commercialisation européenne à partir de 1999.

Le changement de génération met fin à une période importante pour l’Outback. Entre le quatre cylindres 2.5 des premières versions et l’arrivée du H6 EZ30, la BH a élargi la formule initiale vers des prestations plus haut de gamme tout en conservant les éléments qui définissent le modèle : carrosserie de break, moteur boxer, transmission intégrale et garde au sol supérieure à celle d’une familiale conventionnelle.