Lancée au Japon en décembre 2003, la Subaru R2 est une kei car à cinq portes développée à une époque où Subaru concevait encore ses propres petites voitures. Avec ses 3,395 m de long et son moteur de 658 cm3, elle respecte les contraintes réglementaires japonaises de sa catégorie, mais s’écarte volontairement des kei cars très cubiques alors en vogue. Subaru privilégie une carrosserie arrondie, une identité visuelle affirmée et un comportement routier plus élaboré que ne le suggèrent ses dimensions.
Le nom R2 entretient un lien avec la Subaru R-2 de 1969, mais les deux voitures sont techniquement très différentes. L’ancienne R-2 était une petite deux portes à moteur arrière, tandis que le modèle de 2003 adopte un moteur avant, cinq portes et une architecture moderne. La référence historique est donc essentiellement nominale.
Une kei car Subaru au style volontairement différent
Au début des années 2000, le marché japonais des kei cars est largement dominé par des modèles hauts et carrés conçus pour maximiser l’espace intérieur. Subaru choisit une autre voie. Le R2 reçoit une silhouette fluide, un pavillon courbe et des extrémités fortement arrondies. Cette recherche stylistique réduit quelque peu l’avantage pratique qu’aurait permis une carrosserie plus verticale, mais donne immédiatement au modèle une personnalité particulière.
La face avant du premier R2 est l’un de ses signes distinctifs. Sa petite calandre centrale évoque un motif d’ailes et participe à l’identité stylistique que Subaru cherche alors à appliquer à plusieurs de ses modèles. Les projecteurs remontent largement sur les ailes, tandis que le profil forme presque un mouvement continu du capot au pavillon. Avec 1,475 m de largeur, la carrosserie reste strictement inscrite dans le gabarit des kei cars.
Le R2 s’inscrit dans une longue histoire de petites Subaru. Avant lui, la marque avait notamment produit la Subaru Rex, puis développé plusieurs générations de citadines adaptées à la réglementation japonaise. Il ne faut cependant pas le considérer comme une simple évolution d’un modèle antérieur : sa conception et son style correspondent à une volonté de renouveler l’image des petites voitures Subaru.
Du Vivio au R2, une nouvelle génération de petites Subaru
Le R2 prend place dans une lignée qui comprend notamment la Subaru Vivio des années 1990 et la Pleo qui lui succède. Alors que la Pleo privilégiait davantage l’habitabilité avec une silhouette relativement haute, le R2 adopte une approche plus expressive. Subaru met en avant lors de son lancement le design, la consommation, la sécurité et l’agrément de conduite plutôt que la seule exploitation du volume intérieur.
La gamme initiale repose sur trois niveaux mécaniques, baptisés i, R et S. Tous utilisent le quatre cylindres en ligne Subaru EN07 de 658 cm3, mais dans des configurations sensiblement différentes. La version i reçoit une distribution SOHC et développe 46 PS. La R adopte une culasse DOHC à 16 soupapes, l’AVCS et une puissance de 54 PS. Au sommet, la S ajoute un compresseur mécanique et un intercooler pour atteindre la limite réglementaire japonaise de 64 PS.
Cette version suralimentée prolonge une spécialité déjà explorée par Subaru sur ses kei cars précédentes. La Subaru Vivio RX-R avait notamment associé petite cylindrée, suralimentation et transmission intégrale dans une approche beaucoup plus sportive. Sur le R2 S, l’objectif est moins radical, mais le compresseur permet de proposer des performances supérieures sans sortir du cadre réglementaire des kei cars.
Subaru propose en effet le R2 aussi bien en traction qu’en transmission intégrale. Les versions atmosphériques peuvent recevoir une boîte manuelle à cinq rapports ou une transmission à variation continue i-CVT selon les configurations. La S utilise une Sportshift i-CVT dotée d’un mode permettant de simuler sept rapports. Les variantes à deux roues motrices correspondent principalement au code RC1, les quatre roues motrices au RC2.
Une architecture plus sophistiquée que son gabarit
La petite taille du R2 ne conduit pas Subaru à simplifier excessivement son châssis. Le constructeur retient une suspension indépendante aux quatre roues et une direction assistée électrique. La coque utilise une structure annulaire renforcée développée pour améliorer simultanément rigidité et comportement en collision. Des disques ventilés sont montés à l’avant et l’ABS avec répartition électronique du freinage équipe les versions supérieures dès le lancement, tout en étant proposé sur la version i.
La sécurité fait partie des arguments avancés par Subaru. Le R2 dispose notamment de deux airbags frontaux, de fixations ISOFIX et de dispositions destinées à limiter les conséquences d’une collision pour les occupants. Le constructeur travaille également sur la compatibilité avec des véhicules de dimensions supérieures, enjeu particulièrement important pour une voiture de seulement 3,395 m.
Le R2 est homologué pour quatre occupants. Son empattement de 2,360 m permet néanmoins d’exploiter efficacement la longueur disponible. Selon les versions, la hauteur se situe autour de 1,52 m et la masse varie sensiblement avec le moteur, la transmission et la présence éventuelle des quatre roues motrices. Le choix d’une carrosserie arrondie le rend moins volumineux intérieurement que certaines kei cars concurrentes à pavillon presque vertical, compromis assumé au profit du style.
Fiche technique de la Subaru R2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Production | 2003 à 2010 |
| Catégorie | Kei car |
| Carrosserie | Berline bicorps 5 portes, 4 places |
| Codes principaux | RC1 en 2WD, RC2 en AWD |
| Moteur | Subaru EN07, 4 cylindres en ligne essence |
| Cylindrée | 658 cm3 |
| Alésage x course | 56,0 x 66,8 mm |
| Version i | SOHC atmosphérique, 46 PS |
| Version R | DOHC 16 soupapes, AVCS, atmosphérique, 54 PS |
| Version S | DOHC 16 soupapes, compresseur et intercooler, 64 PS |
| Couple R2 S | 103 Nm à 3 200 tr/min |
| Implantation | Moteur avant |
| Transmission | Traction ou transmission intégrale |
| Boîtes | Manuelle 5 rapports ou i-CVT selon version, Sportshift i-CVT sur S |
| Suspension | Indépendante aux quatre roues |
| Direction | Assistée électrique |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Freins arrière | Tambours |
| Pneumatiques | Notamment 155/65 R14, 155/60 R15 sur certaines versions S |
| Longueur | 3 395 mm |
| Largeur | 1 475 mm |
| Hauteur | Environ 1 520 à 1 525 mm selon version |
| Empattement | 2 360 mm |
| Voie avant | 1 295 mm |
| Voie arrière | 1 285 mm |
| Masse | Environ 780 à 880 kg selon configuration |
| Réservoir | 30 litres |
| Consommation homologuée au lancement | Jusqu’à 24,0 km/l en cycle japonais 10-15 pour la R 2WD i-CVT |
Restylage et évolution de la gamme
La carrière commerciale du R2 est ponctuée de nombreuses modifications. Dès novembre 2004, Subaru fait évoluer certains éléments de présentation, le bouclier avant et plusieurs détails d’habitacle. La gamme s’enrichit également de nouvelles déclinaisons, dont i Casual et différentes séries Custom, afin d’élargir le positionnement du modèle.
La transformation la plus visible intervient en novembre 2005. Subaru redessine profondément la face avant, avec une nouvelle calandre et un nouveau bouclier. La partie arrière évolue également, notamment autour du hayon et des feux, tandis que des modifications visent à améliorer la visibilité. Cette seconde phase est donc assez facile à distinguer du R2 originel, dont la petite calandre centrale constitue l’un des éléments stylistiques les plus caractéristiques.
La gamme continue ensuite à évoluer avec des finitions comme Refi, F et F+, tandis que Type S reprend le rôle de variante supérieure. En 2006, Subaru optimise notamment l’i-CVT et adapte la version à compresseur à l’essence ordinaire. La R 2WD i-CVT atteint alors une consommation d’homologation japonaise de 24,5 km/l sur le cycle 10-15. Ces valeurs appartiennent à un ancien protocole japonais et ne sont pas directement comparables aux cycles d’homologation européens actuels.
La famille s’élargit aussi avec la Subaru R1, lancée après le R2. Très proche techniquement, celle-ci adopte une carrosserie à trois portes plus courte et pousse encore davantage le positionnement stylistique. Le R2 reste pour sa part la proposition cinq portes, plus polyvalente, tout en conservant les mêmes grands principes mécaniques.
Une carrière commerciale de 2003 à 2010
Au lancement, Subaru affiche de fortes ambitions avec un objectif de 8 000 R2 par mois. Les tarifs japonais hors taxes commencent alors à 860 000 yens pour une i 2WD à boîte manuelle. Une R débute à 1 070 000 yens, tandis que la S à compresseur coûte 1 300 000 yens en deux roues motrices et 1 400 000 yens avec transmission intégrale.
Les objectifs mensuels annoncés par Subaru diminuent toutefois rapidement : 5 000 unités lors de l’évolution de 2004, puis 2 000 en 2005 et 1 000 en 2007. Un chiffre publié ultérieurement dans la presse automobile japonaise fait état d’environ 134 000 R2 vendues sur l’ensemble de sa carrière. Il s’agit d’un volume de ventes rapporté et non d’un total officiel de production usine.
La production s’achève en 2010, dans un contexte où Subaru abandonne progressivement le développement autonome de ses kei cars. La marque s’oriente ensuite vers des petits modèles provenant de Daihatsu dans le cadre de coopérations industrielles. Le R2 appartient ainsi à la dernière période durant laquelle Subaru concevait elle-même une gamme complète de kei cars, parallèlement à des véhicules utilitaires comme le Subaru Sambar.
Comment reconnaître une Subaru R2
Un R2 de première phase se reconnaît avant tout à sa silhouette ovoïde et à sa face avant très particulière. Les projecteurs verticaux et effilés encadrent une petite calandre centrale, tandis que le pare-brise fortement incliné prolonge visuellement le capot. Les portes arrière intégrées à cette carrosserie compacte permettent également de le différencier immédiatement du R1 à trois portes.
La mécanique constitue un second critère d’identification important. Une version i correspond à l’entrée de gamme atmosphérique, la R au moteur DOHC de 54 PS et la S à la déclinaison suralimentée de 64 PS. La présence d’une transmission intégrale ne suffit donc pas à identifier une finition particulière puisque Subaru l’a proposée avec plusieurs motorisations.
Enfin, le R2 de 2003 ne doit pas être confondu avec la Subaru R-2 historique malgré la proximité des appellations. Le modèle moderne est une kei car à moteur avant, quatre cylindres et cinq portes, alors que son homonyme de 1969 reposait sur une architecture à moteur arrière et une carrosserie deux portes. Cette réutilisation du nom inscrit le R2 dans l’histoire des petites Subaru sans en faire une réédition technique de son ancêtre.




