Commercialisée à partir de 1980, la Ferrari 308 GTSi marque l’arrivée de l’injection électronique dans la lignée des berlinettes découvrables à moteur V8 central arrière de Maranello. Elle conserve la silhouette, le toit amovible et l’architecture de la 308 GTS, mais remplace ses carburateurs par une injection Bosch K-Jetronic afin d’améliorer la souplesse d’utilisation et de répondre aux normes antipollution de l’époque.
Cette évolution technique s’accompagne toutefois d’une baisse sensible des performances. Avec 214 CV dans sa configuration européenne, la 308 GTSi est moins puissante que la version à carburateurs qui l’a précédée. Elle occupe ainsi une place particulière dans l’histoire de la famille 308, entre le caractère plus démonstratif des premiers modèles et le regain de puissance apporté ensuite par la version Quattrovalvole.
Une évolution directe de la Ferrari 308 GTS
La 308 GTSi reprend la base de la Ferrari 308 GTS, lancée en 1977 comme déclinaison découvrable de la gamme 308. Sa principale caractéristique est son panneau de toit rigide amovible, souvent désigné comme un toit Targa, qui peut être rangé derrière les sièges. La voiture conserve donc une structure à deux places et une ligne très proche de celle du coupé, tout en offrant la possibilité de rouler à ciel ouvert.
La carrosserie dessinée avec Pininfarina repose sur un châssis tubulaire en acier renforcé pour compenser l’absence de pavillon fixe. Les proportions restent particulièrement compactes, avec une longueur de 4,23 mètres, une largeur de 1,72 mètre et une hauteur de seulement 1,12 mètre. Son empattement de 2,34 mètres contribue à une silhouette ramassée, caractéristique des Ferrari V8 de cette génération.
Le dessin général dérive de celui de la Ferrari 308 GTB, version coupé de la famille. La GTSi s’en distingue principalement par son toit amovible, ses renforts de structure et les éléments de carrosserie propres à la déclinaison découvrable.
Pourquoi Ferrari abandonne les carburateurs
À la fin des années 1970, le durcissement des normes antipollution, notamment sur certains marchés d’exportation, pousse les constructeurs de voitures sportives à mieux contrôler l’alimentation de leurs moteurs. Ferrari remplace ainsi les carburateurs Weber de la 308 GTS par un système d’injection mécanique Bosch K-Jetronic.
Cette injection distribue le carburant de façon continue et plus régulière. Elle facilite les démarrages, améliore le fonctionnement à froid et rend la réponse du moteur plus progressive dans les usages courants. La GTSi se montre donc moins exigeante à utiliser qu’une version à carburateurs correctement réglée, en particulier lors des trajets urbains ou à faible régime.
La contrepartie réside dans une perte de puissance. La 308 GTS à carburateurs développait officiellement 255 CV à 7 700 tr/min dans sa configuration européenne, contre 214 CV à 6 600 tr/min pour la GTSi. L’écart atteint ainsi 41 CV. La vitesse maximale passe parallèlement de 252 à 240 km/h.
Un V8 central arrière de près de trois litres
La Ferrari 308 GTSi reçoit un moteur V8 à 90 degrés de 2 926,90 cm³, installé transversalement en position centrale arrière. Chaque rangée de cylindres dispose de deux arbres à cames en tête, tandis que chaque cylindre possède deux soupapes. Le moteur utilise un carter humide et un allumage électronique.
Dans la version européenne documentée par Ferrari, ce V8 développe 214 CV à 6 600 tr/min et délivre un couple maximal de 243 Nm à 4 600 tr/min. La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports complétée par une marche arrière.
| Caractéristique | Ferrari 308 GTSi |
|---|---|
| Période de production | 1980 à début 1983 |
| Architecture moteur | V8 à 90 degrés, central arrière transversal |
| Cylindrée | 2 926,90 cm³ |
| Alimentation | Injection Bosch K-Jetronic |
| Distribution | Deux soupapes par cylindre |
| Puissance | 214 CV à 6 600 tr/min |
| Couple maximal | 243 Nm à 4 600 tr/min |
| Boîte de vitesses | Manuelle à cinq rapports |
| Transmission | Propulsion |
| Vitesse maximale | 240 km/h |
| Poids à sec annoncé | 1 297 kg |
La fiche historique officielle de la Ferrari 308 GTSi annonce une vitesse maximale de 240 km/h, mais ne fournit pas de valeur pour le 0 à 100 km/h. Les chiffres d’accélération publiés ailleurs peuvent varier selon les marchés, les méthodes de mesure et l’état des voitures. Ils ne doivent donc pas être présentés comme des données constructeur sans source précise.
Châssis, direction et freinage
La structure de la 308 GTSi repose sur un châssis tubulaire en acier. La voiture reçoit une direction à crémaillère et quatre freins à disque, selon une architecture classique pour une sportive de cette période. Son poids à sec annoncé de 1 297 kg reste contenu, même si les renforts nécessaires à la carrosserie découvrable la rendent généralement plus lourde que le coupé correspondant.
Le moteur placé derrière les occupants concentre les principales masses au centre du véhicule. Cette implantation permet de préserver une silhouette basse et un porte-à-faux avant réduit, tout en favorisant l’agilité. Le caractère de la GTSi repose moins sur une puissance brute que sur l’association entre son gabarit compact, son V8 atmosphérique et sa boîte manuelle.
Les différences entre 308 GTSi et 308 GTBi
La Ferrari 308 GTBi constitue l’équivalent coupé de la GTSi. Les deux modèles partagent le même moteur V8 de 2,9 litres, l’injection Bosch K-Jetronic et une grande partie de leurs composants mécaniques. La différence la plus visible concerne le pavillon, fixe sur la GTBi et amovible sur la GTSi.
Le coupé bénéficie d’une structure naturellement plus rigide grâce à son toit permanent. La GTSi privilégie pour sa part l’expérience de conduite à ciel ouvert et la polyvalence de son panneau amovible. Le choix entre les deux versions tient donc moins à leurs performances qu’à leur configuration de carrosserie et à l’usage recherché.
Une production limitée à 1 749 exemplaires
Ferrari indique que la 308 GTSi a été produite de 1980 au début de l’année 1983. La production totale atteint 1 749 exemplaires, compris entre les numéros de châssis 31309 et 43079. Cette période relativement courte s’explique par l’arrivée rapide d’une évolution mécanique destinée à corriger la perte de puissance provoquée par le passage à l’injection.
Les caractéristiques peuvent différer selon le marché de destination. Les voitures destinées à l’Amérique du Nord ont notamment reçu des équipements et des réglages liés aux normes locales. Lors de l’identification d’un exemplaire, il est donc important de tenir compte de son pays d’origine, de son année de fabrication et de sa conformité actuelle.
Le passage à la 308 GTS Quattrovalvole
En 1982, Ferrari présente la Ferrari 308 GTS Quattrovalvole. Comme son nom l’indique, cette version adopte quatre soupapes par cylindre au lieu de deux. Elle conserve l’injection Bosch K-Jetronic, mais porte la puissance à 240 CV à 7 000 tr/min et la vitesse maximale à 255 km/h.
La GTS Quattrovalvole ne doit donc pas être confondue avec la GTSi. Les deux voitures peuvent paraître proches et appartiennent à la même génération, mais leurs culasses, leurs puissances et leurs performances diffèrent. La mention « quattrovalvole » sur le modèle plus récent constitue l’un des indices les plus directs pour les distinguer.
| Version européenne | Alimentation | Soupapes par cylindre | Puissance officielle | Vitesse maximale |
|---|---|---|---|---|
| 308 GTS | Carburateurs | 2 | 255 CV | 252 km/h |
| 308 GTSi | Injection Bosch K-Jetronic | 2 | 214 CV | 240 km/h |
| 308 GTS Quattrovalvole | Injection Bosch K-Jetronic | 4 | 240 CV | 255 km/h |
Quelle Ferrari 308 apparaît dans Magnum ?
La silhouette de la 308 GTS reste étroitement associée à la série télévisée Magnum. Le détective Thomas Magnum conduit une Ferrari 308 découvrable au cours des huit saisons, ce qui a fortement contribué à la notoriété mondiale du modèle.
Il convient toutefois de parler de la famille 308 GTS plutôt que d’attribuer systématiquement toutes les voitures visibles à la seule GTSi. Plusieurs versions de la 308 ont été utilisées au fil de la production de la série. Les évolutions mécaniques et les millésimes ne correspondent donc pas toujours à une unique variante.
La place de la 308 GTSi dans la lignée Ferrari
La 308 GTSi représente une étape de transition essentielle. Elle introduit une alimentation plus moderne et plus régulière sans abandonner le V8 atmosphérique, la boîte manuelle, le moteur central arrière ni le toit amovible qui définissent la voiture. Sa puissance inférieure à celle de la version à carburateurs explique cependant pourquoi elle est souvent comparée à ses devancières et à la Quattrovalvole qui lui succède.
Après la famille 308, Ferrari poursuit le développement de cette formule avec des modèles plus performants et plus aboutis. La Ferrari 328 GTS prolongera notamment le principe de la berlinette V8 découvrable, avec une cylindrée accrue et une évolution générale de la mécanique comme de la carrosserie.











