
Mia Electric est une jeune marque automobile née à Cerizay, dans les Deux-Sèvres, à partir d’un projet de petite voiture électrique développé par Heuliez à la fin des années 2000. Son histoire est indissociable de celle du site industriel français, de l’entrepreneur allemand Edwin Kohl et du designer Murat Günak. La marque s’est surtout fait connaître grâce à la Mia, une citadine électrique compacte à position de conduite centrale et portes coulissantes. Malgré une industrialisation réelle à partir de 2011, des ventes insuffisantes et des difficultés de financement conduisent Mia Electric à la liquidation judiciaire en 2014. Le nom et les droits liés au véhicule survivront toutefois à la disparition du constructeur, alimentant plusieurs projets de relance.
2007 : Heuliez lance le projet qui donnera naissance à la Mia
L’histoire de Mia Electric commence avant la création de la marque elle-même. À Cerizay, Heuliez travaille dès la seconde moitié des années 2000 sur une petite voiture électrique destinée avant tout aux déplacements urbains. L’entreprise possède déjà une expérience concrète de l’électrique puisqu’elle a participé à l’industrialisation de véhicules comme les versions électriques des Peugeot 106 et Citroën Saxo.
Le designer Murat Günak, passé notamment par Volkswagen, participe au développement du nouveau concept. Le véhicule est encore connu sous le nom de Heuliez Friendly lorsqu’il est présenté à la fin des années 2000. L’objectif est déjà clair : créer une automobile électrique très compacte, mais suffisamment aboutie pour être homologuée comme une véritable voiture plutôt que comme un simple quadricycle urbain.
2009 : une société dédiée au véhicule électrique est créée à Cerizay
En août 2009 est constituée la société Heuliez Véhicule Electrique, dont l’activité porte sur l’étude, la conception, le développement et la commercialisation de véhicules électriques. Cette structure constitue le socle juridique de la future Mia Electric. Il est donc imprécis de présenter la marque comme une entreprise créée de toutes pièces en 2010 par un seul fondateur : elle résulte d’abord de l’autonomisation d’un programme déjà engagé au sein d’Heuliez.
Cette évolution intervient alors que le groupe de Cerizay traverse de graves difficultés financières et doit réorganiser ses différentes activités. Le projet de petite voiture électrique apparaît comme un actif susceptible de poursuivre sa route indépendamment du reste de l’entreprise.
2010 : Mia Electric naît de la restructuration d’Heuliez
En 2010, l’activité électrique est progressivement séparée d’Heuliez. Une société allemande, Mia Electric GmbH, liée à l’entrepreneur Edwin Kohl, prend une place déterminante dans la nouvelle organisation. La Région Poitou-Charentes soutient également financièrement le projet afin de préserver une activité industrielle et des emplois sur le site de Cerizay.
À la fin de l’année, Heuliez Véhicule Electrique prend officiellement le nom de Mia Electric. Edwin Kohl devient l’une des figures centrales de cette nouvelle phase, tandis que Murat Günak reste associé à la conception du véhicule. La marque qui apparaît alors est ainsi à la fois française par son implantation, son héritage industriel et sa production, et franco-allemande par la structure de son financement et de sa direction.
2011 : la Mia entre en production et donne son identité à la marque
La production industrielle de la Mia débute à Cerizay en 2011. Ce passage du prototype à la série constitue le moment le plus important de l’histoire de la marque : Mia Electric n’est plus seulement un projet issu d’Heuliez, mais un véritable constructeur commercialisant sa propre automobile.
La Mia se distingue par une architecture inhabituelle. Le conducteur est installé au centre de l’habitacle, tandis que les passagers prennent place légèrement en retrait. Deux grandes portes latérales coulissantes facilitent l’accès dans les espaces urbains étroits. Cette disposition permet de tirer parti d’une carrosserie très compacte tout en donnant à la voiture une identité visuelle et fonctionnelle immédiatement reconnaissable.
La gamme comprend aussi une déclinaison utilitaire, destinée notamment aux professionnels, aux collectivités et aux usages de livraison en ville. Ces variantes ne modifient toutefois pas la nature du projet : toute l’histoire automobile de Mia Electric repose essentiellement sur cette même petite plateforme électrique pensée pour la mobilité urbaine.
2012 : les difficultés financières apparaissent derrière l’ambition industrielle
Malgré son originalité, la Mia peine à trouver des volumes de vente capables de soutenir les coûts d’un constructeur automobile indépendant. Son positionnement tarifaire constitue notamment un handicap face aux petites voitures thermiques, mais aussi face à une nouvelle génération de véhicules électriques offrant davantage de polyvalence.
En 2012, la dégradation financière devient visible lorsque les capitaux propres de la société passent sous la moitié de son capital social. Cette situation révèle le principal problème du modèle économique de Mia Electric : l’entreprise a réussi à développer et produire une voiture originale, mais ses ventes restent trop limitées pour financer durablement l’outil industriel, les achats auprès des fournisseurs et le développement commercial.
2013 : Focus Asia prend le contrôle dans une dernière tentative de relance
En juin 2013, le consortium Focus Asia GmbH prend le contrôle de Mia Electric avec environ 88 % du capital. La Région Poitou-Charentes conserve une participation minoritaire et Michelle Boos prend la direction de l’entreprise. Ce changement d’actionnaire doit apporter les moyens nécessaires pour relancer la production et développer les ventes.
La nouvelle équipe cherche à réduire les prix de la Mia et à diminuer les coûts auprès des fournisseurs. Ces mesures ne suffisent cependant pas à rétablir la trésorerie. Les financements espérés ne permettent pas de sécuriser durablement l’activité, les paiements deviennent difficiles et les approvisionnements sont perturbés. À l’automne, l’usine ne dispose plus des conditions nécessaires à une production normale. La cessation des paiements sera ensuite fixée au 12 novembre 2013.
2014 : la liquidation judiciaire met fin au constructeur Mia Electric
Le 12 février 2014, le tribunal de commerce de Niort place Mia Electric en redressement judiciaire. La situation est déjà trop dégradée pour permettre une restructuration durable. Un mois plus tard, le 12 mars, la société est placée en liquidation judiciaire.
Cette décision marque la véritable fin industrielle de Mia Electric. La production à Cerizay ne reprend pas sous l’autorité du constructeur et les offres de reprise présentées dans les mois suivants n’aboutissent pas à la poursuite de l’entreprise. Les machines, les équipements et les droits liés au véhicule font ensuite l’objet de procédures de cession complexes, dont certaines sont contestées devant les tribunaux.
La disparition de Mia Electric illustre les difficultés rencontrées par les petits constructeurs électriques de cette période. La marque avait réussi à créer un produit distinctif et à le produire en série, mais elle n’avait pas atteint l’échelle commerciale nécessaire pour absorber les coûts d’une véritable activité automobile.
2018 : les droits sur la Mia alimentent un nouveau projet de voiture électrique
Après la liquidation, le nom Mia ne disparaît pas complètement. À partir de 2018, Fox Automotive Switzerland est présenté comme détenteur de la propriété intellectuelle, des brevets et des marques liés à Mia. Une nouvelle phase commence alors, très différente de celle du constructeur de Cerizay : il ne s’agit plus de poursuivre directement l’ancienne société, mais d’exploiter ses droits et son concept dans le cadre d’un nouveau projet.
Fox Automotive annonce notamment une future « MIA 2.0 », conçue comme une réinterprétation moderne de la petite électrique originelle. Plusieurs calendriers de développement et de production sont communiqués au fil des années, sans qu’une nouvelle Mia n’atteigne pour autant la production de série. La continuité porte donc essentiellement sur le nom, la propriété intellectuelle et certains principes du concept initial, et non sur la société Mia Electric fondée à Cerizay.
2026 : la marque subsiste comme projet industriel sans retour en série
La liquidation de l’ancienne SAS Mia Electric n’est juridiquement clôturée qu’en octobre 2025, plus de onze ans après l’arrêt de son activité industrielle. Cette date ne doit pas être confondue avec la disparition du constructeur lui-même, effective dès 2014.
En 2026, les droits liés à MIA restent rattachés à Fox Automotive Switzerland, après une nouvelle restructuration financière. Le développement, la future production et la distribution du projet doivent être assurés par Fox Automotive Switzerland et FOXMIA (Germany) GmbH. Un nouveau prototype est annoncé pour 2027 après plusieurs reports de calendrier. À ce stade, Mia existe donc encore comme marque et comme projet de relance, mais pas comme constructeur produisant de nouveau des voitures en série.
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