Ferrari Mondial Quattrovalvole

Ferrari Mondial Quattrovalvole

Produite de 1982 à 1985, la Ferrari Mondial Quattrovalvole est l’évolution qui corrige le principal défaut de la première Mondial : les performances trop modestes de son V8. Son nom signifie « quatre soupapes » en italien et désigne sa nouvelle culasse à quatre soupapes par cylindre, soit 32 soupapes au total. Cette modification porte la puissance à 240 ch tout en conservant la configuration 2+2 et le moteur central arrière qui distinguent la Mondial dans la gamme Ferrari.

Pourquoi Ferrari adopte la culasse Quattrovalvole

La Mondial Quattrovalvole succède à la Ferrari Mondial 8, commercialisée à partir de 1980. Cette dernière proposait déjà une architecture originale pour une Ferrari de route : quatre places, un V8 en position centrale arrière et une carrosserie dessinée par Pininfarina. Son moteur de 3 litres à deux soupapes par cylindre manquait toutefois de vigueur au regard du poids de la voiture.

Ferrari choisit alors de retravailler la distribution plutôt que d’adopter la suralimentation. Les nouvelles culasses comportent deux soupapes d’admission et deux soupapes d’échappement par cylindre. Cette solution améliore la circulation des gaz et permet au moteur de mieux respirer à haut régime. Le V8 gagne ainsi en puissance sans changement majeur de cylindrée ni remise en cause de l’architecture générale du modèle.

La même logique technique se retrouve sur la Ferrari 308 GTB Quattrovalvole, contemporaine de la Mondial. Les deux voitures partagent l’idée d’un V8 3 litres à quatre soupapes par cylindre, mais répondent à des usages différents : la 308 reste une stricte sportive biplace, tandis que la Mondial privilégie une plus grande polyvalence grâce à ses places arrière.

Un V8 3 litres de 240 ch

La Mondial Quattrovalvole reçoit un V8 atmosphérique à 90 degrés de 2 926,90 cm³. Monté transversalement en position centrale arrière, il présente un alésage de 81 mm, une course de 71 mm et un taux de compression de 9,2 à 1. Son alimentation repose sur une injection mécanique Bosch K-Jetronic.

Le moteur développe 240 ch à 7 000 tr/min et un couple maximal de 260 Nm à 5 000 tr/min. La transmission comprend une boîte manuelle à cinq rapports, complétée par une marche arrière. Ferrari annonce une vitesse maximale de 240 km/h, soit une progression sensible par rapport à la Mondial 8.

CaractéristiqueFerrari Mondial Quattrovalvole
Période de production1982 à 1985
Architecture moteurV8 atmosphérique à 90 degrés
Cylindrée2 926,90 cm³
DistributionQuatre soupapes par cylindre, 32 au total
Puissance240 ch à 7 000 tr/min
Couple260 Nm à 5 000 tr/min
Boîte de vitessesManuelle à cinq rapports
Vitesse maximale annoncée240 km/h

Une Ferrari à moteur central avec quatre places

La particularité de la Mondial ne réside pas seulement dans son moteur. Elle appartient au petit nombre de Ferrari de route combinant une architecture à moteur central arrière et un habitacle 2+2. L’empattement de 2 650 mm, plus généreux que celui des berlinettes biplaces de la marque, permet d’aménager deux sièges supplémentaires derrière le conducteur et son passager.

La voiture mesure 4 580 mm de long, 1 790 mm de large et 1 260 mm de haut. Son poids à sec annoncé atteint 1 430 kg. Ces proportions expliquent en partie pourquoi le gain de puissance apporté par les culasses Quattrovalvole était nécessaire : la Mondial devait concilier performances, stabilité, confort et capacité d’accueil supérieure à celle d’une sportive traditionnelle.

Les places arrière restent adaptées à des passagers de petite taille ou à des trajets occasionnels. Elles augmentent néanmoins la polyvalence du modèle et offrent un espace supplémentaire pour les bagages. La Mondial pouvait ainsi remplir un rôle de grand tourisme familial sans renoncer à la position de conduite basse ni au caractère mécanique d’une Ferrari à moteur central.

Un style qui conserve l’identité de la Mondial 8

La Quattrovalvole ne rompt pas avec la silhouette de la Mondial 8. Elle conserve une carrosserie anguleuse, de grandes prises d’air latérales et une cabine relativement avancée. Le dessin répond directement aux contraintes de son architecture : il faut loger deux rangées de sièges, le moteur derrière l’habitacle et les organes de refroidissement dans une voiture qui reste basse.

Cette continuité visuelle rend les différentes versions moins faciles à distinguer qu’une simple lecture de leur fiche technique pourrait le laisser penser. La modification essentielle se situe sous la carrosserie, avec le passage à la distribution à quatre soupapes par cylindre. La dénomination Quattrovalvole constitue donc le repère le plus clair pour identifier cette évolution de 1982.

La Mondial Quattrovalvole Cabriolet

Ferrari élargit la gamme avec la Ferrari Mondial Cabriolet, présentée à la presse en septembre 1983. Cette déclinaison reprend le V8 Quattrovalvole et conserve une configuration 2+2, tout en adoptant une capote repliable. Elle marque le retour d’une Ferrari de série découvrable après plusieurs années sans cabriolet dans le catalogue.

La production du Cabriolet Quattrovalvole atteint 629 exemplaires entre 1983 et 1985. Ses numéros de châssis s’étendent de 47247 à 59163. La version fermée reste plus diffusée, avec 1 145 coupés produits entre 1982 et 1985, portant des numéros de châssis compris entre 41737 et 59131.

Quattrovalvole, 3.2 et Mondial T : trois étapes distinctes

La Mondial Quattrovalvole ne doit pas être confondue avec la Ferrari 3.2 Mondial qui lui succède en 1985. La Quattrovalvole conserve une cylindrée proche de 3 litres et développe 240 ch, tandis que la 3.2 reçoit un V8 de 3 185,76 cm³ délivrant 270 ch. Sa vitesse maximale annoncée progresse également pour atteindre 250 km/h.

L’évolution suivante est la Ferrari Mondial T, dernière grande étape de la lignée. Elle se distingue notamment par une implantation mécanique profondément revue. Le moteur n’est plus monté transversalement comme sur les Mondial 8, Quattrovalvole et 3.2, mais longitudinalement, tandis que la boîte reste disposée transversalement. La lettre « T » fait référence à cette organisation des organes mécaniques.

Dans la chronologie de la gamme, la Quattrovalvole occupe donc une position charnière. Elle conserve la carrosserie et le concept de la Mondial originelle, tout en apportant la réponse technique qui lui manquait : un V8 plus puissant, capable de mieux correspondre au poids et aux ambitions de cette Ferrari 2+2 à moteur central.