Renault Megane

Renault Megane

Présentée en 1995, la Renault Mégane marque un changement important dans le coeur de gamme du constructeur français. Elle succède à la Renault 19, tout en abandonnant la logique des appellations numériques au profit d’un nom propre, dans la continuité de la Clio et de la Laguna. La voiture qui inaugure cette famille est la Mégane I, programme X64, dont la berline compacte à hayon et cinq portes constitue la version centrale.

Il faut la distinguer des générations apparues ensuite sous le même nom. La Renault Megane étudiée ici est celle lancée en 1995, avant le restylage de 1999. Elle appartient au segment C, adopte une structure monocoque, un moteur avant transversal et une transmission aux roues avant. Sa carrière européenne se poursuit jusqu’à l’arrivée de la deuxième génération en 2002, tandis que la première génération reste produite plus longtemps sur certains marchés étrangers.

Une compacte pensée comme une famille complète

Renault ne conçoit pas la Mégane comme une simple remplaçante de la Renault 19. Dès le départ, le programme prévoit plusieurs silhouettes capables de couvrir une grande partie du marché familial. La berline cinq portes est accompagnée d’un coupé, puis d’une berline tricorps Classic, d’un cabriolet et, plus tard, d’un break. Cette stratégie permet à Renault de décliner une même identité autour d’usages très différents.

Le cas du Scénic est particulièrement important. Lancé initialement dans l’univers Mégane, ce monospace compact prend rapidement une identité propre. Le Renault Scenic 1 ne doit donc pas être confondu avec la berline cinq portes, même s’il partage avec elle son origine industrielle et une partie de son univers technique. Il reçoit notamment le titre de Voiture européenne de l’année 1997, distinction qui ne doit pas être attribuée à la berline Mégane elle-même.

La diversité de la gamme explique aussi pourquoi de nombreuses données attribuées à la première Mégane varient fortement d’une source à l’autre. Une Mégane Coupé 2.0 16V, une berline 1.4e, une Classic diesel et un Scénic ne possèdent ni les mêmes dimensions, ni les mêmes performances, ni toujours les mêmes équipements. La Renault Megane 1 désigne donc une génération complète, dont la berline de 1995 n’est qu’une des silhouettes.

Un style Renault typique des années 1990

Le développement du programme X64 commence au début des années 1990 sous la direction du design Renault conduite par Patrick Le Quément. Michel Jardin joue un rôle central dans la définition du style extérieur. Plusieurs propositions sont étudiées avant la sélection d’un thème fondé sur des formes arrondies et elliptiques, très éloignées des volumes plus rectilignes de la Renault 19.

Les études prennent forme entre 1990 et 1992, avant les phases d’industrialisation et de présérie. Le dessin définitif est déjà largement figé plusieurs années avant la commercialisation. La Mégane reçoit une face avant basse, des optiques aux formes douces, un vitrage arrondi et un hayon fortement incliné. Les lignes privilégient la continuité des surfaces plutôt que les angles marqués.

Cette orientation rapproche visuellement la compacte de la Renault Laguna 1, apparue peu auparavant. Les deux modèles participent à la construction d’une identité Renault cohérente au milieu des années 1990, avec des volumes plus organiques et une présentation moins anguleuse que celle des modèles de la décennie précédente.

La berline cinq portes mesure un peu plus de 4,12 mètres de long. Elle conserve des proportions classiques de compacte familiale, avec un empattement de 2,58 mètres et un hayon offrant davantage de polyvalence qu’une carrosserie tricorps. Ces dimensions la placent directement face aux principales compactes européennes de son époque.

Motorisations et conception mécanique

La Mégane de première génération reprend une architecture mécanique conventionnelle pour Renault à cette période. Le moteur est monté transversalement à l’avant et entraîne les roues avant. La structure dérive de solutions déjà éprouvées sur la Renault 19, mais le programme X64 apporte une évolution importante de l’ensemble, notamment en matière de sécurité, de confort et de rigidité.

Au lancement, la gamme couvre des usages très larges. Les versions essence comprennent notamment les moteurs 1.4e, 1.6e et 2.0, tandis que l’offre diesel repose sur le 1.9 D atmosphérique et un 1.9 turbodiesel. Les puissances diffèrent fortement selon les versions. La transmission manuelle à cinq rapports est la configuration la plus courante, une boîte automatique étant proposée sur certaines motorisations et certains marchés.

Le train avant repose sur une architecture de type pseudo-MacPherson. À l’arrière, Renault conserve une solution à bras tirés et barres de torsion, une technique alors familière sur ses modèles compacts. Ce choix permet notamment de limiter l’encombrement mécanique à proximité du coffre tout en conservant un comportement adapté à une voiture familiale.

Fiche technique de la Renault Megane

CaractéristiqueDonnée
Génération étudiéeMégane I, phase 1, berline 5 portes, programme X64/B64
Lancement1995
SegmentCompacte, segment C
StructureCoque autoporteuse en acier
ImplantationMoteur avant transversal
TransmissionTraction avant
1.4e E7J4 cylindres en ligne, 1 390 cm3, injection essence, 75 ch à 6 000 tr/min, environ 107 Nm à 4 000 tr/min
1.6e K7M4 cylindres en ligne, 1 598 cm3, injection multipoint, 90 ch à 5 000 tr/min, 137 Nm à 4 000 tr/min
2.0 F3R4 cylindres en ligne, 1 998 cm3, injection essence, environ 114 à 115 ch, 168 Nm
1.9 D F8Q4 cylindres diesel, 1 870 cm3, injection indirecte, environ 65 ch à 4 500 tr/min, 120 Nm à 2 250 tr/min
1.9 dT4 cylindres diesel turbocompressé, environ 90 à 95 ch selon version et marché
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports sur la majorité des versions, automatique à 4 rapports sur certaines configurations
Suspension avantPseudo-MacPherson, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis
Suspension arrièreBras tirés et barres de torsion
DirectionÀ crémaillère, assistance selon finition
FreinsDisques avant et tambours arrière sur les versions courantes comme la 1.6e, montage différent possible sur les versions plus puissantes
LongueurEnviron 4 129 mm
LargeurEnviron 1 699 à 1 700 mm
HauteurEnviron 1 420 mm
Empattement2 580 mm
Voie avantEnviron 1 450 mm
Voie arrièreEnviron 1 432 mm
Poids à videEnviron 1 055 à 1 090 kg pour une 1.6e 90 selon définition de mesure et équipement
CoffreEnviron 348 litres pour la berline 5 portes
RéservoirEnviron 60 litres sur plusieurs versions
Vitesse maximaleEnviron 179 à 184 km/h pour une 1.6e 90 selon version et source technique
0 à 100 km/hEnviron 11,7 s pour une 1.6e 90
ConsommationValeurs historiques variables selon moteur et protocole de mesure; pour la 1.6e, environ 6,7 à 8,7 l/100 km selon le cycle publié

Sécurité, restylage et production

La sécurité constitue l’un des axes de développement importants de la Mégane. Au fil de sa carrière, Renault élargit la disponibilité de l’ABS et renforce les équipements de protection. À la fin des années 1990, la génération obtient quatre étoiles lors des essais Euro NCAP, un résultat remarquable pour une compacte conçue au début de la décennie. Cette notation concerne toutefois une voiture correspondant à un niveau d’évolution plus avancé que les tout premiers exemplaires de 1995.

En 1999, Renault restyle profondément la première génération. Les optiques, la calandre et plusieurs détails de carrosserie sont revus, tandis que la gamme mécanique est modernisée. Des moteurs essence à seize soupapes apparaissent plus largement, de nouvelles technologies d’injection sont introduites et l’offre diesel évolue. Le break Grandtour complète également la famille. Il est donc important de ne pas appliquer automatiquement les caractéristiques de cette phase 2 à une Mégane de lancement.

La première génération connaît un succès industriel considérable. Renault fait état de plus de cinq millions d’exemplaires pour l’ensemble de la famille Mégane I, toutes carrosseries et versions confondues. La fabrication ne se limite pas à la France: le programme est également industrialisé en Espagne, en Belgique et, selon les périodes, dans plusieurs pays hors d’Europe. La production se poursuit notamment en Argentine bien après la disparition de la première génération des concessions européennes.

La Mégane en compétition et son remplacement

La Mégane de route sert également de base nominale à un important programme sportif, mais la voiture de rallye ne doit pas être assimilée à la berline cinq portes. Renault Sport développe la Maxi Mégane à partir de la silhouette du coupé pour la réglementation Kit-Car. Avec environ 285 ch pour un poids proche de 960 kg, elle évolue dans un univers mécanique radicalement différent de celui des versions de série.

Jean Ragnotti, Philippe Bugalski et Serge Jordan figurent parmi les pilotes associés à la Maxi Mégane. Le modèle participe notamment aux championnats français de rallye en 1996 et 1997, puis obtient plusieurs résultats internationaux à la fin de la décennie, dont des titres dans des compétitions FIA en 1999. Cette carrière contribue à donner une image sportive au nom Mégane, parallèlement au succès commercial des versions familiales.

En 2002, la Renault Megane 2 prend le relais en Europe avec une architecture renouvelée et un style beaucoup plus radical. Les générations suivantes conservent le nom tout en changeant profondément de technique et de positionnement. La lignée aboutit ensuite à la Renault Megane E-Tech, modèle électrique qui partage l’appellation historique mais plus l’architecture mécanique de la compacte lancée en 1995.

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