La Toyota Yaris 2 désigne la deuxième génération de la citadine japonaise, connue en interne sous la famille de codes XP90. Présentée en Europe en 2005 et commercialisée à partir de la fin de cette même année, elle succède à la première Toyota Yaris avec une ambition claire : conserver un encombrement réduit tout en améliorant l’espace intérieur, la sécurité, le confort et la qualité de fabrication. Pour le marché européen, sa production repose principalement sur l’usine Toyota Motor Manufacturing France d’Onnaing, près de Valenciennes.
Cette génération ne doit pas être confondue avec la Yaris Verso, la berline Yaris Sedan vendue sur certains marchés ni avec la Vitz japonaise dans toutes ses configurations. La Vitz de deuxième génération constitue sa proche parente technique au Japon, mais les motorisations, transmissions et équipements diffèrent selon les pays. En Europe, la Yaris 2 est essentiellement proposée en carrosseries trois et cinq portes et occupe le coeur du segment B, entre la plus petite Toyota Aygo et les compactes de la marque.
Une deuxième génération profondément remaniée
La première Yaris avait rencontré un succès important en Europe, où Toyota en avait vendu plus de 1,2 million d’exemplaires avant son remplacement. Pour la deuxième génération, le constructeur ne se contente donc pas d’un simple renouvellement esthétique. La voiture repose sur une architecture revue, avec un empattement porté à 2 460 mm et une carrosserie annoncée comme environ 50 % plus rigide en torsion que celle du modèle précédent.
Le dessin est issu d’une compétition interne entre plusieurs centres de style Toyota. La proposition du studio européen ED², Toyota Europe Design Development, est retenue puis adaptée avec les équipes japonaises aux contraintes industrielles. La silhouette conserve les principes qui avaient fait le succès de la première Yaris : capot court, pare-brise avancé, pavillon relativement haut et roues repoussées vers les extrémités. Elle gagne toutefois en largeur, en longueur et en présence visuelle.
La Yaris 2 mesure 3 750 mm de long lors de son lancement, soit 110 mm de plus que sa devancière. Sa largeur atteint 1 695 mm et sa hauteur environ 1 530 mm. Cette croissance reste mesurée mais profite directement à l’habitabilité. Toyota conserve également un élément distinctif de la première génération : l’instrumentation placée au centre de la planche de bord plutôt que face au conducteur.
À l’intérieur, la modularité constitue l’un de ses arguments principaux. La banquette arrière est fractionnable et coulissante sur environ 150 mm, ce qui permet d’arbitrer entre espace aux jambes et volume de chargement. Le coffre offre ainsi environ 272 à 363 litres selon la position de la banquette, tandis que le système de rabattement Toyota Easy Flat simplifie l’obtention d’un plancher de chargement plus pratique.
Motorisations essence et diesel
Au lancement européen, la gamme s’articule autour de trois moteurs. L’entrée de gamme utilise un trois cylindres essence 1.0 VVT-i de 998 cm³ développant 69 ch DIN et 93 Nm. Ce moteur compact et particulièrement léger privilégie la sobriété et l’usage urbain. Au-dessus se trouve un quatre cylindres 1.3 VVT-i de 1 296 cm³, fort de 87 ch et 121 Nm, qui offre davantage de polyvalence pour les trajets routiers.
Le diesel est représenté par le 1.4 D-4D de 1 364 cm³. Ce quatre cylindres turbodiesel à injection directe common rail développe 90 ch et 190 Nm dans sa configuration initiale. Avec un couple disponible à bas régime et une consommation homologuée voisine de 4,5 l/100 km selon les versions, il devient une motorisation importante de la gamme à une époque où le diesel occupe une place dominante sur le marché français.
Les versions courantes sont associées à une boîte manuelle à cinq rapports. Toyota propose également la transmission MultiMode, une boîte mécanique robotisée dans laquelle l’embrayage et les changements de rapport peuvent être automatisés. Elle ne doit pas être assimilée à une boîte automatique traditionnelle à convertisseur, son fonctionnement reposant sur une boîte manuelle pilotée électroniquement.
La gamme évolue sensiblement en 2009 avec l’introduction de la stratégie Toyota Optimal Drive. Le moteur 1.3 est alors remplacé par un nouveau 1.33 Dual VVT-i de 1 329 cm³ développant 101 ch DIN et 132 Nm. Il reçoit notamment une distribution à calage variable sur l’admission et l’échappement et peut être associé à une boîte manuelle à six rapports. Le 1.4 D-4D conserve ses 90 ch mais son couple passe à 205 Nm, tandis que sa consommation et ses émissions sont réduites.
Cette recherche d’efficience s’inscrit dans une période où Toyota développe en parallèle ses technologies hybrides, notamment avec la Toyota Prius 2. La Yaris 2 reste cependant exclusivement thermique en Europe : l’arrivée d’une Yaris hybride de série n’intervient qu’avec la génération suivante.
Fiche technique de la Toyota Yaris 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Génération | Deuxième génération, famille XP90 |
| Période européenne | 2005 à 2011, avec écoulement de certains exemplaires au-delà selon les marchés |
| Carrosserie | Citadine bicorps, 3 ou 5 portes, 5 places |
| Implantation | Moteur avant transversal, traction avant |
| Moteur 1.0 VVT-i | 3 cylindres, 998 cm³, 69 ch DIN à 6 000 tr/min, 93 Nm à 3 600 tr/min |
| Moteur 1.3 VVT-i | 4 cylindres, 1 296 cm³, 87 ch DIN à 6 000 tr/min, 121 Nm à 4 200 tr/min |
| Moteur 1.33 Dual VVT-i | 4 cylindres, 1 329 cm³, 101 ch DIN à 6 000 tr/min, 132 Nm à 3 800 tr/min |
| Moteur 1.4 D-4D | 4 cylindres turbodiesel, 1 364 cm³, 90 ch DIN, 190 Nm puis 205 Nm après évolution |
| Boîtes | Manuelle 5 rapports, manuelle 6 rapports selon moteur, MultiMode robotisée 5 ou 6 rapports |
| Suspension avant | Jambes McPherson avec barre antiroulis |
| Suspension arrière | Essieu semi-rigide à poutre de torsion |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freinage | Disques ventilés à l’avant, équipement arrière variable selon version et marché |
| Longueur | 3 750 mm au lancement, environ 3 785 mm après restylage |
| Largeur | 1 695 mm |
| Hauteur | Environ 1 530 mm |
| Empattement | 2 460 mm |
| Voies | Environ 1 470 mm à l’avant et 1 460 mm à l’arrière sur les spécifications 2009 |
| Poids | Environ 985 à 1 115 kg selon moteur, boîte et finition |
| Volume de coffre | Environ 272 à 363 litres selon position de la banquette |
| Réservoir | 42 litres |
| 0 à 100 km/h | Environ 15,7 s en 1.0, 11,5 à 11,7 s en essence intermédiaire, 10,7 s en D-4D |
| Vitesse maximale | Environ 154 à 175 km/h selon les versions courantes |
| Consommation mixte | Environ 4,1 à 6,0 l/100 km selon moteur, boîte et millésime |
La Yaris TS, version sportive de la gamme
Toyota complète la gamme par une Yaris TS présentée au Mondial de l’Automobile de Paris 2006 et commercialisée à partir de 2007. Elle reçoit un quatre cylindres essence 1.8 Dual VVT-i atmosphérique. Les documents Toyota d’époque indiquent 132 ou 133 ch DIN selon les publications, soit 97 à 98 kW, une petite divergence liée aux documents de lancement plutôt qu’à deux versions européennes clairement distinctes.
La TS atteint environ 194 km/h et réalise le 0 à 100 km/h en 9,3 secondes. Elle se distingue également par une suspension abaissée d’environ 8 mm, des jantes de 17 pouces, des boucliers spécifiques, une calandre grillagée noire, un becquet arrière et une présentation intérieure plus sportive. Elle reste néanmoins une variante de la Yaris 2 et non un modèle indépendant comparable aux futures GR Yaris.
Restylage de 2009 et évolution de la gamme
En 2009, Toyota apporte une mise à jour importante à la Yaris 2. Les modifications visuelles restent discrètes, avec des boucliers, prises d’air, optiques et détails de finition retravaillés. La longueur augmente légèrement pour atteindre environ 3,785 m, sans changement d’empattement.
Les évolutions mécaniques sont plus significatives. Le nouveau 1.33 Dual VVT-i peut recevoir un système Stop and Start et une boîte manuelle à six rapports. Le 1.4 D-4D gagne en couple et en sobriété, tandis que le 1.0 est optimisé sans changement de puissance. Dans les spécifications européennes de cette période, les consommations mixtes annoncées descendent autour de 5,0 l/100 km pour le 1.0, 5,1 l/100 km pour le 1.33 et environ 4,1 l/100 km pour le diesel manuel.
Le châssis conserve son architecture simple et éprouvée, avec jambes McPherson à l’avant et essieu de torsion à l’arrière. La direction est électrique et le freinage bénéficie de l’ABS, de la répartition électronique de freinage et de l’assistance au freinage d’urgence. Le montage arrière varie toutefois selon les versions : certaines reçoivent des tambours, d’autres des disques, notamment en fonction du marché et des équipements de stabilité.
Sécurité, confort et comportement
La sécurité représente un progrès important par rapport à la première génération. La Yaris 2 obtient cinq étoiles aux essais Euro NCAP de l’époque et 35 points pour la protection des adultes. Toyota met notamment en avant l’airbag de genoux conducteur, alors inhabituel dans cette catégorie. Selon les versions, la dotation peut également comprendre plusieurs airbags latéraux et rideaux ainsi que les systèmes VSC et TRC de contrôle de stabilité et de motricité.
Son empattement relativement généreux pour une carrosserie de moins de 3,8 m contribue à une bonne exploitation de l’espace intérieur. La position de conduite reste assez haute et la grande surface vitrée facilite l’usage urbain. En revanche, les caractéristiques peuvent varier sensiblement entre une 1.0 légère à vocation citadine, une D-4D destinée aux gros rouleurs et la TS aux réglages plus fermes.
Face à une concurrente directe comme la Renault Clio 3, lancée à la même période, la Yaris 2 se distingue surtout par son gabarit plus compact, sa banquette arrière coulissante et une conception intérieure davantage tournée vers la modularité. Toyota privilégie moins la sensation de grande routière que l’efficacité d’une citadine facile à stationner et capable d’accueillir correctement quatre adultes.
Production européenne et remplacement
La Yaris 2 occupe une place particulière dans l’histoire industrielle de Toyota en Europe. L’usine d’Onnaing, près de Valenciennes, devient son principal site de production pour le marché européen. Toyota a depuis communiqué un total de 1 219 632 exemplaires de cette deuxième génération produits en France dans sa comptabilité industrielle couvrant essentiellement la période 2006-2011, même si les premiers exemplaires de la génération ont commencé à sortir des lignes dès la fin de 2005.
Cette implantation française contribue fortement au succès européen du modèle, dont les ventes ont atteint environ 270 000 unités sur certaines années. La Yaris II reste ainsi l’un des piliers de la gamme Toyota sur le continent, aux côtés de modèles plus grands comme l’Toyota Auris.
La production de la génération suivante débute à Valenciennes en juillet 2011. La Toyota Yaris 3 abandonne notamment l’instrumentation centrale caractéristique et adopte une silhouette plus longue et plus basse. Certains exemplaires de Yaris 2 continuent toutefois d’être commercialisés ou immatriculés jusqu’en 2012 selon les marchés et l’écoulement des stocks.




