La Toyota Aygo apparaît en 2005 comme la plus petite voiture de la gamme européenne du constructeur japonais. Développée dans le cadre d’un partenariat industriel avec PSA Peugeot Citroën, elle partage sa base avec les Citroën C1 et Peugeot 107, tout en conservant une présentation et une identité propres. Longue d’à peine 3,41 m, légère et animée au lancement par un trois cylindres essence de 998 cm³, elle vise alors un usage essentiellement urbain et prend place sous la Toyota Yaris dans la gamme.
Cette première génération, commercialisée jusqu’en 2014, ne doit pas être confondue avec l’Aygo de deuxième génération apparue la même année, ni avec l’Aygo X lancée plus tard. Le modèle de 2005 constitue la véritable entrée de Toyota sur le segment européen des mini-citadines modernes, avec une conception pensée dès l’origine pour limiter le poids, les coûts d’utilisation et l’encombrement.
Une citadine née du projet commun Toyota-PSA
L’histoire de l’Aygo commence au début des années 2000 lorsque Toyota et PSA Peugeot Citroën décident de développer ensemble une nouvelle famille de petites voitures destinées au marché européen. Le projet, connu sous le nom de B0 ou B-Zero, doit permettre aux deux groupes de mutualiser les investissements nécessaires à une automobile économique produite en grande série.
Pour fabriquer ces modèles, les partenaires créent Toyota Peugeot Citroën Automobile Czech, ou TPCA, une coentreprise détenue à parts égales. Une nouvelle usine est construite à Kolín, en République tchèque. La production démarre en février 2005, avec une capacité initialement prévue autour de 300 000 voitures par an pour l’ensemble des trois modèles.
L’Aygo est présentée au Salon de Genève 2005 aux côtés de ses cousines Peugeot 107 et Citroën C1. Sa commercialisation débute en France en juin de la même année. Toyota se charge d’une part importante du développement technique du programme commun, tandis que chaque marque travaille sa propre identité extérieure.
L’Aygo n’a pas de prédécesseur direct dans la gamme européenne de Toyota. La Toyota Starlet appartient bien à l’histoire des petites voitures du constructeur, mais elle occupait auparavant un positionnement différent. Au milieu des années 2000, l’Aygo complète plutôt la gamme par le bas, aux côtés de la Toyota Yaris 2, plus grande et plus polyvalente.
Un format minimaliste conçu pour la ville
La première Aygo repose sur une carrosserie trois ou cinq portes à quatre places. Son gabarit constitue l’un de ses principaux arguments: 3 405 mm de long pour 1 615 mm de large et 1 465 mm de haut, avec un empattement de 2 340 mm. Les roues sont placées près des extrémités de la carrosserie afin de préserver l’espace intérieur malgré des porte-à-faux très courts.
Son style se reconnaît notamment à ses feux arrière verticaux, à son hayon largement vitré et à une face avant spécifique à Toyota. À l’intérieur, la planche de bord adopte une présentation simple, avec un combiné d’instruments fixé à la colonne de direction et, sur certaines versions, un compte-tours séparé.
L’Aygo partage pourtant une grande partie de sa structure, de son châssis et de ses composants mécaniques avec les C1 et 107. Les trois voitures sortent de la même usine, mais leurs boucliers, leurs signatures visuelles et plusieurs éléments de présentation permettent de les distinguer immédiatement.
Quelques années plus tard, Toyota développera également la Toyota iQ, une autre très petite citadine. Malgré leur proximité d’usage, les deux voitures reposent sur des concepts différents: l’Aygo reste une quatre places conventionnelle à hayon, tandis que l’iQ adopte une architecture beaucoup plus atypique afin de réduire encore sa longueur.
Le trois cylindres 1.0 VVT-i au coeur de l’Aygo
Au lancement, la motorisation principale est un trois cylindres essence 1.0 VVT-i de 998 cm³. Ce moteur tout aluminium développe 50 kW, soit 68 ch DIN, à 6 000 tr/min et délivre 93 Nm à 3 600 tr/min. Il est associé à une boîte manuelle à cinq rapports ou, selon les versions, à une transmission robotisée MMT à cinq rapports.
Ce moteur se distingue par une masse particulièrement faible, Toyota annonçant environ 67 kg pour l’ensemble. Il contribue directement au poids contenu de la voiture, dont les versions les plus légères restent sous les 800 kg. La puissance modeste est ainsi compensée par une masse réduite et des rapports adaptés à un usage urbain.
Un moteur diesel 1.4 d’origine PSA rejoint également la gamme sur certains marchés à partir de 2006. Il développe environ 54 ch et vise surtout les conducteurs recherchant une consommation réduite sur des kilométrages plus élevés. Cette version restera toutefois secondaire face au 1.0 essence, mieux adapté au positionnement de la voiture.
Le châssis reste classique mais cohérent avec l’objectif de simplicité. L’Aygo utilise des jambes de force MacPherson à l’avant et un essieu de torsion à l’arrière. La direction à crémaillère reçoit une assistance électrique et le freinage combine des disques ventilés à l’avant avec des tambours à l’arrière.
Fiche technique de la Toyota Aygo
| Caractéristique | Toyota Aygo 1.0 VVT-i de lancement |
|---|---|
| Période | 2005 à 2014 pour la première génération |
| Carrosserie | Citadine 3 ou 5 portes, 4 places |
| Architecture | Moteur avant, traction avant |
| Moteur | 3 cylindres en ligne essence, 12 soupapes, VVT-i |
| Cylindrée | 998 cm³ |
| Alésage x course | 71,0 x 84,0 mm |
| Taux de compression | 10,5:1 |
| Puissance | 50 kW, 68 ch DIN à 6 000 tr/min |
| Couple | 93 Nm à 3 600 tr/min |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 5 rapports ou robotisée MMT 5 rapports selon version |
| Suspension avant | MacPherson |
| Suspension arrière | Essieu de torsion |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freins avant | Disques ventilés de 247 mm |
| Freins arrière | Tambours de 200 mm |
| Pneus | 155/65 R14 |
| Longueur | 3 405 mm |
| Largeur | 1 615 mm |
| Hauteur | 1 465 mm |
| Empattement | 2 340 mm |
| Voie avant | 1 420 mm |
| Voie arrière | 1 410 mm |
| Poids à vide | Environ 790 à 890 kg selon version et équipement |
| Vitesse maximale | Environ 157 à 158 km/h en 1.0 manuelle |
| 0 à 100 km/h | Environ 14,2 s en 1.0 manuelle |
| Consommation mixte | Environ 4,6 l/100 km au lancement en cycle NEDC |
| Émissions de CO2 | 109 g/km au lancement, jusqu’à 99 g/km sur certaines évolutions ultérieures |
| Réservoir | 35 litres |
| Volume de coffre | Environ 139 litres |
Restylages et évolutions jusqu’en 2014
La première génération évolue progressivement sans changer de philosophie. Un premier restylage intervient pour le millésime 2009. Il apporte notamment une nouvelle présentation de la face avant et plusieurs optimisations mécaniques regroupées par Toyota sous l’appellation Optimal Drive. Le travail porte en particulier sur la réduction des consommations et des émissions de CO2.
Une seconde évolution importante arrive en 2012. La face avant est redessinée de façon plus marquée et adopte des feux de jour à LED sur certaines versions. L’habitacle et les équipements multimédias sont également revus. Grâce aux améliorations successives, certaines Aygo essence atteignent une consommation mixte homologuée proche de 4,3 l/100 km et des émissions de 99 g/km de CO2.
La sécurité progresse elle aussi au fil de la carrière. Dès l’origine, la voiture dispose notamment de l’ABS et de la répartition électronique du freinage. Lors de son évaluation Euro NCAP de 2005, elle obtient quatre étoiles pour la protection des adultes selon le protocole alors en vigueur. Une nouvelle évaluation réalisée plusieurs années plus tard aboutit à trois étoiles, mais avec des critères devenus nettement plus exigeants.
Production, diffusion et place sur le marché
La stratégie industrielle commune permet à Toyota de proposer une citadine simple à produire et compétitive en prix. En France, le tarif d’entrée de l’Aygo 1.0 trois portes se situe autour de 9 000 euros lors de son lancement en 2005, tandis que les versions mieux équipées, diesel ou dotées de la boîte robotisée grimpent sensiblement plus haut.
La première génération connaît une diffusion importante en Europe. Toyota annonce plus de 760 000 ventes européennes sur sa carrière, dont plus de 94 000 exemplaires en France entre 2005 et 2014. Ce chiffre concerne les ventes et non un total de production strictement attribué à l’Aygo, l’usine de Kolín assemblant simultanément les trois modèles du programme commun.
Le modèle bénéficie aussi de quelques opérations promotionnelles inhabituelles. En 2005, plusieurs exemplaires sont utilisés pour un match de football automobile organisé autour de l’émission britannique Top Gear. Toyota réalise également l’Aygo Crazy, un exemplaire unique profondément transformé, équipé d’un moteur 1.8 turbo installé en position centrale. Cette voiture n’a jamais constitué une version de série.
De l’Aygo originelle à l’Aygo X
En 2014, Toyota remplace la première génération par une nouvelle Aygo, toujours développée dans le cadre de la coopération avec PSA et toujours produite à Kolín. Cette seconde génération conserve le principe d’une petite citadine légère, mais adopte une identité visuelle beaucoup plus démonstrative, notamment avec une grande signature en forme de X sur la face avant.
La rupture devient plus nette à partir de 2022 avec la Toyota Aygo X. Toyota abandonne alors la formule exacte de l’ancienne Aygo au profit d’un petit crossover urbain reposant sur la plateforme GA-B. Le nom Aygo subsiste, mais la conception, les proportions et le positionnement évoluent fortement par rapport à la citadine née en 2005.




