Toyota Yaris 3

Toyota Yaris 3

La Toyota Yaris 3 correspond à la troisième génération de la citadine japonaise commercialisée en Europe à partir de 2011. Connue sous le code de famille XP130, elle succède directement à la Toyota Yaris 2 et marque une étape importante dans l’histoire du modèle avec l’arrivée, dès 2012, d’une motorisation hybride complète. Produite principalement à Onnaing, près de Valenciennes, pour le marché européen, elle restera au catalogue jusqu’en 2020.

Cette génération occupe une place centrale dans la lignée Toyota Yaris. Plus longue et plus dynamique que sa devancière, elle conserve un gabarit adapté à la ville tout en améliorant l’habitabilité, la présentation intérieure et le comportement routier. Sa carrière particulièrement longue est ponctuée de deux restylages importants, en 2014 puis en 2017, qui modifient sensiblement son apparence et sa gamme mécanique.

Une troisième génération lancée en 2011

La Yaris 3 entre en production à Valenciennes en juillet 2011 avant sa commercialisation européenne à la rentrée. Toyota conserve le principe fondateur de la Yaris, à savoir offrir un habitacle relativement spacieux dans une carrosserie compacte, mais abandonne plusieurs particularités des générations précédentes. L’instrumentation quitte notamment le centre de la planche de bord pour revenir face au conducteur, tandis que la silhouette devient plus basse et visuellement plus tendue.

Avec 3,885 m de long au lancement, la Yaris 3 gagne environ 10 cm par rapport à sa devancière. Son empattement progresse de 5 cm pour atteindre 2,51 m, ce qui profite directement à l’espace intérieur. Elle reste néanmoins une citadine du segment B, positionnée au-dessus de la Toyota Aygo dans la gamme européenne.

La gamme initiale comprend trois moteurs principaux. Le 1.0 VVT-i essence à trois cylindres développe 69 ch, le 1.33 Dual VVT-i quatre cylindres atteint 99 ch, tandis que le diesel 1.4 D-4D offre 90 ch. Selon les versions, Toyota propose des boîtes manuelles à cinq ou six rapports ainsi qu’une transmission à variation continue Multidrive S sur le 1.33.

La carrosserie existe en trois ou cinq portes selon les marchés et les finitions. La structure monocoque en acier est allégée par rapport à celle de la génération précédente et reçoit des trains roulants conventionnels pour la catégorie, avec jambes MacPherson à l’avant et essieu de torsion à l’arrière. La direction à assistance électrique et le travail aérodynamique participent à la recherche d’efficience.

L’arrivée décisive de la Yaris Hybrid

L’évolution la plus importante intervient en 2012 avec la commercialisation de la Yaris Hybrid. Toyota transpose alors dans une citadine du segment B son système hybride essence-électrique, jusque-là associé en Europe à des modèles plus grands comme la Toyota Prius 3. La Yaris devient ainsi la première citadine européenne de grande diffusion à proposer une chaîne de traction full hybrid de ce type.

Le système associe un moteur essence quatre cylindres de 1 497 cm3 fonctionnant selon le cycle Atkinson à un moteur électrique synchrone. La puissance combinée atteint 100 ch. La transmission de type e-CVT ne comporte pas de rapports fixes traditionnels et permet de rouler ponctuellement en mode électrique à faible charge. La batterie nickel-hydrure et le réservoir sont installés de manière à ne pas réduire le volume de coffre, qui reste annoncé à 286 litres.

Cette motorisation devient rapidement l’une des signatures de la Yaris 3. Au lancement, Toyota annonce une consommation normalisée de 3,5 l/100 km et des émissions de CO2 de 79 g/km dans certaines configurations. Ces valeurs sont issues du cycle NEDC de l’époque et ne sont donc pas directement comparables aux mesures WLTP utilisées sur les modèles plus récents.

La fabrication française de la Yaris Hybrid renforce également le rôle industriel du site de Valenciennes. Le modèle reçoit le label Origine France Garantie en 2012 et devient durant plusieurs années l’une des voitures les plus produites sur le territoire français.

Deux restylages majeurs en 2014 et 2017

En 2014, Toyota ne se contente pas d’une simple retouche esthétique. Le constructeur modifie profondément la face avant, renforce la structure de caisse, retravaille l’insonorisation et revoit les réglages de suspension. La longueur approche alors 3,95 m. Le dessin adopte une calandre plus marquée et une signature visuelle inspirée des thèmes stylistiques “Keen Look” et “Under Priority” utilisés par Toyota à cette période.

Cette évolution est également notable parce qu’une part importante du développement est réalisée en Europe, notamment par les équipes de design et d’ingénierie du constructeur. Elle illustre le poids grandissant du marché européen dans la définition de la Yaris, qui n’est plus simplement une adaptation directe de la Toyota Vitz japonaise.

Un second remodelage intervient en 2017. La face avant adopte une calandre élargie et un dessin parfois qualifié de “catamaran”, tandis que le hayon et les feux arrière sont entièrement redessinés. L’habitacle reçoit également une instrumentation modernisée et, selon les finitions, un écran couleur intégré au combiné.

La gamme mécanique évolue à la même occasion. Le 1.33 essence de 99 ch cède sa place à un nouveau 1.5 VVT-iE de 1 496 cm3 développant 111 ch et 136 Nm. Ce moteur atmosphérique peut fonctionner selon différents cycles de combustion afin d’améliorer son rendement. L’offre hybride reste au catalogue et Toyota généralise aussi plusieurs aides à la conduite regroupées sous l’appellation Toyota Safety Sense.

Fiche technique de la Toyota Yaris 3

CaractéristiqueDonnées
Période de production européenne2011 à 2020
SegmentCitadine, segment B
CarrosseriesBerline bicorps 3 ou 5 portes selon version
ArchitectureMoteur avant transversal, traction avant
Moteur 1.0 VVT-i3 cylindres essence, 998 cm3, 69 ch, 93 Nm
Moteur 1.33 Dual VVT-i4 cylindres essence, 1 329 cm3, 99 ch, 125 Nm
Moteur 1.4 D-4D4 cylindres turbodiesel, 1 364 cm3, 90 ch, environ 205 Nm
Moteur Hybrid4 cylindres essence 1 497 cm3 cycle Atkinson et moteur électrique, puissance combinée 100 ch
Moteur 1.5 VVT-iE4 cylindres essence, 1 496 cm3, 111 ch, 136 Nm
Boîtes de vitessesManuelles 5 ou 6 rapports, Multidrive S CVT selon version, e-CVT sur Hybrid
Suspension avantJambes MacPherson
Suspension arrièreEssieu de torsion
DirectionCrémaillère à assistance électrique
FreinsDisques ventilés à l’avant, tambours ou disques à l’arrière selon version
Longueur3 885 mm au lancement, environ 3 945 à 3 950 mm après restylage
Largeur1 695 mm
HauteurEnviron 1 510 mm
Empattement2 510 mm
VoiesEnviron 1 475 mm à l’avant et 1 460 mm à l’arrière selon configuration
PoidsEnviron 975 à 1 165 kg selon moteur et finition
Jantes et pneus14 à 16 pouces sur les versions courantes, avec notamment 175/70 R14, 175/65 R15 ou 195/50 R16
Coffre286 litres sur les versions de référence, y compris Hybrid
RéservoirEnviron 42 litres sur les thermiques, 36 litres sur Hybrid
0 à 100 km/h15,3 s pour le 1.0 69 ch, 11,8 s pour l’Hybrid 100 ch, 11,0 s pour le 1.5 111 ch
Vitesse maximaleEnviron 155 km/h pour le 1.0, 165 km/h pour l’Hybrid, 175 km/h pour le 1.5 et le 1.4 D-4D
Consommation homologuéeEnviron 3,3 à 3,5 l/100 km pour l’Hybrid selon phase et configuration, 4,8 l/100 km pour le 1.0 au lancement
Coefficient aérodynamiqueCx d’environ 0,287 sur les premières versions

Une citadine européenne produite en France

La Yaris 3 est étroitement liée à l’usine Toyota Motor Manufacturing France d’Onnaing, près de Valenciennes. Le site assemble la Yaris depuis 2001 et devient l’un des piliers industriels de Toyota en Europe. La troisième génération y est produite pendant neuf ans, aussi bien avec des motorisations thermiques qu’avec le système hybride.

La production française alimente non seulement le marché européen mais aussi, pendant plusieurs années, l’Amérique du Nord. Entre 2013 et 2019, plus de 100 000 exemplaires essence fabriqués à Valenciennes y sont exportés. Toyota ne publie toutefois pas un volume mondial unique et clairement isolé pour l’ensemble de la génération XP130, ce qui rend préférable de ne pas avancer de total global.

En France, le prix de lancement débute autour de 12 900 euros pour une 1.0 VVT-i 69 ch en finition d’accès et carrosserie trois portes. Les tarifs augmentent ensuite avec les équipements, les versions cinq portes, l’hybride et les séries spéciales. La longue durée de commercialisation explique aussi l’importante diversité de configurations présentes aujourd’hui sur le marché de l’occasion.

La Yaris GRMN, exception sportive de la génération

En fin de carrière apparaît une version radicalement différente de la Yaris 3 traditionnelle. La Yaris GRMN reçoit un quatre cylindres 1.8 suralimenté par compresseur développant 212 ch et 250 Nm. Associé à une boîte manuelle à six rapports et à un différentiel Torsen, ce moteur permet un 0 à 100 km/h en 6,4 secondes et une vitesse maximale limitée électroniquement à 230 km/h.

Le châssis bénéficie d’un travail spécifique, avec freins renforcés, réglages de suspension dédiés et jantes BBS de 17 pouces. Cette version sert de vitrine au retour de Toyota dans le Championnat du monde des rallyes avec la Yaris WRC à partir de 2017, mais la voiture de compétition demeure un prototype de course sans lien technique direct avec une Yaris de série ordinaire.

La GRMN ne doit pas non plus être confondue avec la Toyota GR Yaris. Cette dernière apparaît avec la génération suivante et repose sur une conception beaucoup plus spécifique, développée autour des ambitions sportives de Gazoo Racing.

Comment reconnaître les différentes phases

La Yaris 3 de 2011 se reconnaît à sa face avant relativement sobre, à ses projecteurs effilés et à ses feux arrière verticaux implantés de part et d’autre du hayon. Son style tranche nettement avec celui de la génération précédente, plus arrondie. À bord, le retour des compteurs devant le conducteur constitue également un indice évident.

Le modèle restylé de 2014 adopte une proue plus expressive avec une grande calandre centrale et des boucliers redessinés. Cette évolution ne se limite pas à l’esthétique puisque Toyota modifie aussi de nombreux éléments de structure, de suspension et d’insonorisation afin d’améliorer le confort et la rigidité.

La phase lancée en 2017 se distingue plus facilement encore par ses feux arrière horizontaux qui débordent sur les ailes et par son hayon remodelé. Les versions supérieures peuvent recevoir une instrumentation modernisée et davantage d’aides à la conduite. C’est aussi cette dernière phase qui accueille le moteur 1.5 essence de 111 ch.

La carrière de la troisième génération s’achève en 2020 lorsque l’usine de Valenciennes commence à produire la Toyota Yaris 4. Cette dernière inaugure la plateforme GA-B issue de l’architecture TNGA et constitue une nouvelle génération complète plutôt qu’une évolution de la XP130.