Présentée en 2006, la Toyota Auris marque un changement important dans la stratégie européenne de Toyota. La compacte remplace la Corolla à hayon sur une grande partie du continent, tandis que le nom Corolla continue d’être utilisé pour d’autres carrosseries et sur d’autres marchés. Avec ses 4,22 m de long, son architecture à traction avant et une gamme mêlant moteurs essence et diesel, l’Auris vise directement le coeur du segment C européen.
Cette première génération se distingue surtout par deux étapes de sa carrière. D’abord, elle inaugure un nouveau nom et un style spécifiquement travaillé pour l’Europe. Ensuite, elle devient en 2010 l’une des premières compactes généralistes proposées avec une motorisation hybride complète, en reprenant une technologie déjà popularisée par la Toyota Prius.
Une remplaçante de la Corolla à hayon
L’Auris est lancée au Japon le 23 octobre 2006 avant sa première européenne au salon de Bologne en décembre de la même année. Sa commercialisation débute en Europe en 2007. Toyota ne cherche pas seulement à remplacer un modèle existant, mais à repositionner son offre compacte avec une identité plus spécifique face aux nombreuses références européennes du segment.
Dans la gamme, l’Auris prend ainsi la place occupée auparavant par la Toyota Corolla à hayon. Elle reste néanmoins techniquement apparentée à la famille Corolla contemporaine. En Europe, elle se situe au-dessus de la Toyota Yaris et en dessous de l’Toyota Avensis, avec un positionnement de compacte polyvalente destinée aussi bien aux particuliers qu’aux flottes.
Le projet est dirigé par l’ingénieur en chef Yoshihiko Kanamori. Le dessin extérieur est développé par Toyota Europe Design Development, le centre ED² installé dans le sud de la France. Toyota cherche alors à donner davantage de présence visuelle à sa compacte, notamment par une largeur importante, des passages de roues marqués et une silhouette relativement haute.
Un style européen et un habitacle très reconnaissable
La première Auris mesure 4 220 mm de long, 1 760 mm de large et 1 515 mm de haut dans la plupart de ses configurations, pour un empattement de 2 600 mm. Ses proportions sont donc compactes en longueur mais assez généreuses en hauteur et en largeur. En Europe, elle est proposée avec des carrosseries trois et cinq portes, alors que le marché japonais privilégie la cinq portes.
Le détail le plus caractéristique se trouve à bord. La console centrale forme une sorte d’arche qui relie la planche de bord à la zone située entre les sièges avant. Le levier de vitesses est placé haut, à proximité directe des commandes principales, tandis qu’un espace reste dégagé sous la console. Cette disposition donne à l’habitacle une identité immédiatement reconnaissable par rapport aux compactes Toyota précédentes.
L’Auris n’est pas à confondre avec le Toyota Verso. Malgré une philosophie familiale commune et une période de commercialisation proche, le Verso est un monospace distinct. La Toyota Blade vendue au Japon constitue quant à elle un dérivé plus haut de gamme de la première Auris et non une finition européenne.
Essence, diesel puis hybride
Au lancement européen, l’offre mécanique est particulièrement large. Les versions essence reposent sur des quatre cylindres atmosphériques, tandis que Toyota propose trois diesels turbocompressés à rampe commune. Le 1.4 VVT-i développe 97 ch et le 1.6 Dual VVT-i 124 ch. Côté diesel, la gamme s’étend du 1.4 D-4D de 90 ch au 2.2 D-4D de 177 ch, en passant par le 2.0 D-4D de 126 ch.
Le 2.2 D-4D constitue la version la plus performante de la gamme initiale. Avec 400 Nm de couple, il permet à l’Auris d’abattre le 0 à 100 km/h en 8,1 secondes. Cette version reçoit également un train arrière plus sophistiqué à double triangulation, alors que la majorité des autres Auris utilisent un essieu arrière à poutre de torsion.
La gamme évolue ensuite avec la stratégie Toyota Optimal Drive. Le 1.4 essence est notamment remplacé sur plusieurs marchés par un 1.33 Dual VVT-i, tandis que le 1.6 adopte la technologie Valvematic. Les disponibilités exactes diffèrent selon les pays et les millésimes, ce qui explique les écarts entre certaines fiches techniques consacrées à l’Auris.
Le changement majeur intervient en 2010 avec l’arrivée de l’Auris Hybride. Son système associe un moteur essence de 1,8 litre à un moteur électrique pour une puissance combinée d’environ 136 ch. Cette chaîne de traction est directement contemporaine de celle utilisée par la Toyota Prius 3. Toyota l’associe à une transmission hybride à variation continue électronique et annonce alors une consommation mixte homologuée de 3,8 l/100 km ainsi que 89 g/km de CO2.
Fiche technique de la Toyota Auris
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Période | 2006 à 2012 pour la première génération, commercialisation européenne à partir de 2007 |
| Carrosserie | Compacte à hayon, 3 ou 5 portes en Europe |
| Architecture | Moteur transversal avant, traction avant en Europe |
| 1.4 VVT-i | 4 cylindres, 1 398 cm3, 97 ch à 6 000 tr/min, 130 Nm à 4 400 tr/min |
| 1.6 Dual VVT-i | 4 cylindres, 1 598 cm3, 124 ch à 6 000 tr/min, 157 Nm à 5 200 tr/min |
| 1.4 D-4D | 4 cylindres diesel turbo, 1 364 cm3, 90 ch à 3 800 tr/min, 190 Nm |
| 2.0 D-4D | 4 cylindres diesel turbo, 1 998 cm3, 126 ch à 3 600 tr/min, 300 Nm |
| 2.2 D-4D | 4 cylindres diesel turbo, 2 231 cm3, 177 ch à 3 600 tr/min, 400 Nm |
| Hybride 1.8 HSD | Essence et électrique, puissance combinée d’environ 136 ch |
| Boîtes | Manuelle 5 ou 6 rapports, robotisée MultiMode selon versions, transmission hybride e-CVT sur l’Hybride |
| Suspension avant | Jambes de force MacPherson |
| Suspension arrière | Poutre de torsion sur la majorité des versions, double triangulation sur le 2.2 D-4D de lancement |
| Direction | Assistance électrique |
| Freinage | ABS, EBD et assistance au freinage, VSC et TRC selon versions |
| Longueur | 4 220 mm |
| Largeur | 1 760 mm |
| Hauteur | 1 515 mm, 1 505 mm pour certaines versions 2.2 D-4D |
| Empattement | 2 600 mm |
| Voie avant | Jusqu’à 1 536 mm selon monte pneumatique |
| Voie arrière | Jusqu’à 1 533 mm selon monte pneumatique |
| Coffre | 354 litres VDA |
| Réservoir | 55 litres |
| Roues | 15, 16 ou 17 pouces selon version |
| Pneumatiques documentés | Notamment 205/55 R16 et 225/45 R17 |
| Poids | Environ 1 245 à 1 450 kg selon moteur, carrosserie et équipement |
| 0 à 100 km/h | 13,0 s en 1.4 VVT-i, 10,4 s en 1.6, 12,0 s en 1.4 D-4D, 10,3 s en 2.0 D-4D, 8,1 s en 2.2 D-4D |
| Vitesse maximale | 170 km/h en 1.4 VVT-i, 190 km/h en 1.6, 175 km/h en 1.4 D-4D, 195 km/h en 2.0 D-4D, environ 210 à 215 km/h en 2.2 D-4D selon homologation |
| Consommation mixte homologuée | 6,9 l/100 km en 1.4 VVT-i, 7,1 l/100 km en 1.6, environ 5,0 l/100 km en 1.4 D-4D, 5,4 à 5,7 l/100 km en 2.0 D-4D, environ 6,2 l/100 km en 2.2 D-4D, 3,8 l/100 km pour l’Hybride |
Un châssis conventionnel mais plusieurs configurations
L’Auris repose sur une structure monocoque développée pour offrir davantage de rigidité et améliorer la gestion de l’énergie en cas de choc. La direction assistée électrique est généralisée, tout comme l’ABS, le répartiteur électronique de freinage et l’assistance au freinage. Selon les versions et les marchés, le contrôle de stabilité VSC et l’antipatinage TRC complètent l’équipement.
La plupart des versions privilégient une architecture de suspension simple et compacte, avec jambes de force MacPherson à l’avant et poutre de torsion à l’arrière. Toyota réserve toutefois une suspension arrière à double triangulation au 2.2 D-4D haut de gamme lors du lancement. Cette différence technique explique pourquoi le comportement routier et même certaines dimensions de voies ne sont pas strictement identiques sur toute la gamme.
La dotation de sécurité est ambitieuse pour l’époque. Toyota met notamment en avant l’airbag genoux conducteur, tandis que certaines configurations peuvent recevoir jusqu’à neuf airbags. L’Auris obtient par ailleurs cinq étoiles aux essais Euro NCAP réalisés selon le protocole en vigueur au moment de son lancement.
L’Auris Hybride change la trajectoire du modèle
Avec l’arrivée de l’hybride en 2010, l’Auris devient un modèle important dans la diffusion de la technologie essence-électrique de Toyota. Jusqu’alors fortement associée à la Prius, cette motorisation est intégrée à une carrosserie compacte beaucoup plus conventionnelle. Toyota peut ainsi proposer une alternative hybride au coeur d’un segment européen où le diesel reste encore très présent.
Cette évolution prépare directement la suite. Lorsque la Toyota Auris 2 apparaît en 2012, l’hybride n’est plus une expérimentation marginale mais un élément central de la gamme. La seconde génération adopte une silhouette plus basse et plus longue, un dessin nettement plus acéré et poursuit la stratégie d’électrification amorcée par la première Auris.
Production et place dans l’histoire de Toyota
La production européenne est assurée notamment à Burnaston, au Royaume-Uni, ainsi qu’à Adapazarı, en Turquie pour une partie des premières années. Au Japon, le lancement de 2006 s’appuie notamment sur l’usine d’Iwate de Kanto Auto Works. Toyota avait fixé un objectif initial de 3 000 Auris par mois sur le marché japonais et avait enregistré environ 9 000 commandes durant le premier mois.
Il n’existe pas de total mondial unique et solidement documenté pour la seule première génération dans les sources de référence disponibles. Toyota indiquait néanmoins environ 418 000 Auris produites à Burnaston au moment de préparer la génération suivante, ce qui donne une idée du poids industriel pris par le modèle en Europe.
Après deux générations, le nom Auris disparaît du catalogue européen à la fin des années 2010. Toyota choisit alors de réunifier sa compacte mondiale sous l’appellation Corolla à partir de 2019. L’Auris reste ainsi une parenthèse relativement courte dans l’histoire de la marque, mais une parenthèse déterminante pour l’installation de l’hybride Toyota au coeur du marché européen des compactes.




