Présentée en 1957, la Ferrari 250 GT Cabriolet transpose les qualités mécaniques de la famille 250 GT dans une automobile ouverte, élégante et conçue pour le grand tourisme. Elle ne doit pas être confondue avec la California Spider, plus sportive, ni réduite à une simple déclinaison découvrable du coupé. Produite en deux séries distinctes, elle accompagne la transformation de Ferrari en constructeur de voitures routières luxueuses, capables d’associer performances, confort et carrosserie raffinée.
Une Ferrari ouverte pensée pour le grand tourisme
La 250 GT Cabriolet apparaît à une période où Ferrari développe progressivement une gamme routière plus structurée. La marque reste étroitement liée à la compétition, mais cherche également à proposer des automobiles utilisables sur de longues distances, avec une présentation plus soignée et un niveau de confort supérieur à celui des modèles directement dérivés de la course.
Cette évolution avait été amorcée par des modèles comme la Ferrari 250 Europa, qui avait contribué à définir les bases d’une Ferrari de grand tourisme à moteur V12. La 250 GT Cabriolet poursuit cette orientation en y ajoutant le plaisir d’une carrosserie ouverte à deux places.
Pinin Farina présente la voiture au Salon de Genève de 1957. Un an auparavant, Boano avait déjà dévoilé au même endroit une proposition comparable. Le modèle de 1957 marque toutefois le véritable point de départ de la 250 GT Cabriolet telle qu’elle est généralement identifiée aujourd’hui.
Son positionnement est clair : il s’agit d’une Ferrari rapide et prestigieuse, mais moins radicale qu’une berlinette orientée vers la performance. Par rapport à la Ferrari 250 GT Berlinetta, le cabriolet privilégie davantage l’élégance, le confort et l’agrément de conduite sur route.
Le V12 Colombo au cœur de la 250 GT Cabriolet
La Ferrari 250 GT Cabriolet reçoit un moteur V12 à 60 degrés installé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée atteint précisément 2 953,21 cm³, une valeur caractéristique de la famille 250. L’appellation fait référence, selon la convention utilisée par Ferrari à cette époque, à la cylindrée approximative de chaque cylindre.
Dans la configuration indiquée par Ferrari pour le modèle présenté en 1957, le moteur développe 176 kW, soit environ 240 ch à 7 000 tr/min. Il est alimenté par trois carburateurs Weber. La puissance est transmise aux roues arrière, selon une architecture classique pour une voiture de grand tourisme de cette période.
Ferrari annonçait une vitesse maximale de 252 km/h. Cette valeur montre que la 250 GT Cabriolet n’était pas seulement une automobile d’apparat. Malgré son orientation plus confortable, elle conservait des performances très élevées pour la fin des années 1950.
Le châssis repose sur un empattement de 2 600 mm dans la configuration de la seconde série. La suspension avant est indépendante, tandis que l’arrière utilise un essieu rigide associé à des ressorts semi-elliptiques. Cette architecture, courante sur les Ferrari routières de l’époque, privilégie la robustesse et un comportement adapté aux longs parcours rapides.
Series I : une production rare et largement personnalisée
La première version, aujourd’hui appelée Series I, se distingue par sa rareté et par son caractère presque artisanal. Seulement 40 exemplaires auraient été réalisés en comptant trois prototypes. Cette production limitée contribue fortement à son prestige actuel.
Les voitures étaient assemblées dans l’atelier de commandes spéciales de Pinin Farina. De nombreux détails pouvaient varier d’un exemplaire à l’autre, notamment les finitions, certains éléments de carrosserie et la présentation intérieure. Il est donc difficile de décrire toutes les Series I à partir d’une configuration parfaitement uniforme.
Cette diversité reflète le fonctionnement de Ferrari et de ses carrossiers à la fin des années 1950. La standardisation restait limitée, en particulier sur les modèles coûteux produits en petites quantités. Chaque voiture pouvait être adaptée aux souhaits de son premier propriétaire, ce qui impose aujourd’hui d’étudier les exemplaires individuellement.
La Series I occupe ainsi une place particulière entre automobile de série et création sur mesure. Sa ligne basse, son habitacle à deux places et ses détails raffinés en font l’une des interprétations les plus exclusives du châssis 250 GT.
Series II : une Ferrari plus homogène et plus utilisable
La Series II est dévoilée au Salon de Paris de 1959. Elle ne constitue pas une simple retouche esthétique. Ferrari et Pinin Farina font évoluer la voiture afin de la rendre plus homogène, plus pratique et mieux adaptée à une production régulière.
Elle se reconnaît notamment à ses phares non carénés, à son nez plus arrondi et à ses feux arrière allongés. L’habitacle gagne également en espace, tandis que le volume du coffre progresse. Ces modifications renforcent sa vocation de véritable voiture de voyage.
| Critère | Series I | Series II |
|---|---|---|
| Présentation | 1957 | 1959 |
| Production indiquée | 40 exemplaires, dont trois prototypes | 200 exemplaires |
| Caractère | Fabrication très artisanale et nombreuses variations | Définition plus homogène et production plus régulière |
| Style avant | Configuration variable selon les exemplaires | Phares non carénés et nez plus arrondi |
| Usage | Cabriolet exclusif à forte personnalisation | Grand tourisme plus pratique et plus abouti |
La Series II reçoit une évolution du V12 Colombo, désignée Tipo 128F. Les bougies sont placées sur les faces extérieures du moteur, une disposition destinée à faciliter l’entretien et à améliorer son fonctionnement. Elle bénéficie également de freins à disque sur les quatre roues.
La transmission comprend une boîte manuelle à quatre rapports complétée par un overdrive. Ce dispositif permet de réduire le régime du moteur à vitesse stabilisée, un avantage cohérent avec la vocation routière du cabriolet.
Deux cents exemplaires de la Series II auraient été construits entre 1959 et le milieu de l’année 1962. Il est préférable de conserver une distinction entre les chiffres de production des deux séries, car les totaux globaux publiés peuvent varier selon la manière dont sont comptabilisés les prototypes ou certaines voitures particulières.
Quelle différence avec la 250 GT Coupé ?
La 250 GT Cabriolet partage son univers mécanique et son positionnement général avec la Ferrari 250 GT Coupé, mais elle ne se limite pas à la suppression du toit. Sa carrosserie ouverte impose des adaptations structurelles, tandis que son style et son habitacle répondent à une recherche d’exclusivité différente.
Le coupé correspond davantage à une automobile fermée utilisable en toutes circonstances. Le cabriolet privilégie l’agrément de conduite à ciel ouvert et une présentation plus spectaculaire. Dans les deux cas, Ferrari cherche à proposer une voiture rapide mais suffisamment civilisée pour voyager, loin du dépouillement des modèles de compétition.
La gamme continuera ensuite à s’élargir avec des Ferrari plus habitables, dont la Ferrari 250 GT 2+2. Cette dernière adopte une configuration à quatre places qui répond à une clientèle recherchant davantage de polyvalence sans renoncer au moteur V12 et au prestige de la série 250.
Ferrari 250 GT Cabriolet ou California Spider ?
La confusion entre la 250 GT Cabriolet et la Ferrari 250 California est fréquente, car les deux modèles sont des Ferrari ouvertes équipées d’un V12 et produites durant une période proche. Leur philosophie diffère pourtant nettement.
La 250 GT Cabriolet est conçue comme une voiture de luxe et de grand tourisme. Elle met l’accent sur la finition, le confort, l’élégance et la possibilité de parcourir de longues distances. La California Spider adopte une orientation plus sportive, avec un châssis et une conception davantage influencés par les modèles de compétition.
Cette distinction est essentielle pour comprendre la place du cabriolet dans la gamme. La 250 GT Cabriolet ne cherche pas à être une voiture de course rendue utilisable sur route. Elle représente plutôt une interprétation raffinée des performances Ferrari, destinée à une clientèle souhaitant une automobile rapide, prestigieuse et moins exigeante au quotidien.
Une valeur qui dépend avant tout de l’authenticité
Les Ferrari 250 GT Cabriolet figurent aujourd’hui parmi les automobiles de collection les plus recherchées, avec des écarts de valeur importants entre les exemplaires. La série, l’année, la configuration d’origine et l’historique documenté jouent un rôle déterminant.
Une Series II de 1962 a par exemple été adjugée 1 435 000 dollars lors d’une vente organisée à Monterey en 2025. Ce résultat constitue un repère ponctuel et non une cote applicable à toutes les voitures. Le marché des Ferrari anciennes évolue, et deux exemplaires apparemment similaires peuvent atteindre des montants très différents.
L’authenticité du moteur, de la boîte de vitesses, du châssis et de la carrosserie doit être examinée avec attention. La qualité d’une restauration, la présence d’une documentation historique cohérente, la provenance et une éventuelle certification Ferrari Classiche peuvent également influencer fortement l’intérêt d’une voiture.
La rareté de la Series I lui confère généralement un statut particulier, mais une Series II bien conservée, correctement restaurée et dotée d’un historique clair peut aussi présenter un intérêt majeur. Pour ce modèle, la valeur ne repose donc pas uniquement sur le nombre d’exemplaires produits : elle dépend largement de l’identité et du parcours propres à chaque châssis.






