Ferrari Superamerica

Ferrari Superamerica

Présentée en 2005, la Ferrari Superamerica est une déclinaison découvrable de la 575M Maranello. Elle associe un V12 atmosphérique de 540 ch à un toit en verre électrochrome capable de pivoter entièrement vers l’arrière. Produite à seulement 559 exemplaires, elle occupe une place particulière dans l’histoire de Ferrari, entre grande routière, berlinette à hautes performances et cabriolet exclusif.

Une 575M Maranello transformée en découvrable

La Superamerica reprend l’architecture de la 575M Maranello, avec un moteur V12 installé à l’avant et une transmission placée à l’arrière. Cette configuration favorise la répartition des masses tout en conservant l’esprit d’une grande GT conçue pour parcourir de longues distances à un rythme élevé.

Son positionnement prolonge celui des Ferrari à moteur V12 avant, une lignée dans laquelle la Ferrari 456 GT avait déjà remis à l’honneur, durant les années 1990, l’idée d’un coupé rapide et utilisable sur route. La Superamerica ajoute toutefois une dimension plus spectaculaire grâce à son pavillon mobile.

Contrairement à un cabriolet classique doté d’une capote souple ou d’un toit rigide composé de plusieurs éléments, elle conserve une silhouette très proche de celle de la 575M lorsque son toit est fermé. L’objectif n’était donc pas de créer un roadster radical, mais une GT capable de changer de configuration sans perdre son caractère de coupé.

Un V12 atmosphérique de 5,75 litres

La Ferrari Superamerica utilise un V12 à 65 degrés monté longitudinalement. Sa cylindrée exacte atteint 5 748,36 cm³. Ce moteur atmosphérique développe 540 ch à 7 250 tr/min et délivre un couple maximal de 588 Nm à 5 250 tr/min.

CaractéristiqueDonnée
ArchitectureV12 atmosphérique à 65 degrés
Cylindrée5 748,36 cm³
Puissance maximale540 ch à 7 250 tr/min
Couple maximal588 Nm à 5 250 tr/min
Vitesse maximale320 km/h
0 à 100 km/h4,20 s avec la boîte F1, 4,25 s avec la boîte manuelle
Production559 exemplaires

Ferrari annonçait une vitesse maximale de 320 km/h. L’accélération de 0 à 100 km/h demandait 4,20 secondes avec la transmission robotisée F1 et 4,25 secondes avec la boîte mécanique à six rapports. La faible différence entre ces deux valeurs montre que le choix de transmission relevait surtout des préférences du conducteur.

La boîte manuelle permettait de conserver une conduite traditionnelle, avec une grille métallique caractéristique des Ferrari de cette période. La transmission F1 privilégiait quant à elle des changements de rapport commandés par des palettes au volant, une technologie issue de la compétition devenue progressivement centrale dans la gamme du constructeur.

Le toit Revochromic, principale particularité du modèle

La véritable singularité de la Superamerica réside dans son toit baptisé Revochromic. Au lieu de se replier dans le coffre, le panneau pivote de 180 degrés autour d’un axe placé derrière les occupants. Une fois ouvert, il vient se poser horizontalement au-dessus de la partie arrière de la carrosserie.

Cette solution évite d’utiliser un mécanisme constitué de nombreux panneaux articulés. Elle limite aussi l’espace nécessaire au rangement du toit et permet de préserver le volume du coffre. La transformation entre les configurations fermée et ouverte s’effectue en quelques secondes.

Le panneau vitré couvre une surface d’environ un mètre carré. Son verre électrochrome propose cinq niveaux de teinte, sélectionnables depuis la console centrale. Le conducteur peut ainsi faire varier la quantité de lumière entrant dans l’habitacle sans ouvrir le toit.

Ferrari présentait la Superamerica comme la première automobile de série dotée d’un toit rotatif intégrant cette technologie électrochrome. Le système avait été breveté par Leonardo Fioravanti et développé avec Saint-Gobain, spécialiste du verre automobile.

La structure du toit fait appel à la fibre de carbone. Ce matériau permet de contenir son poids et de limiter les variations du centre de gravité lorsque le panneau passe de la position fermée à la position ouverte. Cette contrainte était essentielle sur une voiture capable d’atteindre 320 km/h.

Un dessin signé Pininfarina

Le style général de la Superamerica a été confié à Pininfarina, tandis que Leonardo Fioravanti a conçu le principe du toit. L’intégration de ce mécanisme imposait de modifier la partie arrière de la 575M sans déséquilibrer ses proportions.

Le long capot, l’habitacle reculé et la poupe compacte restent caractéristiques des Ferrari V12 à moteur avant. Le pavillon vitré apporte toutefois une identité propre au modèle, immédiatement reconnaissable lorsqu’il est basculé au-dessus du coffre.

Cette approche diffère de celle de la Ferrari SA Aperta, autre Ferrari V12 découvrable produite en série limitée. La SA Aperta privilégie une carrosserie beaucoup plus ouverte, tandis que la Superamerica conserve la possibilité de retrouver rapidement un habitacle fermé et protégé par un véritable panneau rigide.

Pourquoi le nom Superamerica est-il historique ?

L’appellation Superamerica n’a pas été créée pour le modèle de 2005. Ferrari l’avait déjà utilisée dans les années 1950 pour désigner des automobiles particulièrement puissantes, luxueuses et exclusives, destinées à une clientèle recherchant une grande routière au sommet de la gamme.

La Ferrari 410 Superamerica constitue le premier jalon majeur de cette histoire. Son moteur fut présenté sur un châssis de 375 America au Salon de Paris d’octobre 1955, avant la présentation de la voiture complète au Salon de Bruxelles en 1956.

Elle fut suivie par la Ferrari 400 Superamerica, produite en deux séries entre 1960 et 1964. Les exemplaires, tous carrossés par Pininfarina, prirent plusieurs formes, notamment des coupés, des cabriolets, un spider et différentes réalisations spéciales.

En reprenant ce nom près d’un demi-siècle plus tard, Ferrari ne cherchait donc pas seulement à distinguer une version découvrable de la 575M. La marque réactivait une dénomination associée à ses GT les plus prestigieuses, puissantes et rares.

Une série limitée à 559 exemplaires

La production de la Ferrari Superamerica a été limitée à 559 voitures. Ce volume très réduit la rend nettement plus rare qu’une 575M Maranello standard et renforce son statut de modèle de collection.

Le nombre de 559 exemplaires illustre une pratique courante chez Ferrari durant cette période. Le constructeur choisissait parfois un total légèrement supérieur à la demande estimée afin de conserver un caractère exclusif tout en servant quelques clients supplémentaires. La rareté actuelle du modèle dépend néanmoins aussi de sa configuration, de son historique, de son état et du type de transmission.

La présence d’un mécanisme de toit spécifique constitue un point central dans l’évaluation d’un exemplaire. Son fonctionnement associe des composants mécaniques, électriques et électrochromes qui ne sont pas partagés avec une Ferrari produite à grande échelle. Une inspection approfondie doit donc vérifier la rotation du panneau, ses différents niveaux de teinte, son étanchéité et son alignement avec la carrosserie.

Une place à part parmi les Ferrari V12 découvrables

La Superamerica n’est ni un simple cabriolet dérivé d’un coupé, ni une sportive entièrement repensée. Elle conserve la mécanique et les qualités routières de la 575M tout en ajoutant un dispositif de toit inédit, qui constitue l’essentiel de sa valeur technique et historique.

Ferrari a ensuite continué à développer des modèles découvrables dotés d’un moteur V12 avant. La Ferrari 812 GTS représente une interprétation plus moderne de cette formule, avec un toit rigide rétractable conventionnel et des performances appartenant à une autre génération.

La Superamerica reste cependant unique par la simplicité visuelle de son toit pivotant et par l’emploi d’un vitrage à opacité variable. Ce système, associé au V12 de 540 ch et à une production de 559 exemplaires, suffit à la distinguer clairement de la 575M dont elle dérive comme des autres Ferrari découvrables de son époque.