Histoire de la marque Joylong

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Joylong est un constructeur automobile chinois né à Yangzhou, dans la province du Jiangsu, au cours des années 2000. Fondée autour de l’entrepreneur Yu Hongquan, la marque s’est d’abord spécialisée dans les minibus, fourgons et véhicules destinés au transport de passagers avant d’étendre progressivement son activité à l’exportation, aux monospaces puis aux véhicules électriques. Son histoire est surtout marquée par une industrialisation rapide, une forte orientation vers les véhicules commerciaux et deux changements de propriétaire qui ont accompagné son virage vers les nouvelles énergies.

2007 : Yu Hongquan fonde Joylong à Yangzhou

Jiangsu Joylong Automobile est créée en 2007 à Yangzhou, dans le Jiangsu, une région industrielle importante de l’est de la Chine. Yu Hongquan est associé à la fondation et au développement initial de l’entreprise. Certaines bases de données font apparaître 2002 pour une structure juridique antérieure, mais 2007 est la date généralement retenue pour la naissance de Joylong en tant que constructeur automobile.

La société se concentre dès l’origine sur les véhicules commerciaux légers et le transport collectif ou professionnel. Ce positionnement détermine durablement l’identité de la marque, qui ne cherche pas d’abord à rivaliser sur le marché des berlines particulières, mais à proposer des fourgons, minibus et véhicules d’affaires destinés aussi bien au marché chinois qu’aux marchés émergents.

2008 : Joylong construit son outil industriel à Jiangdu

Le lancement d’un vaste projet industriel à Jiangdu, en janvier 2008, constitue la première étape décisive après la création de l’entreprise. En moins de deux ans, Joylong met en place une usine moderne et annonce une capacité pouvant atteindre environ 50 000 véhicules par an. Cet investissement permet à la jeune marque de passer rapidement du statut de nouvel entrant à celui de constructeur disposant de ses propres moyens de production à grande échelle.

Cette base industrielle est conçue pour soutenir une gamme centrée sur les véhicules de transport de personnes et les utilitaires. Elle prépare également l’ouverture de Joylong à l’international, alors que plusieurs constructeurs chinois cherchent à cette époque à se développer au-delà de leur marché domestique.

2010 : la production de masse ouvre la voie aux exportations

Autour de 2010, Joylong entre véritablement dans une phase de production et de commercialisation à grande échelle. Les séries de minibus et de fourgons comme les A5 et A6, ainsi que les véhicules de type C6, deviennent représentatives de son offre. Plusieurs de ces modèles reprennent une architecture et des codes esthétiques proches de véhicules largement diffusés par Toyota, notamment les HiAce et Coaster. En l’absence de preuve d’un accord de licence avec le constructeur japonais, il est plus exact de parler d’une forte inspiration stylistique et fonctionnelle.

La même période voit Joylong accélérer à l’exportation. Une commande de 1 000 véhicules destinée à l’Afrique du Sud illustre cette ambition internationale. La marque développe ensuite sa présence dans plusieurs régions où les minibus et utilitaires simples, spacieux et relativement accessibles répondent à une demande importante, notamment en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient.

2014 : l’iFly élargit Joylong au marché des monospaces

En 2014, Joylong cherche à dépasser son image de spécialiste du minibus professionnel avec l’iFly, également connu sous le nom d’Aifei. Présenté au salon automobile de Pékin, ce grand monospace vise une clientèle familiale et d’affaires tout en restant cohérent avec le savoir-faire de la marque dans les véhicules offrant un important volume intérieur.

Cette diversification s’accompagne d’efforts pour renforcer les capacités techniques du constructeur. Un accord technologique conclu avec JAC concerne notamment la production de moteurs. Joylong tente ainsi d’élargir sa gamme tout en consolidant sa chaîne industrielle, sans abandonner le segment des véhicules commerciaux qui reste son principal domaine d’activité.

2015 : le rachat par Jiangte Motor accélère le virage électrique

L’année 2015 marque l’un des changements les plus importants de l’histoire de Joylong. Jiangxi Special Electric Motor, plus couramment désigné sous le nom de Jiangte Motor, engage puis finalise l’acquisition de la totalité du constructeur. L’opération, évaluée à environ 2,9 milliards de yuans, place Joylong au cœur d’une stratégie orientée vers les véhicules à énergies nouvelles.

Cette nouvelle propriété accélère le développement de versions électriques adaptées aux usages professionnels. Au cours des années suivantes, Joylong élargit son offre à des véhicules logistiques, minibus, autocars et autobus électriques. Les E6, E7, E66 ou E8 illustrent cette évolution. L’électrification ne constitue donc pas un simple complément de gamme : elle devient progressivement l’un des principaux axes de développement de l’entreprise.

2018 : l’EM3 étend l’électrification à des véhicules plus compacts

Avec l’EM3 présenté en 2018, Joylong applique sa stratégie électrique à un véhicule plus compact que ses habituels minibus et grands utilitaires. Ce petit monospace électrique montre la volonté du constructeur de ne plus limiter les nouvelles énergies aux seuls véhicules professionnels de grande capacité.

L’EM3 reste moins structurant dans l’histoire de Joylong que ses premières gammes de minibus, mais il symbolise une phase durant laquelle l’entreprise tente d’élargir les débouchés de ses technologies électriques. Cette diversification intervient cependant dans un environnement chinois devenu plus difficile pour certains fabricants spécialisés dans les véhicules à énergies nouvelles.

2019 : Jiangte Motor cède Joylong après le retournement du marché

Le développement rapide de l’électrique ne suffit pas à garantir la stabilité financière de Joylong. La réduction progressive des subventions chinoises aux véhicules électriques, le ralentissement de certains segments du marché et les pertes enregistrées par le constructeur fragilisent le modèle économique sur lequel reposait l’acquisition de 2015.

En 2019, Jiangte Motor décide donc de vendre 100 % de Joylong pour environ 513 millions de yuans. Le repreneur est Yangzhou Jiangdu District Xiannü Infrastructure Construction, une entité liée aux autorités locales de Jiangdu. Ce changement de propriétaire referme la période Jiangte et replace le constructeur sous le contrôle d’un acteur public local, tout en maintenant son implantation industrielle historique à Yangzhou.

2026 : Joylong poursuit son activité entre utilitaires et véhicules électriques

Joylong n’a pas disparu après la cession de 2019. En 2026, l’entreprise demeure active à Yangzhou et continue de présenter des véhicules commerciaux à motorisations conventionnelles ainsi que des modèles électriques. La publication d’appels d’offres industriels au cours de l’année confirme également la poursuite d’une activité de production.

La situation actuelle prolonge ainsi les deux grandes orientations qui ont façonné Joylong depuis sa création : le transport professionnel de passagers et de marchandises, puis l’intégration progressive de la propulsion électrique. La marque reste avant tout un constructeur chinois spécialisé, dont le développement s’est fait davantage par l’industrie du minibus et de l’utilitaire que par les voitures particulières traditionnelles.