
Kaiyi est une marque automobile chinoise née en 2014 dans l’orbite de Chery. Créée pour proposer des voitures accessibles à une clientèle jeune, elle a d’abord développé des berlines et des SUV compacts avant de connaître un changement profond d’actionnariat et de centre industriel. Son transfert vers Yibin, dans le Sichuan, puis la construction d’un nouvel outil de production ont ouvert une seconde phase de son histoire, marquée par les SUV, l’électrification et une présence croissante à l’international.
2014 : Chery crée Kaiyi pour développer une nouvelle marque accessible
Kaiyi apparaît en Chine au début de l’année 2014, à Wuhu, dans la province de l’Anhui, où se trouve également le berceau de Chery. La société est créée en janvier, tandis que la marque est officiellement présentée quelques mois plus tard, en août. Cette distinction explique que différentes dates puissent parfois être associées à ses débuts selon que l’on considère la constitution de l’entreprise ou le lancement public de la marque.
À l’origine, Kaiyi est une filiale de Chery destinée à occuper une place plus accessible sur le marché chinois. Son positionnement vise notamment les jeunes automobilistes et les acheteurs recherchant un véhicule neuf à prix contenu. Cette orientation se concrétise dès novembre avec la Kaiyi C3, première voiture commercialisée sous la nouvelle identité. Petite berline abordable, elle donne à la marque une existence commerciale propre sans chercher à rivaliser immédiatement avec les constructeurs chinois les plus haut de gamme.
2016 : le X3 fait entrer Kaiyi sur le marché stratégique des SUV
Deux ans après ses débuts, Kaiyi élargit son offre avec le X3. L’arrivée de ce SUV compact constitue une étape importante car elle fait évoluer la marque au-delà des petites berlines qui avaient accompagné son lancement. Dans un marché chinois où les SUV prennent une place croissante, ce changement de catégorie permet à Kaiyi de mieux correspondre aux nouvelles attentes des particuliers.
Le X3 joue ainsi un rôle plus structurant que celui d’un simple nouveau modèle. Il annonce une orientation qui deviendra durable dans la gamme de Kaiyi, les SUV prenant progressivement une place centrale dans son développement.
2017 : le transfert vers Yibin transforme l’actionnariat et l’avenir industriel de Kaiyi
La rupture majeure de la première période intervient à la fin de 2017. Kaiyi quitte progressivement son ancrage initial à Wuhu pour s’installer à Yibin, dans la province du Sichuan. L’entreprise devient Yibin Kaiyi Automobile et son capital est profondément réorganisé.
Chery cède alors la majorité de la société à des intérêts liés à Yibin et ne conserve plus que 49 % du capital. Ce changement ne correspond pas à une disparition de la marque, mais à une nouvelle organisation destinée à lui donner une base industrielle et institutionnelle distincte. Kaiyi passe ainsi du statut de jeune marque directement contrôlée par Chery à celui de constructeur dont le développement est désormais étroitement associé à Yibin.
2019 : la nouvelle usine de Yibin donne à Kaiyi une base industrielle autonome
Le changement d’actionnariat prend une dimension concrète avec la mise en service, à la fin de 2019, de la première phase de la nouvelle usine de Yibin. L’année suivante, l’entreprise obtient les qualifications nécessaires pour produire aussi bien des voitures particulières conventionnelles que des véhicules à énergies nouvelles.
Cette étape est essentielle dans l’histoire de Kaiyi car elle lui apporte un outil industriel correspondant à sa nouvelle structure. La marque ne repose plus seulement sur son héritage technique et industriel lié à Chery : elle dispose désormais d’une implantation propre à partir de laquelle elle peut renouveler sa gamme et préparer son passage progressif vers l’électrification.
2020 : le Xuanjie inaugure la relance commerciale depuis Yibin
La première expression visible de cette nouvelle période est le Xuanjie, également connu à l’export sous le nom de Showjet. Lancé en 2020, ce SUV compact devient l’un des modèles représentatifs de la relance de Kaiyi après son installation dans le Sichuan.
Son importance tient surtout au fait qu’il accompagne la reconstruction de la gamme autour du nouveau site industriel. Le modèle est ensuite décliné en Xuanjie Pro, puis en version électrique en 2021. Kaiyi commence ainsi à faire coexister motorisations conventionnelles et électriques, une évolution qui deviendra centrale dans les années suivantes.
2022 : Kaiyi adopte une nouvelle stratégie et accélère son développement international
En 2022, Kaiyi engage une nouvelle transformation de son identité et de son positionnement. La marque présente une stratégie renouvelée en juillet et renforce son orientation vers les véhicules à énergies nouvelles. Elle conclut également un accord stratégique avec Huawei, signe de sa volonté d’intégrer davantage de technologies numériques et connectées dans ses futurs véhicules.
La même période marque une accélération hors de Chine. Kaiyi commence notamment à développer ses exportations vers l’Europe et fait son entrée sur le marché russe. La création d’une structure dédiée à l’international traduit ce changement d’échelle : l’exportation devient désormais une composante durable du développement de l’entreprise et non plus une activité périphérique.
2023 : les plateformes i-FA et i-EA ouvrent une nouvelle génération de modèles
Le renouvellement technique devient particulièrement visible en 2023. Le Kunlun, SUV de taille supérieure, inaugure la plateforme i-FA et devient l’un des principaux porte-drapeaux de la nouvelle Kaiyi. Ce modèle symbolise la volonté de la marque de monter en gamme tout en conservant les SUV au cœur de son offre.
La même année, la Shiyue représente une autre étape importante avec l’arrivée de la plateforme électrique i-EA. Cette petite voiture électrique confirme que Kaiyi ne considère plus les nouvelles énergies comme de simples déclinaisons de modèles existants : elles disposent désormais d’une architecture spécifique et participent directement au renouvellement de la marque.
2024 : le Kunlun iHD confirme le virage vers l’hybridation rechargeable
En 2024, Kaiyi complète sa transition énergétique avec le Kunlun iHD, son premier SUV hybride rechargeable de taille moyenne. Après les premiers modèles électriques et les nouvelles plateformes introduites l’année précédente, cette évolution élargit la stratégie de la marque à plusieurs formes d’électrification.
Kaiyi reste aujourd’hui en activité, avec son siège et son principal appareil industriel à Yibin. Sa gamme combine véhicules thermiques, électriques et hybrides rechargeables, tandis que son développement international s’étend à plusieurs dizaines de marchés. En une décennie, la marque est ainsi passée d’une jeune filiale créée à Wuhu pour vendre des voitures accessibles à un constructeur chinois doté de sa propre base industrielle et engagé dans les nouvelles énergies comme dans l’exportation.
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