
Xiali est née à Tianjin au milieu des années 1980, dans un contexte où la Chine cherchait à développer rapidement une industrie de voitures particulières accessibles en s’appuyant sur des transferts de technologie étrangers. La marque ne possède pas de fondateur individuel au sens classique : elle est issue d’un projet industriel porté par la Tianjin Automobile Industry Company et les autorités locales, avec l’appui technique du constructeur japonais Daihatsu. D’abord dérivée de la Charade, la Xiali devient ensuite l’une des petites voitures les plus visibles de Chine, notamment dans les flottes de taxis. Son histoire est marquée par une industrialisation rapide, l’entrée de FAW dans son capital, un rapprochement important avec Toyota, puis par un long déclin lorsque le marché chinois s’éloigne des petites berlines économiques qui avaient fait son succès.
1984 : Tianjin prépare la naissance de Xiali avec Daihatsu
L’origine de Xiali remonte à mars 1984, lorsque la Tianjin Automobile Industry Company conclut un accord avec Daihatsu afin d’introduire en Chine des technologies destinées aux petits véhicules utilitaires et aux voitures particulières. Cette coopération s’inscrit dans une période où l’industrie automobile chinoise cherche à accélérer son développement en acquérant des savoir-faire étrangers plutôt qu’en concevant immédiatement des modèles entièrement nouveaux.
Xiali naît donc d’un programme industriel public mené à Tianjin, et non de l’initiative d’un entrepreneur isolé. Li Ruihuan, alors responsable politique important de la municipalité, est associé au choix du nom « Xiali », mais il serait inexact de le présenter comme le fondateur de la marque. Le projet repose avant tout sur la coopération entre l’industrie automobile de Tianjin et Daihatsu.
1986 : la première Xiali sort des chaînes de Tianjin
Le 18 mars 1986, un accord spécifique est conclu pour introduire la technologie de la Daihatsu Charade. Quelques mois plus tard, le 30 septembre, la première Xiali deux-volumes est assemblée à Tianjin. Les débuts reposent sur des ensembles CKD, c’est-à-dire des véhicules fournis en pièces puis assemblés localement.
Cette origine explique une caractéristique essentielle de la marque. Xiali est bien une marque chinoise, mais son premier modèle repose directement sur une base technique japonaise. Cette formule permet à Tianjin de disposer rapidement d’une petite voiture moderne, relativement simple à produire et adaptée à un marché chinois où l’automobile particulière commence seulement à se démocratiser.
1990 : la berline Xiali accompagne son passage à la production de masse
Le 14 octobre 1990 apparaît une version trois-volumes de la Xiali. Cette carrosserie plus conventionnelle pour le marché chinois contribue à élargir son usage auprès des particuliers comme des professionnels. La voiture se diffuse particulièrement dans les flottes de taxis, où son prix contenu, sa simplicité mécanique et ses coûts d’exploitation favorisent son adoption.
La première moitié des années 1990 marque surtout le changement d’échelle industriel. En 1995, un vaste programme d’extension porte les capacités annoncées à 150 000 voitures et 200 000 moteurs par an. Xiali cesse alors d’être seulement le résultat d’un transfert de technologie pour devenir une automobile produite à grande échelle. Sa présence massive dans les rues chinoises contribue à faire de son nom un symbole de la première phase de motorisation populaire du pays.
1997 : Xiali devient une société cotée et modernise sa formule
Le 28 août 1997 est créée Tianjin Automobile Xiali Co., Ltd., société par actions qui reprend une partie des activités liées à Xiali. Son introduction à la Bourse de Shenzhen intervient en 1999. Cette date ne correspond donc pas à la naissance de la marque, déjà active depuis 1986, mais à une transformation importante de la structure juridique et financière qui porte sa production.
À la même période, Xiali cherche à maintenir la compétitivité d’une conception devenue ancienne. Des évolutions de carrosserie sont engagées et la « Gold Xiali », apparue en 1999, reçoit notamment un moteur Toyota 8A. Cette modernisation progressive prolonge la carrière de la voiture sans remettre entièrement en cause son architecture. La stratégie permet encore de répondre à une clientèle attentive au prix, mais elle prépare aussi l’une des difficultés futures de la marque : l’allongement de la durée de vie d’une base technique qui sera de plus en plus difficile à faire évoluer face à de nouveaux concurrents.
2000 : Toyota puis FAW transforment l’environnement industriel de Xiali
En juin 2000, Tianjin Xiali participe à la création de Tianjin Toyota, une coentreprise initialement détenue à parts égales avec Toyota. Cette coopération renforce fortement les liens entre l’industrie automobile de Tianjin et le groupe japonais. Elle ne transforme pas pour autant les Toyota produites localement en modèles Xiali : il s’agit d’une activité distincte, même si elle devient stratégique pour la société qui porte la marque.
Le changement le plus profond intervient en 2002. Tianjin Automobile Group cède à FAW Group une participation de contrôle de 50,98 % dans la société cotée. Celle-ci prend ensuite le nom de Tianjin FAW Xiali Automobile Co., Ltd. Xiali passe ainsi sous le contrôle de l’un des grands groupes automobiles publics chinois. FAW lui attribue principalement le rôle de spécialiste des voitures économiques, tandis que la coentreprise avec Toyota devient Tianjin FAW Toyota en 2003.
2004 : la millionième Xiali consacre l’apogée de la voiture populaire
Le 8 août 2004, la millionième Xiali sort de chaîne. Il s’agit d’une Xiali N3, modèle destiné à renouveler une formule qui a déjà près de deux décennies d’histoire industrielle. Le cap du million d’exemplaires constitue l’un des meilleurs indicateurs de l’importance acquise par la marque : peu de voitures particulières chinoises de sa génération ont bénéficié d’une diffusion comparable.
La N3 reste fidèle au positionnement traditionnel de Xiali, celui d’une automobile simple et abordable destinée à un marché de masse. Cette stratégie continue de produire des résultats pendant plusieurs années. En 2011, l’ensemble de FAW Xiali atteint environ 253 000 ventes, un sommet tardif pour l’entreprise. Ce chiffre ne doit toutefois pas être attribué à la seule marque Xiali, puisque la société commercialise alors plusieurs gammes sous différentes appellations.
2012 : le marché chinois change et le modèle économique de Xiali s’essouffle
À partir de 2012, la situation se dégrade rapidement. Le marché automobile chinois évolue vers des véhicules plus grands, mieux équipés et plus valorisants, tandis que les SUV prennent une place croissante. Xiali reste fortement associée aux petites berlines économiques et peine à modifier assez vite son image comme son offre. Les rapports de l’entreprise reconnaissent eux-mêmes que l’ajustement du portefeuille et la montée en gamme n’ont pas suivi suffisamment rapidement les transformations du marché.
Après plusieurs exercices difficiles, FAW Xiali tente de se repositionner. Le lancement du SUV Junpai D60 à la fin de 2014 doit permettre de viser une gamme de prix supérieure et de renouveler l’image du constructeur. Junpai n’est cependant pas une nouvelle génération de Xiali : le choix d’une autre marque montre au contraire que l’entreprise cherche déjà à construire son avenir au-delà du nom qui avait fait son succès.
Cette stratégie ne suffit pas à inverser durablement la tendance. Les volumes diminuent et les capacités industrielles sont de moins en moins utilisées. La production des modèles portant la marque Xiali cesse en juin 2017. Cette date représente la fin opérationnelle de Xiali comme gamme automobile produite en série, même si la société Tianjin FAW Xiali continue encore d’exister juridiquement.
2019 : la tentative de reconversion électrique précède la disparition de FAW Xiali
Après l’arrêt de la gamme Xiali, l’entreprise réduit progressivement son périmètre et cède plusieurs actifs. En 2019, elle tente de donner une nouvelle utilisation à son appareil industriel en s’associant à Nanjing Bojun New Energy Automobile. Une nouvelle société, Tianjin Bojun Automobile, est créée afin de reprendre des terrains, des bâtiments, des équipements et une partie des activités automobiles de FAW Xiali.
Le projet doit permettre une reconversion vers les véhicules à énergies nouvelles, mais le partenaire Bojun ne parvient pas à apporter les financements prévus. Tianjin Bojun suspend son activité en août 2020. Dans le même temps, FAW Xiali engage une restructuration beaucoup plus radicale : ses actifs et passifs opérationnels automobiles sont sortis de la société cotée, qui reçoit en échange des activités liées au secteur ferroviaire.
À la fin de 2020, Tianjin FAW Xiali Automobile Co., Ltd. abandonne finalement son identité automobile et devient China Railway Materials Co., Ltd. Le changement devient effectif en Bourse en janvier 2021. L’ancienne société qui avait porté Xiali pendant plusieurs décennies ne construit donc plus de voitures et poursuit son existence dans un secteur totalement différent.
2025 : la faillite de Tianjin Bojun clôt le dernier prolongement industriel
L’histoire ne se termine pas par une faillite directe de la marque Xiali. Les automobiles Xiali ne sont déjà plus produites depuis 2017 et l’ancienne société FAW Xiali a quitté l’automobile en 2020 et 2021. Une partie de son héritage industriel avait toutefois été transférée à Tianjin Bojun dans le cadre de la tentative de reconversion électrique.
Cette dernière structure entre en liquidation judiciaire en 2025 et est déclarée en faillite le 31 décembre de la même année. Cet événement constitue l’épilogue de la dernière tentative de réutilisation d’une partie des moyens industriels provenant de FAW Xiali, mais il ne faut pas le confondre avec une faillite de Xiali elle-même. En 2026, aucune relance automobile officielle de la marque n’est documentée : Xiali appartient désormais à l’histoire de l’industrialisation automobile chinoise, après avoir incarné pendant plusieurs décennies l’une des formes les plus visibles de la petite voiture populaire en Chine.
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