Présentée en 2001, la Maserati 3200 GT Assetto Corsa constitue l’évolution la plus sportive de la Maserati 3200 GT. Elle ne cherche pas à augmenter la puissance de son spectaculaire V8 biturbo de 3,2 litres, toujours donné pour 370 ch, mais à rendre le coupé plus précis et plus efficace grâce à un châssis revu. Suspension raffermie, caisse abaissée, pneumatiques plus sportifs et freinage optimisé transforment ainsi une grande routière très rapide en une version sensiblement plus affûtée.
L’Assetto Corsa apparaît également à un moment particulier de l’histoire de Maserati. La 3200 GT arrive au terme de sa carrière et son V8 biturbo, héritier d’une longue tradition de moteurs suralimentés à Modène, va bientôt céder la place à une nouvelle mécanique atmosphérique. Produite en très petit nombre, cette déclinaison représente donc l’aboutissement technique de la 3200 GT plutôt qu’une nouvelle génération.
Une 3200 GT plus radicale pour 2001
La 3200 GT avait marqué le renouveau de Maserati à la fin des années 1990 avec sa carrosserie dessinée par Giorgetto Giugiaro, ses quatre vraies places et surtout son V8 biturbo. Malgré ses performances de premier plan, elle restait conçue comme une GT capable de parcourir de longues distances rapidement et confortablement. Avec l’Assetto Corsa, Maserati conserve cette base mais déplace le compromis vers une conduite plus sportive.
La version est dévoilée au Salon de Genève en mars 2001. Son appellation est explicite : en italien, « assetto » renvoie au réglage ou à la configuration du châssis. Maserati ne transforme donc pas la voiture en modèle de compétition et ne touche pas à la puissance maximale. Le travail porte principalement sur les liaisons au sol et les commandes afin de réduire les mouvements de caisse et d’améliorer la réponse de la voiture lorsque le rythme augmente.
Cette démarche s’inscrit dans une histoire déjà riche en Maserati routières très performantes. La Maserati Shamal avait notamment associé un V8 biturbo à une personnalité particulièrement musclée durant la décennie précédente, tandis que la Ghibli Cup avait poussé très loin le principe du coupé suralimenté. L’Assetto Corsa adopte toutefois une approche plus moderne et plus homogène, en partant d’une véritable grande routière 2+2.
Un châssis spécifiquement mis au point
La principale transformation concerne la suspension. Les ressorts sont plus fermes et la caisse est abaissée de 15 mm. Maserati augmente également le diamètre de la barre antiroulis avant et applique une calibration plus sportive au système d’amortissement adaptatif. L’objectif est de mieux contrôler le roulis et les transferts de masse sans remettre en cause l’architecture à doubles triangles utilisée aux quatre roues.
La direction reçoit elle aussi un réglage destiné à procurer une réponse plus rapide. Sur une automobile dont le V8 installé à l’avant transmet près de 500 Nm aux seules roues arrière, cette évolution participe directement au caractère de l’Assetto Corsa. Le moteur n’étant pas plus puissant, la différence avec une 3200 GT classique se ressent surtout dans la manière dont le châssis exploite les performances disponibles.
Le freinage Brembo est adapté au même objectif. La voiture conserve de grands disques ventilés et des étriers à quatre pistons, mais reçoit des plaquettes à spécification plus sportive, une ventilation améliorée et une assistance revue. Les étriers rouges constituent parallèlement l’un des indices visuels permettant de reconnaître la version.
Des jantes BBS de 18 pouces spécifiques complètent ces modifications. Elles sont associées à des pneumatiques Pirelli P Zero Corsa, plus orientés vers l’adhérence sur sol sec que les enveloppes d’une GT conventionnelle. La combinaison de ces éléments explique pourquoi l’Assetto Corsa doit être considérée comme une évolution de châssis cohérente et non comme une simple série spéciale esthétique.
Le V8 biturbo de 370 ch reste au coeur du modèle
Sous le capot, Maserati conserve le V8 à 90 degrés de 3 217 cm3 de la 3200 GT. Alimenté par injection électronique et suralimenté par deux turbocompresseurs IHI avec échangeurs, il développe 370 ch et environ 490 Nm. Sa conception à quatre arbres à cames en tête et 32 soupapes permet à ce moteur relativement compact d’offrir des performances encore remarquables au début des années 2000.
La transmission reste aux roues arrière. Contrairement à une confusion fréquente autour de cette série, l’Assetto Corsa n’a pas été exclusivement proposée avec une boîte manuelle. Elle existe avec la Getrag à six rapports mais aussi avec la boîte automatique BTR à quatre rapports. Cette distinction est importante, car les performances et le poids diffèrent légèrement suivant la transmission.
Avec la boîte manuelle, la 3200 GT peut atteindre environ 280 km/h et franchir les 100 km/h en un peu plus de cinq secondes dans les données d’époque. L’automatique est légèrement moins rapide, avec une vitesse maximale d’environ 270 km/h et une accélération moins vive. L’Assetto Corsa ne revendique pas de gain moteur par rapport aux versions correspondantes : son intérêt réside dans la capacité du châssis à mieux accompagner cette mécanique.
Fiche technique de la Maserati 3200 GT Assetto Corsa
| Caractéristique | Maserati 3200 GT Assetto Corsa |
|---|---|
| Année de présentation | 2001 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 2+2 |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | V8 à 90 degrés, biturbo |
| Cylindrée | 3 217 cm3 |
| Distribution | 32 soupapes, double arbre à cames par rangée |
| Alésage x course | 80 x 80 mm |
| Rapport volumétrique | 8,0:1 |
| Suralimentation | 2 turbocompresseurs IHI avec échangeurs |
| Alimentation | Injection électronique Magneti Marelli |
| Puissance maximale | 370 ch à environ 6 250 tr/min |
| Couple maximal | Environ 490 Nm à 4 500 tr/min |
| Boîtes de vitesses | Manuelle Getrag à 6 rapports ou automatique BTR à 4 rapports |
| Suspension | Doubles triangles aux quatre roues, réglage Assetto Corsa |
| Spécificités suspension | Ressorts raffermis, caisse abaissée de 15 mm, barre antiroulis avant renforcée, amortissement adaptatif recalibré |
| Freins | Disques ventilés, étriers 4 pistons |
| Diamètre des disques | 330 mm à l’avant, 310 mm à l’arrière |
| Roues | Jantes BBS spécifiques de 18 pouces |
| Pneumatiques | Pirelli P Zero Corsa |
| Longueur | Environ 4 510 mm |
| Largeur | 1 822 mm |
| Hauteur | Environ 1 290 mm |
| Empattement | Environ 2 660 mm |
| Poids | Environ 1 590 kg en boîte manuelle, 1 620 kg en automatique |
| Vitesse maximale | Environ 280 km/h en boîte manuelle, 270 km/h en automatique |
| 0 à 100 km/h | Environ 5,1 à 5,4 s en boîte manuelle, autour de 5,7 s en automatique |
| Réservoir | 90 litres |
Comment reconnaître une véritable Assetto Corsa
L’Assetto Corsa reste visuellement très proche de la 3200 GT dont elle dérive. Elle conserve donc la silhouette basse dessinée par Giugiaro, la calandre ovale Maserati et surtout les célèbres feux arrière en forme de boomerang utilisant des LED. Ce dernier élément appartient à toute la famille 3200 GT et ne permet pas, à lui seul, d’identifier la série spéciale.
Il faut plutôt observer les détails propres à l’Assetto Corsa. Les jantes BBS de 18 pouces à dessin multibranche, l’assiette abaissée et les étriers rouges figurent parmi les indices extérieurs les plus caractéristiques. L’intérieur reçoit également une présentation spécifique avec notamment du cuir perforé, des détails sportifs et des seuils portant l’inscription Assetto Corsa.
Ces éléments sont importants aujourd’hui, car une 3200 GT standard peut recevoir des roues ou des composants de suspension différents au cours de sa vie. L’identification d’un exemplaire authentique ne devrait donc pas reposer uniquement sur son apparence : la configuration d’origine, la transmission et l’historique du véhicule permettent de distinguer une véritable Assetto Corsa d’une 3200 GT simplement modifiée.
259 exemplaires et deux transmissions
La rareté constitue une autre particularité majeure de cette version. Le programme aurait initialement porté sur une série de 250 voitures, chiffre encore régulièrement repris, mais les décomptes détaillés de production aboutissent à 259 exemplaires. La répartition généralement documentée est de 163 voitures à boîte manuelle et 96 à boîte automatique. Ce total explique que des chiffres différents puissent apparaître selon que l’on parle de la série initialement annoncée ou des automobiles finalement produites.
Cette faible diffusion place l’Assetto Corsa très loin des volumes de l’ensemble de la gamme 3200 GT. Elle arrive en outre juste avant un changement mécanique majeur chez Maserati. Dès 2002, la Maserati Coupé, également couramment désignée Maserati 4200 GT, abandonne le V8 biturbo de 3,2 litres au profit d’un V8 atmosphérique de 4,2 litres associé à une nouvelle étape du rapprochement technique entre Maserati et Ferrari.
L’Assetto Corsa se retrouve ainsi dans une position singulière : elle est à la fois l’une des plus rares 3200 GT et l’ultime expression sportive de cette architecture mécanique. Elle clôt une période durant laquelle les moteurs turbocompressés constituaient une composante essentielle de l’identité des Maserati routières, tout en annonçant par son travail approfondi sur le châssis une approche que la marque poursuivra ensuite sur d’autres grands coupés sportifs.
Une philosophie reprise sur les GT Maserati suivantes
La disparition de la 3200 GT ne met pas fin au principe d’une Maserati de grand tourisme déclinée dans une configuration plus incisive. Quelques années plus tard, la Maserati GranTurismo S applique à son tour une recette associant davantage de caractère à une GT quatre places, avec une mécanique et une architecture appartenant toutefois à une génération entièrement différente.
Cette orientation sera poussée encore plus loin avec la Maserati GranTurismo MC Stradale, développée avec une ambition nettement plus radicale. L’Assetto Corsa reste pour sa part étroitement liée à la vocation routière de la 3200 GT : son moteur demeure inchangé et sa carrosserie presque intacte, tandis que l’essentiel du travail est concentré là où son nom l’indique, sur l’assetto, c’est-à-dire le réglage du châssis.




