Présentée au Salon de Francfort en 2001, la Maserati Spyder marque une rupture technique majeure dans l’histoire récente de la marque de Modène. Si sa silhouette conserve un lien évident avec la 3200 GT dessinée par Italdesign, ce roadster biplace inaugure un V8 atmosphérique de 4,2 litres, une architecture transaxle et la transmission robotisée Cambiocorsa proposée en alternative à la boîte manuelle. Produite jusqu’en 2007, la Spyder constitue ainsi l’un des premiers jalons de la nouvelle génération de Maserati développée au début des années 2000.
Un nouveau départ pour Maserati en 2001
La Spyder apparaît dans un contexte de profonde transformation de Maserati. La Maserati 3200 GT avait relancé la marque sur le marché des grandes GT à la fin des années 1990, mais son V8 biturbo appartenait encore à une tradition mécanique antérieure. Avec la Spyder, Maserati conserve une partie de cette identité visuelle tout en renouvelant largement la mécanique et la transmission.
Le modèle est dévoilé à Francfort en septembre 2001. Son lancement revêt également une importance particulière pour l’internationalisation de la marque puisqu’il accompagne le retour de Maserati sur le marché américain. La Spyder n’est donc pas simplement une 3200 GT privée de son toit. Elle ouvre la famille des Maserati équipées du nouveau V8 atmosphérique de 4 244 cm³ et prépare directement le coupé qui la rejoint peu après.
Le nom peut prêter à confusion car Maserati avait déjà produit plusieurs découvrables. Dans les années 1980 et 1990, la Maserati Biturbo Spyder avait notamment occupé une place comparable dans la gamme. La Spyder de 2001 appartient toutefois à une génération entièrement différente, identifiée par le type M138 et conçue comme un strict roadster à deux places.
Un roadster Italdesign plus court que le Coupé
Italdesign signe la carrosserie dans la continuité du langage créé par Giorgetto Giugiaro pour la 3200 GT. La parenté se retrouve dans les proportions générales, les flancs et le dessin de la partie avant, mais le passage au roadster impose d’importantes modifications. L’empattement est ramené à 2 440 mm, soit environ 220 mm de moins que celui du coupé associé. La longueur tombe à environ 4,30 m et l’habitacle ne comporte que deux places.
Cette différence est essentielle pour distinguer les deux modèles. Le Maserati Coupé reprend le V8 4,2 litres et une grande partie de la conception mécanique de la Spyder, mais associe son toit fixe à un empattement supérieur et à une configuration 2+2. Les deux voitures appartiennent à la même génération sans être de simples variantes de carrosserie strictement identiques.
La Spyder reçoit une capote textile à fonctionnement électrique qui se replie derrière les occupants. Deux arceaux installés derrière les appuie-tête participent à son identité visuelle. À l’avant, la grande calandre ovale accueille le Trident, tandis que les projecteurs effilés prolongent le dessin inauguré par la 3200 GT. L’arrière change davantage : les spectaculaires feux boomerang à LED de cette dernière disparaissent au profit de blocs conventionnels.
Cette carrosserie relativement compacte permet à la Spyder de conserver des proportions de roadster classique avec un long capot et un habitacle reculé. Elle mesure environ 1,82 m de large et 1,31 m de haut. Son architecture reste néanmoins celle d’une GT moderne plutôt que celle d’un petit roadster léger, comme l’illustre son poids à sec officiel de 1 620 kg en boîte manuelle.
Le V8 4,2 litres et l’architecture transaxle
Le changement déterminant se trouve sous le capot. Maserati abandonne le V8 3,2 litres biturbo de la 3200 GT pour un V8 atmosphérique à 90 degrés de 4 244 cm³. Doté de 32 soupapes et d’une lubrification par carter sec, il développe 390 ch à 7 000 tr/min et environ 452 Nm à 4 500 tr/min. Cette mécanique appartient à la nouvelle famille de moteurs développée dans le cadre du rapprochement technique entre Maserati et Ferrari.
La transmission constitue l’autre évolution fondamentale. Le moteur reste longitudinal à l’avant, mais la boîte est installée à l’arrière avec le différentiel. Cette disposition transaxle contribue à mieux répartir les masses entre les deux essieux. La propulsion est conservée et un différentiel autobloquant complète l’ensemble.
Deux transmissions sont proposées. La Spyder GT reçoit une boîte mécanique à six rapports, tandis que la Maserati Spyder Cambiocorsa utilise une boîte à six rapports commandée électrohydrauliquement. Ses palettes permettent de changer les rapports sans pédale d’embrayage, selon un principe alors étroitement associé aux transmissions issues de la compétition.
Le châssis repose sur des suspensions indépendantes à doubles triangles aux quatre roues. Selon la configuration, la Spyder peut recevoir le système d’amortissement piloté Skyhook, qui adapte en permanence la réponse des amortisseurs aux mouvements de la caisse et des roues. Les freins à disques ventilés et les pneus plus larges à l’arrière complètent une définition technique conçue pour exploiter les performances du V8.
Fiche technique de la Maserati Spyder
| Caractéristique | Maserati Spyder |
|---|---|
| Présentation | 2001 |
| Production | 2001 à 2007 |
| Carrosserie | Roadster 2 portes, 2 places |
| Moteur | V8 essence atmosphérique à 90 degrés |
| Cylindrée | 4 244 cm³ |
| Distribution | 32 soupapes, double arbre à cames en tête |
| Lubrification | Carter sec |
| Puissance maximale | 390 ch à 7 000 tr/min |
| Couple maximal | Environ 452 Nm à 4 500 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion, architecture transaxle |
| Boîtes | Manuelle 6 rapports ou Cambiocorsa robotisée 6 rapports |
| Différentiel | Autobloquant arrière |
| Suspension | Roues indépendantes, doubles triangles avant et arrière |
| Amortissement | Conventionnel ou piloté Skyhook selon configuration |
| Freins | Disques ventilés aux quatre roues, ABS |
| Roues | 18 pouces sur les versions courantes |
| Pneus avant | 235/40 ZR18 |
| Pneus arrière | 265/35 ZR18 |
| Longueur | Environ 4 303 mm |
| Largeur | Environ 1 822 mm |
| Hauteur | Environ 1 305 mm |
| Empattement | 2 440 mm |
| Voie avant | Environ 1 525 mm |
| Voie arrière | Environ 1 538 mm |
| Poids à sec | 1 620 kg en GT, 1 630 kg en Cambiocorsa |
| Vitesse maximale | 285 km/h |
| 0 à 100 km/h | Environ 5,0 s |
| Réservoir | Environ 88 litres |
| Volume de coffre | Environ 300 litres |
GT et Cambiocorsa, deux façons d’exploiter les 390 ch
La version GT représente la configuration la plus traditionnelle : levier de vitesses, pédale d’embrayage et boîte mécanique à six rapports. La Cambiocorsa conserve six rapports mais automatise l’embrayage et la sélection grâce à un système électrohydraulique. Cette technologie est également proposée sur le Maserati Coupé Cambiocorsa, ce qui permet à Maserati d’offrir une architecture mécanique cohérente sur ses deux grandes sportives.
Les performances sont élevées pour un roadster du début des années 2000. Maserati annonce une vitesse maximale de 285 km/h et un 0 à 100 km/h voisin de cinq secondes. Ces valeurs replacent clairement la Spyder dans le domaine des GT sportives plutôt que dans celui du simple cabriolet de promenade.
Les chiffres de masse publiés demandent en revanche de distinguer les méthodes de mesure. Maserati indique 1 620 kg à sec pour la GT et 1 630 kg pour la Cambiocorsa, alors que certaines fiches commerciales mentionnent des valeurs à vide proches de 1,7 tonne. Il ne s’agit pas nécessairement d’une contradiction, les définitions employées n’étant pas identiques.
La Spyder 90th Anniversary et la fin de carrière
En 2004, Maserati célèbre ses 90 ans avec une série spéciale Spyder 90th Anniversary. Elle conserve le V8 de 390 ch mais reçoit une présentation plus distinctive, avec notamment une teinte Blu Anniversary, des jantes de 19 pouces, des étriers couleur titane et des détails spécifiques autour des arceaux. Cette version est aujourd’hui l’une des déclinaisons les plus immédiatement identifiables de la famille.
Le volume total officiellement communiqué pour la Spyder atteint 3 889 exemplaires toutes versions confondues. Une ventilation fréquemment reprise attribue 574 voitures à la GT, 3 134 à la Cambiocorsa et 181 à la 90th Anniversary, mais le total officiel est mieux établi que le détail par transmission et série spéciale.
La carrière de la Spyder se poursuit jusqu’en 2007 selon les archives Maserati. Entre-temps, la gamme accueille la GranSport Spyder, évolution plus sportive qu’il convient de considérer séparément. Après la disparition de cette génération, Maserati change d’échelle pour ses découvrables : la Maserati GranCabrio, dérivée de la GranTurismo, adopte une carrosserie plus grande et quatre véritables places, abandonnant ainsi la formule du strict roadster biplace choisie pour la Spyder de 2001.




