La Renault Wind est un petit coupé-roadster biplace lancé en 2010. Longue d’environ 3,83 m, elle occupe une place atypique dans la gamme Renault de l’époque, entre citadine sportive et voiture de loisir. Sa principale singularité tient à son toit rigide monobloc, capable de pivoter électriquement en 12 secondes pour transformer la voiture sans empiéter sur le volume du coffre.
La Wind de série ne doit pas être confondue avec le concept Renault Wind présenté en 2004. Ce dernier était un roadster 2+1 animé par un moteur 2,0 litres et reposait sur une proposition technique et stylistique différente. Le modèle commercialisé six ans plus tard est un véhicule entièrement distinct, développé sous le code E33.
Une petite Renault plaisir lancée en 2010
Renault dévoile officiellement la Wind au début de l’année 2010 avant sa première mondiale au Salon de Genève. Le constructeur cherche alors à proposer une automobile plaisir compacte, relativement accessible et suffisamment pratique pour un usage quotidien. Dans la gamme, sa longueur la place entre la Twingo et la Renault Clio 3, mais elle ne remplace directement aucun modèle existant.
Le projet est développé avec une forte implication de Renault Sport Technologies. Le style extérieur retenu est attribué à Yas Suzuki, tandis que Yohann Ory travaille sur l’habitacle. Plusieurs pistes sont étudiées pendant la phase de conception, dont une proposition dotée d’une capote textile. Renault choisit finalement la solution la plus originale, avec un panneau de toit rigide qui bascule vers l’arrière autour d’un axe transversal.
Cette architecture permet de conserver un coffre de 270 dm³ VDA, que le toit soit ouvert ou fermé. C’est un avantage important face aux coupés-cabriolets à toit escamotable composé de plusieurs éléments, dont le mécanisme occupe généralement une partie du coffre. La solution de la Wind est donc très différente de celle popularisée sur des modèles comme le Mercedes SLK.
La Wind reprend aussi une tradition plus ancienne de petits modèles Renault destinés au plaisir de conduite. Le parallèle avec le Renault Spider est pertinent par l’esprit, les deux voitures étant des biplaces atypiques et relativement rares, mais la Wind n’en constitue ni la remplaçante directe ni une descendante technique.
Un châssis dérivé de la Twingo II
La Renault Wind repose sur une architecture à moteur avant transversal et traction avant issue de la famille technique de la Renault Twingo 2. Son châssis reçoit toutefois des réglages spécifiques et plusieurs éléments proches de ceux employés sur la Twingo Renault Sport, notamment pour les trains roulants.
À l’avant, la suspension adopte une architecture pseudo-McPherson avec des triangles inférieurs en aluminium. À l’arrière, Renault utilise un essieu en H à bras longitudinaux. La direction est une crémaillère à assistance électrique, tandis que le freinage repose sur des disques ventilés de 280 mm à l’avant et des disques de 240 mm à l’arrière.
Deux motorisations essence sont proposées. Le 1.2 TCe turbo développe environ 100 ch et privilégie davantage la souplesse grâce à son couple disponible plus bas dans les tours. Le 1.6 16V atmosphérique développe 133 ch et provient de la Twingo Renault Sport. Il donne à la Wind un caractère plus sportif, avec un régime de puissance élevé et des performances sensiblement meilleures.
Les deux versions sont associées à une boîte manuelle à cinq rapports. Aucune boîte automatique de série n’est proposée. La Wind reste donc un modèle relativement simple sur le plan mécanique, malgré la sophistication de son système de toit.
Fiche technique de la Renault Wind
| Caractéristique | 1.2 TCe 100 | 1.6 16V 133 |
|---|---|---|
| Architecture moteur | 4 cylindres en ligne, turbo, 16 soupapes | 4 cylindres en ligne atmosphérique, 16 soupapes |
| Cylindrée | 1 149 cm³ | 1 598 cm³ |
| Alimentation | Injection multipoint, turbocompresseur | Injection multipoint |
| Puissance | Environ 100 ch, 74 à 75 kW selon homologation | 133 ch, 98 kW |
| Régime de puissance maxi | Environ 5 500 tr/min | 6 750 tr/min |
| Couple | 152 à 155 Nm selon millésime et homologation | 160 Nm |
| Régime de couple maxi | Environ 3 500 tr/min | 4 400 tr/min |
| Implantation | Moteur avant transversal | Moteur avant transversal |
| Transmission | Traction avant | Traction avant |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports | Manuelle à 5 rapports |
| Structure | Monocoque acier | Monocoque acier |
| Suspension avant | Pseudo-McPherson, triangles inférieurs en aluminium | Pseudo-McPherson, triangles inférieurs en aluminium |
| Suspension arrière | Essieu en H à bras longitudinaux | Essieu en H à bras longitudinaux |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique | Crémaillère à assistance électrique |
| Freins avant | Disques ventilés de 280 mm | Disques ventilés de 280 mm |
| Freins arrière | Disques de 240 mm | Disques de 240 mm |
| Pneumatiques | Notamment 195/45 R16 selon finition | Notamment 205/40 R17 selon finition |
| Longueur | Environ 3 828 à 3 833 mm | Environ 3 828 à 3 833 mm |
| Largeur | Environ 1 689 à 1 698 mm selon source d’homologation | Environ 1 689 à 1 698 mm selon source d’homologation |
| Hauteur | Environ 1 381 à 1 415 mm selon source d’homologation | Environ 1 381 à 1 415 mm selon source d’homologation |
| Empattement | 2 368 mm | 2 368 mm |
| Voie avant | Environ 1 451 à 1 456 mm selon homologation | Environ 1 451 à 1 456 mm selon homologation |
| Voie arrière | Environ 1 430 à 1 436 mm selon homologation | Environ 1 430 à 1 436 mm selon homologation |
| Poids | Environ 1 206 kg selon définition française | Environ 1 248 kg selon définition française |
| 0 à 100 km/h | 10,5 s | 9,2 s |
| Vitesse maximale | 190 km/h | 201 km/h |
| Consommation mixte normalisée d’époque | Environ 6,3 l/100 km | Environ 7,0 l/100 km |
| Réservoir | 40 l | 40 l |
| Volume de coffre | 270 dm³ VDA | 270 dm³ VDA |
| Temps d’ouverture du toit | 12 s | 12 s |
Un design dominé par le toit pivotant
La silhouette de la Wind est immédiatement reconnaissable. Le pare-brise est fortement incliné, la ceinture de caisse très haute et la poupe particulièrement massive afin de loger le mécanisme du toit. Deux bossages derrière les sièges renforcent l’allure de roadster, tandis que les feux arrière en forme de boomerang et le becquet intégré au couvercle de coffre donnent au modèle une identité visuelle très marquée.
Le toit constitue l’élément central du concept. Contrairement à un cabriolet classique, il ne se replie pas en accordéon et ne disparaît pas sous une pile de panneaux articulés. Il pivote d’un seul tenant vers l’arrière avant de venir se loger horizontalement sous un capot dédié. La transformation ne prend que 12 secondes et doit être effectuée à l’arrêt.
Cette solution ne fait toutefois pas de la Wind la première voiture au monde dotée d’un toit rotatif. Un principe comparable avait déjà été employé sur la Ferrari 575 Superamerica. L’intérêt de Renault réside surtout dans l’application de cette architecture à un modèle beaucoup plus compact et accessible.
L’habitacle est strictement biplace. Renault cherche davantage à créer une ambiance sportive qu’un cabriolet polyvalent. La planche de bord reprend plusieurs composants de grande série, tandis que l’instrumentation sous visière, les sièges enveloppants et certains habillages spécifiques différencient la Wind d’une simple déclinaison découvrable de citadine.
Versions, finitions et Wind Gordini
La gamme française a notamment comporté les finitions Dynamique, Exception et Collection. Cette dernière accompagne le lancement du modèle et est annoncée à 300 exemplaires pour la France. Elle pouvait être commandée avec le 1.2 TCe ou avec le 1.6 16V.
En 2011, Renault étend la famille Gordini à la Wind. La Wind Gordini se reconnaît principalement à sa présentation : peinture Bleu Malte, doubles bandes blanches, éléments décoratifs spécifiques, jantes de 17 pouces et sellerie mêlant bleu et noir. Une plaque numérotée prend également place dans l’habitacle.
Cette version ne reçoit pas de moteur plus puissant. L’appellation Gordini correspond ici avant tout à une finition sportive et distinctive, et non à une préparation mécanique supplémentaire. Selon les pays, d’autres appellations comme Night & Day ou GT Line apparaissent également, ce qui explique certaines différences d’équipement entre les fiches techniques européennes.
Une carrière courte et des volumes limités
La Renault Wind est assemblée dans l’usine de Novo Mesto, en Slovénie, sur le site exploité par Revoz. Sa carrière industrielle reste brève. Commercialisée à partir de 2010, elle disparaît progressivement des catalogues autour de 2012 et 2013 selon les marchés, la fin de production intervenant en 2013.
Les chiffres disponibles ne décrivent pas tous la même réalité. Une ventilation de production fréquemment reprise aboutit à 13 093 exemplaires construits entre 2010 et 2013, avec une chute rapide après 2011. D’autres publications avancent 14 370 unités vendues. Ces valeurs peuvent coexister si l’une désigne la production et l’autre les ventes ou immatriculations, mais elles ne doivent pas être présentées comme un total unique.
À son lancement en France, l’entrée de gamme 1.2 TCe est proposée autour de 17 500 euros. La série Collection est affichée à 20 000 euros en 1.2 TCe et 21 000 euros en 1.6 16V. Ce positionnement place la Wind au-dessus d’une citadine conventionnelle, tout en restant nettement plus accessible qu’un roadster premium.
Son marché potentiel est cependant étroit. La Wind n’offre que deux places, son style est très particulier et la mode des petits coupés-cabriolets s’essouffle rapidement au début des années 2010. Renault ne lui donnera aucun successeur direct après l’arrêt du modèle.
Une place singulière parmi les petits roadsters
La Wind se distingue de la plupart des petits cabriolets de son époque par son compromis inhabituel entre base de citadine, châssis à vocation sportive et toit rigide pivotant. Elle n’est ni une sportive radicale ni un cabriolet quatre places, mais un véhicule de loisir conçu autour de deux occupants et d’un encombrement réduit.
Dans l’histoire des petits roadsters européens, elle peut être rapprochée de modèles comme la Fiat Barchetta par son approche accessible et son positionnement plaisir, même si les deux voitures diffèrent profondément dans leur architecture et leur époque. La Renault utilise une traction avant et un toit rigide motorisé quand la Fiat repose sur une formule de roadster plus traditionnelle.
La rareté actuelle de la Wind découle avant tout de cette production limitée et de sa courte carrière. Elle attire aujourd’hui l’attention comme youngtimer atypique, notamment dans sa version 1.6 16V et dans les finitions Collection ou Gordini. Son intérêt repose moins sur des performances exceptionnelles que sur une combinaison devenue rare dans la production automobile : dimensions de citadine, deux places, moteur essence simple et toit rigide découvrable sans perte de volume de coffre.





