Le Renault Koleos de première génération apparaît en 2008 comme le premier véritable crossover 4×4 de la marque au losange. Connu sous le code interne H45, il occupe une place particulière dans l’histoire de Renault: son concept est défini par Renault, une grande partie de son développement technique est menée avec Nissan, puis sa fabrication est confiée à Renault Samsung Motors en Corée du Sud. Cette organisation résume à elle seule la logique de l’Alliance Renault-Nissan à la fin des années 2000.
Présenté dans sa version de série au Salon de Genève en mars 2008, le Koleos est commercialisé en France à partir du 12 juin de la même année. Il se situe alors à la croisée de plusieurs catégories: SUV compact, familiale cinq places et véhicule à vocation tout-chemin. Renault cherche moins à produire un tout-terrain traditionnel qu’à proposer une automobile polyvalente, confortable sur route mais capable de profiter d’une transmission intégrale sur les versions 4×4.
Un SUV conçu à trois entre Renault, Nissan et Samsung
Le développement du Koleos débute réellement au milieu des années 2000. Renault définit le positionnement, le style et les principales prestations attendues, tandis que Nissan met à profit son expérience des transmissions intégrales et de l’ingénierie des SUV. Renault Samsung Motors prend en charge l’industrialisation dans son usine de Busan. Le programme représente alors plusieurs centaines de millions d’euros d’investissement et repose sur une plate-forme de l’Alliance adaptée à un usage 4×4.
Le projet H45 est engagé en 2004 et son style est figé en 2005. Les premiers prototypes sont assemblés au Japon en 2006, avant une longue campagne de validation. Renault annonce environ 1,75 million de kilomètres d’essais dans des environnements très différents, du froid de Hokkaido aux fortes chaleurs australiennes et espagnoles. Avant l’arrivée du modèle Renault en Europe, la même base industrielle donne naissance au Samsung QM5, lancé en Corée à la fin de 2007.
Cette proximité technique ne signifie pas que le Koleos soit simplement un Nissan rebadgé. Il partage une architecture de plate-forme et certaines solutions de transmission avec des modèles Nissan contemporains, mais Renault impose ses propres réglages de confort, son aménagement intérieur et une partie de sa gamme mécanique. Le résultat vise notamment des modèles comme le Toyota RAV4 3, déjà bien établi dans le segment des SUV compacts.
Un dessin immédiatement identifiable
La première phase du Koleos se reconnaît facilement à sa face avant. Le losange central est encadré par deux ouvertures distinctes, tandis que les projecteurs présentent un dessin arrondi qui disparaîtra lors des restylages suivants. Les passages de roues marqués, les protections de bas de caisse, la garde au sol élevée et la lunette arrière inclinée renforcent son apparence de crossover sans lui donner l’allure très verticale d’un 4×4 classique.
Le design est réalisé sous l’autorité de Patrick le Quément, alors directeur du Design Renault. Le véhicule de série doit toutefois être distingué des concepts Renault portant déjà le nom Koleos avant 2008. Un premier concept apparaît en 2000, puis un show car beaucoup plus proche de la version définitive est présenté en 2006. Ils constituent des étapes de développement du nom et de l’idée, mais ne doivent pas être confondus avec le H45 commercialisé.
L’intérieur privilégie la modularité familiale. La banquette arrière est fractionnable 60/40 et Renault propose son système Easy Estate pour faciliter le rabattement. Le siège passager peut également se replier afin d’allonger la zone de chargement. Le hayon en deux parties est l’un des détails les plus distinctifs du Koleos: sa partie inférieure forme une tablette horizontale capable de supporter jusqu’à 200 kg, pratique pour charger des objets ou s’asseoir à l’arrêt.
Fiche technique du Renault Koleos
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Architecture | SUV cinq portes, cinq places, caisse autoporteuse, moteur avant transversal |
| Plate-forme | Architecture C 4×4 de l’Alliance Renault-Nissan |
| Moteur diesel | 2.0 dCi M9R, quatre cylindres en ligne, 1 995 cm3, 16 soupapes, injection common rail, turbocompresseur à géométrie variable, filtre à particules |
| Puissance diesel | 150 ch ou 175 ch selon version |
| Couple diesel | 320 Nm en 150 ch, 360 Nm en 175 ch |
| Régime de puissance diesel | Environ 4 000 tr/min pour le 150 ch, environ 3 750 tr/min pour le 175 ch |
| Moteur essence | 2.5 16V, quatre cylindres atmosphérique, 2 488 cm3 |
| Puissance essence | 170 ch dans la gamme française de lancement |
| Couple essence | 226 Nm à environ 4 400 tr/min |
| Transmission | Traction avant sur les versions 4×2 ou transmission intégrale pilotée All Mode 4×4-i sur les versions 4×4 |
| Répartition 4×4 | Jusqu’à 50 % du couple transférable vers l’essieu arrière selon les conditions d’adhérence |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 6 rapports; automatique 6 rapports disponible avec le 2.0 dCi 150 4×4 |
| Suspension avant | Type MacPherson |
| Suspension arrière | Indépendante multibras |
| Direction | À crémaillère avec assistance variable |
| Freinage | Quatre disques, ABS, répartition électronique du freinage, assistance au freinage d’urgence et ESP |
| Pneumatiques | 225/60 R17 sur de nombreuses versions de la gamme de lancement |
| Longueur | 4 520 mm |
| Largeur | Environ 1 855 à 1 860 mm |
| Hauteur | Environ 1 695 mm selon version et équipement |
| Empattement | 2 690 mm |
| Voies | Environ 1 545 mm à l’avant et 1 550 mm à l’arrière |
| Garde au sol | Renault annonce 188 mm sur les diesels et jusqu’à 206 mm sur certaines versions essence |
| Poids à vide | Environ 1 560 à 1 730 kg selon moteur, transmission et finition |
| Vitesse maximale | Environ 177 à 190 km/h selon version |
| 0 à 100 km/h | Environ 9,0 à 12,3 s selon moteur et transmission |
| Consommation mixte homologuée | Environ 6,8 à 7,9 l/100 km pour les diesels et 9,6 l/100 km pour les versions essence après optimisation des homologations en 2008 |
| Émissions de CO2 | Environ 179 à 209 g/km pour les diesels et 227 g/km pour les versions essence après optimisation |
| Réservoir | 65 litres |
| Volume de coffre | 450 litres VDA en configuration cinq places, jusqu’à 1 380 litres banquette rabattue |
| Longueur de chargement maximale | Jusqu’à environ 2,60 m avec le dossier du siège passager rabattu |
| Aides tout-chemin | Aide au démarrage en côte et contrôle de descente sur les versions équipées |
Une gamme centrée sur le diesel et la transmission intégrale
En France, le lancement repose principalement sur le 2.0 dCi. La version de 150 ch peut être choisie en deux ou quatre roues motrices, avec boîte manuelle ou, en 4×4, avec une automatique à six rapports. Le dCi 175 ch occupe le sommet de la gamme diesel et est associé à la transmission intégrale. Un 2.5 essence de 170 ch complète l’offre initiale, mais le marché français de l’époque favorise nettement les motorisations diesel.
Le système All Mode 4×4-i constitue l’un des principaux arguments techniques du modèle. En fonctionnement courant, le Koleos privilégie l’essieu avant afin de limiter les pertes mécaniques. Lorsque l’adhérence se dégrade, un embrayage piloté peut transmettre une partie du couple à l’arrière. Le conducteur peut également sélectionner un mode 2WD ou un verrouillage adapté aux faibles vitesses et aux surfaces glissantes.
Cette architecture place le Koleos entre le crossover routier et le SUV à capacité tout-chemin. Il ne dispose ni d’un châssis séparé ni d’une boîte de transfert avec gamme courte comme certains 4×4 plus traditionnels. En revanche, sa transmission pilotée, sa garde au sol et ses aides électroniques lui donnent davantage de polyvalence qu’une simple berline surélevée. Dans la gamme Renault de 2008, il occupe ainsi une position totalement nouvelle.
Prix, positionnement et carrière commerciale
Au printemps 2008, Renault annonce une gamme française comprise entre 24 900 et 34 600 euros. Le Koleos débute avec une finition Expression et le moteur essence 2.5 en traction, tandis que les versions diesel 4×4 et les finitions supérieures Dynamique et Privilège portent progressivement le tarif au-dessus de 30 000 euros. Ce positionnement le place face aux SUV généralistes, loin toutefois du niveau tarifaire d’un Mercedes GLK lancé à la même période sur un registre beaucoup plus premium.
Le démarrage commercial intervient alors que Renault cherche à élargir rapidement son offre au-delà des berlines, monospaces et citadines qui ont longtemps structuré sa gamme européenne. Le Koleos reste néanmoins un produit particulier, notamment parce qu’il est construit en Corée du Sud et partage son outil industriel avec le Samsung QM5. Les volumes mondiaux publiés par Renault pour l’ensemble Koleos/QM5 atteignent 55 139 véhicules en 2008 puis 28 925 en 2009, chiffres qui ne permettent pas d’isoler précisément le seul modèle vendu sous le badge Renault.
Le contexte évolue fortement au début des années 2010 avec l’essor généralisé des crossovers. Le Dacia Duster, arrivé sur le marché européen en 2010 à un tarif nettement plus accessible, illustre cette démocratisation du SUV au sein même du groupe Renault, sans pour autant partager la conception ou le positionnement du Koleos.
Deux restylages avant une nouvelle génération
La première phase commercialisée en 2008 est profondément remaniée en 2011. La face avant adopte alors une large calandre chromée, des projecteurs plus fins et des rétroviseurs intégrant des répétiteurs. Les motorisations diesel sont également optimisées. Une seconde évolution intervient en 2013 avec une nouvelle calandre dominée par un grand losange central, conforme à l’identité visuelle que Renault déploie alors sur l’ensemble de sa gamme.
Parallèlement, Renault structure une offre de SUV de plus en plus large. Le Renault Kadjar, apparu plus tard, se positionne en dessous du Koleos par ses dimensions et ne constitue donc pas sa deuxième génération. Cette distinction est importante, car les deux modèles ont coexisté dans la stratégie SUV de Renault avec des rôles différents.
Le véritable successeur est le Renault Koleos 2, présenté en 2016 puis commercialisé en Europe à partir de 2017. Plus grand et techniquement distinct, il conserve le nom mais abandonne la silhouette, l’architecture de gamme et l’identité visuelle du H45. Le premier Koleos reste ainsi le modèle qui a ouvert à Renault, dès 2008, le segment des crossovers 4×4 de taille familiale.





