Présentée au Salon de l’automobile de Paris en 1976, la Ferrari 512 BB est une berlinette à moteur central arrière produite jusqu’en 1981. Elle associe une carrosserie dessinée par Pininfarina à un moteur douze cylindres de près de cinq litres alimenté par quatre carburateurs Weber. Ferrari annonce une puissance de 360 ch à 6 800 tr/min et une production totale de seulement 929 exemplaires.
La 512 BB occupe une place déterminante dans l’histoire des Ferrari de route à moteur douze cylindres installé derrière l’habitacle. Elle ne constitue pas une rupture complète avec le modèle précédent, mais une évolution destinée à améliorer la souplesse mécanique, le refroidissement, l’aérodynamique et la facilité d’utilisation.
Une évolution directe de la 365 GT4 BB
La 512 BB succède à la Ferrari 365 GT4 BB, première berlinette Ferrari de série dotée d’un douze cylindres central arrière. La nouvelle version conserve l’architecture générale de sa devancière, tout en portant la cylindrée à près de cinq litres. Cette augmentation permet de maintenir la puissance maximale à un régime moins élevé, avec davantage de couple et une réponse moteur plus progressive.
Le nom du modèle résume ses principales caractéristiques. Le chiffre 5 renvoie à la cylindrée d’environ cinq litres, tandis que 12 désigne le nombre de cylindres. Les lettres BB signifient officiellement « Berlinetta Boxer », une appellation devenue emblématique de cette famille de Ferrari.
La 512 BB demeure une stricte deux places. Sa mécanique, sa boîte de vitesses et une partie des organes de transmission sont regroupées derrière les occupants, ce qui permet de concentrer les masses au centre de la voiture. Cette disposition distingue nettement la Berlinetta Boxer des Ferrari à moteur avant qui dominaient auparavant la gamme routière de la marque.
Un douze cylindres à plat de près de cinq litres
La Ferrari 512 BB reçoit un moteur longitudinal arrière de 4 943,04 cm³. Ferrari le décrit techniquement comme un V12 ouvert à 180 degrés. Les deux rangées de six cylindres sont donc placées horizontalement et opposées l’une à l’autre, ce qui contribue à réduire la hauteur du moteur et à abaisser le centre de gravité.
Malgré le terme « Boxer », ce moteur n’est pas un boxer au sens mécanique strict. Dans un véritable moteur boxer, deux pistons opposés disposent chacun de leur propre maneton et se déplacent simultanément dans des directions contraires. Sur le douze cylindres Ferrari, les pistons opposés partagent les manetons du vilebrequin, selon une architecture de V12 à 180 degrés.
L’alimentation repose sur quatre carburateurs Weber 40 IF3C. Cette configuration distingue la 512 BB de sa remplaçante à injection. Le moteur possède deux arbres à cames en tête par banc, soit quatre arbres à cames au total, ainsi que deux soupapes par cylindre.
La puissance officielle atteint 265 kW, soit 360 ch, à 6 800 tr/min. L’augmentation de cylindrée par rapport à la 365 GT4 BB ne vise donc pas à afficher une puissance maximale supérieure. Elle permet surtout d’obtenir cette puissance à un régime moins élevé et d’améliorer la disponibilité du couple.
La lubrification par carter sec répond aux contraintes liées aux fortes accélérations longitudinales et latérales. L’huile est stockée dans un réservoir séparé plutôt que directement sous le vilebrequin, ce qui aide à maintenir une alimentation régulière du moteur et permet également de positionner celui-ci plus bas dans le châssis.
Boîte manuelle et châssis tubulaire
La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports. L’embrayage à double disque permet de gérer le couple du douze cylindres tout en conservant un ensemble relativement compact.
La structure repose sur un châssis tubulaire en acier. Les quatre roues disposent de suspensions indépendantes à triangles superposés, une solution adaptée au contrôle précis de la géométrie des roues. Le freinage est confié à quatre disques.
La 512 BB mesure 4 400 mm de long, 1 830 mm de large et seulement 1 120 mm de haut. Son empattement atteint 2 500 mm. Ces proportions très basses traduisent directement le choix d’un moteur horizontal installé derrière l’habitacle.
Ferrari annonce un poids à sec de 1 400 kg. Cette valeur exclut les principaux fluides nécessaires au fonctionnement du véhicule et ne doit donc pas être confondue avec un poids mesuré en ordre de marche. Le réservoir de carburant possède une capacité de 120 litres.
Des performances annoncées par Ferrari
Les données constructeur font état d’un temps de 13,7 secondes sur 400 mètres départ arrêté et de 24 secondes sur 1 000 mètres départ arrêté. Ces chiffres doivent être présentés comme des valeurs officielles Ferrari, car ils ne correspondent pas nécessairement à une procédure d’essai indépendante ou aux conditions normalisées utilisées aujourd’hui.
Au-delà de ces chronomètres, l’intérêt technique de la 512 BB tient à la combinaison d’un moteur de forte cylindrée, d’une implantation centrale arrière et d’une carrosserie particulièrement basse. La voiture concentre ainsi plusieurs choix techniques jusque-là principalement associés aux modèles de compétition ou aux prototypes les plus exclusifs.
Un dessin Pininfarina fonctionnel
La carrosserie conserve les lignes générales de la 365 GT4 BB, mais plusieurs détails permettent de reconnaître la 512 BB. L’avant reçoit notamment un spoiler plus marqué, destiné à mieux gérer les flux d’air à vitesse élevée.
Les flancs intègrent des conduits de type NACA qui participent au refroidissement des organes mécaniques. Leur forme affleurante limite les perturbations aérodynamiques par rapport à une prise d’air saillante. Sur une voiture dont le moteur est enfermé derrière l’habitacle, la circulation de l’air constitue un enjeu essentiel.
À l’arrière, la 512 BB adopte deux grands feux circulaires de chaque côté, contre trois sur la 365 GT4 BB. Elle se distingue également par quatre sorties d’échappement regroupées en deux paires. Ces modifications donnent à la voiture une identité propre sans remettre en cause la silhouette générale de la première Berlinetta Boxer.
La faible hauteur, le pare-brise fortement incliné et l’arrière large ne répondent pas seulement à une recherche esthétique. Ils accompagnent l’implantation mécanique et la volonté de limiter la surface frontale. Le dessin de Pininfarina traduit donc directement l’architecture du modèle.
929 exemplaires produits entre 1976 et 1981
Ferrari a produit 929 exemplaires de la 512 BB entre 1976 et 1981. Ce volume réduit s’explique par le positionnement du modèle, son assemblage en petite série et la complexité de sa mécanique. La voiture appartient ainsi à une période où les Ferrari de route les plus performantes restaient fabriquées à une échelle très limitée.
La date de 1976 correspond à la présentation du modèle et au début de sa carrière commerciale. La production se poursuit jusqu’en 1981, année au cours de laquelle Ferrari introduit une évolution importante de la Berlinetta Boxer.
La 512 BBi et le passage à l’injection
La Ferrari 512 BBi remplace la 512 BB à partir de 1981. La principale différence concerne l’alimentation du moteur. Les quatre carburateurs Weber cèdent leur place à une injection mécanique Bosch K-Jetronic, plus adaptée aux exigences croissantes en matière d’émissions, de régularité de fonctionnement et de facilité de démarrage.
La puissance officielle de la 512 BBi est annoncée à 340 ch à 6 000 tr/min, contre 360 ch à 6 800 tr/min pour la 512 BB à carburateurs. Cette baisse de la valeur maximale ne suffit toutefois pas à résumer l’évolution. L’injection modifie aussi la manière dont le moteur délivre sa puissance et améliore la régularité de son alimentation.
La distinction entre les deux versions est importante, car les appellations sont parfois employées de manière imprécise. Une 512 BB produite de 1976 à 1981 utilise des carburateurs, tandis qu’une 512 BBi produite ensuite reçoit l’injection Bosch.
La 512 BB LM en compétition
La plateforme de la Berlinetta Boxer a également servi de base à la Ferrari 512 BB LM, développée pour les courses d’endurance. Apparue en 1978, cette version bénéficie d’une carrosserie profondément retravaillée et étudiée en soufflerie par Pininfarina.
La BB LM ne doit pas être considérée comme une simple 512 BB de route équipée pour la piste. Son aérodynamique, son poids, son refroidissement et sa mécanique sont adaptés à la compétition. Ferrari annonce pour son moteur une puissance de 470 ch à 7 250 tr/min, soit une progression importante par rapport aux 360 ch du modèle routier.
Cette déclinaison illustre les possibilités offertes par l’architecture centrale arrière de la Berlinetta Boxer, mais elle possède une histoire sportive et des caractéristiques propres. Les données de la BB LM ne doivent donc pas être utilisées pour décrire les performances ou la configuration d’une 512 BB de série.
Ne pas confondre la 512 BB avec la 512 S
La proximité des appellations peut aussi créer une confusion avec la Ferrari 512 S. Cette dernière est un prototype de compétition apparu plusieurs années auparavant et conçu pour les courses d’endurance. Elle ne partage ni la vocation routière ni la filiation directe de la Berlinetta Boxer.
Dans les deux noms, « 512 » fait référence à une cylindrée d’environ cinq litres associée à douze cylindres. Cette logique commune ne signifie pas que les voitures appartiennent à la même famille technique. La 512 S est une voiture de course construite selon un règlement sportif, tandis que la 512 BB est une berlinette homologuée pour la route.
Ce qui caractérise précisément la Ferrari 512 BB
La Ferrari 512 BB se définit par une combinaison bien précise : une production comprise entre 1976 et 1981, un douze cylindres de 4 943,04 cm³, quatre carburateurs Weber, une puissance officielle de 360 ch et une carrosserie deux places dessinée par Pininfarina. Ces critères permettent de la distinguer de la 365 GT4 BB antérieure, de la 512 BBi à injection et de la BB LM destinée à la compétition.
Son importance historique repose moins sur un chiffre isolé que sur la maturation du concept Berlinetta Boxer. La 512 BB rend le douze cylindres central arrière plus souple que sur sa devancière, tout en conservant une alimentation par carburateurs et une production particulièrement limitée. Elle représente ainsi la version intermédiaire de la lignée, entre la première 365 GT4 BB et la 512 BBi qui marque le passage à l’injection.






