
Pars Khodro est un constructeur automobile iranien dont les origines remontent au milieu des années 1950 à Téhéran. Fondée par Jafar Akhavan autour de l’importation puis de l’assemblage de véhicules Jeep, l’entreprise s’est développée en s’appuyant successivement sur plusieurs grands groupes étrangers. Des modèles américains aux Nissan, puis aux Renault, son histoire reflète les profondes transformations économiques et politiques de l’industrie automobile iranienne.
1956 : Jafar Akhavan fonde Jeep Trading Company à Téhéran
L’histoire de Pars Khodro commence en 1956, lorsque Jafar Akhavan crée à Téhéran la Jeep Trading Company. L’activité est d’abord centrée sur l’importation de véhicules Jeep, adaptés à un marché iranien encore peu industrialisé sur le plan automobile.
L’entreprise ne reste toutefois pas un simple importateur. À la fin des années 1950, elle développe l’assemblage local de véhicules, notamment des Jeep destinées aux usages civils et utilitaires. Cette évolution constitue le premier véritable tournant industriel de la société : son avenir se construit désormais autour de la production sous licence en Iran.
1967 : les Aria et Shahin ouvrent l’ère des voitures particulières
En 1967, l’entreprise élargit nettement son activité avec les Aria et Shahin, deux voitures particulières dérivées de la Rambler American d’AMC. Jusqu’alors fortement associée aux Jeep et aux véhicules à vocation utilitaire, elle entre ainsi sur le marché des berlines.
Cette étape est importante car elle installe durablement le principe qui structurera une grande partie de son histoire : produire en Iran des modèles conçus par des constructeurs étrangers, en adaptant l’outil industriel aux besoins du marché national.
1972 : General Motors prend pied dans l’entreprise
Au début des années 1970, le rapprochement avec General Motors change l’échelle et le statut de l’entreprise. Le groupe américain prend une participation dans la société, qui devient ensuite General Motors Iran. Cette période marque l’intégration la plus poussée de l’entreprise iranienne à un grand constructeur occidental.
Ses chaînes accueillent alors des véhicules issus de plusieurs marques du groupe, notamment Chevrolet, Buick et Cadillac. Pars Khodro, qui ne porte pas encore son nom actuel, acquiert ainsi une expérience industrielle plus large dans l’assemblage de voitures particulières de différentes catégories.
1979 : la Révolution iranienne met fin à la période General Motors
La Révolution iranienne de 1979 bouleverse totalement cette organisation. La coopération avec General Motors s’interrompt dans le nouveau contexte politique et économique, tandis que l’entreprise change de statut et d’identité. Après une période sous l’appellation Iran Auto Making Company, elle adopte le nom Pars Khodro.
Cette rupture dépasse largement un simple changement de marque. L’entreprise doit reconstruire sa stratégie industrielle sans son partenaire américain et rechercher de nouvelles alliances pour maintenir ses capacités de production.
1984 : le Nissan Patrol inaugure un long partenariat japonais
La nouvelle orientation prend forme en 1984 avec la production sous licence du Nissan Patrol. Le tout-terrain devient l’un des modèles les plus représentatifs de Pars Khodro durant la période qui suit la Révolution, en assurant une continuité avec l’expérience historique de l’entreprise dans les véhicules robustes et polyvalents.
La coopération avec Nissan s’étend ensuite à d’autres modèles et donne à Pars Khodro un partenaire industriel majeur pendant plusieurs années. Le constructeur iranien passe ainsi d’une forte dépendance aux marques américaines à une collaboration durable avec l’industrie japonaise.
1996 : la Renault 5 ouvre une nouvelle phase industrielle
En 1996, Pars Khodro récupère de SAIPA la ligne de production de la Renault 5. Cette base donne notamment naissance à des évolutions commercialisées sous le nom Sepand et prépare un rapprochement plus important avec le constructeur français.
Cette phase marque une nouvelle diversification de l’entreprise vers des voitures compactes destinées à un marché de masse. Elle constitue aussi le point de départ d’une relation industrielle avec Renault qui prendra beaucoup plus d’importance au cours de la décennie suivante.
2000 : SAIPA prend le contrôle de Pars Khodro
En 2000, SAIPA acquiert 51 % de Pars Khodro. Ce changement de contrôle constitue l’un des principaux tournants institutionnels de son histoire : l’entreprise rejoint durablement l’un des grands ensembles automobiles iraniens et s’inscrit désormais dans sa stratégie industrielle.
Cette intégration facilite le partage de projets, de capacités de production et de partenariats internationaux. Pars Khodro conserve son identité industrielle, mais son évolution devient étroitement liée aux décisions et aux alliances du groupe SAIPA.
2006 : les Renault modernes prennent une place centrale dans la production
À partir de 2006, la coopération avec Renault entre dans une phase beaucoup plus ambitieuse. Pars Khodro produit notamment la Mégane, puis le Tondar 90, version iranienne de la Logan développée à l’origine par Dacia, ainsi que la Sandero.
Ces modèles installent Pars Khodro parmi les acteurs importants du dispositif industriel de Renault en Iran. Ils illustrent aussi la spécialisation acquise par l’entreprise au fil des décennies : intégrer localement des véhicules conçus à l’étranger et les produire à grande échelle pour le marché iranien.
2018 : les sanctions fragilisent les partenariats internationaux
Le retour des sanctions américaines contre l’Iran en 2018 perturbe profondément cette organisation. Les difficultés d’approvisionnement et le retrait ou la réduction d’activité de partenaires étrangers affectent notamment les programmes liés à Renault.
Pars Khodro doit alors fonctionner dans un environnement beaucoup plus contraint, avec un accès réduit aux composants, aux technologies et aux coopérations internationales qui avaient soutenu plusieurs de ses cycles de développement. Cette période accélère la recherche de solutions davantage localisées.
2025 : la Pars Nova symbolise la nouvelle stratégie de localisation
En 2025, Pars Khodro engage la production de la Pars Nova, une berline issue de la base technique du Tondar 90 mais largement remaniée et localisée. Le projet illustre la volonté de conserver et d’adapter des architectures déjà maîtrisées tout en réduisant la dépendance à l’égard des partenaires et fournisseurs étrangers.
Pars Khodro reste aujourd’hui en activité au sein du groupe SAIPA. Après avoir successivement bâti son développement avec Jeep, AMC, General Motors, Nissan puis Renault, le constructeur évolue désormais dans une industrie iranienne davantage tournée vers la production locale et l’adaptation de technologies déjà éprouvées.
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