Produite de 1985 à 1989, la Ferrari 412 est une grande GT 2+2 à moteur V12 avant. Elle représente l’ultime évolution d’une famille de coupés conçus pour associer performances, confort sur longue distance et quatre places utilisables. Plus discrète que les berlinettes contemporaines de Maranello, elle se distingue par son architecture classique, sa ligne signée Pininfarina et la possibilité de choisir entre une boîte manuelle et une transmission automatique.
La 412 ne doit pas être confondue avec les prototypes de compétition portant des appellations proches. Il s’agit d’une voiture de route, pensée comme un coupé haut de gamme capable de parcourir de longues distances à vitesse élevée. Ferrari en a produit 576 exemplaires, ce qui en fait un modèle relativement rare, même selon les standards de la marque dans les années 1980.
La dernière évolution d’une longue lignée de GT 2+2
La Ferrari 412 clôt une lignée commencée en 1972 avec la 365 GT4 2+2. Cette famille évolue ensuite à travers la Ferrari 400 GT, qui conserve le principe d’un moteur V12 à l’avant, d’un habitacle quatre places et d’une carrosserie trois volumes aux lignes particulièrement sobres.
La 400 marque également une étape importante dans l’histoire de Ferrari en devenant, à partir de 1976, le premier modèle de série de la marque proposé avec une boîte automatique. Cette orientation répond à une clientèle recherchant davantage une grande routière rapide qu’une sportive exigeante à conduire au quotidien.
Au début des années 1980, l’adoption de l’injection mécanique Bosch sur la Ferrari 400 GTi modernise l’alimentation du V12. La 412 reprend ce principe tout en augmentant la cylindrée, en améliorant les performances et en faisant évoluer plusieurs éléments de présentation et de châssis.
Présentée en 1985, elle devient ainsi la version la plus aboutie de cette architecture. Sa production s’achève en 1989, sans remplacement immédiat. Il faudra attendre la Ferrari 456 GT, lancée au début des années 1990, pour retrouver dans la gamme une grande Ferrari 2+2 dotée d’un V12 installé à l’avant.
Un dessin Pininfarina sobre et fonctionnel
La carrosserie de la Ferrari 412 reprend les proportions générales de ses devancières. Le long capot abrite le V12, tandis que l’habitacle reculé et le coffre séparé donnent à la voiture une silhouette de coupé classique. Contrairement aux Ferrari à moteur central de la même période, son dessin évite les prises d’air spectaculaires et les appendices aérodynamiques très visibles.
Pininfarina apporte néanmoins plusieurs modifications pour différencier la 412 de la 400i. La ligne du coffre est rehaussée, le déflecteur avant devient plus profond et les pare-chocs sont peints dans la teinte de la carrosserie. De nouvelles jantes apparaissent également, tandis que les entourages de vitres adoptent une finition noire.
Ces changements restent mesurés, mais ils modernisent l’apparence du modèle sans remettre en cause son identité. La 412 conserve notamment ses phares escamotables et sa grande surface vitrée, deux éléments caractéristiques de cette génération de GT Ferrari.
La voiture mesure 4 810 mm de long, 1 798 mm de large et 1 314 mm de haut. Son empattement atteint 2 700 mm. Ces dimensions permettent d’aménager deux places arrière tout en conservant un coffre compatible avec une utilisation en voyage.
Pourquoi porte-t-elle le nom 412 ?
L’appellation 412 provient de la cylindrée unitaire de son moteur. Chacun des douze cylindres affiche officiellement 411,92 cm³, une valeur arrondie à 412. Ferrari reprend ainsi une méthode de dénomination déjà utilisée sur plusieurs modèles historiques, fondée sur le volume d’un seul cylindre plutôt que sur la cylindrée totale.
Le moteur atteint en réalité une cylindrée globale de 4 943,03 cm³. Cette hausse par rapport à la 400i constitue l’une des évolutions techniques majeures du modèle et contribue à améliorer le couple disponible, un point particulièrement important pour une voiture lourde et destinée au grand tourisme.
Un V12 de 4,9 litres et 340 ch
La Ferrari 412 utilise un V12 ouvert à 60 degrés, installé longitudinalement à l’avant. Alimenté par une injection mécanique Bosch K-Jetronic, il développe 340 ch à 6 000 tr/min et un couple maximal de 451 Nm à 4 200 tr/min.
Ces valeurs placent la 412 dans une catégorie différente de celle des Ferrari plus légères et plus radicales. Son moteur doit déplacer une masse à sec annoncée à 1 805 kg avec la boîte manuelle et à 1 810 kg avec la transmission automatique. La puissance est donc mise au service d’accélérations soutenues, mais aussi d’une conduite souple à vitesse élevée.
Le V12 privilégie une livraison progressive de la puissance. Son couple relativement généreux permet de limiter les changements de rapport, ce qui correspond bien à la vocation routière du modèle. La grande capacité de son réservoir, fixée à 120 litres, confirme également son positionnement de voyageuse rapide.
Boîte manuelle ou automatique
Ferrari proposait la 412 avec deux transmissions très différentes. La première est une boîte manuelle à cinq rapports, destinée aux conducteurs souhaitant conserver une interaction plus directe avec le V12. La seconde est une boîte automatique à trois rapports équipée d’un convertisseur de couple.
| Caractéristique | Boîte manuelle | Boîte automatique |
|---|---|---|
| Nombre de rapports | 5 | 3 |
| Vitesse maximale annoncée | 250 km/h | 245 km/h |
| 0 à 100 km/h annoncé | 6,7 secondes | 8,3 secondes |
| Poids à sec annoncé | 1 805 kg | 1 810 kg |
La version manuelle offre les meilleures performances chiffrées. Elle atteint 100 km/h en 6,7 secondes et peut culminer à 250 km/h. La variante automatique demande 8,3 secondes pour effectuer le même exercice et sa vitesse maximale est annoncée à 245 km/h.
La différence ne se résume toutefois pas aux chiffres. La boîte automatique renforce le caractère de grande routière de la 412, avec une conduite plus détendue en ville ou sur autoroute. La boîte manuelle correspond davantage à l’image traditionnelle d’une Ferrari, mais son intérêt dépend aussi de l’usage recherché et de l’état mécanique de l’exemplaire considéré.
Un châssis conçu pour la stabilité
La Ferrari 412 repose sur un châssis à empattement long et reçoit une suspension indépendante aux quatre roues. Le train arrière bénéficie d’un système de correction automatique d’assiette, destiné à maintenir le comportement de la voiture lorsque le chargement ou le nombre de passagers varie.
Cette solution est cohérente avec la présence de quatre places et d’un coffre véritable. Elle permet de préserver la stabilité et la hauteur de caisse lors des longs trajets, y compris lorsque la voiture est utilisée avec des passagers et des bagages.
La 412 occupe aussi une place particulière dans l’évolution technique de Ferrari puisqu’elle est présentée comme la première voiture de route de la marque équipée de série d’un système antiblocage Bosch ABS. Cet équipement apporte une sécurité supplémentaire au freinage, particulièrement pertinente compte tenu de la masse et des performances du modèle.
Une Ferrari pensée pour voyager à quatre
L’habitacle traduit la vocation plus luxueuse que sportive de la voiture. Les sièges avant sont séparés par une large console centrale, tandis que les places arrière sont intégrées dans un véritable aménagement 2+2. Elles restent naturellement moins spacieuses que celles d’une berline, mais elles rendent la 412 plus polyvalente qu’une berlinette biplace.
Cette formule associe une mécanique prestigieuse à un confort adapté aux longues distances. La position du moteur à l’avant libère davantage d’espace dans l’habitacle et facilite l’aménagement d’un coffre séparé. La 412 vise ainsi les clients souhaitant disposer d’une Ferrari utilisable autrement que pour de courts trajets de loisir.
Ferrari reprendra plus tard cette idée de voiture performante capable d’accueillir quatre personnes avec la Ferrari FF. La technologie, la transmission et la carrosserie seront profondément différentes, mais la recherche d’une grande polyvalence restera comparable.
La Ferrari GTC4Lusso prolongera encore cette approche avec une interprétation plus moderne, combinant un V12 avant, quatre places et un niveau d’équipement adapté à une utilisation régulière. La 412 apparaît donc comme l’un des jalons les plus sobres de cette tradition de grandes Ferrari conçues pour voyager.
Une production limitée à 576 exemplaires
Ferrari indique que 576 Ferrari 412 ont été construites entre 1985 et 1989. Les numéros de châssis connus s’étendent de 56275 à 82153. Ce volume réduit explique la présence relativement discrète du modèle sur le marché par rapport à des Ferrari produites en plus grand nombre.
La rareté ne garantit toutefois pas à elle seule l’intérêt d’un exemplaire. Sur une voiture de cette complexité, la qualité de l’entretien est déterminante. Le fonctionnement du système d’injection, de la transmission, de la suspension à correction d’assiette et des nombreux équipements de confort doit être examiné avec attention.
La carrosserie mérite également une inspection approfondie, tout comme l’état de l’habitacle et la conformité des éléments spécifiques au modèle. Une restauration esthétique peut être coûteuse, mais une remise en état mécanique négligée peut l’être davantage encore, notamment en raison du V12 et de la faible diffusion de certaines pièces.
La Ferrari 412 reste avant tout une grande GT singulière. Son dessin rectiligne, son moteur atmosphérique de près de cinq litres, ses quatre places et ses deux choix de transmission en font une proposition très différente des Ferrari à moteur central produites à la même époque. Elle représente la forme la plus aboutie d’une lignée qui aura conservé pendant près de dix-sept ans la même philosophie générale.











