Datsun 180b

Datsun 180b

Apparue sur plusieurs marchés d’exportation en 1972, la Datsun 180b appartient à la génération 610 de la Bluebird. Cette berline familiale à propulsion reçoit le quatre cylindres Nissan L18 de 1 770 cm3, caractéristique qui explique directement son appellation commerciale. Plus grande et plus arrondie que sa devancière, elle illustre l’évolution de Datsun au début des années 1970 vers des automobiles plus confortables et plus valorisantes, sans abandonner une architecture mécanique classique.

La dénomination 180b ne désigne toutefois pas une carrosserie unique. Selon les marchés, elle couvre notamment une berline quatre portes, un break et un coupé hardtop, avec des équipements et des caractéristiques qui peuvent différer. La sportive 180B SSS constitue elle aussi une variante particulière et ne doit pas servir de référence technique pour toutes les 180b.

De la Bluebird 510 à la Datsun 180b

La 180b prend place dans la famille Datsun Bluebird, l’une des lignées historiques de Nissan. La génération 610 est introduite au Japon en 1971 sous l’appellation Bluebird-U, avant que ses différentes versions soient commercialisées à l’étranger sous des noms adaptés aux marchés locaux. Avec le moteur L18 de 1,8 litre, elle devient notamment Datsun 180b dans plusieurs pays d’Europe, en Australie et sur d’autres territoires d’exportation.

Cette génération succède à la Datsun Bluebird 510, dont les lignes droites et compactes avaient marqué la fin des années 1960. La série 610 change nettement de registre. Sa carrosserie est plus longue, ses volumes sont davantage galbés et sa présentation cherche à donner l’impression d’une automobile plus cossue. Cette évolution accompagne la progression internationale de Datsun et son ambition de ne plus être seulement perçu comme un constructeur de voitures économiques.

L’appellation peut prêter à confusion, car le numéro 610 désigne la famille industrielle alors que 180b correspond à une désignation commerciale liée à la motorisation sur certains marchés. La Datsun 610 et la 180b sont donc étroitement liées : cette dernière est une déclinaison de la série 610 équipée du 1,8 litre, et non une génération automobile indépendante.

Une familiale à propulsion conçue pour l’exportation

La Datsun 180b conserve une architecture traditionnelle avec moteur longitudinal à l’avant et roues arrière motrices. Sous le capot se trouve le Nissan L18, un quatre cylindres en ligne à simple arbre à cames en tête de 1 770 cm3. Sur les berlines européennes, il est alimenté par carburateur et associé le plus souvent à une boîte manuelle à quatre rapports. Une transmission automatique à trois rapports a également été proposée.

La puissance publiée pour la 180b varie fortement dans les documents d’époque, notamment parce que les normes de mesure ne sont pas identiques. Une première version est ainsi annoncée autour de 105 PS selon l’ancienne norme SAE, tandis que des spécifications européennes ultérieures indiquent environ 88 PS DIN. Ces chiffres ne traduisent donc pas nécessairement une différence mécanique de même ampleur. Pour une 180b européenne, la valeur DIN constitue la référence la plus pertinente lorsqu’elle est disponible.

Le châssis reste plus sophistiqué que ne pourrait le laisser penser le positionnement familial du modèle. La berline utilise des jambes de force MacPherson à l’avant et une suspension indépendante à l’arrière dans les configurations couramment documentées. Le break se distingue par une architecture arrière différente, mieux adaptée au transport de charges. Les freins combinent des disques à l’avant et des tambours à l’arrière.

Avec un empattement de 2,50 m et une longueur d’environ 4,22 m pour la berline des premières années, la 180b demeure relativement compacte au regard des familiales modernes. Son poids varie sensiblement suivant le millésime, la transmission et l’équipement, les versions documentées se situant approximativement autour d’une tonne. Cette masse contenue contribue à préserver des performances convenables malgré une puissance aujourd’hui modeste.

Fiche technique de la Datsun 180b

CaractéristiqueDatsun 180b berline, spécifications export représentatives
GénérationBluebird série 610
Première apparition de la 180b1972
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
MoteurNissan L18, 4 cylindres en ligne essence
Cylindrée1 770 cm3
Alésage x course85 x 78 mm
DistributionSimple arbre à cames en tête, 2 soupapes par cylindre
AlimentationCarburateur, configuration variable selon marché
PuissanceEnviron 88 PS DIN sur certaines versions européennes, jusqu’à 105 PS selon mesure SAE sur des versions antérieures
CoupleEnviron 131,5 Nm DIN à 3 700 tr/min sur une spécification européenne
Boîte manuelle4 rapports sur la berline courante, 5 rapports sur certaines variantes
Boîte automatique3 rapports selon marché
StructureMonocoque
Suspension avantIndépendante, jambes de force MacPherson
Suspension arrièreIndépendante sur berline et certaines autres carrosseries, configuration différente sur break
FreinsDisques avant, tambours arrière
DirectionMécanique à recirculation de billes
LongueurEnviron 4 215 mm pour la berline 1972
LargeurEnviron 1 600 mm
HauteurEnviron 1 405 mm
Empattement2 500 mm
Voie avantEnviron 1 310 mm
Voie arrièreEnviron 1 320 mm
Poids à videEnviron 1 005 kg pour une berline manuelle européenne précoce, variable selon version
Vitesse maximaleEnviron 165 km/h pour certaines berlines européennes précoces
RéservoirEnviron 55 litres

Berline, break et 180B SSS

La berline quatre portes représente la forme la plus classique de la 180b. Elle associe un habitacle familial à un coffre séparé et à une silhouette caractérisée par des ailes assez marquées. La face avant reçoit notamment des projecteurs ronds, tandis que le traitement de la calandre évolue au cours de la carrière. Le dessin est moins austère que celui de la génération 510, avec davantage de courbes et une ceinture de caisse plus travaillée.

Le break prolonge cette formule avec un volume de chargement supérieur et une longueur légèrement accrue, autour de 4,28 m sur certaines versions. Sa suspension arrière spécifique constitue une différence technique importante avec la berline. Il ne faut donc pas transposer automatiquement les caractéristiques de châssis d’une carrosserie à l’autre.

Le coupé hardtop est la déclinaison la plus expressive. Sa ligne de toit plus basse et plus fluide accompagne une présentation à vocation sportive. La désignation SSS, historiquement utilisée par Datsun pour certaines versions plus performantes, est particulièrement associée à ce coupé. Les 180B SSS peuvent disposer de spécifications d’alimentation, de transmission et d’équipement différentes de celles de la berline standard. Certaines versions tardives reçoivent notamment une boîte manuelle à cinq rapports.

La gamme évolue au milieu de la décennie. Un restylage apporte notamment des changements à la calandre, aux feux arrière et à certains éléments de présentation. Ces différences de millésime expliquent qu’une 180b de début de production ne possède pas exactement la même physionomie qu’un exemplaire commercialisé plusieurs années plus tard.

Une 180b à ne pas confondre avec la Violet et la 160J

La nomenclature Datsun des années 1970 peut donner l’impression que plusieurs modèles voisins appartiennent à une même succession directe. La 180b repose pourtant sur la série Bluebird 610, alors que la Datsun Violet appartient à la série 710. Les deux familles ont coexisté et ne doivent pas être fusionnées simplement parce que leurs périodes de commercialisation et leurs dimensions sont proches.

La même distinction s’applique à la Datsun 160J, appellation employée à l’exportation pour des versions de la famille Violet. Une 160J n’est donc pas une 180b équipée d’un moteur plus petit. Cette séparation est essentielle pour identifier correctement les carrosseries, les trains roulants et les références de pièces d’une voiture conservée aujourd’hui.

La carrière de la série 610 s’achève progressivement suivant les marchés durant la seconde moitié des années 1970. La chronologie n’est pas parfaitement uniforme : les appellations commerciales changent d’un pays à l’autre et certains marchés continuent d’écouler des modèles alors que leur remplacement est déjà engagé ailleurs. La lignée Bluebird se poursuivra ensuite à travers plusieurs générations, dont la Datsun 910 au tournant des années 1980.

La Datsun 180B en compétition

La carrière sportive de la famille 610 s’est principalement construite autour des 180B SSS préparées pour le rallye et les épreuves de tourisme. Nissan et des équipes utilisant ses voitures bénéficiaient alors de l’expérience acquise avec les précédentes Bluebird et les sportives de la marque. La robustesse de l’architecture à propulsion et la simplicité du quatre cylindres L18 fournissaient une base adaptée aux épreuves longues.

Le Safari d’Afrique de l’Est figure parmi ses terrains les plus significatifs. En 1973, des 180B SSS sont classées quatrième et douzième au général, la voiture arrivée quatrième remportant également sa classe. Dans ce rallye particulièrement éprouvant pour les mécaniques, terminer aux avant-postes constituait déjà un résultat notable.

La 180B obtient également des résultats au Rallye du Bandama en Côte d’Ivoire. Lors de l’édition 1974, deux exemplaires atteignent les deuxième et troisième places du classement général. En Australie, la voiture apparaît au Southern Cross Rally et en compétition sur circuit, notamment à Bathurst. Une 180B SSS termine ainsi quatorzième au général et quatrième de sa classe lors de l’épreuve de Bathurst en 1973.

Ces engagements concernent des voitures préparées et ne reflètent pas les performances d’une 180b de série. Ils montrent en revanche pourquoi le coupé SSS occupe aujourd’hui une place particulière dans l’histoire de la génération 610 : derrière l’image d’une familiale exportée à grande échelle, cette génération a aussi prolongé la présence de Datsun dans les grandes épreuves internationales des années 1970.