Datsun 120a

Datsun 120a

La Datsun 120a apparaît en Europe au début des années 1970 comme la déclinaison 1,2 litre de la première Datsun Cherry, connue sous le code de génération E10. Compacte, légère et dotée d’une traction avant encore inhabituelle chez Nissan, elle se rencontre principalement sous la forme d’un petit coupé fastback à hayon. Son moteur A12 de 1 171 cm³ lui apporte davantage de performances que la Cherry 1,0 litre, sans modifier la philosophie économique du modèle.

L’appellation demande toutefois une identification précise. Cette première 120A E10 ne doit pas être confondue avec la 120A F-II de génération F10 qui lui succède au milieu des années 1970, ni avec la Datsun 120Y. Cette dernière appartient à la famille Sunny B210 et conserve une architecture à propulsion, alors que la Cherry E10 est une traction avant. Sous un nom proche se cachent donc des automobiles techniquement très différentes.

Une Cherry E10 avec le moteur 1,2 litre

La famille Cherry E10 naît au Japon en octobre 1970. Elle occupe une place particulière dans l’histoire de Nissan puisqu’elle constitue sa première famille de voitures particulières de grande série à traction avant. Cette architecture permet de proposer une petite automobile à l’habitacle relativement spacieux malgré des dimensions extérieures contenues. Elle tranche également avec la disposition mécanique plus traditionnelle de la Datsun Sunny, alors équipée d’une transmission aux roues arrière.

La gamme japonaise débute avec des berlines à deux et quatre portes, avant de s’élargir. Le coupé arrive en 1971 et adopte une silhouette beaucoup plus dynamique, avec une ligne de toit fuyante et un arrière fastback. Sur les marchés d’exportation européens, la cylindrée devient un élément essentiel de la dénomination commerciale. Le moteur d’environ un litre correspond à la Datsun 100A, tandis que le quatre cylindres A12 de 1,2 litre donne naissance à la 120A.

La chronologie européenne n’est pas parfaitement uniforme d’un pays à l’autre. La 120A Coupé E10 est documentée à partir de la fin de 1972, tandis que des brochures commerciales nationales apparaissent en 1973. Des documents francophones 100A/120A existent encore en 1974. Retenir 1972 comme première apparition de la version export permet donc de distinguer son lancement initial de sa diffusion progressive sur les différents marchés européens.

Un coupé compact à traction avant

La carrosserie constitue l’un des traits les plus reconnaissables de la Datsun 120a E10. Avec environ 3,7 mètres de longueur et moins de 1,5 mètre de largeur suivant le millésime considéré, elle reste une automobile particulièrement compacte. Son profil privilégie pourtant une allure de petit coupé plutôt que celle d’une simple citadine. Le pavillon descend rapidement vers l’arrière, les vitres latérales accompagnent cette ligne et le hayon donne accès au compartiment à bagages.

Le dessin reste caractéristique du début des années 1970, avec des volumes simples, des surfaces vitrées généreuses et peu d’ornementation. La présentation a néanmoins évolué au cours de la carrière de l’E10. Calandre, feux, enjoliveurs et certains détails extérieurs ont été modifiés, ce qui explique que deux 120A authentiques de millésimes différents ne présentent pas nécessairement une face avant ou une finition rigoureusement identiques.

Sous cette carrosserie se trouve une structure monocoque associée à quatre roues indépendantes. À l’avant, l’E10 emploie des jambes de force de type MacPherson. L’architecture arrière indépendante complète une conception sensiblement plus sophistiquée que ne le laisse supposer le positionnement économique de la voiture. Le moteur transversal et la traction avant permettent en outre de supprimer l’arbre de transmission nécessaire à une propulsion classique.

Le quatre cylindres Nissan A12

Le principal élément différenciant de la 120A est son moteur Nissan A12. Ce quatre cylindres en ligne à essence appartient à la famille de moteurs série A et affiche une cylindrée de 1 171 cm³, parfois arrondie à 1 172 cm³ dans la documentation. Il utilise une distribution à soupapes en tête et une alimentation par carburateur. Sa conception privilégie la simplicité mécanique et un encombrement adapté à une petite traction à moteur transversal.

La puissance publiée varie sensiblement parce que les documents contemporains n’emploient pas tous la même norme. Une spécification européenne de 1974 donne environ 52 ch DIN, tandis que certaines documentations annoncent des valeurs nettement supérieures exprimées selon l’ancienne norme SAE brute. Ces chiffres ne sont donc pas directement comparables. Le couple de la spécification européenne se situe autour de 95 Nm.

Le moteur A12 ne constitue pas une exclusivité de la Cherry. Il appartient à une famille mécanique largement utilisée par Nissan, notamment dans la Datsun 1200. Cette parenté de moteur ne signifie toutefois pas que les deux automobiles partagent leur architecture générale: la 1200 repose sur une disposition longitudinale avec propulsion, alors que la 120A Cherry place son groupe motopropulseur transversalement et entraîne les roues avant.

Sur la 120A européenne, le quatre cylindres est associé à une boîte manuelle à quatre rapports. Cette mécanique donne au coupé des performances honorables pour sa cylindrée et son époque. Certaines données contemporaines mentionnent jusqu’à environ 155 km/h pour les versions annoncées à 65 ch selon la norme SAE. Les accélérations parfois publiées aujourd’hui proviennent en revanche souvent de calculs rétrospectifs plutôt que de mesures constructeur et ne constituent pas une base suffisamment homogène pour caractériser toutes les 120A.

Fiche technique de la Datsun 120a

CaractéristiqueDonnée
GénérationCherry E10
Première apparition export documentée1972
CarrosserieCoupé fastback 3 portes avec hayon
StructureMonocoque
MoteurNissan A12, essence, 4 cylindres en ligne
Cylindrée1 171 cm³, parfois donnée pour 1 172 cm³ par arrondi
DistributionSoupapes en tête, OHV
AlimentationCarburateur
PuissanceEnviron 52 ch DIN sur la spécification européenne 1974; valeurs supérieures publiées en SAE brut selon marchés et millésimes
CoupleEnviron 95 Nm sur la spécification européenne documentée
ImplantationMoteur transversal avant
TransmissionTraction avant
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports
Suspension avantIndépendante, jambes de force type MacPherson
Suspension arrièreIndépendante
LongueurEnviron 3 690 à 3 710 mm selon millésime
LargeurEnviron 1 490 mm
HauteurEnviron 1 295 à 1 310 mm selon millésime
Vitesse maximaleJusqu’à environ 155 km/h pour certaines spécifications contemporaines

Une appellation 120A à replacer dans son marché

La logique des appellations Datsun de cette période peut facilement créer des rapprochements trompeurs. En Europe, les noms 100A et 120A mettent surtout en avant la cylindrée. Ils ne désignent pas deux générations indépendantes: dans le cas de l’E10, ils permettent notamment de différencier des variantes d’une même famille Cherry. À l’inverse, des modèles portant eux aussi un nombre voisin peuvent appartenir à une gamme sans rapport direct.

La situation devient encore plus délicate lorsque Nissan renouvelle la Cherry. La seconde génération, connue sous le code F10 et sous le nom Cherry F-II au Japon, apparaît en 1974 sur son marché d’origine puis se diffuse à l’export. Le nom 120A est alors réutilisé sur certains marchés pour une version 1,2 litre de cette nouvelle génération. Une 120A F-II possède donc une carrosserie et une génération différentes de la 120A E10 de 1972 traitée ici.

Cette distinction explique également pourquoi la seule mention « Datsun 120A » dans une annonce, une photographie ou une fiche technique ne suffit pas toujours à identifier une voiture. Pour une E10, le profil compact du premier coupé Cherry, ses proportions et ses éléments de carrosserie constituent des indices déterminants. Le code de génération reste le moyen le plus fiable de séparer les deux familles.

De la Cherry E10 à la Cherry F-II

La carrière de la première Cherry se déroule dans une période de développement international rapide pour Datsun. La marque cherche alors à couvrir des segments très différents avec des voitures techniquement adaptées à leur mission. Dans ce contexte, l’E10 sert de laboratoire industriel pour la traction avant chez Nissan tout en restant une petite automobile accessible destinée à une production de grande série.

Le coupé contribue aussi à donner à la gamme une image moins strictement utilitaire. Nissan exploite cette carrosserie au Japon avec des versions plus sportives, notamment les Cherry 1200 X-1 et X-1R. Ces variantes ne doivent pas être assimilées à la 120A européenne standard: leur préparation, leur alimentation et leur vocation sont différentes. Des Cherry E10 sont également engagées en compétition au Japon avec des mécaniques spécialement développées, sans que ces voitures de course correspondent aux spécifications du modèle vendu en Europe.

À partir de 1974, la Cherry F-II F10 prend progressivement la relève. Plus récente et redessinée, elle poursuit la formule de la petite traction avant et reprend selon les marchés les appellations liées aux cylindrées, dont 120A. La première Datsun 120a reste ainsi directement attachée à l’E10 et aux débuts de la traction avant de série chez Nissan, avant que cette architecture ne prenne une place beaucoup plus importante dans les gammes compactes du constructeur.