Apparue en 1973, la Datsun 160J est l’une des appellations d’export de la première génération de Datsun Violet, connue au Japon sous le nom Nissan Violet et identifiée par le code de série 710. Avec son moteur 1,6 litre, sa propulsion et ses différentes carrosseries, elle occupe une position intermédiaire dans la gamme du constructeur japonais. Le nom 160J mérite toutefois d’être précisément situé : il survivra au remplacement de la série 710 et sera également utilisé sur la génération A10 lancée en 1977.
Une nouvelle Datsun entre Sunny et Bluebird
Au début des années 1970, Nissan dispose déjà d’une gamme particulièrement étendue. La Datsun Sunny occupe le segment des modèles compacts, tandis que la Bluebird a progressivement grandi et gagné en prestations. La nouvelle Violet lancée au Japon en janvier 1973 vient combler l’espace qui les sépare. Son empattement de 2,45 m illustre bien ce positionnement intermédiaire.
Sur les marchés d’exportation, Nissan continue alors à privilégier la marque Datsun. La Violet reçoit ainsi différentes dénominations commerciales liées notamment à sa cylindrée. La 140J utilise un moteur de 1,4 litre, tandis que la 160J reçoit un quatre cylindres de 1 595 cm3. Une documentation commerciale francophone consacrée aux 140J et 160J existe dès mai 1973, ce qui confirme l’apparition européenne du modèle au cours de cette même année.
Cette stratégie permet à Datsun de compléter une offre où figurent également la Datsun Bluebird et ses différentes déclinaisons. La 160J n’est donc pas conçue comme une sportive spécialisée, malgré la réputation que ses dérivés de compétition acquerront plus tard. Elle constitue d’abord une familiale compacte à propulsion, proposée avec plusieurs niveaux d’équipement et plusieurs types de carrosserie selon les pays.
La série 710 et les différentes versions de la 160J
La première Datsun 160J appartient à la série 710. Elle est proposée notamment en berline quatre portes, tandis que la famille Violet comprend également des carrosseries deux portes, coupé hardtop et break ou utilitaire selon les marchés. Le dessin de la berline des premières années se distingue par une partie arrière inclinée et des formes galbées caractéristiques du style japonais du début des années 1970.
Le coupé adopte une silhouette sensiblement plus basse et dynamique. La version SSS, particulièrement intéressante dans l’histoire du modèle, ne se limite pas à une présentation plus sportive. Elle se distingue aussi techniquement des versions ordinaires, notamment par une suspension arrière indépendante alors que les 160J courantes utilisent un essieu arrière rigide associé à des ressorts à lames. Pour approfondir cette déclinaison et les différences d’appellation selon les marchés, la Datsun Violet 160J permet de replacer cette identité dans la famille Violet.
La gamme évolue au fil de sa carrière. Une série 711 apparaît sur certaines versions tardives et certains marchés. Parmi les changements visibles figure une poupe de berline plus conventionnelle, de type trois volumes, qui remplace le dessin arrière très incliné des premières 710. Cette évolution contribue à expliquer pourquoi deux Datsun 160J contemporaines peuvent présenter des silhouettes sensiblement différentes sans appartenir pour autant à la génération A10 suivante.
La nomenclature constitue justement le principal piège lorsque l’on identifie une 160J. La voiture de 1973 traitée ici est la Violet 710. À partir de 1977, Nissan lance une nouvelle Violet portant le code A10 et continue d’employer le nom 160J sur plusieurs marchés. Une photographie, une fiche technique ou un résultat sportif simplement attribué à une « Datsun 160J » ne peut donc pas être automatiquement rattaché au modèle de 1973.
Fiche technique de la Datsun 160j
| Caractéristique | Datsun 160J série 710 |
|---|---|
| Année de lancement | 1973 |
| Architecture moteur | 4 cylindres en ligne, SOHC |
| Type moteur | Nissan L16 essence |
| Cylindrée | 1 595 cm3 |
| Alésage x course | 83,0 x 73,7 mm |
| Alimentation | Carburateur sur les versions courantes |
| Puissance | Selon marché et spécification : 72 ch DIN à 5 400 tr/min documentés pour une 160J Deluxe européenne ; d’autres configurations européennes sont données autour de 87 à 90 ch |
| Couple | 132,5 Nm à 4 000 tr/min pour la version européenne de 72 ch documentée |
| Implantation | Moteur avant longitudinal |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 4 rapports ; automatique à 3 rapports disponible sur certains marchés et versions |
| Structure | Monocoque |
| Suspension avant | Indépendante, type MacPherson |
| Suspension arrière | Essieu rigide et ressorts à lames sur les versions courantes ; indépendante sur certaines SSS |
| Freins | Disques à l’avant, tambours à l’arrière sur les versions routières courantes |
| Longueur | Environ 4 120 mm pour la berline européenne documentée |
| Largeur | Environ 1 580 mm |
| Hauteur | Environ 1 395 mm pour la berline ; environ 1 375 mm pour certaines versions coupé |
| Empattement | 2 450 mm |
| Poids à vide | Environ 950 kg pour une 160J Deluxe européenne à boîte manuelle |
| Vitesse maximale | Environ 160 km/h pour la version européenne manuelle de 72 ch documentée |
| Réservoir | Environ 50 litres sur la berline européenne documentée |
Le moteur L16 et une architecture classique de propulsion
Le quatre cylindres L16 constitue l’élément essentiel de l’identité 160J. Ce moteur de 1 595 cm3 appartient à la famille L de Nissan et utilise un arbre à cames en tête. Installé longitudinalement, il transmet sa puissance aux roues arrière. Cette disposition mécanique traditionnelle distingue nettement la Violet de certaines compactes à traction avant qui commencent alors à prendre davantage d’importance sur le marché européen.
Les chiffres de puissance publiés pour la 160J ne sont pas uniformes. Une 160J Deluxe européenne est documentée à 72 ch DIN, alors que d’autres documents d’époque ou homologations concernant des configurations différentes donnent environ 87 à 90 ch. Une documentation commerciale annonce également 95 ch DIN pour une 1600 SSS Coupé. Ces valeurs correspondent à des marchés, réglages et versions différents et ne doivent pas être réunies en une caractéristique unique de toutes les 160J.
Le châssis reste relativement conventionnel sur les berlines courantes. À l’avant, les roues indépendantes sont associées à des jambes de force de type MacPherson. À l’arrière, l’essieu rigide et les ressorts à lames privilégient simplicité et robustesse. Les freins à disques avant complètent une définition technique typique d’une familiale japonaise de cette période. La SSS se démarque davantage avec sa suspension arrière indépendante et une orientation plus sportive.
Une place particulière dans la gamme Datsun des années 1970
La 160J arrive dans une gamme où les appellations commerciales peuvent aujourd’hui sembler complexes. La Datsun 180B, liée à la famille Bluebird 610, occupe un échelon supérieur et reçoit une mécanique plus généreuse. La Violet 160J est plus compacte, avec un empattement de 2,45 m et une cylindrée de 1,6 litre, ce qui lui permet de compléter l’offre sans remplacer directement toutes les autres berlines Datsun.
Cette organisation reflète l’expansion internationale de Nissan. Le constructeur multiplie les carrosseries, cylindrées et dénominations afin d’adapter son catalogue aux différents marchés. Une même famille peut ainsi être connue sous le nom Nissan au Japon, Datsun ailleurs et recevoir un numéro correspondant approximativement à sa cylindrée. Cette logique explique les appellations 140J et 160J de la Violet.
La série 710 est remplacée à partir de 1977 par la Violet A10. Le changement est important puisque la carrosserie et le châssis appartiennent désormais à une nouvelle génération, même si l’appellation 160J demeure utilisée à l’export. Cette famille évoluera ensuite vers une nomenclature où la Datsun Stanza prendra une place croissante, rendant la filiation plus lisible à mesure que Nissan rationalise ses appellations internationales.
La Datsun 160J en rallye
La compétition a donné à la Violet une notoriété disproportionnée par rapport à sa diffusion actuelle comme voiture de collection. Nissan exploite la robustesse de cette architecture en rallye et engage des Violet 160J profondément préparées. Ces machines ne doivent pas être assimilées mécaniquement à la berline 1,6 litre de série : les voitures de Groupe 4 peuvent notamment recevoir un moteur de compétition 2 litres à seize soupapes développant environ 200 ch.
Le résultat le plus marquant directement rattaché à la génération 710 intervient au Rallye de l’Acropole 1976. Harry Källström et Claes-Göran Andersson remportent l’épreuve sur Datsun Violet 160J. Une autre 160J, confiée à Shekhar Mehta et Henry Liddon, termine troisième. Dans une épreuve réputée particulièrement éprouvante pour les voitures, ce succès renforce l’image de solidité que Datsun cherche alors à installer sur les marchés internationaux.
La confusion chronologique apparaît souvent lorsqu’on attribue à cette première 160J tous les succès ultérieurs de la Violet. Les victoires majeures obtenues à la fin des années 1970 et au début des années 1980, notamment au Safari Rally, concernent la génération A10 et ses dérivés de compétition. Elles prolongent la réputation construite par la Violet en rallye, mais ne correspondent plus à la Datsun 160J série 710 apparue en 1973.
Comment reconnaître une Datsun 160J de première génération
L’identification commence par le code de génération. Une 160J de première génération appartient à la famille 710, ou à son évolution 711 pour certaines versions tardives. Son dessin associe un capot relativement long, une ceinture de caisse basse et des surfaces latérales galbées. Les premières berlines sont particulièrement reconnaissables à leur arrière incliné, alors que les versions tardives adoptent une poupe plus classique.
Le coupé hardtop présente un pavillon plus bas et une allure plus sportive que la berline. Une SSS ne doit cependant pas être identifiée sur sa seule silhouette : cette désignation correspond également à une définition mécanique spécifique. De même, le badge 160J indique la présence du moteur 1,6 litre dans la nomenclature d’export et permet de la distinguer de la 140J de même famille.
Enfin, une 160J aux lignes plus anguleuses datant de la fin des années 1970 peut appartenir à la génération A10 malgré une appellation identique. Cette continuité du nom explique une grande partie des erreurs d’identification actuelles. Pour la Datsun 160J apparue en 1973, la combinaison déterminante reste celle de l’appellation 160J, de la famille Violet et du code de série 710.




