Histoire de la marque Haima Automobile

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Haima Automobile est un constructeur chinois dont les origines remontent à la fin des années 1980 sur l’île de Hainan. Son histoire est étroitement liée à l’industrialisation automobile de cette province, à un long partenariat technique avec Mazda, puis à son intégration au groupe FAW avant l’affirmation d’une marque indépendante. Après une forte croissance portée par les berlines puis les SUV, Haima a traversé une période de difficultés financières et cherche aujourd’hui à se relancer grâce à l’exportation et aux véhicules à nouvelles énergies.

1988 : les origines industrielles de Haima prennent forme à Haikou

L’histoire de Haima commence à Haikou, capitale de la province de Hainan, dans le sud de la Chine. La chronologie officielle du constructeur fait remonter ses racines à 1988 avec la création de la Hainan Automobile Stamping Parts Factory, d’abord spécialisée dans les pièces de carrosserie embouties. L’entreprise devient rapidement Hainan Automobile Manufacturing Factory et se tourne vers la construction automobile.

Haima ne naît donc pas autour d’un fondateur individuel comparable à ceux de nombreuses marques européennes. Son origine est celle d’une entreprise industrielle publique de Hainan, développée dans un contexte où plusieurs régions chinoises cherchent alors à constituer leur propre industrie automobile.

1992 : l’alliance avec Mazda donne une dimension automobile au projet

Le véritable changement d’échelle intervient en 1992 avec la création de Hainan Mazda Automobile Co., Ltd. La société de Hainan s’associe au constructeur japonais Mazda afin d’accéder à des véhicules, des méthodes industrielles et un savoir-faire technique déjà éprouvés. La production et la commercialisation de modèles Mazda débutent l’année suivante.

Cette coopération devient déterminante pour la future identité de Haima. Pendant plus d’une décennie, l’entreprise chinoise se développe essentiellement grâce à des produits dérivés de modèles japonais et à des transferts technologiques. Le nom même de Haima est associé historiquement à cette rencontre entre Hainan et Mazda, même si la marque chinoise prendra ensuite son autonomie.

1998 : FAW reprend les actifs automobiles de Hainan

En 1998, les actifs publics de Hainan Automobile Manufacturing Factory sont transférés à FAW Group, l’un des grands groupes automobiles chinois. L’entreprise prend alors le nom de FAW Hainan Automobile. Cette opération lui apporte un appui industriel national et contribue à résoudre l’un de ses principaux handicaps : une présence commerciale jusque-là fortement dépendante de son implantation provinciale.

L’intégration dans l’orbite de FAW permet ainsi au constructeur de mieux diffuser ses voitures à travers la Chine tout en maintenant sa coopération technologique avec Mazda. Haima entre alors dans une phase où elle combine trois influences : ses racines à Hainan, le soutien industriel de FAW et les technologies venues du Japon.

2001 : Premacy et Familia installent durablement le constructeur sur le marché chinois

Le début des années 2000 marque l’une des périodes les plus importantes de son développement commercial. En 2001 apparaît le Premacy, connu localement sous le nom de Prima, un monospace compact qui permet au constructeur de se positionner sur un segment encore jeune en Chine.

La Familia, lancée en 2002, joue un rôle encore plus important. Cette berline issue de la coopération avec Mazda devient l’un des produits les plus diffusés de l’entreprise et contribue fortement à sa notoriété auprès des automobilistes chinois. Le passage du cap des 500 000 exemplaires en 2009 illustre l’importance historique de ce modèle. À cette époque, Haima ne dispose pas encore de toute l’indépendance technique d’un constructeur autonome, mais elle a acquis une base industrielle et commerciale solide.

2006 : Haima devient une marque automobile indépendante

En 2006, l’évolution du partenariat avec Mazda ouvre une nouvelle étape. La coopération se transforme progressivement en relation de licence et de transfert technologique, tandis que les véhicules de l’entreprise cessent d’être commercialisés sous le nom du constructeur japonais. La marque Haima s’affirme alors officiellement comme une identité propre.

Ce changement oblige l’entreprise à développer ses propres produits, ses motorisations et ses capacités d’ingénierie. Haima engage également des programmes consacrés aux véhicules à nouvelles énergies, signe qu’elle cherche déjà à réduire sa dépendance aux technologies acquises auprès de partenaires étrangers. L’enjeu n’est plus seulement de fabriquer des modèles issus d’autres constructeurs, mais de devenir un constructeur chinois capable de concevoir et de commercialiser sa propre gamme.

2007 : l’expansion à Zhengzhou élargit la base industrielle de Haima

Haima poursuit cette stratégie en 2007 en reprenant Zhengzhou Light Vehicle. Cette acquisition lui donne une deuxième implantation industrielle majeure, en complément de son site historique de Hainan, et lui permet d’élargir ses capacités de production. Zhengzhou devient progressivement un centre important pour les nouveaux programmes du constructeur.

La marque commence parallèlement à regarder au-delà du marché chinois. En 2010, elle inaugure notamment une première opération d’assemblage en kits à l’étranger, en Russie. Cette internationalisation reste plus modeste que celle des grands groupes chinois, mais elle montre que Haima cherche déjà de nouveaux débouchés hors de son marché domestique.

2014 : les SUV portent la croissance avant une période de fortes difficultés

À partir de 2014, Haima accompagne le basculement du marché chinois vers les SUV. Après le S7, le S5 devient l’un des modèles représentatifs de cette nouvelle orientation. Plus moderne et mieux adapté à la demande du moment, il contribue à soutenir les ventes de la marque et sera également produit à l’étranger, notamment en Iran.

Cette dynamique ne dure toutefois pas. Dans la seconde moitié des années 2010, Haima est confrontée à une concurrence chinoise beaucoup plus intense, alors que son renouvellement de gamme peine à suivre le rythme des principaux constructeurs nationaux. Les ventes reculent fortement et la situation financière se dégrade. En 2019, l’entreprise cède plusieurs actifs immobiliers et financiers afin de réduire ses pertes et de préserver sa situation boursière. La même année, le SUV 8S illustre néanmoins l’effort de modernisation technique de la marque avec un moteur 1.6 TGDI distingué en Chine et de nouvelles fonctions de connectivité.

2017 : la production pour Xpeng apporte un relais industriel temporaire

Alors que ses propres ventes deviennent plus difficiles, Haima utilise une partie de ses capacités industrielles pour fabriquer des véhicules destinés à Xpeng, jeune constructeur chinois spécialisé dans l’électrique. Le contrat apporte pendant plusieurs années une activité utile à ses usines, sans toutefois constituer une solution durable à ses difficultés commerciales.

Une nouvelle transformation capitalistique intervient en 2021. FAW se retire de FAW Haima en transférant sa participation de 49 % à une structure contrôlée par la province de Hainan. Ce changement met fin à une relation actionnariale qui remontait à la fin des années 1990 et replace davantage le constructeur sous l’influence de son territoire d’origine.

2023 : Haima mise sur l’électrique et l’hydrogène pour tenter de se relancer

Dans les années 2020, Haima cherche à reconstruire son avenir autour des véhicules à nouvelles énergies et des marchés internationaux. Le 7X-E entièrement électrique illustre ce repositionnement, tandis que le 7X-H à pile à combustible matérialise un programme consacré à l’hydrogène développé avec l’appui technologique de Toyota.

Haima demeure aujourd’hui un constructeur automobile actif, basé à Haikou et coté à la Bourse de Shenzhen. Sa gamme comprend encore des SUV et monospaces thermiques ou électrifiés, mais son poids sur le marché chinois est nettement inférieur à celui atteint au milieu des années 2010. L’entreprise reste financièrement fragile et poursuit une stratégie centrée sur l’exportation, certaines régions chinoises ciblées et les nouvelles énergies afin de retrouver une place plus stable dans une industrie chinoise devenue particulièrement compétitive.