Sinogold est une jeune marque automobile chinoise née au milieu des années 2010 à Zibo, dans la province du Shandong. Créée autour de Su Jinhe pour développer et produire des véhicules à énergies nouvelles, elle s’est fait connaître avec le monospace électrique GM3 avant de connaître rapidement des difficultés financières. Son histoire est ensuite marquée par une tentative de sauvetage impliquant les autorités locales, des discussions avec Geely et une relance appuyée sur des technologies liées à Chery. Cette trajectoire très courte illustre à la fois l’essor rapide de nouveaux constructeurs électriques chinois et la difficulté de transformer une capacité industrielle en activité automobile durable.
2016 : Sinogold naît à Zibo autour du véhicule électrique
La société Shandong Guojin Automobile Manufacturing est créée le 13 janvier 2016 à Zibo, dans la province chinoise du Shandong. Connue à l’international sous le nom de Sinogold, elle se construit autour de Su Jinhe, identifié par les sources chinoises comme son fondateur et principal dirigeant de la première période.
Le projet est orienté dès l’origine vers les véhicules à énergies nouvelles. L’entreprise prévoit de réunir sous une même structure la recherche et développement, la fabrication de véhicules électriques, la production de composants et la commercialisation. Contrairement à une marque historique ayant progressivement adopté l’électrique, Sinogold est donc pensée dès sa création comme un constructeur spécialisé dans cette nouvelle filière.
2017 : le GM3 donne une existence commerciale à la marque
Le véritable lancement public intervient le 27 septembre 2017, lorsque Sinogold présente sa marque et surtout le GM3. Ce monospace entièrement électrique constitue le premier modèle de tourisme majeur du constructeur et devient immédiatement le produit autour duquel repose son identité.
Le choix d’un monospace distingue alors Sinogold d’une partie des nouveaux constructeurs électriques concentrés sur les berlines ou les petits véhicules urbains. Le GM3 doit permettre à l’entreprise de passer du statut de projet industriel à celui de constructeur visible sur le marché chinois.
2018 : la commercialisation du GM3 accompagne une nouvelle ambition dirigeante
Le GM3 arrive effectivement sur le marché en 2018. Son style attire l’attention par sa proximité avec celui du Grand C4 Picasso de Citroën, mais son importance historique tient surtout au fait qu’il reste le modèle qui a le plus durablement incarné Sinogold.
La même année, Liu Liang rejoint l’entreprise comme président et est présenté comme cofondateur. Son arrivée est remarquée car il a auparavant occupé des responsabilités chez Qoros. Ce recrutement traduit la volonté de professionnaliser la direction et de donner davantage d’envergure au développement commercial et industriel de la jeune marque.
2019 : les autorisations industrielles précèdent une grave crise financière
En 2019, Sinogold franchit une étape réglementaire importante en obtenant l’autorisation nécessaire pour produire des voitures particulières électriques après avoir réuni les qualifications exigées pour ce type d’activité. Pour une entreprise créée seulement trois ans auparavant, cette reconnaissance devait constituer la base d’un développement industriel plus solide.
La situation financière évolue pourtant dans la direction inverse. Des retards de salaires et des dettes envers des fournisseurs apparaissent au cours de la même période. Sinogold se retrouve ainsi confrontée à un problème décisif : disposer d’une capacité réglementaire et industrielle ne suffit pas à financer durablement la production, le développement de nouveaux modèles et un réseau commercial. Cette crise interrompt l’élan créé par le GM3 et fragilise directement l’indépendance de l’entreprise.
2020 : les discussions avec Geely ouvrent une période de sauvetage
Face aux difficultés accumulées, une reprise par Geely est envisagée durant la période 2020-2021. Les négociations ne débouchent toutefois pas sur un rachat. Le groupe renonce finalement au projet, laissant Sinogold sans le partenaire industriel majeur qui aurait pu sécuriser son avenir.
Parallèlement, les autorités de Zibo interviennent pour traiter une partie des dettes et des arriérés sociaux. Cette implication publique modifie progressivement la nature du constructeur : Sinogold cesse d’être seulement une jeune entreprise automobile privée en difficulté et devient un actif industriel que les acteurs locaux cherchent à préserver.
2022 : le contrôle public et l’appui lié à Chery relancent la production
En 2022, l’entreprise est détenue à 100 % par un groupe d’investissement public de Zibo. Une nouvelle phase débute avec l’intervention d’une équipe liée à Chery. Plutôt que de reconstruire immédiatement une gamme entièrement originale, Sinogold s’appuie alors sur des bases techniques déjà existantes.
La berline électrique Junxing symbolise cette relance. Étroitement dérivée de la Chery Arrizo 5 électrique, elle montre le changement de stratégie opéré après la crise financière : la priorité n’est plus de développer seul un véhicule distinctif comme le GM3, mais de remettre rapidement une offre sur le marché grâce à des solutions industrielles éprouvées. La petite électrique Tangguo, également connue sous le nom de Candy, complète ensuite cette tentative de diversification, tandis que quelques opérations à l’export cherchent à donner de nouveaux débouchés aux véhicules de la marque.
2024 : Sinogold disparaît progressivement du marché automobile actif
À partir de 2024, Sinogold devient de plus en plus difficile à identifier comme constructeur réellement actif. Ses trois modèles les plus significatifs, le GM3, la Junxing et la Tangguo, sont désormais répertoriés comme arrêtés dans les principaux catalogues automobiles chinois. Aucune nouvelle génération de véhicules ni relance commerciale d’ampleur comparable à celle de 2022 ne vient prendre leur relais.
La situation doit toutefois être formulée avec prudence. Il n’est pas établi que Sinogold ait fait l’objet d’une faillite ou d’une liquidation définitive : la société Shandong Guojin Automobile Manufacturing demeure juridiquement enregistrée. En 2026, Sinogold apparaît donc surtout comme une marque automobile devenue inactive ou quasi inactive, après une décennie marquée par un lancement rapide, une crise de financement, une prise de contrôle publique et une relance qui n’a pas réussi à installer durablement le constructeur sur le marché.
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