Lancée en 2000, l’Audi Allroad, officiellement baptisée allroad quattro, transpose les qualités d’un grand break routier sur des terrains jusque-là plutôt réservés aux 4×4. Audi ne se contente pas de surélever un modèle existant : transmission intégrale permanente, suspension pneumatique réglable et, sur certaines versions, boîte courte transforment profondément les capacités de la voiture. Cette première génération, connue sous le type 4B et rattachée à la famille C5, pose les bases de toute la lignée allroad.
Un break A6 transformé pour sortir de l’asphalte
L’Allroad est développée à partir de l’Audi A6 C5. Elle en conserve l’architecture à moteur longitudinal et la structure générale, mais reçoit suffisamment de modifications pour acquérir une identité propre. Lors de sa présentation au Salon de Genève en mars 2000, Audi la positionne entre le grand break confortable et le véhicule capable d’affronter des chemins difficiles.
La parenté avec l’Audi A6 Avant reste immédiatement visible dans le profil et l’organisation de l’habitacle. L’Allroad s’en distingue néanmoins par ses passages de roues élargis, ses protections de carrosserie contrastantes, ses boucliers spécifiques, ses éléments de protection inférieurs et son assiette nettement plus haute. Avec 4,81 m de long et 1,85 m de large, elle conserve les proportions d’un grand break plutôt que celles d’un 4×4 traditionnel.
Sa véritable particularité se trouve sous la carrosserie. La suspension pneumatique permet de faire varier la garde au sol sur quatre niveaux, de 142 à 208 mm. La voiture peut ainsi être abaissée pour favoriser la stabilité à vitesse élevée ou relevée pour franchir une piste dégradée. Le système corrige également l’assiette en fonction de la charge, une caractéristique particulièrement adaptée à un véhicule familial susceptible de voyager lourdement chargé.
Quattro, suspension pneumatique et véritable gamme courte
La transmission intégrale permanente constitue l’autre pilier technique du modèle. L’Allroad utilise un différentiel central Torsen pour répartir la motricité entre les essieux. Cette architecture s’inscrit directement dans l’expérience acquise par Audi depuis l’Audi Quattro, mais elle est ici associée à une suspension capable d’adapter la hauteur du véhicule au terrain.
Une particularité devenue rare sur ce type de break renforce encore cette orientation : certaines versions à boîte manuelle pouvaient recevoir un réducteur Low Range. Sa démultiplication de 1,54:1 raccourcit les rapports pour faciliter la progression à faible vitesse sur une forte pente ou un terrain difficile. L’Allroad ne devient pas pour autant un tout-terrain à châssis séparé, mais cette solution la distingue nettement des breaks surélevés qui se multiplieront par la suite.
Le comportement reste fondamentalement celui d’une grande routière. Les roues sont indépendantes et le train avant multibras reprend une architecture sophistiquée destinée à préserver précision de conduite et confort. L’abaissement automatique de la suspension lorsque les conditions le permettent limite également les compromis induits par la garde au sol importante.
Du V6 biturbo au V8 4.2
Au lancement, l’offre repose sur deux V6 très différents. Le 2.7 T essence utilise deux turbocompresseurs et développe 250 ch pour 350 Nm. Il donne à ce grand break des performances proches de celles d’une routière sportive, avec un 0 à 100 km/h autour de 7,4 secondes dans sa configuration manuelle. Le V6 2.5 TDI de 180 ch privilégie au contraire le couple et l’autonomie, avec 370 Nm disponibles à bas régime.
La gamme s’élargit ensuite. Une déclinaison 2.5 TDI de 163 ch apparaît sur certains marchés, tandis que le sommet de la gamme est occupé à partir de 2002 par un V8 atmosphérique 4.2 de 300 ch. Associé à la transmission quattro et à la boîte automatique Tiptronic, ce moteur porte la vitesse maximale aux environs de 240 km/h et permet d’atteindre 100 km/h en environ 7,2 secondes.
Les transmissions dépendent du moteur et du millésime. Audi propose une boîte manuelle à six rapports ainsi qu’une Tiptronic automatique à cinq rapports. Cette diversité explique les différences de performances, de consommation et de masse relevées entre deux Allroad équipées du même moteur : une 2.7 T manuelle ne doit notamment pas être assimilée à une 2.7 T Tiptronic.
Fiche technique de l’Audi Allroad
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Type | Break 5 portes, 5 places, type 4B/C5 |
| Période | 2000 à 2005 pour la carrière principale |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, transmission intégrale permanente |
| 2.7 T | V6 essence biturbo, 2 671 cm³, 250 ch à 5 800 tr/min, 350 Nm de 1 800 à 4 500 tr/min |
| 2.5 TDI 180 | V6 turbodiesel, 2 496 cm³, 180 ch à 4 000 tr/min, 370 Nm de 1 500 à 2 500 tr/min |
| 2.5 TDI 163 | V6 turbodiesel, 163 ch, 310 Nm, selon marché |
| 4.2 | V8 essence atmosphérique, environ 4,2 litres, 300 ch à 6 200 tr/min, 380 Nm de 2 700 à 4 600 tr/min |
| Transmission | Quattro permanente avec différentiel central Torsen |
| Boîtes | Manuelle 6 rapports ou Tiptronic 5 rapports selon version |
| Réducteur | Low Range 1,54:1 sur certaines configurations manuelles |
| Suspension | Indépendante avec suspension pneumatique à régulation électronique |
| Garde au sol | 142, 167, 192 ou 208 mm selon le niveau sélectionné |
| Freinage | Quatre freins à disque avec ABS |
| Pneumatiques | 225/55 R17 sur plusieurs versions, autres montes selon configuration |
| Longueur | 4 810 mm |
| Largeur | 1 852 mm |
| Hauteur | Environ 1 551 mm |
| Empattement | 2 757 mm |
| Masse à vide | Environ 1 795 à 1 860 kg selon moteur et transmission |
| Coffre | Environ 455 à 1 590 litres |
| Réservoir | 70 litres |
| Vitesse maximale | Environ 203 à 240 km/h selon version |
| 0 à 100 km/h | Environ 7,2 à 10,4 s selon version |
| Consommation normalisée | Environ 8,7 à 13,8 l/100 km selon moteur et transmission |
Une identité visuelle dictée par la fonction
L’Allroad conserve volontairement une forte ressemblance avec l’A6. Ses transformations extérieures ont cependant une fonction autant esthétique que pratique. Les extensions autour des passages de roues accompagnent une silhouette visuellement plus large, tandis que les protections inférieures et les boucliers spécifiques signalent immédiatement sa vocation. Les barres de toit et les inscriptions allroad quattro complètent cette identité.
La différence la plus spectaculaire apparaît lorsque la suspension atteint sa position maximale. Avec 208 mm de garde au sol, la voiture change sensiblement de posture. À l’inverse, son niveau le plus bas la rapproche d’un break routier conventionnel. Cette variation de 66 mm fait partie intégrante du concept, contrairement à une simple surélévation fixe.
L’habitacle reste beaucoup plus proche de celui d’une grande Audi routière que d’un véhicule utilitaire tout-terrain. L’objectif n’est pas de sacrifier les prestations d’une A6 au profit du franchissement, mais d’étendre son champ d’utilisation. Le coffre conserve ainsi une capacité d’environ 455 litres et peut approcher 1 590 litres lorsque les sièges arrière sont rabattus.
De l’Allroad originelle à une famille complète
Le nom du modèle peut prêter à confusion aujourd’hui. La voiture lancée en 2000 est officiellement l’allroad quattro et constitue la première Allroad de série d’Audi. Elle est directement issue de la génération C5. Il ne faut donc pas la confondre avec l’Audi A6 Allroad des générations suivantes, même si cette dernière reprend directement son principe.
Après la fin de la première génération en 2005, le concept est renouvelé sur la base de l’Audi A6 C6. La formule évolue, mais ses ingrédients fondamentaux restent reconnaissables : carrosserie de break, transmission intégrale, garde au sol accrue et présentation extérieure renforcée.
Audi étend ensuite cette recette à une catégorie inférieure avec l’Audi A4 Allroad. L’idée initiée par le modèle de 2000 devient ainsi une famille à part entière, alors que l’Allroad C5 avait été conçue comme une proposition singulière, située à la frontière entre grand break premium et véhicule tout-chemin.




