La Chevrolet Camaro 2 désigne la deuxième génération de la célèbre pony car américaine, produite de 1970 à 1981. Plus basse, plus longue et plus affirmée que sa devancière, elle adopte une silhouette fastback inspirée des coupés sportifs européens tout en conservant les moteurs généreux et la propulsion caractéristiques des automobiles américaines. Cette génération de la Chevrolet Camaro traverse une période de profondes transformations, entre l’âge d’or des muscle cars, les crises pétrolières et le durcissement des normes antipollution.
Commercialisée à partir du 26 février 1970, la Camaro II se distingue par une carrière exceptionnellement longue de douze millésimes. Ses premières versions peuvent recevoir de puissants V8, notamment le LT-1 de 360 hp de la Z28, tandis que les modèles des années 1980 privilégient davantage l’efficacité, le confort et le respect des nouvelles réglementations. Malgré ces évolutions, elle conserve une identité visuelle immédiatement reconnaissable.
Histoire et développement de la Chevrolet Camaro 2
À la fin des années 1960, Chevrolet prépare le remplacement de la première Camaro, lancée pour le millésime 1967 afin de concurrencer la Ford Mustang. Le constructeur souhaite dépasser le simple concept de pony car abordable en proposant une automobile plus raffinée, mieux équilibrée et plus agréable à conduire. Le développement de la deuxième génération s’inscrit dans cette volonté de rapprocher les qualités routières de la Camaro de celles des coupés sportifs européens.
Le projet est développé sous la direction stylistique de General Motors, alors supervisée par Bill Mitchell. Henry Haga est généralement considéré comme l’un des principaux responsables du dessin de cette nouvelle carrosserie. Les équipes Chevrolet conservent une architecture traditionnelle à moteur avant et roues arrière motrices, mais retravaillent profondément les proportions, la structure et les suspensions.
La Camaro II repose sur une évolution spécifique de la plateforme F-body de General Motors. Cette architecture conserve certains principes techniques historiquement partagés avec la Chevrolet Nova, notamment l’utilisation d’un sous-châssis avant boulonné à une structure autoporteuse. La nouvelle Camaro bénéficie cependant d’un développement adapté à ses ambitions sportives, avec une carrosserie élargie et des réglages de suspension revus.
Initialement attendue à l’automne 1969, la voiture arrive finalement en février 1970, notamment à cause de difficultés rencontrées dans la mise au point des outillages de carrosserie. Ce lancement tardif explique l’appellation officieuse « Camaro 1970½ », parfois employée par les collectionneurs. Il ne s’agit toutefois pas d’un millésime distinct.
Chevrolet positionne sa nouvelle Camaro face à la Ford Mustang, mais également dans une gamme comprenant plusieurs catégories de voitures performantes. La Chevrolet Chevelle, plus grande, représente notamment une autre approche de la sportive américaine, particulièrement dans ses versions à moteur V8 de forte cylindrée.
La production est principalement assurée dans les usines américaines de Norwood, dans l’Ohio, et de Van Nuys, en Californie. La Camaro partage sa plateforme avec la Pontiac Firebird de deuxième génération, dont elle se distingue par ses carrosseries, ses présentations et certaines motorisations.
Design et évolutions de 1970 à 1981
La deuxième génération abandonne les lignes relativement compactes et anguleuses de sa devancière au profit d’une silhouette plus basse et plus fluide. Son long capot plongeant, son habitacle reculé et son pavillon fastback lui donnent des proportions particulièrement dynamiques. Les ailes avant enveloppantes, les passages de roues marqués et la large lunette arrière participent à son identité.
Entre 1970 et 1973, la Camaro conserve son dessin initial, avec une face avant équipée de phares ronds et d’une calandre centrale. La finition Rally Sport propose une présentation spécifique reconnaissable à ses petits pare-chocs avant séparés, souvent appelés « split bumpers ». Cette configuration est particulièrement recherchée pour son apparence sportive, mais elle ne doit pas être confondue avec la face avant standard.
En 1974, Chevrolet procède à un premier restylage majeur. Les nouvelles exigences américaines de résistance aux chocs entraînent l’adoption de pare-chocs plus imposants, intégrés à une carrosserie allongée. La face avant est redessinée, tandis que les feux arrière adoptent une nouvelle présentation. La silhouette générale reste inchangée, mais l’automobile paraît plus massive.
Le deuxième grand restylage intervient en 1978. Les pare-chocs métalliques apparents cèdent la place à des boucliers enveloppants en uréthane, peints dans la couleur de la carrosserie. Cette transformation modernise sensiblement l’apparence de la Camaro et améliore l’intégration visuelle des éléments de protection. Les versions sportives reçoivent des décorations et des équipements aérodynamiques spécifiques.
À partir de 1978, Chevrolet propose également un toit à deux panneaux amovibles, généralement appelé T-top. Cette solution permet de profiter d’une conduite partiellement découverte tout en conservant une structure de coupé. Contrairement à la première génération, la Camaro II n’a jamais été proposée en cabriolet de série par Chevrolet.
L’habitacle évolue progressivement avec de nouvelles garnitures, des équipements de confort supplémentaires et des présentations plus luxueuses. La planche de bord conserve une instrumentation analogique et une organisation orientée vers le conducteur. Les places arrière demeurent relativement limitées, conséquence directe de la ligne basse et du pavillon fuyant.
Motorisations et versions sportives
Au lancement, la Chevrolet Camaro 2 propose une gamme de moteurs comprenant un six cylindres en ligne de 250 pouces cubes, soit environ 4,1 litres, ainsi que plusieurs V8. Les cylindrées les plus courantes comprennent les 307, 350 et 396 pouces cubes, cette dernière désignation commerciale correspondant alors à un moteur dont la cylindrée réelle atteint environ 402 pouces cubes.
La version la plus emblématique du début de génération est la Chevrolet Camaro Z28. En 1970, elle reçoit le V8 LT-1 de 350 pouces cubes, soit 5,7 litres, développant officiellement 360 hp SAE gross. Ce moteur à carburateur quatre corps privilégie les hauts régimes et offre des performances remarquables pour l’époque. La Z28 bénéficie également de suspensions adaptées, de pneumatiques sportifs et d’une présentation extérieure spécifique.
Le moteur LT-1 est également associé à la Chevrolet Corvette C3, mais les puissances annoncées diffèrent selon les applications. En 1970, la Corvette LT-1 est notamment créditée de 370 hp SAE gross, contre 360 hp pour la Camaro Z28. Ces valeurs correspondent aux anciennes méthodes de mesure américaines et ne doivent pas être directement comparées aux puissances nettes publiées ultérieurement.
La Chevrolet Camaro SS représente une autre déclinaison performante. Disponible avec différents V8, dont les 350 et 396/402, elle privilégie davantage la puissance et le couple. Les configurations les plus puissantes du début des années 1970 atteignent jusqu’à 375 hp SAE gross. La Super Sport disparaît du catalogue après le millésime 1972.
La gamme évolue fortement à partir de 1971. Chevrolet réduit les taux de compression pour adapter ses moteurs aux nouvelles exigences environnementales et aux carburants disponibles. En 1972, l’adoption généralisée des puissances SAE net modifie profondément les chiffres publiés. Cette nouvelle méthode mesure la puissance dans des conditions plus proches de l’installation réelle du moteur, avec ses accessoires et ses équipements d’échappement.
La crise pétrolière de 1973 et le renforcement des normes antipollution accélèrent cette transformation. La Z28 disparaît pour les millésimes 1975 et 1976, avant de revenir au cours de l’année-modèle 1977. Sa nouvelle formule met davantage l’accent sur le comportement routier et l’apparence sportive que sur la puissance brute.
Les finitions évoluent parallèlement. La Type LT, introduite en 1973, privilégie le confort et une présentation plus raffinée. La Berlinetta, apparue en 1979, poursuit cette orientation avec des équipements et des garnitures spécifiques. La Rally Sport reste essentiellement une proposition esthétique, tandis que la Z28 conserve une vocation sportive.
En 1980, les moteurs six cylindres en ligne disparaissent au profit de V6 de 229 ou 231 pouces cubes selon les marchés. Les V8 de 267, 305 et 350 pouces cubes composent l’essentiel de l’offre huit cylindres de fin de carrière, avec des disponibilités variables suivant les réglementations locales.
Fiche technique de la Chevrolet Camaro 2
| Caractéristique | Chevrolet Camaro II (1970-1981) |
|---|---|
| Constructeur | Chevrolet, General Motors |
| Production | 1970 à 1981 |
| Catégorie | Pony car, coupé sportif |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 4 places |
| Plateforme | GM F-body, deuxième génération |
| Structure | Coque autoporteuse en acier avec sous-châssis avant boulonné |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteurs 6 cylindres | 6 cylindres en ligne 4,1 l ; V6 3,8 l en fin de carrière |
| Moteurs V8 | 4,4 à 6,6 litres selon millésime et version |
| V8 Z28 1970 | LT-1, 5 733 cm³, carburateur quatre corps |
| Puissance Z28 1970 | 360 hp SAE gross à 6 000 tr/min |
| Couple Z28 1970 | 380 lb-ft, environ 515 Nm, à 4 000 tr/min |
| Puissance maximale annoncée au lancement | Jusqu’à 375 hp SAE gross sur certaines versions SS |
| Alimentation | Carburateurs à deux ou quatre corps selon moteur |
| Distribution | Arbre à cames central, soupapes en tête |
| Boîtes de vitesses | Manuelles 3 ou 4 rapports ; automatiques 2 ou 3 rapports selon version |
| Suspension avant | Indépendante à doubles triangles et ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide à ressorts à lames |
| Direction | À boîtier, assistance hydraulique selon équipement |
| Freinage | Disques avant et tambours arrière |
| Roues | Jantes de 14 ou 15 pouces selon version |
| Pneumatiques Z28 1970 | F60-15 |
| Empattement | 2 743 mm |
| Longueur | Environ 4,78 m en 1970, proche de 5 m sur les dernières versions |
| Largeur | Environ 1,89 m |
| Hauteur | Environ 1,27 à 1,30 m selon configuration |
| Voie avant | Environ 1 585 mm sur les premières versions |
| Voie arrière | Environ 1 544 mm sur les premières versions |
| Masse | Environ 1 500 kg sur certaines configurations initiales, variable selon équipement |
| Accélération Z28 1970 | 0 à 60 mph autour de 6 à 7 secondes dans les essais d’époque |
| Carburant | Essence |
| Sites de production principaux | Norwood (Ohio) et Van Nuys (Californie), États-Unis |
Comportement routier et performances
La Chevrolet Camaro II marque une progression importante dans le comportement routier de la lignée. Son empattement de 108 pouces, ses voies généreuses et son centre de gravité relativement bas favorisent la stabilité. Les ingénieurs Chevrolet accordent une attention particulière au contrôle des mouvements de caisse, à la précision de direction et au confort sur les longues distances.
La suspension avant indépendante repose sur des bras triangulaires et des ressorts hélicoïdaux. À l’arrière, Chevrolet conserve un essieu rigide guidé par des ressorts à lames, une solution robuste et économique. Les versions Z28 disposent de réglages plus fermes et de barres antiroulis adaptées à leur vocation sportive.
Les premières Camaro II équipées des V8 les plus puissants offrent des accélérations comparables à celles des muscle cars de leur époque. La Z28 LT-1 de 1970 peut notamment atteindre 60 mph, soit environ 96,6 km/h, en quelque six à sept secondes suivant les essais, les transmissions et les conditions de mesure.
Le caractère de la voiture change progressivement pendant la décennie. Les moteurs perdent une partie de leur puissance, tandis que les dispositifs antipollution, les équipements de sécurité et les éléments de confort augmentent la masse. Les Camaro des derniers millésimes conservent néanmoins un comportement de coupé sportif, particulièrement dans les configurations Z28.
La transmission automatique contribue au succès commercial du modèle. Elle permet d’associer l’apparence sportive de la Camaro à une utilisation quotidienne plus confortable. Les boîtes manuelles à quatre rapports restent appréciées des conducteurs recherchant une expérience plus directe, notamment avec les V8 du début de production.
Production et succès commercial
La carrière de la Chevrolet Camaro 2 est marquée par de fortes variations de production. Le millésime 1970 atteint environ 125 000 exemplaires, un résultat influencé par le lancement tardif. La production de 1972 tombe à moins de 70 000 unités, notamment à cause d’une longue grève à l’usine de Norwood qui perturbe considérablement les opérations industrielles.
Les ventes progressent ensuite au cours de la décennie. Malgré la baisse des puissances et l’évolution des attentes des automobilistes, la Camaro conserve un attrait important grâce à son style, à sa gamme de finitions et à son positionnement relativement accessible. La disparition ou la transformation de plusieurs muscle cars concurrents contribue également à renforcer sa présence sur le marché américain.
Le sommet commercial de cette génération intervient en 1979, avec environ 282 600 voitures produites. Ce résultat illustre le succès des Camaro à boucliers enveloppants, proposées notamment en versions Sport Coupe, Berlinetta et Z28. Les ventes reculent ensuite au début des années 1980, alors que Chevrolet prépare une génération entièrement nouvelle.
La Camaro II dépasse largement les deux millions d’exemplaires sur l’ensemble de sa carrière. Les statistiques historiques publiées présentent toutefois des divergences dans leur total cumulé, notamment en fonction des séries retenues. Son succès commercial reste incontestable, avec une présence continue sur le marché américain pendant douze années-modèles.
Fin de carrière et intérêt en collection
Le millésime 1981 marque la dernière année de la Camaro II. Les motorisations sont alors profondément différentes de celles proposées en 1970, avec une électronique de contrôle moteur plus présente et des équipements antipollution adaptés aux réglementations américaines. La Z28 demeure au catalogue, mais sa vocation est désormais davantage celle d’un coupé sportif polyvalent que d’une muscle car traditionnelle.
En 1982, Chevrolet introduit la Chevrolet Camaro 3. Cette nouvelle génération adopte une silhouette beaucoup plus anguleuse, un grand hayon arrière vitré et une architecture technique modernisée. Elle rompt visuellement avec les formes arrondies de la Camaro II, tout en conservant le principe du moteur avant et de la propulsion.
Sur le marché de la collection, les Camaro II présentent des profils très différents. Les premières Z28 équipées du V8 LT-1, les Super Sport à gros V8 et les Rally Sport à pare-chocs séparés comptent parmi les configurations historiquement les plus recherchées. Les modèles de 1978 à 1981 attirent également les amateurs de voitures américaines des années 1970, notamment pour leur présentation extérieure caractéristique.
L’authenticité constitue un élément essentiel lors de l’achat. Les codes moteur, les plaques de carrosserie, les documents d’origine et les équipements spécifiques permettent de distinguer une véritable version sportive d’une Camaro standard transformée. Certaines voitures ont reçu des moteurs, des capots ou des décorations de Z28 après leur sortie d’usine, sans appartenir initialement à cette finition.
La corrosion mérite une attention particulière, notamment au niveau des planchers, des passages de roues, des bas de caisse, du coffre et des points de fixation du sous-châssis. L’état des longerons arrière et des ancrages de suspension doit également être examiné. Sur les exemplaires équipés d’un T-top, l’étanchéité des joints et l’état des encadrements de toit constituent des points de contrôle supplémentaires.
Enfin, la disponibilité des pièces mécaniques et de nombreux éléments de carrosserie facilite l’entretien et la restauration, grâce à l’important marché américain des composants de reproduction. Pour une voiture destinée à conserver sa configuration historique, il reste préférable de vérifier les références de pièces correspondant précisément au millésime, car les restylages de 1974 et 1978 ont modifié de nombreux éléments extérieurs.




