Chevrolet Nova Ss

Chevrolet Nova Ss

La Chevrolet Nova SS est la déclinaison sportive de la Chevrolet Nova, une compacte américaine à propulsion commercialisée par General Motors. Apparue en 1963 sous l’appellation Chevy II Nova 400 Super Sport, elle évolue progressivement d’une finition valorisant le style et le confort vers une véritable muscle car. Les versions équipées du V8 396 ci, proposées entre 1968 et 1970, comptent parmi les plus emblématiques de cette transformation.

Produite sous différentes formes jusqu’au millésime 1976, la Nova SS occupe une place particulière dans l’histoire de Chevrolet. Plus compacte et généralement plus discrète que les grandes sportives américaines de son époque, elle associe une carrosserie relativement légère à des motorisations pouvant atteindre 375 chevaux SAE bruts. Son histoire se divise en trois grandes périodes : les premières Super Sport de 1963 à 1967, les versions hautes performances de 1968 à 1972, puis les modèles davantage orientés vers la présentation sportive entre 1973 et 1976.

1963 : naissance de la Chevrolet Nova Super Sport

Au début des années 1960, Chevrolet cherche à renforcer sa présence sur le marché des voitures compactes américaines, dominé notamment par la Ford Falcon. Lancée pour le millésime 1962, la Chevy II répond à cette demande avec une conception simple, une architecture traditionnelle à moteur avant et propulsion, ainsi qu’une gamme comprenant plusieurs niveaux de finition. La Nova 400 représente alors l’offre la plus valorisante de cette famille.

En 1963, Chevrolet introduit l’ensemble Super Sport, identifié par le code d’option RPO Z03. Le constructeur reprend une appellation déjà popularisée par la Chevrolet Impala SS, apparue en 1961. Contrairement à ce que pourrait laisser supposer le sigle SS, la première Nova Super Sport ne bénéficie pas d’un V8 haute performance. Elle reçoit le six-cylindres en ligne Chevrolet de 194 pouces cubes, soit environ 3,2 litres, développant 120 chevaux SAE bruts.

L’intérêt de cette première version réside surtout dans sa présentation. L’ensemble Super Sport comprend notamment des sièges avant individuels, une console centrale, des éléments décoratifs spécifiques et des monogrammes SS. Les chromes et les enjoliveurs contribuent à distinguer cette compacte des Chevy II ordinaires. La Nova SS est alors proposée en coupé deux portes sans montant central et en cabriolet, deux carrosseries recherchées pour leur élégance.

Le cabriolet disparaît de la gamme Chevy II après 1963, ce qui fait de cette première année un millésime particulier. Les compilations historiques recensent environ 42 400 Nova SS produites en 1963, tandis que certaines archives de General Motors évoquent un total supérieur à 44 000 exemplaires. Cette divergence n’affecte pas le constat essentiel : la Super Sport rencontre suffisamment d’intérêt pour devenir une composante durable de la gamme compacte Chevrolet.

De 1964 à 1967 : la Nova SS adopte les moteurs V8

Le millésime 1964 marque une évolution mécanique importante avec l’arrivée d’un V8 Chevrolet 283 ci, soit environ 4,6 litres, dans la famille Chevy II. La Nova SS peut désormais associer sa présentation sportive à une motorisation huit cylindres installée en usine. Selon les configurations, le 283 développe jusqu’à 220 chevaux SAE bruts. La SS devient également une série spécifique au cours de ce millésime, plutôt qu’un simple ensemble de présentation.

En 1965, Chevrolet élargit les possibilités avec le V8 327 ci de 5,4 litres, disponible dans une configuration atteignant 300 chevaux. La Nova SS bénéficie alors d’un rapport poids-puissance particulièrement intéressant pour une voiture compacte de grande série. Son moteur longitudinal, sa transmission aux roues arrière et son essieu rigide constituent une base mécanique classique, mais efficace pour les accélérations.

La gamme Chevrolet comprend parallèlement la Chevrolet Chevelle, une automobile intermédiaire plus spacieuse, également disponible avec des motorisations V8 puissantes. La Nova SS conserve toutefois un avantage distinctif : son gabarit réduit. Elle s’adresse à une clientèle recherchant une voiture relativement abordable, facile à utiliser quotidiennement et capable d’offrir des performances élevées.

Cette diversification des sportives Chevrolet se retrouve également avec la Chevrolet Malibu SS, introduite en 1964 au sein de la gamme Chevelle. Les deux modèles partagent l’appellation Super Sport, mais répondent à des positionnements différents en matière de dimensions, d’équipement et de motorisations.

En 1966, la Chevy II reçoit une carrosserie profondément redessinée. La silhouette devient plus anguleuse, la face avant gagne en caractère et les proportions restent compactes. Certaines Nova SS peuvent recevoir un V8 327 développant jusqu’à 350 chevaux SAE bruts, une puissance remarquable pour cette catégorie. Le millésime 1967 conserve l’essentiel de cette architecture avant l’arrivée d’une nouvelle génération.

Le lancement de la Chevrolet Camaro pour 1967 modifie également l’organisation des sportives de la marque. La Camaro adopte une carrosserie de pony car, avec une silhouette plus expressive, tandis que la Nova SS conserve son identité de compacte traditionnelle. Cette différence devient particulièrement visible à partir de 1968.

1968 à 1970 : l’âge d’or des Nova SS 350 et 396

Pour le millésime 1968, Chevrolet renouvelle profondément la Chevy II Nova. La nouvelle génération utilise une carrosserie plus moderne, caractérisée par un long capot, une ligne de toit relativement basse et une silhouette deux portes à montants. La version Super Sport, identifiée par le code RPO Z26, devient l’une des déclinaisons les plus performantes de la gamme.

Le moteur de référence est le V8 350 ci, soit 5,7 litres, développant 295 chevaux SAE bruts en 1968. Il associe une cylindrée généreuse à une alimentation par carburateur quatre corps. La Nova SS peut également recevoir le V8 big-block 396 ci, proposé en configurations de 350 et 375 chevaux. Ces moteurs transforment une compacte de grande série en une automobile capable de rivaliser avec des muscle cars plus imposantes.

La version 396 de 375 chevaux, associée au code moteur L78, représente l’une des configurations les plus recherchées. Son V8 à soupapes en tête possède notamment une distribution à poussoirs mécaniques. Les versions big-block disposent d’équipements mécaniques adaptés à leur puissance, avec des transmissions et des rapports de pont sélectionnés en fonction des configurations.

En 1969, l’appellation Nova devient le nom principal du modèle, la référence Chevy II passant au second plan. La Nova SS 350 développe alors 300 chevaux SAE bruts, tandis que les deux niveaux de puissance du 396 restent proposés. Les acheteurs peuvent choisir différentes boîtes manuelles ou automatiques selon la motorisation, ainsi que des équipements comme le différentiel Positraction.

Face à la Chevrolet Camaro SS, la Nova SS conserve une philosophie plus discrète. Elle ne cherche pas à reproduire l’apparence d’une voiture de sport spécialisée. Sa carrosserie de compacte, ses surfaces relativement simples et son habitacle fonctionnel dissimulent parfois des performances particulièrement élevées. Cette combinaison explique une partie de son attrait auprès des amateurs de voitures américaines classiques.

Le millésime 1970 constitue le dernier grand chapitre des Nova SS à moteur big-block. Le moteur commercialisé sous l’appellation 396 correspond alors, dans les configurations concernées, à une cylindrée portée à 402 ci, soit environ 6,6 litres. Chevrolet conserve néanmoins la désignation commerciale 396. La version L78 reste annoncée à 375 chevaux SAE bruts.

Les données de production illustrent la relative rareté de ces versions par rapport à la Nova standard. Les compilations historiques indiquent environ 5 571 Nova SS pour 1968, 17 564 pour 1969 et 19 558 pour 1970. Ces totaux concernent les Super Sport de chaque millésime et non exclusivement les voitures équipées du moteur 396.

Fiche technique de la Chevrolet Nova Ss

CaractéristiqueDonnées techniques
ConstructeurChevrolet, General Motors
Première apparition1963
Dernier millésime SS1976
CatégorieCompacte américaine, version sportive
CarrosseriesCoupé deux portes, cabriolet en 1963
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
StructureCarrosserie autoporteuse, plateforme GM X-body
Moteur 1963Six-cylindres en ligne 194 ci, 3,2 litres
Puissance 1963120 hp SAE bruts
Couple 1963Environ 240 Nm
Moteurs V8 1964-1967283 et 327 ci, selon millésime
Puissance V8 1966Jusqu’à 350 hp SAE bruts
Moteur SS 350 1968V8 small-block 350 ci, 5,7 litres
Puissance SS 350 1968295 hp SAE bruts
Puissance SS 350 1969-1970300 hp SAE bruts
Moteur SS 396V8 big-block 396 ci, 6,5 litres
Puissances SS 396350 ou 375 hp SAE bruts
Moteur big-block 1970402 ci, environ 6,6 litres, commercialisé comme 396
AlimentationCarburateur, notamment quatre corps sur les V8 haute performance
DistributionSoupapes en tête, arbre à cames central et tiges de culbuteurs
Boîtes de vitessesManuelles trois ou quatre rapports, automatiques Powerglide ou Turbo Hydra-Matic selon version
TransmissionRoues arrière motrices, différentiel Positraction disponible
Suspension avantRoues indépendantes, ressorts hélicoïdaux
Suspension arrièreEssieu rigide, ressorts à lames
DirectionBoîtier de direction, assistance disponible selon millésime
FreinsTambours sur les premières versions, disques avant disponibles ou de série selon millésime
Pneumatiques 19636.50 × 13 sur la configuration documentée par GM
Roues SS 396 1970Jantes 14 × 7 pouces, pneus E70-14 sur la configuration de référence GM
Longueur 1963Environ 4 648 mm
Largeur 1963Environ 1 798 mm
Hauteur 1963Environ 1 372 mm pour le coupé
Empattement 19632 794 mm
Empattement 1968-19742 819 mm
Codes Super SportRPO Z03 en 1963, RPO Z26 sur plusieurs millésimes ultérieurs

1971 à 1976 : évolution et disparition de la version SS

À partir de 1971, la Chevrolet Nova SS entre dans une période de transformation. Les moteurs big-block disparaissent de son catalogue et la version sportive se recentre sur le V8 350. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de durcissement progressif des normes américaines concernant les émissions polluantes, mais aussi de modification des attentes des automobilistes.

Le changement de méthode de mesure des puissances complique les comparaisons entre les millésimes. Jusqu’au début des années 1970, les constructeurs américains utilisent principalement des valeurs SAE brutes, établies dans des conditions favorables sur banc moteur. À partir de 1972, les puissances SAE nettes reflètent davantage la configuration réelle d’installation dans le véhicule. Ainsi, le V8 350 L48 de la Nova SS 1972 est annoncé à environ 200 chevaux SAE nets, sans que cet écart avec les chiffres précédents corresponde intégralement à une diminution mécanique équivalente.

En 1973, la Super Sport évolue vers un ensemble privilégiant davantage l’apparence et certains équipements de tenue de route. La présence du sigle SS ne signifie plus nécessairement que la voiture reçoit le moteur le plus puissant de la gamme. Cette évolution accompagne également l’adoption de pare-chocs répondant aux nouvelles réglementations américaines.

La Nova SS reste disponible en 1974, dernier millésime de cette génération. Pour 1975, Chevrolet introduit une carrosserie renouvelée, aux lignes plus massives et à l’habitacle modernisé. La gamme conserve une version Super Sport, reconnaissable à ses éléments décoratifs, sa présentation spécifique et ses roues sportives.

Le millésime 1976 marque la disparition définitive de la Nova SS historique. La Nova Rally reprend ensuite une partie de son positionnement esthétique, mais ne constitue pas une continuation directe de l’appellation Super Sport. La Nova classique poursuit sa carrière jusqu’en 1979, avant l’arrivée de la Chevrolet Citation pour 1980. Cette dernière adopte une architecture à traction avant radicalement différente de celle des Nova SS traditionnelles.

Design, identification et authenticité d’une Chevrolet Nova SS

La Chevrolet Nova SS se distingue des versions ordinaires par des éléments dont la nature varie sensiblement selon les années. Sur les modèles 1963, la présentation comprend des moulures chromées, des monogrammes Super Sport, des enjoliveurs particuliers et un habitacle équipé de sièges avant individuels. La silhouette conserve les lignes rectilignes de la Chevy II, avec une calandre horizontale et deux paires de projecteurs ronds.

Les Nova SS 1966 et 1967 adoptent une carrosserie plus anguleuse, tandis que la génération 1968-1974 possède des proportions plus musclées, sans abandonner l’aspect fonctionnel d’une compacte américaine. Les modèles SS se reconnaissent notamment à leur calandre spécifique, à leurs badges et à certains équipements de roues ou de suspension. Les indications 350 et 396 permettent d’identifier visuellement certaines motorisations, mais ne constituent pas à elles seules une preuve d’origine.

L’authentification d’une Nova SS exige en effet davantage qu’un examen des emblèmes. Les voitures de cette famille ont souvent été modifiées au cours de leur existence, notamment par l’installation de moteurs V8 plus puissants, de capots spécifiques ou d’accessoires empruntés à d’autres millésimes. Une Nova standard transformée en réplique SS peut présenter une apparence très proche d’une véritable Super Sport.

Les méthodes d’identification dépendent de l’année. Sur certaines Nova SS du milieu des années 1960, les codes de série du numéro d’identification permettent de distinguer les versions spécifiques. En revanche, sur de nombreuses Nova SS produites à partir de 1968, le VIN ne suffit pas à prouver la présence d’origine de l’ensemble Super Sport. Les documents de commande, les factures, les feuilles de montage et les codes d’équipement constituent alors des éléments déterminants.

Pour les versions 396, l’examen du code moteur, des marquages de fonderie, de la transmission et des équipements associés est particulièrement important. Les variantes L78 de 375 chevaux sont recherchées pour leur mécanique haute performance, tandis que les rares configurations L89 à culasses en aluminium demandent une documentation encore plus rigoureuse. Une voiture dotée aujourd’hui d’un moteur 396 n’est pas nécessairement sortie d’usine dans cette configuration.

La rareté varie également selon les générations. Le cabriolet SS de 1963 présente un intérêt historique particulier, puisqu’il n’a été proposé que pendant ce millésime. Les coupés 396 de la fin des années 1960 attirent davantage les amateurs de muscle cars, alors que les SS de 1973 à 1976 témoignent de l’évolution du marché américain vers des modèles moins puissants mais toujours identifiables par leur présentation sportive.

Lors de l’examen d’un exemplaire ancien, l’état de la carrosserie autoporteuse mérite une attention particulière. Les planchers, les bas de caisse, les passages de roues, les points de fixation des suspensions et les zones proches du coffre peuvent présenter de la corrosion. Sur les voitures restaurées, la cohérence entre le millésime, les panneaux de carrosserie, les éléments intérieurs et les documents d’origine permet de mieux apprécier l’authenticité du véhicule.