Présentée en octobre 2014 et commercialisée à partir du millésime 2015, la Kawasaki Vulcan S est une moto de type cruiser qui renouvelle l’approche du custom de moyenne cylindrée. Plutôt que de reprendre le traditionnel moteur bicylindre en V des grandes Vulcan, Kawasaki choisit un bicylindre parallèle de 649 cm³, un châssis moderne et une ergonomie adaptable à différentes morphologies. Avec sa selle basse, sa silhouette allongée et son comportement pensé pour la route, la Vulcan S s’adresse aussi bien aux conducteurs découvrant l’univers du custom qu’aux motocyclistes expérimentés recherchant une machine accessible au quotidien.
Origines et développement de la Kawasaki Vulcan S
Au début des années 2010, Kawasaki dispose déjà d’une gamme de customs bien établie, notamment avec les Vulcan 900 et 1700. Ces motos privilégient une esthétique américaine traditionnelle, des moteurs bicylindres en V et une conduite décontractée. La marque japonaise souhaite cependant attirer une clientèle différente, intéressée par une moto basse et confortable, mais moins imposante et plus contemporaine.
La Vulcan S est officiellement annoncée le 15 octobre 2014, avant sa présentation publique à l’AIMExpo, en Floride, dès le lendemain. Elle arrive sur le marché comme modèle 2015. Son développement repose sur une idée relativement originale dans cette catégorie : associer les codes visuels du cruiser à une architecture mécanique issue des motos routières de moyenne cylindrée.
Le moteur appartient ainsi à la même famille que celui de la Kawasaki Ninja 650. Il conserve une cylindrée de 649 cm³, mais sa mise au point répond aux besoins d’une moto custom, avec une réponse progressive à l’accélérateur et une disponibilité du couple adaptée à la conduite à bas et moyens régimes. Kawasaki ne cherche pas à reproduire le caractère mécanique d’un gros bicylindre en V, mais à proposer une motorisation souple, compacte et relativement économique.
Cette base mécanique se retrouve également dans la Kawasaki Versys 650, une moto destinée à un usage trail routier. La Vulcan S s’en distingue toutefois profondément par sa géométrie, son empattement, sa hauteur de selle et la position de ses commandes. Elle constitue donc un modèle à part entière, et non une simple déclinaison esthétique d’une routière existante.
La Vulcan S s’installe durablement dans la gamme Kawasaki. Contrairement à certains modèles qui connaissent des changements de génération rapprochés, elle conserve pendant de nombreuses années sa silhouette et son architecture d’origine. Les évolutions portent principalement sur les coloris, les finitions, les équipements et les adaptations nécessaires aux normes environnementales, notamment Euro 5 sur le marché européen.
Un design de cruiser moderne et une ergonomie personnalisable
La Kawasaki Vulcan S possède une silhouette immédiatement reconnaissable. Son réservoir sculpté, sa selle creusée, son empattement allongé et ses repose-pieds avancés reprennent les proportions caractéristiques d’un cruiser. Son traitement stylistique reste néanmoins plus contemporain que celui des customs traditionnels, avec des surfaces tendues, des éléments mécaniques apparents et une partie arrière relativement épurée.
Le phare avant constitue l’un de ses signes distinctifs. Sa forme triangulaire inversée rompt avec le grand phare circulaire habituellement associé aux motos custom. Le moteur bicylindre parallèle, le radiateur frontal et l’échappement compact placé sous le bloc renforcent également cette identité particulière. Les jantes en alliage à cinq doubles branches complètent une présentation davantage inspirée des motos routières modernes que des cruisers américains classiques.
La hauteur de selle de 705 mm joue un rôle essentiel dans le positionnement du modèle. Elle permet à de nombreux conducteurs de poser facilement les pieds au sol, même si l’accessibilité réelle dépend également de la longueur des jambes et de la largeur de la selle. Le centre de gravité relativement bas contribue à rendre les manœuvres rassurantes, malgré un poids qui reste conséquent pour une moto de moyenne cylindrée.
La principale innovation ergonomique de la Vulcan S est le système ERGO-FIT. Kawasaki prévoit plusieurs possibilités d’adaptation de la position de conduite, notamment grâce à des repose-pieds réglables sur trois positions. Selon les équipements et accessoires disponibles, la selle et le guidon peuvent également être adaptés à la morphologie du conducteur.
Les repose-pieds peuvent être installés dans leur position standard ou déplacés de 25 mm vers l’avant ou vers l’arrière. Les leviers réglables participent à cette recherche d’accessibilité. L’objectif est de limiter les compromis habituellement imposés par les cruisers, dont la position très allongée ne convient pas nécessairement à toutes les tailles.
Cette ergonomie distingue la Vulcan S de la Kawasaki Z650, un roadster de moyenne cylindrée qui partage la même famille de moteurs, mais privilégie une position plus droite, des repose-pieds davantage reculés et une conduite plus dynamique. La Vulcan S conserve une position typiquement cruiser, avec les jambes projetées vers l’avant et les bras relativement ouverts.
Le tableau de bord associe un compte-tours analogique à un affichage numérique. Cette instrumentation permet de conserver une lecture mécanique du régime moteur tout en affichant les informations utiles à la conduite. Sur les versions récentes, elle comprend notamment un indicateur de rapport engagé.
Fiche technique de la Kawasaki Vulcan S
| Caractéristique | Kawasaki Vulcan S, spécifications françaises récentes |
|---|---|
| Constructeur | Kawasaki |
| Catégorie | Custom, cruiser de moyenne cylindrée |
| Présentation | Octobre 2014 |
| Premier millésime | 2015 |
| Moteur | Bicylindre parallèle, 4 temps |
| Cylindrée | 649 cm³ |
| Refroidissement | Liquide |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 8 soupapes |
| Alésage x course | 83 x 60 mm |
| Rapport volumétrique | 10,8:1 |
| Alimentation | Injection électronique, corps de 38 mm |
| Puissance maximale | 44,7 kW, environ 61 ch à 7 500 tr/min |
| Couple maximal | 62,4 Nm à 6 600 tr/min |
| Version permis A2 | 35 kW, environ 47,5 ch |
| Démarrage | Électrique |
| Lubrification | Forcée, carter semi-sec |
| Implantation moteur | Transversale |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 6 rapports |
| Embrayage | Multidisque en bain d’huile |
| Transmission finale | Par chaîne |
| Réduction primaire | 2,095 |
| Réduction secondaire | 3,067 |
| Cadre | Tubulaire en acier, type diamond |
| Suspension avant | Fourche télescopique de 41 mm |
| Débattement avant | 130 mm |
| Suspension arrière | Monoamortisseur déporté avec biellettes |
| Réglage arrière | Précharge sur 7 positions |
| Débattement arrière | 80 mm |
| Frein avant | Disque de 300 mm, étrier à 2 pistons |
| Frein arrière | Disque de 250 mm, étrier à 1 piston |
| ABS | De série sur les versions françaises récentes |
| Pneu avant | 120/70 R18 M/C 59H |
| Pneu arrière | 160/60 R17 M/C 69H |
| Jantes | Alliage d’aluminium, 18 pouces avant et 17 pouces arrière |
| Longueur | 2 310 mm |
| Largeur | 880 mm |
| Hauteur | 1 100 mm |
| Empattement | 1 575 mm |
| Hauteur de selle | 705 mm |
| Garde au sol | 130 mm |
| Angle de chasse | 31° |
| Chasse | 120 mm |
| Angle de braquage | 35° de chaque côté |
| Poids tous pleins faits | 229 kg |
| Poids à sec estimé | 215 kg |
| Réservoir | 14 litres |
| Consommation homologuée | 4,5 l/100 km |
| Consommation version A2 | 4,4 l/100 km |
| Émissions de CO2 | 104 g/km, 102 g/km en version A2 |
| Autonomie théorique | Environ 311 km sur la base de la consommation homologuée |
| Réglage ergonomique | Système ERGO-FIT, repose-pieds sur trois positions |
Moteur, comportement routier et confort
Le bicylindre parallèle constitue l’une des principales particularités techniques de la Vulcan S. Sa conception compacte permet de réduire l’encombrement mécanique tout en offrant une réponse régulière à l’accélération. Contrairement à un gros moteur custom conçu pour délivrer un couple très élevé dès les plus bas régimes, ce bloc conserve une certaine vivacité lorsqu’il monte dans les tours.
La boîte à six rapports permet d’exploiter cette polyvalence. Les premiers rapports conviennent aux déplacements urbains et aux accélérations à vitesse modérée, tandis que les rapports supérieurs facilitent la conduite sur route. La transmission finale par chaîne représente un choix inhabituel pour un cruiser traditionnel, mais cohérent avec les origines mécaniques du modèle. Elle demande un nettoyage, une lubrification et des contrôles de tension réguliers.
La géométrie du châssis privilégie la stabilité. L’empattement long et l’angle de chasse important contribuent à un comportement progressif, particulièrement adapté aux grandes courbes et à une conduite détendue. En contrepartie, la Vulcan S n’offre pas la même vivacité de direction qu’un roadster compact. Son gabarit doit également être pris en compte dans les manœuvres serrées et les déplacements à très basse vitesse.
La suspension avant utilise une fourche télescopique conventionnelle, tandis que l’arrière reçoit un monoamortisseur disposé latéralement. Cette implantation permet de préserver la ligne basse de la moto. Le débattement arrière limité à 80 mm constitue toutefois une contrainte sur les chaussées irrégulières, particulièrement lorsque la moto transporte un passager ou des bagages.
Le freinage repose sur un disque à l’avant et un autre à l’arrière. Cette configuration correspond à la vocation routière du modèle, sans rechercher l’équipement d’une moto sportive. Sur les versions françaises récentes, l’ABS apporte une sécurité supplémentaire lors des freinages appuyés ou sur revêtement peu adhérent. L’état des pneumatiques reste particulièrement important pour conserver un comportement équilibré.
Sur les longs trajets, la position de conduite peut convenir aux motocyclistes appréciant les jambes avancées et une assise basse. Elle présente néanmoins une limite : le conducteur dispose de moins de possibilités pour se soulever sur les repose-pieds lorsqu’il traverse une portion de route dégradée. Le confort dépend donc sensiblement de la morphologie, du réglage ERGO-FIT et de la qualité du revêtement.
La Vulcan S standard offre peu de protection aérodynamique. À vitesse soutenue, le conducteur reste directement exposé au vent. Un pare-brise peut améliorer la situation, mais son efficacité dépend de sa hauteur et de la position du pilote. La capacité du réservoir autorise des déplacements routiers relativement longs, tandis que l’autonomie réelle varie avec la vitesse, la charge et les conditions de circulation.
Versions, équipements et évolutions de la gamme
Depuis son lancement, la Kawasaki Vulcan S a été proposée sous plusieurs présentations commerciales. La version standard constitue la base de la gamme, avec son moteur de 649 cm³, sa silhouette caractéristique et son équipement essentiel. Selon les marchés, Kawasaki a également distingué les versions équipées de l’ABS par une appellation spécifique.
La Vulcan S Special Edition, souvent désignée SE, se caractérise principalement par des combinaisons de couleurs et des finitions particulières. Ces différences esthétiques ne doivent pas être interprétées comme l’apparition d’une nouvelle génération mécanique. Les équipements précis varient suivant les pays et les millésimes.
La Vulcan S Café adopte une présentation légèrement plus sportive, notamment grâce à une petite bulle au-dessus du phare et à des décorations spécifiques. Elle conserve cependant l’architecture générale de la Vulcan S. Il ne s’agit ni d’une véritable moto de compétition ni d’une transformation radicale de son châssis.
Sur certains marchés européens, Kawasaki propose également des packs d’accessoires. La finition Performance peut notamment comprendre une bulle fumée et un échappement Arrow homologué, tandis que la configuration Tourer privilégie les déplacements avec des équipements tels que des sacoches, un pare-brise plus haut et un dossier passager. Leur composition exacte dépend du catalogue et de l’année.
Les évolutions réglementaires constituent une autre étape de la carrière du modèle. L’adaptation aux normes Euro 5 permet sa poursuite sur le marché européen sans transformation majeure de son architecture. Les valeurs de puissance et de couple publiées ne sont pas strictement identiques d’un millésime à l’autre : certaines documentations indiquent notamment 63 Nm, contre 62,4 Nm pour les versions françaises récentes.
La disponibilité d’une version limitée à 35 kW représente un argument important pour les titulaires du permis A2. Le bridage doit toutefois correspondre à une configuration homologuée, avec les documents administratifs appropriés. Une moto d’occasion annoncée comme compatible A2 ne doit pas être considérée comme légalement bridée sur la seule déclaration du vendeur.
Prix, utilisation quotidienne et achat d’occasion
La Kawasaki Vulcan S occupe une position intermédiaire entre les petites motos accessibles et les customs de forte cylindrée. Son prix neuf a évolué au fil des millésimes et des équipements. En France, la version standard était notamment affichée à 8 199 euros pour le millésime 2025, tandis que les tarifs de certaines configurations 2026 débutaient autour de 8 299 euros. Les accessoires, les finitions spéciales et les frais de mise à la route peuvent modifier le montant final.
Sur le marché de l’occasion, les premières Vulcan S commercialisées en 2015 côtoient des exemplaires récents dont les équipements et l’homologation diffèrent. Le kilométrage ne suffit donc pas à apprécier une moto. L’historique d’entretien, l’utilisation antérieure, la présence de modifications et la cohérence des documents administratifs jouent également un rôle déterminant.
Le moteur de 649 cm³ bénéficie d’une architecture largement utilisée par Kawasaki, mais sa longévité dépend naturellement de son entretien. Lors de l’examen d’un exemplaire, il est utile de vérifier les démarrages à froid, la régularité du fonctionnement, l’absence de fuites et la réalisation des opérations prévues dans le carnet d’entretien. Les contrôles du jeu aux soupapes doivent notamment être effectués selon les échéances applicables au millésime concerné.
La transmission secondaire mérite une attention particulière. Une chaîne insuffisamment entretenue peut présenter des points durs, une usure irrégulière ou une tension incorrecte. L’état du pignon de sortie de boîte et de la couronne doit être examiné avec celui de la chaîne, car ces éléments fonctionnent ensemble et sont généralement remplacés sous forme de kit.
Les suspensions et le freinage constituent d’autres points de contrôle. Une fuite au niveau des joints de fourche, un amortisseur fatigué, des disques fortement usés ou des pneumatiques anciens peuvent entraîner des dépenses supplémentaires. Sur une moto basse, il convient également d’inspecter les éléments exposés aux frottements, notamment sous le moteur et autour de l’échappement.
Le système ERGO-FIT impose de vérifier la position des commandes lorsqu’une moto a été adaptée à son précédent propriétaire. Un réglage approprié à un conducteur de grande taille peut se révéler inconfortable pour une personne plus petite. La présence des pièces nécessaires à une éventuelle modification doit être confirmée, car tous les éléments ergonomiques ne sont pas interchangeables sans accessoires spécifiques.
Les exemplaires équipés d’un échappement adaptable, de clignotants modifiés ou d’un support de plaque différent doivent être examinés sous l’angle de leur conformité routière. Pour une version bridée A2, la puissance inscrite sur le certificat d’immatriculation doit correspondre à la configuration réelle de la moto. Enfin, la consultation des campagnes de rappel applicables au numéro de série permet de vérifier que les interventions éventuellement prescrites par Kawasaki ont bien été réalisées.
