Présentée en 2010, la Pagani Zonda Tricolore est une série spéciale créée pour célébrer le 50e anniversaire des Frecce Tricolori, la patrouille acrobatique de l’armée de l’air italienne. Produite à seulement trois exemplaires, elle associe la mécanique des Zonda les plus évoluées de son époque à une présentation directement inspirée des avions Aermacchi MB-339 A/PAN utilisés par la formation italienne.
La Tricolore apparaît à un moment particulier de l’histoire de la Pagani Zonda. Plus de dix ans après les débuts du modèle, Pagani continue de faire évoluer sa première supercar par petites séries toujours plus exclusives. La Tricolore appartient à cette phase de maturité, avec une monocoque carbo-titane, un V12 AMG atmosphérique de 7,3 litres et une boîte séquentielle à six rapports.
Une Zonda créée pour les Frecce Tricolori
La raison d’être de la Zonda Tricolore se trouve dans son nom. En 2010, les Frecce Tricolori célèbrent cinquante ans d’existence. Pagani rend hommage à cette institution italienne en développant une Zonda dont les couleurs et plusieurs détails évoquent directement l’univers aéronautique. Une Tricolore est notamment présente à Rivolto lors des célébrations du cinquantenaire de la patrouille en septembre 2010.
Cette relation avec l’aviation ne se limite pas à l’application de trois couleurs nationales. La carrosserie en fibre de carbone visible reçoit une finition bleue translucide rappelant la livrée du MB-339 A/PAN. Des bandes vertes, blanches et rouges parcourent la voiture, tandis qu’un élément vertical placé derrière l’habitacle renforce la référence visuelle à l’empennage d’un avion.
La Tricolore est parfois décrite dans les publications de 2010 comme un modèle unique. Cette information correspond aux premières annonces entourant sa présentation, mais Pagani a depuis établi clairement la production totale à trois exemplaires. Ce chiffre en fait l’une des variantes officielles les plus rares de la Zonda.
Une base technique issue de la Zonda Cinque
Sous sa décoration particulière, la Tricolore est étroitement apparentée à la Pagani Zonda Cinque. Elle en reprend notamment la structure monocoque en carbo-titane, matériau associant les qualités de la fibre de carbone et du titane dans une architecture destinée à offrir rigidité et légèreté. Le poids à sec annoncé par Pagani reste ainsi contenu à 1 210 kg.
Le moteur est le V12 atmosphérique Mercedes-Benz AMG de 7,3 litres installé longitudinalement en position centrale arrière. Pagani a publié deux présentations légèrement différentes de sa puissance: sa documentation historique mentionne 678 CV à 6 150 tr/min, tandis que sa fiche consacrée à la Tricolore indique 670 hp. Le couple maximal annoncé est de 780 Nm à 4 000 tr/min. L’essentiel reste la philosophie mécanique: un moteur atmosphérique de forte cylindrée, sans suralimentation, associé à une masse particulièrement faible.
La transmission aux roues arrière passe par une boîte séquentielle CIMA à six rapports, robotisée par Automac Engineering. Cette solution correspond à l’évolution de la Zonda vers des changements de rapports plus rapides que ceux des premières versions à boîte manuelle. Bosch Engineering intervient sur la gestion électronique, l’ABS et le contrôle de traction.
Cette sophistication marque le chemin parcouru depuis la Pagani Zonda F, qui avait déjà poussé très loin le concept initial de la Zonda. À la même période, la Zonda R explore une voie encore plus radicale destinée au circuit, alors que la Tricolore conserve une vocation routière malgré des performances et une aérodynamique extrêmes.
Fiche technique de la Pagani Zonda Tricolore
| Caractéristique | Pagani Zonda Tricolore |
|---|---|
| Année | 2010 |
| Carrosserie | Coupé 2 places |
| Architecture | Moteur central arrière longitudinal, propulsion |
| Moteur | V12 atmosphérique Mercedes-Benz AMG |
| Cylindrée | 7,3 litres |
| Puissance | 678 CV à 6 150 tr/min dans la documentation historique Pagani, 670 hp sur la fiche constructeur dédiée |
| Couple maximal | 780 Nm à 4 000 tr/min |
| Boîte de vitesses | CIMA séquentielle robotisée à 6 rapports |
| Structure | Monocoque en carbo-titane |
| Suspensions | Composants en magnésium et titane |
| Freins avant | Brembo carbone-céramique ventilés, 380 x 34 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Brembo carbone-céramique ventilés, 380 x 34 mm, étriers 4 pistons |
| Jantes avant | APP forgées aluminium-magnésium, 9 x 19 pouces |
| Jantes arrière | APP forgées aluminium-magnésium, 12,5 x 20 pouces |
| Pneus avant | Pirelli P Zero 255/35 R19 |
| Pneus arrière | Pirelli P Zero 335/30 R20 |
| Poids à sec | 1 210 kg |
| Répartition des masses | 47 % avant, 53 % arrière |
| 0 à 100 km/h | 3,4 s |
| 0 à 200 km/h | 9,6 s |
| Freinage 100 à 0 km/h | 2,1 s |
| Freinage 200 à 0 km/h | 4,3 s |
| Accélération latérale maximale annoncée | 1,45 g avec pneus routiers |
| Déportance annoncée | 750 kg à 300 km/h |
| Production | 3 exemplaires |
Aérodynamique et performances
La Tricolore ne se distingue pas seulement par son rapport poids-puissance. Son développement aérodynamique comprend un avant fortement travaillé, un fond plat, un extracteur arrière et un imposant aileron. Pagani annonce jusqu’à 750 kg de déportance à 300 km/h, valeur qui illustre le niveau d’appui recherché sur une automobile pourtant homologuée pour la route.
Les performances officielles sont à l’avenant, avec 3,4 secondes pour atteindre 100 km/h et 9,6 secondes pour atteindre 200 km/h. Pagani revendique également une accélération latérale maximale de 1,45 g avec des pneus routiers. La marque ne donne pas de vitesse maximale dans sa fiche officielle actuelle consacrée au modèle, ce qui rend préférable de ne pas reprendre comme certitude les valeurs proches de 350 km/h fréquemment publiées ailleurs.
Le freinage est confié à Brembo avec quatre disques carbone-céramique de 380 mm. Les étriers monobloc comportent six pistons à l’avant et quatre à l’arrière. Pagani annonce un passage de 100 à 0 km/h en 2,1 secondes. Les roues forgées APP en alliage aluminium-magnésium participent elles aussi à la recherche de réduction des masses non suspendues.
L’échappement constitue un autre exemple de cette obsession pour les matériaux. Il combine Inconel et titane avec un revêtement céramique, dans une configuration adaptée aux températures élevées du V12. Cette approche rapproche la Tricolore des développements les plus poussés de la Zonda de la période, même si la Pagani Zonda R demeure la branche spécifiquement orientée vers le circuit.
Comment reconnaître une Zonda Tricolore
La finition extérieure constitue le moyen le plus évident d’identifier la version. Le carbone apparent prend une teinte bleutée grâce à sa couche transparente, alors que les bandes aux couleurs du drapeau italien établissent immédiatement le lien avec les Frecce Tricolori. Les jantes à finition dorée, les éléments aérodynamiques très développés et les détails inspirés du MB-339 complètent cette identité.
Les feux à LED participent également à la signature de cette série spéciale. La silhouette reste cependant celle d’une Zonda tardive, avec son habitacle très avancé, son pare-brise panoramique, ses rétroviseurs placés au sommet de longues branches et son arrière dominé par les quatre sorties d’échappement centrales, l’une des caractéristiques visuelles les plus reconnaissables de la création d’Horacio Pagani.
Il ne faut pas confondre la Zonda Tricolore avec la Huayra Tricolore dévoilée dix ans plus tard. Cette dernière célèbre le 60e anniversaire des Frecce Tricolori et repose sur une génération entièrement différente. La Zonda de 2010 reste donc la première Pagani portant officiellement cette appellation commémorative.
Trois exemplaires au terme d’une époque
La production limitée à trois voitures donne à la Tricolore une place singulière, y compris dans l’univers des Pagani produites en petites séries. Lors de son apparition, la presse évoquait un tarif d’environ 1,3 million d’euros hors taxes, mais aucun tarif définitif uniforme des trois exemplaires n’est établi par la documentation constructeur disponible.
La Tricolore arrive surtout à la charnière de deux générations. La Zonda est alors devenue une plateforme permettant à Pagani de réaliser des séries extrêmement spécialisées, tandis que la Pagani Huayra doit prendre le relais comme nouveau modèle de série au début des années 2010. Le lancement de la Huayra ne met pourtant pas immédiatement fin aux créations basées sur la Zonda.
Pagani continuera en effet à exploiter cette architecture pour des commandes et séries extrêmement exclusives. La Pagani Zonda 760 illustrera cette prolongation avec des évolutions encore plus puissantes et fortement personnalisées. Plusieurs années plus tard, la Zonda HP Barchetta montrera à son tour jusqu’où Pagani pouvait encore transformer une base apparue à la fin des années 1990.
La Tricolore appartient ainsi à une période très précise de cette longue histoire: celle où les solutions développées sur la Cinque et les Zonda les plus performantes rencontrent un programme commémoratif entièrement consacré aux Frecce Tricolori. Sa production de trois unités, sa carrosserie en carbone bleuté et ses références au MB-339 A/PAN permettent de l’identifier sans la réduire à une simple déclinaison esthétique de la Cinque.




