Commercialisée de 1996 à 2003, la Citroën Saxo est une citadine polyvalente française développée par PSA Peugeot Citroën. Proposée en carrosserie trois ou cinq portes, elle succède progressivement à l’AX et partage sa base technique avec la Peugeot 106. Sa gamme s’étend des petites motorisations essence économiques à la sportive VTS de 120 ch, sans oublier le diesel 1.5 D et une version électrique.
Avec ses dimensions compactes, sa mécanique simple et son poids contenu, la Saxo répond aux besoins des automobilistes urbains tout en conservant une réelle polyvalence. Elle se distingue également par son engagement en compétition, notamment grâce à la Saxo Super 1600 qui accompagne les débuts internationaux de Sébastien Loeb.
Histoire de la Citroën Saxo : de 1996 à 2003
Au milieu des années 1990, Citroën doit renouveler son offre de petites voitures. La Citroën AX, lancée en 1986, conserve des qualités de légèreté et d’économie, mais sa conception commence à dater. Le constructeur développe alors une nouvelle citadine en exploitant les synergies industrielles du groupe PSA. La Saxo reprend ainsi l’architecture de la Peugeot 106, dont elle partage de nombreux éléments mécaniques et structurels.
La Saxo est lancée en février 1996, avec une commercialisation annoncée à partir du 29 février. Elle est présentée au public au Salon de Genève en mars. Les premières versions mettent en avant des motorisations essence de petite cylindrée et une carrosserie compacte, adaptée à la circulation urbaine. La gamme s’élargit rapidement avec une carrosserie cinq portes, des moteurs plus puissants, un diesel et des déclinaisons sportives.
La conception générale du modèle est attribuée à Donato Coco. Citroën confie également à Gilles Vidal le développement d’éléments de carrosserie spécifiques à la VTS, notamment ses élargisseurs d’ailes, ses bas de caisse et ses boucliers. Ces modifications permettent de différencier visuellement les versions sportives des Saxo ordinaires.
La Saxo connaît plusieurs évolutions au cours de sa carrière. Une première série de modifications intervient dès 1997, touchant notamment la présentation et l’organisation de la gamme. Le changement esthétique le plus important arrive en 1999, avec une face avant redessinée, de nouveaux projecteurs et un capot plus arrondi. Certains passionnés distinguent trois phases, tandis que d’autres retiennent deux grandes présentations extérieures. Il s’agit dans tous les cas d’une seule génération automobile.
La fabrication est notamment assurée à Aulnay-sous-Bois, en France, et à Mangualde, au Portugal. La carrière du modèle s’achève en 2003. La première Citroën C3, arrivée en 2002, reprend progressivement son rôle de citadine polyvalente cinq portes. La Citroën C2, lancée en 2003, occupe quant à elle le créneau des petites trois portes, notamment sportives.
Design, carrosserie et évolutions esthétiques
La Citroën Saxo adopte une silhouette bicorps classique, avec un capot court, un hayon arrière et des proportions adaptées à la ville. Sa carrosserie trois ou cinq portes permet de répondre à des usages différents, sans modifier fondamentalement son architecture. L’habitacle accueille jusqu’à cinq occupants et privilégie une présentation fonctionnelle.
Les premières Saxo se reconnaissent à leurs projecteurs relativement rectangulaires aux angles arrondis, leur calandre discrète et leurs boucliers simples. Les protections latérales en plastique et les feux arrière verticaux participent à une présentation sobre, caractéristique des citadines françaises des années 1990.
Le restylage de 1999 modifie sensiblement l’identité visuelle du modèle. Les nouveaux projecteurs adoptent une forme plus effilée, tandis que le capot devient plus bombé. La calandre redessinée met davantage en valeur les chevrons Citroën. Ces changements modernisent la voiture sans modifier sa silhouette générale ni sa base technique.
Les versions sportives reçoivent une présentation plus affirmée. Les élargisseurs d’ailes, les bas de caisse, les boucliers spécifiques et certaines jantes permettent de les identifier. Les équipements et les détails de finition varient toutefois selon les années et les marchés.
Malgré sa parenté technique avec la Peugeot 106, la Saxo possède sa propre carrosserie et son identité commerciale. Elle ne doit pas non plus être confondue avec l’AX, dont elle reprend progressivement la place dans la gamme sans en conserver la structure.
Fiche technique de la Citroën Saxo
| Caractéristique | Citroën Saxo |
|---|---|
| Constructeur | Citroën, groupe PSA Peugeot Citroën |
| Années de commercialisation | 1996 à 2003 |
| Segment | Citadine polyvalente, segment B |
| Carrosserie | Berline bicorps, 3 ou 5 portes |
| Nombre de places | 5 selon version et homologation |
| Structure | Caisse autoporteuse en acier |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Moteurs essence | 4 cylindres en ligne, famille PSA TU, injection |
| 1.0i | 954 cm³, 45 à 50 ch selon version |
| 1.1i | 1 124 cm³, 54 à 60 ch selon version |
| 1.4i | 1 360 cm³, 75 ch |
| 1.6i 8 soupapes | 1 587 cm³, 90 à environ 100 ch selon version |
| 1.6i 16V | 1 587 cm³, 120 ch à 6 600 tr/min |
| Couple du 1.6i 16V | Environ 145 Nm à 5 200 tr/min |
| Moteur diesel | 1.5 D TUD5, 1 527 cm³, injection indirecte |
| Puissance diesel | 55 à 58 ch selon version |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports ; automatique à 3 rapports sur certaines versions |
| Suspension avant | Roues indépendantes, jambes de force MacPherson, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Bras tirés, barres de torsion transversales et amortisseurs |
| Direction | À crémaillère, assistance selon version |
| Freins avant | Disques |
| Freins arrière | Tambours ou disques selon version |
| ABS | Selon finition, équipement et millésime |
| Pneumatiques | Notamment 155/70 R13, 165/70 R13 et 185/55 R14 selon version |
| Longueur | Environ 3,72 à 3,74 m |
| Largeur hors rétroviseurs | Environ 1,60 à 1,62 m |
| Hauteur | Environ 1,36 à 1,39 m |
| Empattement | 2 385 mm |
| Voie avant | Environ 1 380 à 1 400 mm selon version |
| Voie arrière | Environ 1 310 mm |
| Poids à vide | Environ 805 à 935 kg pour les principales versions thermiques documentées |
| Poids de la VTS 16V | 935 kg |
| Vitesse maximale | Environ 149 à 205 km/h selon motorisation |
| 0 à 100 km/h de la VTS 16V | Environ 8,2 à 8,7 secondes selon les données et protocoles |
| Consommation mixte normalisée | Environ 5,3 à 8,1 l/100 km pour les principales versions thermiques |
| Réservoir | 45 litres sur les versions thermiques courantes |
| Volume du coffre | Environ 220 litres |
Motorisations et versions de la Saxo
La gamme Saxo couvre des besoins très différents. Les moteurs 1.0i et 1.1i constituent les propositions les plus accessibles, adaptées principalement aux trajets quotidiens. Le 1.4i de 75 ch apporte davantage de polyvalence, tandis que les moteurs 1.6 offrent des performances supérieures. Le diesel 1.5 D répond aux automobilistes recherchant une consommation contenue et une mécanique dépourvue de turbocompresseur.
La nomenclature des versions sportives demande une attention particulière. Les appellations VTR et VTS ont été associées à différentes motorisations selon les périodes et les marchés. Une Saxo portant un badge VTS n’est donc pas nécessairement équipée du moteur 1.6 16 soupapes de 120 ch.
La Citroën Saxo VTS 16V constitue la déclinaison routière la plus puissante de la gamme. Son moteur TU5J4 à double arbre à cames en tête et seize soupapes lui permet d’atteindre environ 205 km/h. Avec son poids contenu, ses réglages de suspension spécifiques et ses freins adaptés, elle propose une conduite sensiblement différente de celle des versions d’entrée de gamme.
Citroën commercialise également des Saxo à boîte automatique, des versions utilitaires Société ou Entreprise et plusieurs séries spéciales. Les équipements de confort, la direction assistée, la climatisation ou l’ABS dépendent de la finition et du millésime.
Une Saxo électrique est aussi proposée à partir de 1997. Elle utilise un moteur électrique Leroy-Somer et des batteries nickel-cadmium, avec une vitesse maximale généralement annoncée autour de 90 km/h. Cette version appartient aux premières expériences de commercialisation de voitures électriques de série chez Citroën. La marque poursuivra cette offre avec d’autres modèles, notamment la Citroën C-Zero, qui ne constitue toutefois pas une descendante technique directe de la Saxo électrique.
Comportement routier, sécurité et entretien
Le comportement de la Saxo repose sur une architecture simple : des jambes de force MacPherson à l’avant et un train arrière à bras tirés avec barres de torsion. L’ensemble permet de conserver un poids réduit et des dimensions compactes. Les versions sportives bénéficient de réglages spécifiques qui renforcent leur caractère dynamique.
Le train arrière constitue un point important lors de l’achat d’un exemplaire ancien. L’usure de ses roulements et de ses axes peut provoquer un jeu anormal ou une inclinaison visible des roues arrière. Une inspection de cette zone est donc particulièrement utile, tout comme le contrôle de la corrosion, des fixations de suspension et de l’état général de la caisse.
La mécanique des versions thermiques reste relativement accessible, mais l’entretien doit être adapté au moteur. L’historique de remplacement de la courroie de distribution, du circuit de refroidissement, de l’embrayage et des éléments de freinage mérite une attention particulière. Sur une sportive, il convient également de vérifier les modifications éventuelles du moteur, des trains roulants et de la transmission.
La sécurité passive reflète la conception de la voiture dans les années 1990. En 2000, Euro NCAP teste une Saxo 1.1 SX trois portes, à conduite à gauche. Elle obtient deux étoiles pour la protection des occupants adultes. Le rapport relève notamment une déformation importante de l’habitacle lors du choc frontal et des risques de blessures aux jambes. Ce résultat correspond au protocole de l’époque et à la configuration précise du véhicule testé.
La Citroën Saxo en compétition
La carrière sportive de la Saxo dépasse largement celle de ses versions routières. Citroën Sport utilise le modèle dans plusieurs formules de promotion et disciplines, notamment le rallye, le circuit, le rallycross et les épreuves sur glace. Ces compétitions permettent à de jeunes pilotes de progresser au volant de voitures relativement compactes.
La Saxo Kit-Car puis la Super 1600 sont développées pour répondre à des réglementations sportives spécifiques. Elles ne doivent pas être assimilées à des VTS de série : leurs moteurs, transmissions, suspensions et carrosseries reçoivent des modifications adaptées à la compétition.
La Saxo Super 1600 occupe une place particulière dans l’histoire de Citroën Sport. En 2001, Sébastien Loeb et Daniel Elena remportent le Championnat du monde des rallyes Junior à son volant. Daniel Solà décroche à son tour le titre mondial Junior en 2002 avec Citroën.
Ces résultats illustrent le rôle de la Saxo dans la formation de pilotes et le développement du programme sportif de la marque. Plusieurs pilotes français, dont Patrick Henry et Yoann Bonato, ont également évolué dans les compétitions associées au modèle.
Production, prix et marché de la collection
La production totale de la Citroën Saxo est couramment estimée à environ 1,76 million d’exemplaires. Le chiffre de 1 764 555 voitures est fréquemment repris dans les historiques du modèle, sans qu’un bilan industriel primaire accessible permette d’en confirmer précisément le périmètre. La Saxo reste néanmoins une voiture produite en grande série, contrairement à certaines de ses déclinaisons sportives ou électriques.
À son lancement en février 1996, la presse française annonce une gamme comprise entre 60 800 et 85 000 francs. Cette fourchette concerne les premières versions commercialisées et non les sportives ou les variantes apparues ultérieurement.
Sur le marché de la collection, les Saxo VTS 16V d’origine présentent un intérêt particulier. Leur état, leur authenticité et leur historique mécanique sont déterminants. Les exemplaires modifiés pour la compétition ou transformés esthétiquement doivent être distingués des voitures conservant leur configuration d’usine.
Pour identifier correctement une Saxo, le numéro VIN, le type constructeur, le code moteur et les documents d’origine sont plus fiables que les seuls badges extérieurs. Cette vérification est particulièrement importante pour différencier une VTS 16V authentique d’une version moins puissante ayant reçu des éléments de carrosserie sportifs.




