Opel Agila

Opel Agila

Lancée en 2000, l’Opel Agila apporte une réponse originale au problème de la petite voiture urbaine. Avec seulement 3,50 m de long mais une carrosserie culminant à environ 1,66 m, elle cherche moins à reproduire les proportions d’une citadine classique qu’à exploiter au maximum son faible encombrement. Cinq portes, une position de conduite relativement haute et un habitacle vertical en font l’un des représentants les plus caractéristiques de la vague des petits monospaces du début des années 2000.

Cette première Agila ne doit pas être confondue avec la génération apparue en 2008. Étroitement apparentée au Suzuki Wagon R+, elle est produite en Pologne et reçoit notamment des motorisations Opel. Sa silhouette presque cubique, inhabituelle dans la gamme de la marque, traduit directement sa priorité : proposer beaucoup d’espace dans une voiture plus courte qu’une Opel Corsa.

Une petite Opel née de la coopération avec Suzuki

La genèse de l’Agila est liée aux relations industrielles entre General Motors et Suzuki. Les deux groupes travaillent sur une petite voiture haute adaptée aux marchés européens, alors que Suzuki possède déjà une solide expérience de ce type d’architecture avec le Wagon R. Opel peut ainsi investir rapidement un créneau encore peu développé chez les constructeurs européens, sans concevoir seul un véhicule entièrement nouveau.

La production commence en février 2000 dans l’usine de Gliwice, en Pologne. L’Agila est présentée au public au Salon de Genève au mois de mars, avant sa commercialisation au printemps sur plusieurs marchés européens. En France, elle apparaît en mai 2000. Elle occupe alors une position singulière : ses dimensions extérieures relèvent d’une très petite citadine, mais son organisation intérieure évoque davantage un monospace miniature.

Cette formule précède l’arrivée chez Opel de véhicules familiaux compacts reposant davantage sur la modularité. Le Opel Meriva, lancé quelques années plus tard dans une catégorie supérieure, illustre à une autre échelle cette recherche d’une habitabilité importante sans recourir aux dimensions d’un grand monospace.

Une architecture conçue autour de l’espace

L’Agila se reconnaît immédiatement à ses proportions. Le capot est court, le pavillon très haut et le hayon presque vertical. La surface vitrée généreuse et les flancs droits participent à cette impression de petite boîte sur roues. Ce dessin n’est pas seulement stylistique : la hauteur disponible permet d’installer les occupants dans une position relativement verticale et de libérer de l’espace intérieur malgré un empattement de 2,36 m.

La parenté avec le Suzuki Wagon R+ est évidente dans la structure générale et les proportions, mais l’Opel reçoit sa propre identité visuelle, notamment à l’avant. Les différences concernent également les motorisations et certains réglages. Selon les marchés, le Suzuki pouvait notamment proposer des configurations de transmission qui ne faisaient pas partie de l’offre européenne de l’Agila.

La première version possède une particularité aujourd’hui facile à oublier : l’Agila est initialement proposée comme une quatre-places. Une nouvelle banquette arrière permettant d’accueillir trois passagers apparaît ensuite, portant la capacité à cinq occupants sur les versions concernées. Cette évolution explique pourquoi les fiches techniques de la première génération ne donnent pas toujours le même nombre de places.

Des moteurs essence Opel puis un diesel CDTI

Au lancement, la gamme repose sur deux moteurs essence atmosphériques ECOTEC. L’entrée de gamme reçoit un trois cylindres 1.0 12 soupapes de 973 cm3 développant 58 ch. Au-dessus, le quatre cylindres 1.2 16 soupapes de 1 199 cm3 atteint 75 ch. Dans les deux cas, la puissance est transmise aux roues avant par une boîte manuelle à cinq rapports.

Ces mécaniques correspondent à la vocation de l’Agila : déplacements urbains, trajets quotidiens et polyvalence plutôt que performances. Avec moins d’une tonne pour certaines versions, la voiture conserve un gabarit et une masse contenus, même si les valeurs exactes varient sensiblement avec le moteur, la finition et la méthode de mesure.

Le restylage intervenu en 2003 s’accompagne d’une évolution de l’offre mécanique. Le 1.0 Twinport de 998 cm3 développe environ 60 ch et le 1.2 Twinport de 1 229 cm3 atteint 80 ch. Un 1.3 CDTI de 1 248 cm3 et 70 ch rejoint également la gamme. Ce quatre cylindres turbodiesel à injection directe common rail élargit l’utilisation possible de l’Agila à une époque où le diesel occupe une place importante sur le marché européen.

Fiche technique de l’Opel Agila

CaractéristiqueOpel Agila A
Production2000 à 2007 pour la fabrication à Gliwice
Carrosserie5 portes, citadine haute / minispace
ArchitectureMoteur avant transversal, traction avant
Moteur 1.0 initial3 cylindres essence, 973 cm3, 12 soupapes, injection multipoint
Puissance 1.0 initial58 ch à environ 5 600 tr/min
Couple 1.0 initial85 Nm à environ 3 800 tr/min
Moteur 1.2 initial4 cylindres essence, 1 199 cm3, 16 soupapes
Puissance 1.2 initial75 ch
Couple 1.2 initialenviron 110 Nm
Moteur 1.0 Twinport3 cylindres essence, 998 cm3, environ 60 ch
Moteur 1.2 Twinport4 cylindres essence, 1 229 cm3, 80 ch
Moteur 1.3 CDTI4 cylindres turbodiesel common rail, 1 248 cm3, 70 ch, environ 170 Nm
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports
Suspension avantType MacPherson
Suspension arrièreEssieu semi-rigide avec ressorts hélicoïdaux
DirectionÀ crémaillère assistée
FreinsDisques avant, tambours arrière
Longueur3 500 mm
Largeur1 620 mm
Hauteurenviron 1 660 mm selon version et méthode de mesure
Empattement2 360 mm
Voie avantenviron 1 420 mm
Voie arrièreenviron 1 380 à 1 390 mm
Poids à videenviron 940 à 1 007 kg selon moteur, finition et norme
Pneumatiquesnotamment 155/55 R14 ou 155/65 R14 selon version
Vitesse maximale 1.0 58 chenviron 142 à 150 km/h selon source et version
0 à 100 km/h 1.0 58 chenviron 17,3 à 18 s
Vitesse maximale 1.2 75 chenviron 155 km/h
0 à 100 km/h 1.2 75 chenviron 13 à 13,5 s
Consommation mixte 1.0 initialenviron 6,0 à 6,4 l/100 km selon version
Consommation mixte 1.2 initialenviron 6,0 à 6,5 l/100 km selon version
Réservoir41 litres sur les versions françaises documentées
Places4 à l’origine, puis 5 sur les versions équipées de la nouvelle banquette

Le restylage et la carrière industrielle

Les changements introduits en 2003 ne bouleversent pas la formule. La carrosserie conserve ses proportions caractéristiques, tandis que la face avant et certains détails de finition évoluent. La calandre remaniée, notamment, permet de distinguer les exemplaires les plus récents. Opel fait surtout évoluer les moteurs et les niveaux d’équipement afin de maintenir le modèle dans un marché des petites voitures devenu plus concurrentiel.

La production polonaise atteint une échelle significative pour un modèle de niche. Les données industrielles disponibles situent le total à environ 433 000 Opel Agila fabriquées à Gliwice entre février 2000 et avril 2007. L’immense majorité est destinée à l’exportation. L’usine assemble également un nombre beaucoup plus réduit de Suzuki Wagon R+ apparentés.

Le 18 avril 2007 marque la fin de cette production à Gliwice. La présence de l’Agila dans certaines bases automobiles au-delà de cette date s’explique par les millésimes et les périodes de commercialisation, qui ne coïncident pas nécessairement avec les dates de fabrication. Il est donc plus précis de retenir 2000-2007 pour la production industrielle de cette première génération.

De l’Agila A à une seconde génération très différente

Opel conserve le nom Agila mais change sensiblement de formule pour la génération suivante. Lancée en 2008, l’Opel Agila 2 est cette fois apparentée au Suzuki Splash. Elle est plus longue, moins haute et nettement plus arrondie. La différence visuelle est suffisamment importante pour que les données techniques des deux générations ne puissent pas être mélangées, malgré leur nom commun.

Cette seconde génération accompagne une transformation plus large de la gamme des petites Opel. L’Opel Adam apparaît ensuite avec une orientation plus personnalisable et plus stylistique, sans être pour autant un successeur direct de l’Agila. Lorsque cette dernière disparaît, Opel revient à une petite citadine aux proportions plus conventionnelles avec l’Opel Karl.

Une conception fonctionnelle jusque dans les détails

La première Agila reste surtout identifiable par la cohérence entre son dessin et son usage. Ses cinq portes évitent les compromis d’accès souvent associés aux petites citadines, tandis que sa hauteur compense en partie une longueur inférieure à celle de nombreuses voitures du segment. Le dessin très vertical du pavillon et de l’arrière permet également d’exploiter une part importante du volume extérieur pour l’habitacle.

Cette recherche d’espace explique aussi pourquoi les chiffres de coffre peuvent sembler contradictoires d’une documentation à l’autre. Les mesures varient avec la position de la banquette et la méthode retenue : la documentation de lancement mentionne notamment 248 litres selon la norme VDA dans la configuration de base, tandis que des valeurs nettement supérieures correspondent aux sièges rabattus et à l’utilisation d’un volume de chargement beaucoup plus important.

L’Agila ne cherche donc ni l’allure sportive ni la sophistication d’une citadine haut de gamme. Sa personnalité découle directement de contraintes pratiques : une empreinte au sol réduite, une carrosserie facile d’accès et un espace intérieur exploité en hauteur. C’est cette silhouette presque cubique, associée aux optiques hautes, aux grandes surfaces vitrées et au hayon vertical, qui permet aujourd’hui d’identifier immédiatement la première génération face à l’Agila apparue en 2008.

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