Lancée en 1962, la MG MGB remplace la MG Mga avec une évolution technique majeure pour la marque britannique. Là où sa devancière reposait encore sur un châssis séparé, la nouvelle sportive adopte une structure monocoque en acier. Elle conserve pourtant les principes fondamentaux du roadster MG: deux places, moteur longitudinal à l’avant, propulsion et mécanique relativement simple. Produite jusqu’en 1980, elle devient l’un des modèles les plus emblématiques de l’histoire de MG.
De la MGA à une sportive plus moderne
Le développement de la MGB commence à la fin des années 1950 sous la direction technique de Syd Enever. Don Hayter joue un rôle central dans le dessin de sa carrosserie. Le projet doit moderniser la voiture de sport MG sans abandonner une formule qui a largement contribué au succès de la marque, notamment sur les marchés d’exportation.
La monocoque constitue le changement essentiel. Elle permet d’obtenir une caisse plus rigide et de mieux exploiter l’espace disponible. La MGB reçoit également des vitres de portes descendantes, un équipement appréciable face à la conception plus rudimentaire de nombreux roadsters britanniques antérieurs. Son style reste volontairement sobre, avec un long capot, des phares ronds placés aux extrémités des ailes et une calandre verticale chromée.
La première MGB de série est achevée le 22 mai 1962 à Abingdon, tandis que le lancement public intervient quelques mois plus tard. MG ne cherche pas une rupture spectaculaire: la voiture conserve une mécanique issue de la famille B-Series de BMC et une architecture conventionnelle. Cette combinaison d’une carrosserie moderne et d’organes éprouvés contribue à rendre le modèle relativement accessible à entretenir.
Un quatre cylindres 1,8 litre et une propulsion classique
La MGB est animée par un quatre cylindres B-Series de 1 798 cm3 à soupapes en tête, alimenté dans sa configuration britannique classique par deux carburateurs SU. Les premières voitures utilisent un vilebrequin à trois paliers. MG adopte ensuite une version à cinq paliers en 1964, évolution importante pour la robustesse et l’agrément du moteur.
La transmission aux roues arrière passe par une boîte manuelle à quatre rapports. Sur les premières MGB, le premier rapport n’est pas synchronisé. L’évolution Mk II apporte notamment une boîte entièrement synchronisée. Un overdrive Laycock est proposé suivant les périodes et les marchés, permettant de réduire le régime moteur sur les rapports supérieurs lors des trajets rapides.
Le reste de la conception privilégie également des solutions connues. Le train avant est indépendant, tandis que l’arrière conserve un essieu rigide guidé par des ressorts à lames semi-elliptiques. La direction à crémaillère n’est pas assistée. Le freinage associe des disques à l’avant et des tambours à l’arrière. Avec un poids voisin de 900 kg sur les premières versions, la MGB n’a pas besoin d’une puissance très élevée pour offrir les performances attendues d’un petit roadster sportif des années 1960.
Fiche technique de la MG MGB
| Caractéristique | MG MGB 1.8 |
|---|---|
| Période de production | 1962 à 1980 |
| Carrosserie | Roadster 2 portes, 2 places |
| Structure | Monocoque en acier |
| Moteur | BMC B-Series, 4 cylindres en ligne, 8 soupapes |
| Cylindrée | 1 798 cm3 |
| Alésage x course | 80,26 x 88,90 mm |
| Alimentation | Deux carburateurs SU sur les versions britanniques classiques |
| Puissance de la version initiale | Environ 95 ch SAE à 5 400 tr/min |
| Couple | Environ 149 Nm à 3 000 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 4 rapports, overdrive disponible suivant version et période |
| Suspension avant | Indépendante, triangles et ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide et ressorts à lames semi-elliptiques |
| Direction | À crémaillère |
| Freins | Disques avant, tambours arrière |
| Roues | 14 pouces |
| Longueur | Environ 3,89 m selon version |
| Largeur | Environ 1,52 m |
| Hauteur | Environ 1,22 m sur les premières versions |
| Empattement | Environ 2,31 m |
| Poids | Environ 870 à 920 kg selon version et méthode de mesure |
| Vitesse maximale | Environ 170 km/h pour une version 1.8 classique |
| 0 à 100 km/h | Environ 11 à 12 s selon version et mesure |
De la Mk I aux versions à pare-chocs en caoutchouc
Les dix-huit années de carrière de la MGB imposent de ne pas considérer toutes les voitures comme techniquement identiques. Après le passage du moteur de trois à cinq paliers, la Mk II introduit à partir de 1967 plusieurs modifications, dont la boîte entièrement synchronisée. Les évolutions suivantes touchent régulièrement la présentation, les équipements, l’électricité et certains organes mécaniques.
En 1965, la gamme s’élargit avec la MG Mgb GT. Cette version fermée adopte une carrosserie 2+2 à hayon dont le pavillon est associé au travail de Pininfarina. Elle partage l’essentiel de sa base avec le roadster mais possède une silhouette et un usage suffisamment différents pour constituer une déclinaison à part entière.
La famille accueille également la MG Mgc, commercialisée à la fin des années 1960. Son six cylindres de 2,9 litres impose des modifications techniques importantes, notamment au niveau du train avant, et la distingue clairement de la MGB quatre cylindres. Dans les années 1970 apparaît aussi la MGB GT V8 à moteur Rover 3,5 litres, exclusivement proposée avec la carrosserie fermée de la GT.
Le changement visuel le plus évident survient au milieu des années 1970. Pour répondre notamment aux exigences américaines en matière de sécurité, les fins pare-chocs chromés cèdent la place à de volumineux éléments noirs absorbants, couramment appelés rubber bumpers. La hauteur de caisse augmente également. Les normes antipollution américaines entraînent parallèlement des évolutions du moteur et une diminution sensible de la puissance sur certaines versions destinées aux Etats-Unis.
Une carrière internationale et sportive
La MGB est étroitement associée à l’usine d’Abingdon, mais sa diffusion dépasse largement le Royaume-Uni. Les Etats-Unis constituent un marché essentiel pendant sa carrière, ce qui explique l’influence croissante de la réglementation américaine sur ses équipements et sa mécanique. Des voitures sont également assemblées en Australie à partir de composants expédiés du Royaume-Uni.
Les chiffres de production publiés varient en fonction du périmètre retenu, certaines statistiques regroupant le roadster, la GT et parfois les dérivés MGC et V8. Le total souvent cité d’environ 524 000 voitures concerne ainsi une famille plus large que le seul roadster MGB. Cette distinction est importante pour éviter d’attribuer à la version ouverte la totalité de la production associée au nom MGB.
La voiture possède aussi un véritable passé en compétition. Des MGB sont engagées aux 24 Heures du Mans, au Rallye Monte-Carlo, à la Targa Florio, à Spa et dans plusieurs grandes épreuves d’endurance européennes. Une MGB termine notamment douzième au classement général des 24 Heures du Mans 1963 et première de sa classe. La voiture obtient ensuite d’autres résultats de catégorie et d’endurance au milieu des années 1960, démontrant les possibilités d’une architecture qui reste pourtant très proche de celle du modèle de série.
Une silhouette simple qui traverse dix-huit années
Malgré ses nombreuses évolutions, la MGB conserve jusqu’à la fin de sa carrière ses proportions fondamentales. Son long capot légèrement bombé, ses ailes avant marquées, ses phares circulaires et son habitacle reculé donnent une lecture immédiate de son architecture à moteur avant. Sur les premières voitures, la calandre et les pare-chocs chromés renforcent l’aspect léger du dessin. Les versions tardives à pare-chocs noirs apparaissent sensiblement plus massives sans modifier la structure générale de la carrosserie.
Cette continuité explique aussi la nécessité de distinguer une MGB de ses dérivés lorsqu’on examine un exemplaire. La GT possède son pavillon fixe et son hayon, la MGC peut notamment être reconnue à son capot spécifique, tandis que la GT V8 reste une version fermée. Une MGB roadster standard conserve pour sa part le quatre cylindres B-Series et la capote repliable qui définissent le modèle depuis 1962.
Après l’arrêt de la MGB
La production s’achève à Abingdon en octobre 1980, sans remplacement immédiat par un nouveau roadster MG. La formule réapparaît sous une forme particulière avec la MG Rv8 au début des années 1990. Cette voiture reprend une base structurelle dérivée de la MGB mais reçoit une carrosserie profondément remaniée, un habitacle modernisé et un V8 Rover de 3,9 litres.
Le véritable retour de MG à un roadster produit à grande échelle intervient en 1995 avec la MG Mgf. La filiation est alors davantage historique que technique: moteur central arrière, suspensions différentes et conception contemporaine rompent avec l’architecture classique de la MGB. Cette lignée se poursuit ensuite avec la MG Tf, qui conserve le principe du roadster biplace à moteur central.
Plus de soixante ans après le lancement de la MGB, le MG Cyberster réintroduit encore une fois le roadster dans la gamme de la marque, cette fois avec une propulsion entièrement électrique. Entre ces deux voitures, la technologie n’a pratiquement plus rien de commun, mais la présence d’une sportive découvrable biplace rappelle une catégorie à laquelle la MGB a durablement associé le nom MG.




