Apparue au Japon en 1990, la Nissan Pulsar GTI-R est la déclinaison la plus radicale de la quatrième génération de Nissan Pulsar. Derrière sa carrosserie compacte à trois portes se trouvent un quatre cylindres 2,0 litres turbo de 230 ch, une transmission intégrale ATTESA et un développement directement lié à l’homologation en Groupe A. Identifiée par le code RNN14, elle constitue l’une des Nissan sportives les plus singulières du début des années 1990.
Une Pulsar N14 développée pour le Groupe A
La Pulsar GTI-R naît dans un contexte où le règlement Groupe A impose aux constructeurs engagés en rallye de partir d’un modèle produit en série. Nissan choisit la nouvelle Pulsar N14 comme base d’une compacte capable de recevoir un moteur turbocompressé puissant et une transmission à quatre roues motrices. La version GTI-R accompagne ainsi le lancement de la génération N14 au Japon en août 1990.
Le résultat s’éloigne nettement d’une simple finition sportive. Nissan adapte la coque à la transmission intégrale, installe le SR20DET transversalement à l’avant et développe des trains roulants spécifiques. La voiture de série sert de base à l’homologation Groupe A A-5427, effective à partir du 1er mars 1991. Elle répond donc à une logique comparable à celle de plusieurs sportives à transmission intégrale créées à cette époque pour rapprocher voiture de route et compétition.
Cette origine explique aussi pourquoi la GTI-R concentre autant de solutions techniques dans une automobile de moins de quatre mètres. Son empattement de 2,43 m et sa carrosserie compacte contrastent avec la puissance disponible et la présence d’une transmission intégrale. Avec 230 ch pour environ 1,2 tonne selon la configuration, elle se situe très loin des Pulsar ordinaires.
SR20DET turbo et transmission intégrale ATTESA
Le moteur est l’un des éléments déterminants du modèle. Le SR20DET est un quatre cylindres en ligne de 1 998 cm3, doté d’une culasse à double arbre à cames et quatre soupapes par cylindre, d’une injection électronique, d’un turbocompresseur et d’un intercooler. Dans la Pulsar GTI-R japonaise, Nissan annonce 169 kW, soit 230 PS, à 6 400 tr/min, ainsi qu’un couple maximal de 284 Nm à 4 800 tr/min.
Le SR20 appartient à une famille de moteurs largement employée par Nissan durant cette période. On la retrouve sous des formes atmosphériques dans des modèles tels que la Nissan Primera P10, tandis que des déclinaisons turbocompressées SR20DET équipent également certaines sportives de la marque. La configuration de la GTI-R reste toutefois spécifique, notamment par son implantation transversale et par les contraintes liées à sa transmission intégrale.
L’intercooler placé au-dessus du moteur impose une circulation d’air particulière. Nissan aménage donc une très grande ouverture sur le capot, devenue l’un des signes distinctifs de la voiture. Cette implantation compacte répond efficacement aux contraintes d’encombrement, même si elle différencie fortement la GTI-R d’autres Nissan à moteur SR20DET et architecture longitudinale, comme certaines versions de la Nissan 200SX.
La boîte manuelle comporte cinq rapports et transmet la puissance aux quatre roues par le système ATTESA. Cette technologie inscrit la GTI-R dans la période où Nissan développe fortement les transmissions intégrales performantes. La Nissan Skyline GT-R contemporaine exploite elle aussi une transmission de la famille ATTESA, mais dans une architecture mécanique très différente, avec moteur longitudinal et six cylindres.
Fiche technique de la Nissan Pulsar Gti-r
| Caractéristique | Nissan Pulsar GTI-R RNN14 |
|---|---|
| Lancement | 1990 |
| Production | 1990 à 1994 |
| Code | RNN14 |
| Carrosserie | Compacte 3 portes à hayon |
| Places | 5 |
| Moteur | SR20DET, 4 cylindres en ligne turbo |
| Cylindrée | 1 998 cm3 |
| Distribution | Double arbre à cames, 4 soupapes par cylindre |
| Suralimentation | Turbocompresseur et intercooler |
| Puissance | 169 kW, 230 PS à 6 400 tr/min |
| Couple | 284 Nm à 4 800 tr/min |
| Implantation | Moteur avant transversal |
| Transmission | Intégrale ATTESA |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports |
| Suspension avant | Jambes de force |
| Suspension arrière | Indépendante de type parallel-link strut |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Freins arrière | Disques |
| Pneus | 195/55 R14 82V |
| Longueur | 3 975 mm |
| Largeur | 1 690 mm |
| Hauteur | 1 400 mm |
| Empattement | 2 430 mm |
| Voie avant | 1 440 mm |
| Voie arrière | 1 415 mm |
| Poids | 1 220 kg pour l’exemplaire routier 1990 documenté par Nissan, avec variations selon version et année |
Un style dicté par la mécanique
Visuellement, la GTI-R ne cherche guère la discrétion. La grande ouverture surélevée du capot domine la face avant et alimente l’intercooler. Des ouvertures supplémentaires participent à la gestion thermique du compartiment moteur. À l’arrière, un imposant becquet placé au sommet du hayon complète une silhouette courte et haute caractéristique des compactes japonaises de cette période.
Ces attributs permettent de distinguer rapidement une GTI-R d’une Pulsar N14 classique. Le bouclier avant est également plus ouvert et l’ensemble reçoit une présentation adaptée à sa vocation sportive. La transformation demeure cependant étroitement liée à la carrosserie de série : Nissan n’a pas créé un coupé spécifique, mais une véritable version haute performance de sa compacte.
Les dimensions modestes participent à son identité. Avec 3,975 m de long et 1,69 m de large, la Pulsar GTI-R concentre sa mécanique dans un gabarit particulièrement réduit. Cette combinaison explique en partie son caractère inhabituel : elle possède les éléments techniques attendus d’une voiture d’homologation, sans abandonner l’architecture pratique d’une compacte à hayon.
Pulsar GTI-R et Sunny GTI-R, deux appellations à distinguer
La nomenclature est une source fréquente de confusion. Au Japon, la voiture qui nous intéresse appartient à la gamme Pulsar et porte le nom Pulsar GTI-R. Sur certains marchés d’exportation, notamment européens, Nissan utilise au contraire l’appellation Nissan Sunny GTI-R. Les deux automobiles sont très proches et partagent leur architecture essentielle, mais leurs appellations commerciales et certaines spécifications de marché ne doivent pas être fusionnées systématiquement.
Cette différence s’inscrit dans une organisation internationale de gamme où le nom Nissan Sunny était beaucoup plus familier aux automobilistes européens. Elle a surtout une conséquence lorsqu’il est question de rareté. Les données de production reconstituées à partir des informations Nissan FAST font état de 13 842 Pulsar GTI-R, auxquelles s’ajoutent 771 Sunny GTI-R d’exportation, soit 14 613 GTI-R si les deux appellations sont regroupées.
La production de la Pulsar GTI-R se poursuit jusqu’en 1994. Plusieurs configurations existent au cours de sa carrière, dont des versions japonaises plus dépouillées destinées à offrir une base mieux adaptée à la préparation. Leur masse peut ainsi différer du chiffre de 1 220 kg associé à l’exemplaire routier de 1990 conservé par Nissan, certaines configurations étant annoncées autour de 1 190 kg.
La Nissan Pulsar GTI-R en rallye
La compétition constitue la raison d’être du programme. Une fois l’homologation Groupe A obtenue en mars 1991, Nissan engage la Pulsar GTI-R au plus haut niveau international. La version de rallye conserve le principe du quatre cylindres turbo et de la transmission intégrale, mais sa préparation porte la puissance aux environs de 300 ch. Les dimensions des voies, les roues, les suspensions et de nombreux équipements diffèrent également de ceux de la voiture routière.
La campagne mondiale se déroule principalement en 1991 et 1992. Malgré le potentiel de sa mécanique et son format compact, la GTI-R ne parvient pas à s’imposer comme Nissan l’espérait face aux références du Groupe A. Son meilleur résultat en championnat du monde est une troisième place au Rallye de Suède 1992. Nissan met fin à ce programme WRC après deux saisons.
La voiture connaît aussi une carrière en Groupe N, catégorie beaucoup plus proche de la série, où sa combinaison moteur turbo et transmission intégrale trouve un terrain particulièrement favorable. Cette activité sportive explique aujourd’hui l’existence de nombreuses GTI-R transformées ou préparées et rend les exemplaires demeurés proches de leur configuration d’origine particulièrement intéressants pour documenter fidèlement le modèle.
Nissan conserve par ailleurs plusieurs voitures liées à son programme compétition. Parmi elles figure une Pulsar GTI-R engagée au RAC Rally 1992 avec Stig Blomqvist et Benny Melander. Ces exemplaires permettent surtout de rappeler la distinction essentielle entre la GTI-R routière de 230 ch et les Groupe A d’environ 300 ch : spectaculairement proches d’apparence, elles répondent à des spécifications mécaniques et réglementaires différentes.




