Nissan Figaro

Nissan Figaro

Une petite série née des Pike Cars de Nissan

Présentée sous forme de prototype au Tokyo Motor Show de 1989, la Nissan Figaro est commercialisée au Japon en 1991. Elle constitue le quatrième et dernier modèle de la famille des Pike Cars, une série de Nissan à la personnalité très marquée qui comprend également la Be-1, la Pao et la S-Cargo. Contrairement à une production classique destinée à rester plusieurs années au catalogue, la Figaro est conçue dès l’origine comme une automobile de petite série à forte identité stylistique.

Son style néo-rétro s’inspire des petites automobiles européennes des années 1950 et 1960, mais sa conception reste résolument japonaise. La carrosserie à deux portes adopte un profil compact, des phares ronds, de nombreux éléments chromés et un toit souple rétractable. L’ensemble cherche davantage à évoquer un certain art de vivre qu’à proposer une interprétation sportive de la petite voiture citadine.

La Figaro est basée techniquement sur la première génération de Nissan Micra K10, dont elle reprend l’architecture générale. Cette parenté ne signifie toutefois pas qu’il s’agit d’une simple variante de carrosserie de la Micra. La Figaro possède sa propre carrosserie, son aménagement intérieur et son positionnement, et porte le code de modèle FK10.

Du prototype de 1989 à la production en 1991

Le prototype Figaro apparaît en 1989 avec le slogan « Back to the Future », dans le cadre d’une démarche Nissan qui privilégie alors les automobiles originales destinées à une clientèle attirée par le style. Le projet est développé autour de la plateforme de la March, appellation japonaise de la Micra. La production est ensuite confiée à Takada Kogyo, au Japon, afin de permettre une fabrication adaptée aux volumes limités du modèle.

La commercialisation débute le 14 février 1991. Face à une demande supérieure au volume initialement prévu, Nissan utilise un système de loterie pour attribuer les premières voitures. La production est organisée en plusieurs lots et s’étend jusqu’en décembre 1991. Nissan communique officiellement sur une production limitée à 20 000 exemplaires, tandis que les données issues des séries de châssis permettent d’aboutir à un total de 20 073 voitures.

La Figaro ne connaît qu’une seule génération et aucune déclinaison mécanique comparable à une gamme traditionnelle. Les quatre couleurs d’origine constituent les principales variations proposées par Nissan : Emerald Green, Pale Aqua, Lapis Grey et Topaz Mist. Le constructeur les associe respectivement aux quatre saisons, renforçant le positionnement lifestyle du modèle.

Le dessin est issu d’une équipe de conception Nissan plutôt que du travail isolé d’un seul styliste. Naoki Sakai et Shoji Takahashi ont participé aux propositions initiales, tandis que l’équipe finalement chargée du projet de série était dirigée par Jun Shimizu, avec notamment Yoshiro Kobata. Cette organisation explique la difficulté à attribuer la Figaro à un designer unique sans simplifier excessivement son histoire.

Un style néo-rétro particulièrement travaillé

La carrosserie de la Figaro est l’un de ses principaux éléments distinctifs. Les proportions restent celles d’une petite automobile urbaine, mais les surfaces et les détails sont volontairement traités dans un registre rétro. Les ailes arrondies, les phares circulaires cerclés de chrome, la petite calandre et les pare-chocs métalliques donnent à l’avant une apparence très différente de celle d’une Micra contemporaine.

Le toit constitue une autre particularité majeure. La Figaro conserve des montants latéraux fixes tout en disposant d’un toit souple rétractable. Cette solution lui donne l’apparence d’un petit cabriolet sans adopter la structure d’un cabriolet classique. L’intérieur reprend la même philosophie, avec une présentation claire et rétro, une sellerie en cuir et un équipement particulièrement complet pour une petite automobile du début des années 1990.

La comparaison avec les autres Pike Cars permet de mieux comprendre son positionnement. La Nissan Be-1 inaugure la démarche avec une petite carrosserie aux références rétro. La Nissan Pao poursuit cette approche avec une présentation plus utilitaire et aventureuse. La S-Cargo l’applique ensuite à un petit véhicule commercial. La Figaro reprend cette philosophie mais la transforme en automobile de loisirs plus sophistiquée et découvrable.

La production se décline autour des quatre teintes pastel officielles, sans véritable gamme de versions mécaniques. Cette limitation contribue aujourd’hui à faciliter l’identification d’une Figaro d’origine, même si de nombreux exemplaires importés ont pu recevoir des modifications ou des changements de couleur au cours de leur existence.

Un petit moteur turbo associé à une boîte automatique

Sous sa carrosserie originale, la Figaro conserve une architecture très proche de celle de la March. Son moteur MA10ET est un quatre cylindres en ligne essence de 987 cm3 équipé d’un turbocompresseur et d’une injection électronique. Il développe 76 PS à 6 000 tr/min et 105,9 Nm à 4 400 tr/min. Cette puissance relativement élevée pour une petite cylindrée est obtenue grâce à la suralimentation.

Le moteur est installé transversalement à l’avant et entraîne les roues avant. Il est associé exclusivement à une boîte automatique à trois rapports. Ce choix correspond au positionnement de la Figaro : malgré son poids contenu et son petit moteur turbo, elle n’est pas conçue comme une citadine sportive à boîte manuelle.

La structure technique reprend donc une base éprouvée de la gamme Nissan, mais son adaptation à la Figaro va bien au-delà d’un simple changement de carrosserie. Les suspensions associent des éléments de type McPherson à l’avant et un système arrière à quatre bras. Le freinage repose sur des disques ventilés à l’avant et des tambours à l’arrière, sans ABS.

Fiche technique de la Nissan Figaro

CaractéristiqueDonnée
ModèleNissan Figaro FK10
Année1991
Carrosserie2 portes, 2+2, toit souple rétractable
MoteurNissan MA10ET, 4 cylindres en ligne essence
Cylindrée987 cm3
AlimentationInjection électronique ECCS
SuralimentationTurbocompresseur
Alésage x course68 x 68 mm
Rapport volumétrique8,0:1
Puissance maximale76 PS, soit 55,9 kW, à 6 000 tr/min
Couple maximal105,9 Nm à 4 400 tr/min
ImplantationMoteur transversal avant
TransmissionTraction avant
Boîte de vitessesAutomatique à 3 rapports
Rapport de 1re2,826
Rapport de 2e1,543
Rapport de 3e1,000
Rapport de marche arrière2,364
Pont final3,737
Suspension avantType McPherson
Suspension arrièreQuatre bras
DirectionCrémaillère à assistance hydraulique
Freins avantDisques ventilés
Freins arrièreTambours
ABSNon disponible
Pneumatiques165/70 R12 77H
Longueur3 740 mm
Largeur1 630 mm
Hauteur1 365 mm
Empattement2 300 mm
Voie avant1 350 mm
Voie arrière1 335 mm
Poids à vide810 kg
Vitesse maximaleEnviron 160 km/h selon la documentation Nissan
Réservoir40 litres
Consommation documentée7,4 l/100 km en cycle 10-15
Rayon de braquage4,7 m entre trottoirs

Une automobile légère et richement équipée

Avec seulement 810 kg à vide, la Figaro conserve un rapport poids-puissance cohérent avec sa vocation de petite automobile agile. Nissan annonce une vitesse maximale estimée à environ 160 km/h. Des chiffres secondaires de 170 km/h ou d’accélération de 0 à 100 km/h en 12,9 secondes apparaissent dans certaines documentations spécialisées, mais ils ne doivent pas être présentés au même niveau que la donnée de vitesse maximale fournie par Nissan.

La consommation officielle disponible dans la documentation technique est de 7,4 l/100 km selon le cycle japonais 10-15, avec une valeur de 4,1 l/100 km à 60 km/h stabilisés. Ces chiffres appartiennent aux méthodes de mesure de l’époque et ne sont pas directement comparables aux cycles européens modernes.

L’équipement contribue fortement au caractère inhabituel de la voiture. La Figaro reçoit notamment une direction assistée, des vitres électriques, une sellerie en cuir et une climatisation. Elle dispose également d’un système audio adapté à son époque. Pour une petite voiture de moins de quatre mètres et de moins de 1 000 kg, ce niveau de présentation participe à son positionnement plus proche d’une petite automobile de loisir que d’une simple citadine économique.

Une production limitée qui nourrit aujourd’hui son intérêt

La production totale de 20 073 exemplaires reste faible à l’échelle d’un constructeur généraliste. Les quatre couleurs ne sont d’ailleurs pas représentées de manière équivalente. Le Lapis Grey constitue la teinte la plus produite, devant l’Emerald Green, le Pale Aqua et le Topaz Mist. Les données détaillées issues des séries de châssis permettent de distinguer les volumes de chaque couleur, tandis que Nissan retient plus simplement le chiffre arrondi de 20 000 voitures.

Les numéros de châssis constituent un élément important pour l’identification d’un exemplaire. La série utilise la référence FK10 et les relevés spécialisés permettent notamment de situer les numéros de production entre FK10-000051 et FK10-020123. Ces informations sont particulièrement utiles pour les véhicules de collection, où l’état d’origine et la cohérence entre les éléments de la voiture et son historique peuvent avoir une influence importante sur la valeur.

Le prix neuf japonais était fixé à 1 870 000 yens au lancement, selon la documentation tarifaire de février 1991. La Figaro étant destinée initialement au marché japonais, les exemplaires rencontrés en Europe sont issus de l’importation. Son statut de modèle de petite série, son esthétique très reconnaissable et sa production limitée expliquent son intérêt particulier sur le marché des automobiles japonaises de collection.

Une Figaro à distinguer des autres petites Nissan

La proximité technique avec la Micra K10 et la March peut conduire à considérer la Figaro comme une simple dérivée. Son identité est pourtant beaucoup plus spécifique. Le code FK10, la carrosserie particulière, le toit découvrable, l’intérieur dédié, le moteur turbo et l’équipement enrichi en font un modèle distinct, même si ses fondations mécaniques proviennent de la même famille.

La Nissan March permet de comprendre cette filiation sur le marché japonais, tandis que la Micra K10 correspond à l’appellation internationale de la petite Nissan. La Figaro reprend donc une architecture compacte éprouvée sans devenir une nouvelle génération de Micra. Cette distinction est essentielle pour identifier correctement le modèle dans les catalogues et les documents historiques.

La voiture ne possède par ailleurs aucun palmarès sportif notable ni programme officiel de compétition comparable aux Nissan sportives de la même période. Sa singularité repose ailleurs : elle associe une mécanique conventionnelle et légère à une carrosserie néo-rétro, un toit découvrable et un niveau d’équipement inhabituellement riche. C’est précisément cette combinaison qui permet à la Figaro de conserver une identité propre au sein de la production Nissan du début des années 1990.