MINI Roadster

MINI Roadster

La MINI Roadster est un petit roadster sportif à deux places commercialisé par MINI de 2012 à 2015. Identifiée par le code interne R59, elle se distingue par sa capote en toile, son pare-brise incliné, sa silhouette basse et son coffre indépendant. Contrairement aux cabriolets traditionnels de la marque, elle abandonne les places arrière pour privilégier une carrosserie compacte et une conduite orientée vers le plaisir. Produite au Royaume-Uni, elle constitue la première MINI découvrable strictement biplace de l’ère BMW.

Disponible en quatre motorisations essence et diesel, de 122 à 211 ch, la MINI Roadster associe une architecture à traction avant à une présentation inspirée des petits roadsters britanniques. Sa carrière relativement courte, limitée à une seule génération, en fait aujourd’hui un modèle particulier dans l’histoire de la marque.

Origines et développement de la MINI Roadster R59

Le projet MINI Roadster prend forme à la fin des années 2000, alors que BMW Group cherche à diversifier la gamme MINI au-delà de la berline trois portes. La marque développe plusieurs carrosseries originales tout en conservant les caractéristiques qui ont fait son succès : dimensions contenues, style immédiatement reconnaissable et comportement routier dynamique.

En septembre 2009, MINI présente au Salon de Francfort deux études de style complémentaires : la MINI Coupé Concept et la MINI Roadster Concept. Cette dernière propose une interprétation moderne du roadster britannique traditionnel, avec deux sièges, une capote textile, un pare-brise bas et une poupe courte. Les deux prototypes suscitent suffisamment d’intérêt pour que BMW confirme leur industrialisation quelques semaines plus tard.

Le développement repose sur l’architecture de la MINI Cooper de deuxième génération. Les ingénieurs conservent notamment l’implantation transversale du moteur, la traction avant et les principes de suspension de la gamme existante. La transformation en roadster nécessite toutefois une structure renforcée pour compenser l’absence de toit rigide et préserver la rigidité de la carrosserie.

La MINI Roadster partage une grande partie de ses composants avec la MINI Coupé R58, présentée en 2011. Les deux modèles sont des sportives biplaces étroitement apparentées, mais leurs silhouettes diffèrent nettement. Le Coupé possède un pavillon fixe caractéristique, tandis que le Roadster adopte une capote repliable derrière les sièges et une partie arrière adaptée à cette configuration.

La version définitive est dévoilée à l’automne 2011, avant son arrivée sur le marché en 2012. Elle devient alors le sixième modèle de la gamme MINI moderne. Sa fabrication est assurée à l’usine d’Oxford, au Royaume-Uni, site historique de production des petites voitures britanniques et centre industriel majeur de MINI.

Cette période correspond à une stratégie de multiplication des silhouettes, illustrée également par le MINI Paceman, un crossover trois portes lancé en 2013. Ce dernier ne possède aucun lien direct de carrosserie avec le Roadster, mais témoigne de la volonté de MINI d’explorer des segments spécialisés au début des années 2010.

Design extérieur et habitacle : un véritable roadster biplace

La MINI Roadster conserve les codes stylistiques de la marque, notamment ses projecteurs arrondis, sa calandre caractéristique et ses porte-à-faux réduits. Sa carrosserie présente néanmoins des proportions inhabituelles pour une MINI, avec un pare-brise fortement incliné, une ligne de toit très basse lorsque la capote est fermée et un arrière relativement allongé.

La différence avec la MINI Cooper Cabriolet est fondamentale. Cette dernière dispose de quatre places et conserve une silhouette proche de la berline, tandis que la Roadster est exclusivement biplace. Son habitacle plus court permet de dégager une malle arrière spécifique, sans banquette ni toit souple occupant une grande partie du coffre.

La capote textile constitue l’un des éléments distinctifs du modèle. La configuration de base possède un mécanisme manuel, conçu pour être manipulé rapidement, tandis qu’une commande semi-automatique est proposée selon les marchés et les équipements. Une fois repliée, la capote prend place derrière les sièges. Le coffre conserve une capacité de 240 litres, que le toit soit ouvert ou fermé, ce qui représente un avantage pratique pour un roadster de cette catégorie.

À l’arrière, un aileron actif escamotable participe à la gestion aérodynamique. Il se déploie automatiquement lorsque la vitesse atteint environ 80 km/h et se rétracte lorsque celle-ci redescend sous un seuil inférieur, voisin de 60 km/h. Ce dispositif, également présent sur la version Coupé, contribue à la stabilité à vitesse élevée.

L’habitacle reprend l’organisation caractéristique des MINI de deuxième génération. Un grand compteur circulaire domine la console centrale, accompagné de commandes à bascule et d’une instrumentation complémentaire devant le conducteur. La position de conduite est basse, tandis que les deux sièges peuvent recevoir différentes selleries et finitions selon les options choisies.

Des arceaux de protection fixes sont installés derrière les occupants. Associés à une structure de pare-brise renforcée, ils participent à la protection en cas de retournement. La Roadster dispose également de systèmes électroniques de stabilité et de freinage adaptés à son architecture.

Motorisations : de la Cooper à la John Cooper Works

Au lancement, la gamme MINI Roadster comprend quatre motorisations. Trois fonctionnent à l’essence et une au diesel. Toutes utilisent un moteur quatre cylindres placé transversalement à l’avant et transmettent leur puissance aux roues avant.

La Cooper Roadster constitue l’entrée de gamme. Son moteur essence atmosphérique de 1,6 litre développe 122 ch et 160 Nm. Cette version privilégie un compromis entre agrément, simplicité mécanique relative et consommation modérée. Elle conserve les caractéristiques essentielles du modèle, notamment la carrosserie biplace et la capote textile.

La Cooper S Roadster représente une proposition plus sportive. Elle reprend le moteur 1,6 litre turbocompressé de la MINI Cooper S, développant 184 ch. Son couple atteint 240 Nm, temporairement porté à 260 Nm grâce à la fonction overboost. Le turbocompresseur Twin Scroll et l’injection directe favorisent les reprises, tandis que les réglages du châssis accompagnent l’augmentation des performances.

La Cooper SD Roadster utilise un quatre cylindres turbodiesel de 2,0 litres développant 143 ch et 305 Nm. Ce moteur, également employé dans la famille MINI Cooper SD, se distingue par son couple élevé disponible à bas régime. Il permet de conserver de bonnes capacités de reprise tout en réduisant la consommation normalisée par rapport aux versions essence les plus puissantes.

Au sommet de la gamme figure la Roadster MINI John Cooper Works. Son moteur essence turbo de 1,6 litre développe 211 ch et jusqu’à 280 Nm avec overboost. Elle reçoit une présentation extérieure spécifique, des équipements sportifs et un système de freinage adapté à ses performances. Avec une accélération de 0 à 100 km/h annoncée en 6,5 secondes, elle constitue la déclinaison la plus rapide de la gamme Roadster.

Les quatre motorisations sont associées à une boîte manuelle à six rapports dans leurs configurations de référence. Une transmission automatique à six rapports est également disponible sur certaines versions et certains marchés. Les performances et les consommations varient alors légèrement selon la boîte retenue.

Fiche technique de la MINI Roadster

CaractéristiqueDonnées techniques
ConstructeurMINI, BMW Group
ModèleMINI Roadster R59
Commercialisation2012 à 2015
ProductionOxford, Royaume-Uni
CarrosserieRoadster deux portes, capote textile
Nombre de places2
StructureCoque autoporteuse en acier renforcée
Implantation moteurAvant transversale
TransmissionTraction avant
Boîtes de vitessesManuelle 6 rapports, automatique 6 rapports selon version
Moteur Cooper4 cylindres essence atmosphérique, 1 598 cm³
Puissance Cooper122 ch à 6 000 tr/min
Couple Cooper160 Nm
Moteur Cooper S4 cylindres essence turbo Twin Scroll, injection directe, 1 598 cm³
Puissance Cooper S184 ch à 5 500 tr/min
Couple Cooper S240 Nm, 260 Nm avec overboost
Moteur Cooper SD4 cylindres turbodiesel à injection common rail, 1 995 cm³
Puissance Cooper SD143 ch à 4 000 tr/min
Couple Cooper SD305 Nm
Moteur John Cooper Works4 cylindres essence turbo Twin Scroll, injection directe, 1 598 cm³
Puissance John Cooper Works211 ch à 6 000 tr/min
Couple John Cooper Works260 Nm, 280 Nm avec overboost
Suspension avantJambes de force McPherson, ressorts hélicoïdaux
Suspension arrièreTrain multibras
DirectionCrémaillère à assistance électrique
FreinsDisques avant ventilés et disques arrière, dimensions selon version
Freins Cooper S294 mm à l’avant, 259 mm à l’arrière
Pneumatiques195/55 R16 ou 205/45 R17 selon version et équipement, autres montes possibles
Longueur3 728 mm environ, 3 758 mm pour la John Cooper Works
Largeur1 683 mm hors rétroviseurs
HauteurEnviron 1 384 à 1 391 mm selon version
Empattement2 467 mm
Voies John Cooper Works1 453 mm avant, 1 461 mm arrière
Diamètre de braquage10,7 m environ
Masse Cooper S manuelleEnviron 1 185 kg
Masse John Cooper Works manuelle1 195 kg DIN, 1 270 kg UE
Masse John Cooper Works automatique1 215 kg DIN, 1 290 kg UE
0 à 100 km/h Cooper9,2 s
0 à 100 km/h Cooper S7,0 s
0 à 100 km/h Cooper SD8,1 s
0 à 100 km/h John Cooper Works6,5 s
Vitesse maximale Cooper199 km/h
Vitesse maximale Cooper S227 km/h
Vitesse maximale Cooper SD212 km/h
Vitesse maximale John Cooper Works237 km/h
Consommation mixte Cooper5,7 l/100 km, cycle d’homologation d’époque
Consommation mixte Cooper S6,0 l/100 km, cycle d’homologation d’époque
Consommation mixte Cooper SD4,5 l/100 km, cycle d’homologation d’époque
Consommation mixte John Cooper Works6,8 l/100 km, cycle d’homologation d’époque
Émissions de CO2118 à 169 g/km selon motorisation de référence
RéservoirEnviron 40 ou 50 litres selon version
Volume du coffre240 litres
CapoteTextile manuelle, commande semi-automatique selon équipement
AérodynamiqueAileron arrière actif escamotable
SécuritéArceaux fixes, ABS, contrôle de stabilité, airbags selon équipement

Comportement routier et particularités techniques

La MINI Roadster adopte une conception différente de celle des roadsters à propulsion classiques. Son moteur transversal et ses roues avant motrices déterminent une répartition des masses et un comportement caractéristiques de la famille MINI. La direction à assistance électrique, l’empattement court et les suspensions indépendantes contribuent à sa maniabilité.

Le train avant McPherson et le train arrière multibras reprennent les principes techniques déjà employés sur les autres modèles de la marque. Les réglages sont adaptés à la carrosserie biplace et à ses différentes motorisations. Les versions sportives disposent d’équipements et de calibrations spécifiques, tandis que certaines configurations peuvent recevoir un châssis sport optionnel.

L’absence de pavillon rigide impose des renforts structurels. Ceux-ci permettent de limiter les déformations de la coque, mais contribuent également au poids du véhicule. La Roadster ne bénéficie donc pas automatiquement d’un avantage de masse important face aux autres MINI de puissance comparable, malgré la suppression de la banquette arrière.

La conduite à ciel ouvert modifie aussi la perception de la vitesse et de l’environnement. La position assise basse, la proximité du pare-brise et le volume réduit de l’habitacle participent à l’expérience recherchée par MINI. La conception du coffre indépendant permet par ailleurs de conserver un espace à bagages utilisable sans modifier la configuration de la capote.

Sur les versions Cooper S et John Cooper Works, le couple du moteur turbo apporte des accélérations plus franches que sur la Cooper atmosphérique. La Cooper SD propose une réponse différente, fondée sur le couple disponible à bas régime. Ces quatre déclinaisons répondent ainsi à des usages distincts sans modifier l’architecture fondamentale du Roadster.

Commercialisation, prix et fin de production

La MINI Roadster arrive dans les concessions européennes en 2012. Elle occupe une position particulière dans la gamme : plus spécialisée qu’un Cabriolet quatre places, elle s’adresse à une clientèle recherchant une petite voiture découvrable au caractère sportif. Son offre de personnalisation comprend différentes couleurs de carrosserie, selleries, jantes et finitions intérieures.

En France, les tarifs varient sensiblement selon les motorisations et les équipements. Les références d’époque recensent notamment un prix de base d’environ 28 400 euros pour la Cooper S Roadster. La gamme complète couvre une fourchette plus large, les versions John Cooper Works et les configurations fortement optionnées se situant dans la partie supérieure du catalogue.

La MINI Roadster ne fait pas l’objet d’une succession de générations. En février 2015, BMW Group annonce l’arrêt prochain de la production du Roadster et du Coupé, dans le cadre de la réorganisation de son offre. Leur fabrication s’achève en 2015, après une carrière commerciale d’environ trois ans.

Cette décision accompagne le renouvellement de la gamme MINI autour de modèles destinés à des volumes de vente plus importants. Le constructeur conserve une offre découvrable avec le Cabriolet, mais ne développe pas de deuxième génération de Roadster strictement biplace.

La MINI Roadster n’a pas non plus bénéficié d’un programme officiel de compétition comparable à celui de certaines MINI engagées en endurance ou en rallye. Sa vocation est essentiellement routière. Il convient notamment de ne pas confondre son histoire avec celle de la MINI John Cooper Works Coupé Endurance, dérivée du Coupé R58 et engagée sur la Nordschleife du Nürburgring.

La MINI Roadster sur le marché de l’occasion

Depuis l’arrêt de sa commercialisation, la MINI Roadster se rencontre exclusivement sur le marché de l’occasion. Sa diffusion sur une période courte et l’absence de remplaçante directe lui donnent une identité particulière parmi les MINI modernes, sans qu’il soit possible d’en déduire une rareté chiffrée ou une valorisation systématique.

Les différentes motorisations répondent à des profils d’utilisation distincts. La Cooper atmosphérique constitue une proposition moins puissante, la Cooper S offre un compromis entre performances et polyvalence, tandis que la John Cooper Works privilégie les sensations sportives. La Cooper SD peut intéresser les conducteurs parcourant régulièrement de longues distances, sous réserve d’un usage adapté à sa motorisation diesel.

Lors de l’examen d’un exemplaire, l’état de la capote et de son mécanisme mérite une attention particulière. Il convient de vérifier le fonctionnement de l’ouverture et de la fermeture, l’état des joints, l’étanchéité de l’habitacle et l’absence de traces d’infiltration dans le coffre. Les évacuations d’eau et les éléments exposés aux intempéries doivent également être contrôlés.

Sur le plan mécanique, l’historique d’entretien est déterminant. Les moteurs essence turbo nécessitent notamment une attention portée à la lubrification, au refroidissement, à la distribution et aux éventuelles fuites. Pour les versions diesel, le système d’injection, le turbocompresseur et les dispositifs antipollution doivent être examinés en tenant compte du kilométrage et des trajets habituellement effectués.

Un essai routier permet de vérifier le fonctionnement de la boîte, de l’embrayage lorsqu’il est présent, de la direction et des suspensions. Des bruits anormaux sur chaussée dégradée peuvent justifier un contrôle des trains roulants, des silentblocs et des fixations. Le fonctionnement de l’aileron arrière actif doit également être vérifié, sans effectuer de manoeuvre dangereuse pour provoquer son déploiement.

Enfin, l’identification précise de la version reste essentielle avant tout achat. Les boucliers, les jantes et certains éléments décoratifs peuvent avoir été modifiés, ce qui ne suffit pas à établir qu’un exemplaire est une véritable John Cooper Works. Le numéro VIN, les documents d’origine, la motorisation et les équipements montés en usine permettent de confirmer la configuration réelle du véhicule.

Tous les