L’Isuzu D-Max 2 est la deuxième génération du pick-up japonais, présentée en Thaïlande en 2011 et commercialisée en France à partir de 2012. Entièrement renouvelé par rapport à son prédécesseur, ce modèle conserve une architecture utilitaire traditionnelle avec un châssis séparé, un moteur diesel longitudinal et, selon les versions, une transmission intégrale enclenchable avec gamme courte. Il se distingue par sa robustesse, sa capacité de chargement et ses aptitudes au remorquage, tout en proposant un habitacle plus spacieux et un équipement modernisé.
Produit à partir de 2011, le D-Max de deuxième génération connaît une évolution importante au milieu des années 2010. En France, le restylage commercialisé en 2017 s’accompagne du remplacement du moteur 2.5 litres biturbo de 163 ch par un nouveau diesel 1.9 litre de 164 ch. Cette génération poursuit sa carrière jusqu’à son remplacement progressif par le troisième D-Max, dévoilé en 2019 et arrivé ultérieurement sur les marchés européens.
Origines et développement de la deuxième génération
L’histoire du D-Max 2 s’inscrit dans celle de l’Isuzu D-Max, une famille de pick-up lancée en 2002. La première génération avait permis au constructeur japonais de renforcer sa présence sur le marché international des utilitaires légers, notamment en Asie, en Australie et en Europe. Après près d’une décennie de commercialisation, Isuzu entreprend une refonte complète de son modèle afin de répondre à des exigences accrues en matière de sécurité, de confort et d’efficacité énergétique.
Le développement de cette deuxième génération repose largement sur les activités industrielles et techniques d’Isuzu en Thaïlande. Le pays occupe une place stratégique dans la production mondiale de pick-up, avec un marché intérieur important et des infrastructures destinées à l’exportation. En avril 2010, Isuzu renforce les responsabilités de sa structure thaïlandaise dans le développement de ses véhicules utilitaires légers.
Le nouveau D-Max est annoncé officiellement le 29 septembre 2011 avant son lancement commercial en Thaïlande au début du mois d’octobre. Il bénéficie d’une plateforme renouvelée, d’une carrosserie redessinée et d’un habitacle plus vaste. Les exportations de cette génération débutent en 2012, année de son introduction sur le marché français.
La conception du D-Max 2 s’appuie également sur la coopération industrielle entre Isuzu et General Motors, qui donne naissance à des véhicules apparentés, notamment le Chevrolet Colorado de deuxième génération. Malgré certaines bases communes, les deux modèles conservent des identités visuelles, des équipements et des motorisations spécifiques selon les marchés.
Cette nouvelle génération prolonge une tradition ancienne de véhicules utilitaires Isuzu. Avant le D-Max, plusieurs pick-up avaient été commercialisés sous l’appellation Isuzu Rodeo dans différents pays. Le D-Max 2 reprend cette vocation professionnelle tout en développant une dimension plus polyvalente, particulièrement dans ses versions à double cabine.
Design, carrosseries et habitacle
Le D-Max 2 adopte une silhouette plus moderne que celle de la première génération, sans abandonner les proportions caractéristiques d’un pick-up traditionnel. Sa face avant se reconnaît à ses projecteurs étirés vers les ailes, sa calandre à barrettes horizontales et son capot relativement haut. Les passages de roues marqués et la ligne de caisse robuste soulignent sa vocation utilitaire.
Les dimensions progressent par rapport au modèle précédent. Avec une longueur proche de 5,30 mètres sur les versions double cabine, le véhicule dispose d’un empattement d’environ 3,10 mètres. Ces proportions permettent d’améliorer l’espace intérieur tout en conservant une benne adaptée au transport de matériel. La carrosserie repose sur un châssis à longerons, distinct de la cabine et de la benne.
La gamme comprend trois configurations principales. Le Single Cab, ou simple cabine, privilégie le volume de chargement avec deux places et une benne longue. Le Space Cab, également appelé cabine approfondie, offre un espace supplémentaire derrière les sièges avant et des ouvrants arrière spécifiques. Enfin, le Crew Cab, ou double cabine, possède quatre portes conventionnelles et peut accueillir cinq occupants.
La longueur utile de la benne dépend directement de cette configuration. Elle atteint environ 2,30 mètres sur certaines simples cabines, contre 1,45 mètre sur les doubles cabines. Cette différence détermine largement l’usage du véhicule : transport professionnel pour la première, polyvalence entre travail et déplacements familiaux pour la seconde.
À bord, Isuzu abandonne une partie de l’austérité de l’ancienne génération. La planche de bord présente une organisation plus contemporaine, avec des commandes regroupées sur la console centrale, une instrumentation lisible et plusieurs espaces de rangement. Selon les finitions, le D-Max reçoit la climatisation, des équipements audio plus élaborés, des commandes au volant ou une présentation intérieure enrichie.
En France, les appellations Satellite, Planet, Solar et Quasar permettent notamment de différencier les niveaux d’équipement de la première phase. Les versions supérieures peuvent recevoir des jantes en alliage, des éléments chromés, des marchepieds et davantage d’équipements de confort.
Le restylage commercialisé en 2017 modifie principalement la calandre, certains éléments du bouclier et les entourages des antibrouillards. Le dessin général demeure reconnaissable, ce qui permet de distinguer cette évolution d’un véritable changement de génération.
Motorisations diesel et évolutions mécaniques
Lors de son lancement international en 2011, le D-Max 2 est proposé avec plusieurs motorisations diesel adaptées aux différents marchés. En Thaïlande, la gamme comprend notamment des quatre cylindres de 2.5 litres développant 116 ou 136 ch, ainsi qu’un 3.0 litres pouvant atteindre 177 ch. Ces configurations ne correspondent pas à la gamme française, qui bénéficie d’une offre mécanique plus resserrée.
En France, le D-Max 2 arrive en 2012 avec un quatre cylindres turbodiesel de 2 499 cm³ développant 163 ch et 400 Nm. Ce moteur à injection directe common rail utilise une double suralimentation afin d’obtenir un couple élevé, particulièrement utile pour les démarrages en charge, les reprises et le remorquage.
Il peut être associé à une boîte manuelle à six rapports ou à une transmission automatique à cinq rapports, selon la carrosserie et la finition. Les versions à transmission intégrale disposent d’une boîte de transfert permettant de sélectionner le mode de transmission approprié aux conditions d’adhérence.
Une évolution majeure intervient avec l’arrivée du moteur 1.9 litre diesel, introduit d’abord sur certains marchés asiatiques avant sa commercialisation française en 2017. Malgré une cylindrée sensiblement réduite, ce quatre cylindres développe 164 ch et 360 Nm. Il s’inscrit dans une stratégie visant à diminuer les consommations et les émissions tout en conservant les capacités utilitaires du véhicule.
Le passage au 1.9 litre s’accompagne d’une nouvelle boîte automatique à six rapports, tandis que la transmission manuelle conserve six vitesses. Le moteur répond aux exigences européennes de dépollution applicables lors de son introduction. La configuration Euro 6 commercialisée en France en 2017 se distingue notamment par un traitement des émissions ne nécessitant pas d’AdBlue.
Cette évolution modifie le comportement du pick-up. Le 2.5 litres privilégie un couple maximal plus élevé, tandis que le 1.9 litre compense sa cylindrée inférieure par une gestion moteur et une transmission modernisées. Les performances restent adaptées à un véhicule conçu prioritairement pour transporter, tracter et circuler sur des terrains difficiles plutôt que pour rechercher des accélérations sportives.
Fiche technique de l’Isuzu D-Max 2
| Caractéristique | Isuzu D-Max 2 (2012) | Isuzu D-Max 2 restylé (2017) |
|---|---|---|
| Constructeur | Isuzu Motors | Isuzu Motors |
| Génération | Deuxième génération | Deuxième génération restylée |
| Première apparition mondiale | 2011 | Évolution introduite progressivement à partir de 2015-2016 selon les marchés |
| Commercialisation française | 2012 | 2017 |
| Catégorie | Pick-up utilitaire | Pick-up utilitaire |
| Carrosseries | Simple cabine, cabine approfondie, double cabine | Simple cabine, cabine approfondie, double cabine |
| Structure | Châssis séparé à longerons | Châssis séparé à longerons |
| Implantation moteur | Longitudinale avant | Longitudinale avant |
| Moteur français | 4 cylindres diesel 2.5 biturbo | 4 cylindres diesel 1.9 turbo |
| Cylindrée | 2 499 cm³ | 1 898 cm³ |
| Alimentation | Injection directe common rail | Injection directe common rail |
| Suralimentation | Deux turbocompresseurs | Turbocompresseur |
| Puissance maximale | 163 ch (120 kW) | 164 ch (120 kW) |
| Couple maximal | 400 Nm | 360 Nm |
| Régime du couple maximal | Variable selon documentation moteur | 2 000 à 2 500 tr/min |
| Boîte manuelle | 6 rapports | 6 rapports |
| Boîte automatique | 5 rapports | 6 rapports |
| Transmission | Propulsion ou 4×4 enclenchable | Propulsion ou 4×4 enclenchable selon version |
| Gamme courte | Sur les versions 4×4 | Sur les versions 4×4 |
| Suspension avant | Indépendante à ressorts hélicoïdaux | Indépendante à ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide à ressorts à lames | Essieu rigide à ressorts à lames |
| Direction | À crémaillère assistée | À crémaillère assistée |
| Freins avant | Disques ventilés | Disques ventilés |
| Freins arrière | Tambours | Tambours |
| Pneumatiques recensés | 245/70 R16 ou 255/65 R17 selon finition | Dimensions variables selon finition |
| Longueur | Environ 5,22 à 5,30 m selon carrosserie | Environ 5,30 m en double cabine |
| Largeur | Environ 1,78 à 1,86 m | Variable selon carrosserie |
| Hauteur | Environ 1,69 à 1,80 m | Variable selon version |
| Empattement | Environ 3 095 mm | Environ 3 095 mm |
| Garde au sol | Jusqu’à environ 225 mm selon version | Variable selon configuration |
| Longueur utile de benne | Environ 1 445 à 2 305 mm | Variable selon cabine |
| Poids à vide | Environ 1 820 à 2 025 kg sur les versions françaises recensées | Variable selon configuration |
| PTAC | 2 900 à 3 000 kg sur les versions recensées | Selon homologation |
| Charge utile | Environ 1 tonne, selon version | Environ 1 tonne, selon version |
| Remorquage freiné | 2 500 à 3 000 kg sur les versions françaises recensées | Jusqu’à 3 500 kg selon version |
| Remorquage non freiné | 750 kg sur les versions recensées | Selon homologation |
| Vitesse maximale | Jusqu’à 180 km/h sur certaines versions | Variable selon version |
| 0 à 100 km/h | 12,8 s dans une comparaison publiée | 11,5 s dans une comparaison publiée |
| Consommation mixte annoncée | 7,4 à 8,4 l/100 km sur les versions recensées | 6,8 l/100 km pour une version 2017 |
| Capacité du réservoir | 69 litres | 76 litres |
| Production principale | Thaïlande | Thaïlande |
Châssis, transmission intégrale et capacités utilitaires
Le D-Max 2 conserve une conception privilégiant la résistance mécanique et la polyvalence. Son châssis à longerons supporte une cabine indépendante et une benne destinée aux charges importantes. Cette architecture diffère de celle des SUV monocoques et reste particulièrement adaptée aux utilisations professionnelles, au transport de matériaux et au remorquage.
La suspension avant indépendante améliore le guidage des roues et le confort sur route, tandis que l’essieu arrière rigide à ressorts à lames privilégie la capacité de charge. À vide, cette disposition peut entraîner des réactions plus fermes du train arrière sur les chaussées dégradées. Lorsque la benne transporte du matériel, la suspension travaille davantage dans les conditions pour lesquelles elle a été conçue.
Les versions 4×4 utilisent une transmission intégrale enclenchable. Sur chaussée sèche et adhérente, le fonctionnement normal s’effectue en deux roues motrices arrière. Le conducteur peut sélectionner les quatre roues motrices lorsque l’adhérence diminue, puis utiliser la gamme courte pour les passages difficiles nécessitant davantage de démultiplication. Contrairement à un système intégral permanent doté d’un différentiel central, ce dispositif n’est pas destiné à fonctionner systématiquement en mode 4×4 sur l’asphalte sec.
Cette conception rapproche le D-Max de la tradition des véhicules tout-terrain Isuzu, illustrée notamment par l’Isuzu Trooper. Les deux véhicules ne partagent pas une filiation directe de modèle, mais privilégient une architecture robuste adaptée aux terrains difficiles.
La garde au sol, qui peut atteindre environ 225 mm sur certaines versions de la première phase, contribue aux capacités de franchissement. L’empattement relativement long impose néanmoins de surveiller les ruptures de pente et les passages étroits. La motricité dépend également du type de pneumatiques, de la charge transportée et des conditions du terrain.
La capacité de remorquage constitue un argument important. Sur les premières versions françaises, elle varie notamment entre 2,5 et 3 tonnes pour une remorque freinée. Certaines versions restylées peuvent atteindre 3,5 tonnes, sous réserve des limites d’homologation propres au véhicule. Le poids total roulant autorisé et la charge verticale admissible sur l’attelage doivent également être respectés.
Cette orientation professionnelle s’inscrit dans le savoir-faire d’Isuzu en matière de motorisations diesel et de véhicules industriels, également représenté par l’Isuzu Elf, une famille de camions légers développée indépendamment du D-Max.
Versions, modèles dérivés et carrière commerciale
La deuxième génération du D-Max est conçue pour répondre à des besoins très différents selon les marchés. En Europe, la gamme privilégie les moteurs diesel et les configurations utilitaires, tandis que les catalogues asiatiques et australiens proposent d’autres cylindrées, finitions et équipements. Les versions à deux roues motrices permettent de limiter le coût d’acquisition pour les usages routiers, alors que les 4×4 ciblent davantage les professionnels travaillant sur des terrains difficiles.
La double cabine occupe une place particulière dans la gamme. Elle associe cinq places, une benne utilisable au quotidien et des capacités de traction importantes. Elle permet ainsi au D-Max de concurrencer des pick-up comme le Toyota Hilux, le Ford Ranger, le Mitsubishi L200 ou le Nissan Navara, sans renoncer à sa vocation première de véhicule de travail.
La plateforme du D-Max II sert également de base à l’Isuzu MU-X, un SUV à sept places introduit en 2013. Ce modèle reprend une partie de l’architecture technique et des motorisations du pick-up, mais adopte une carrosserie fermée et un aménagement intérieur destiné au transport de passagers. Il illustre la possibilité d’exploiter la base du D-Max pour des usages différents.
La production et la commercialisation de cette génération s’étendent sur plusieurs années, avec des calendriers variables selon les pays. La Thaïlande reste un centre majeur de fabrication et d’exportation. En France, la carrière se divise principalement entre la phase initiale équipée du moteur 2.5 litres et la phase restylée à moteur 1.9 litre.
Le troisième D-Max est dévoilé en Thaïlande en 2019, mais son arrivée sur les marchés internationaux n’est pas simultanée. La deuxième génération continue donc d’être proposée dans certains pays pendant la transition. Cette chronologie explique pourquoi des véhicules immatriculés en 2020 peuvent encore appartenir à la génération lancée en 2011.
Fiabilité, entretien et achat d’occasion
Sur le marché de l’occasion, l’Isuzu D-Max 2 se distingue principalement par son orientation utilitaire et sa conception mécanique traditionnelle. Son intérêt dépend toutefois beaucoup de son historique d’utilisation. Un véhicule ayant principalement circulé sur route ne présente pas nécessairement les mêmes contraintes qu’un exemplaire employé quotidiennement sur chantier, en exploitation agricole ou pour tracter des charges lourdes.
Le premier point à examiner concerne le châssis. La présence de corrosion, de déformations ou de réparations anciennes doit être recherchée, notamment sur les longerons, les traverses et les points de fixation des suspensions. Une inspection du dessous du véhicule permet également de repérer les traces de chocs liées au franchissement et les éventuelles fuites mécaniques.
Sur les versions 4×4, le fonctionnement de la boîte de transfert et de l’enclenchement de la transmission intégrale mérite une vérification attentive. Les arbres de transmission, les croisillons, les soufflets et les différentiels doivent être examinés, particulièrement lorsque le véhicule a été utilisé régulièrement hors route. Des pneumatiques présentant une usure irrégulière peuvent aussi révéler un problème de géométrie ou de suspension.
Pour les moteurs diesel, la régularité des vidanges, l’entretien du système d’injection et l’état des équipements de dépollution sont essentiels. Les trajets courts répétés peuvent compliquer les régénérations du filtre à particules. Sur le 2.5 biturbo, l’état du circuit de suralimentation et des conduites associées mérite une attention particulière. Sur le 1.9 litre, il convient également de vérifier le fonctionnement des systèmes de dépollution et de consulter l’historique des interventions.
Les boîtes automatiques nécessitent une vérification de la qualité des passages de rapports et de l’absence d’à-coups anormaux. Sur les versions manuelles, l’embrayage peut avoir été fortement sollicité par le remorquage ou les manœuvres à basse vitesse. L’état des ressorts à lames, des amortisseurs arrière et des fixations de benne constitue un autre indicateur de l’intensité des usages professionnels antérieurs.
Enfin, les capacités de chargement et de remorquage doivent être vérifiées à partir de la carte grise et des données d’homologation de l’exemplaire concerné. Deux D-Max II visuellement similaires peuvent posséder des masses autorisées différentes selon leur carrosserie, leur transmission et leur année de fabrication. Cette vérification est particulièrement importante avant l’achat d’un véhicule destiné à tracter régulièrement une remorque lourde.
