L’Audi Rosemeyer est un concept-car présenté en 2000 par Audi afin d’explorer le potentiel d’une supercar à moteur central tout en rendant hommage aux voitures de course Auto Union des années 1930. Cette étude porte le nom de Bernd Rosemeyer, pilote emblématique d’Auto Union, qui participa aux Grands Prix avec les célèbres monoplaces à moteur central arrière du constructeur allemand.
Contrairement à un modèle de série, la Rosemeyer reste une démonstration technologique et stylistique. Elle illustre les ambitions d’Audi à la fin des années 1990 et au début des années 2000, période durant laquelle le groupe Volkswagen multiplie les projets de véhicules sportifs d’exception. Son architecture spectaculaire, son moteur W16 et son design inspiré de la compétition en font l’un des concepts les plus marquants de l’histoire récente de la marque.
Un concept Audi inspiré par les Auto Union de compétition
Le projet Rosemeyer s’inscrit dans une démarche de célébration du passé sportif d’Audi. La marque souhaite alors rappeler son héritage issu d’Auto Union, dont les voitures de Grand Prix Type C et Type D ont marqué les années 1930 avec leur moteur positionné derrière le pilote. Bernd Rosemeyer fut l’un des principaux représentants de cette époque, notamment grâce à ses performances sur les circuits européens.
Audi reprend cette inspiration historique en imaginant une sportive moderne qui associe les codes des voitures de course d’avant-guerre aux technologies contemporaines. La carrosserie très basse, les roues imposantes et la position centrale du moteur rappellent cette volonté de créer un lien entre patrimoine et innovation.
La Rosemeyer est dévoilée en 2000 dans le cadre des présentations liées à l’ouverture de l’Autostadt de Wolfsburg. Elle n’est toutefois pas conçue comme une future voiture de production. Audi utilise ce prototype pour montrer son savoir-faire en matière de design, d’ingénierie et de technologies hautes performances.
Design et caractéristiques d’une supercar expérimentale
Le dessin de l’Audi Rosemeyer est signé par les équipes du centre de design Audi, avec un style particulièrement influencé par les Auto Union historiques. Sa carrosserie en aluminium poli adopte des formes très épurées, sans rechercher les lignes conventionnelles des modèles de série de la marque.
La face avant constitue l’un des éléments les plus reconnaissables du concept avec une grande calandre verticale inspirée des monoplaces de Grand Prix. Les passages de roues largement marqués, la silhouette très basse et l’habitacle avancé soulignent une architecture pensée autour d’un moteur central arrière.
L’intérieur reprend également une ambiance proche de la compétition. L’habitacle biplace privilégie une présentation minimaliste avec des matériaux sportifs et certains éléments rappelant les voitures de course. Le concept expérimente aussi des solutions modernes pour l’époque, comme des caméras destinées à remplacer les rétroviseurs traditionnels.
Un moteur W16 inédit pour une vitrine technologique
L’élément technique le plus spectaculaire de la Rosemeyer est son moteur W16 atmosphérique. Cette mécanique reprend une architecture très rare dans l’automobile de série et illustre les recherches du groupe Volkswagen autour des moteurs très hautes performances au tournant du siècle.
Le moteur est associé à une transmission intégrale permanente quattro, une technologie centrale dans l’identité sportive d’Audi depuis les années 1980. La Rosemeyer utilise ainsi la transmission intégrale comme un élément permettant de transmettre la puissance annoncée de son groupe motopropulseur tout en faisant référence aux modèles sportifs historiques de la marque, comme l’Audi Sport quattro.
Cette approche technique distingue la Rosemeyer des autres concepts Audi de son époque. Elle ne cherche pas à préfigurer une berline sportive ou un modèle grand public, mais à démontrer ce que pourrait être une supercar Audi sans contrainte industrielle immédiate.
Fiche technique de l’Audi Rosemeyer
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Année de présentation | 2000 |
| Type | Concept-car de supercar biplace |
| Carrosserie | Coupé à moteur central arrière |
| Moteur | W16 essence atmosphérique |
| Cylindrée | Environ 8 004 cm³ |
| Implantation | Centrale arrière longitudinale |
| Puissance | Environ 700 à 710 ch selon les données publiées |
| Couple | Environ 760 Nm |
| Transmission | Intégrale permanente quattro |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 6 rapports |
| Structure | Architecture de concept avec carrosserie en aluminium |
| Longueur | Environ 4,54 m |
| Largeur | Environ 1,92 m |
| Hauteur | Environ 1,24 m |
| Empattement | Environ 2,91 m |
| Poids | Environ 1 600 kg selon les estimations disponibles |
| Vitesse maximale | Environ 350 km/h à 385 km/h selon les sources |
| 0 à 100 km/h | Environ 4 secondes selon les estimations publiées |
De la Rosemeyer à la future sportive Audi
L’Audi Rosemeyer ne donnera jamais naissance à un modèle commercial, mais elle participe à la réflexion de la marque sur une sportive à moteur central. Quelques années plus tard, Audi présente un nouveau concept allant dans cette direction avec l’Audi Le Mans Quattro, qui adopte une approche plus proche d’un futur véhicule de série.
La Le Mans Quattro annonce ensuite l’arrivée de l’Audi R8, première supercar de production d’Audi. Contrairement à la Rosemeyer, la R8 est développée avec des objectifs industriels précis et une architecture adaptée à une commercialisation mondiale.
La comparaison avec l’Audi R8 V10 permet également de mesurer l’évolution de la stratégie Audi. La Rosemeyer misait sur un moteur W16 expérimental, tandis que la R8 adoptera ensuite des moteurs V8 et V10 atmosphériques plus adaptés à une production en série.
Production limitée et place dans l’histoire Audi
L’Audi Rosemeyer n’a jamais été produite à plusieurs exemplaires. Elle demeure un prototype unique destiné aux présentations de la marque et aux collections Audi. Aucun prix neuf n’a donc été fixé, puisqu’elle n’a jamais été commercialisée.
Son intérêt historique repose principalement sur son rôle de laboratoire d’idées. Elle montre la volonté d’Audi d’explorer le territoire des voitures de très haute performance tout en valorisant son héritage Auto Union et sa technologie quattro.
La Rosemeyer reste ainsi un projet à part dans la gamme Audi : une interprétation extrême de la sportive allemande, située entre hommage historique et démonstration technique, avant que la marque ne choisisse une voie plus réaliste avec ses futures voitures de série.




