L’Autobianchi A112 Abarth est une citadine sportive italienne produite de 1971 à 1985. Développée avec le concours d’Abarth, elle transforme une petite voiture à traction avant en une sportive légère, vive et accessible. Proposée initialement avec un moteur de 982 cm³ développant 58 ch, elle évolue vers une version de 1050 cm³ et 70 ch, qui devient la plus emblématique de sa carrière. Ses dimensions réduites, son moteur volontaire et ses nombreux engagements en rallye lui permettent de s’imposer parmi les petites GTI avant même la généralisation de cette appellation.
Origines et naissance de l’Autobianchi A112 Abarth en 1971
L’histoire de l’A112 Abarth commence avec l’Autobianchi A112, présentée en 1969. Cette citadine moderne adopte une carrosserie à trois portes avec hayon, un moteur transversal avant et une transmission aux roues avant. Elle répond notamment au succès de la Mini britannique, dont elle reprend le principe d’une mécanique compacte permettant de dégager un maximum d’espace pour les occupants.
Autobianchi occupe alors une place particulière au sein du groupe Fiat. La marque sert notamment à introduire des solutions techniques et des modèles plus originaux que ceux proposés dans la gamme principale. L’Autobianchi Primula, lancée en 1964, avait déjà contribué à développer l’architecture associant moteur transversal et traction avant. L’A112 exploite cette expérience dans un format plus réduit, particulièrement adapté à la circulation urbaine.
Elle marque également une rupture avec l’Autobianchi Bianchina, petite automobile dérivée de la Fiat 500, dont la conception à moteur arrière appartient à une génération précédente. Dans la gamme du constructeur, l’A112 cohabite aussi avec l’Autobianchi A111, une berline familiale à traction avant qui illustre la diversité des projets techniques de la marque à cette époque.
La création d’une version sportive répond à une ambition précise : proposer une concurrente italienne aux petites voitures performantes, notamment la Mini Cooper. Carlo Abarth et ses équipes travaillent sur une motorisation plus puissante, accompagnée d’adaptations mécaniques et d’une présentation spécifique. Des expérimentations antérieures auraient donné naissance à des prototypes nettement plus puissants, mais le modèle commercialisé privilégie un compromis entre performances, fiabilité et prix.
L’Autobianchi A112 Abarth est officiellement présentée au Salon de Turin en octobre 1971. Elle reçoit un quatre-cylindres de 982 cm³ développant 58 ch DIN, contre des puissances sensiblement inférieures pour les versions ordinaires de l’A112. Son poids contenu, voisin de 660 kg suivant la configuration, lui assure des performances intéressantes pour une voiture de cette catégorie.
La nouvelle sportive se reconnaît immédiatement à son capot noir mat, ses badges au scorpion, ses éléments décoratifs spécifiques et son instrumentation enrichie. Elle conserve toutefois les qualités pratiques de l’A112, avec quatre places utilisables et un hayon arrière. Cette polyvalence contribue à son succès auprès des automobilistes recherchant une voiture quotidienne capable d’offrir de véritables sensations de conduite.
De l’A112 Abarth 58 HP à la 70 HP : évolution des sept séries
La carrière de l’Autobianchi A112 Abarth s’étend sur quatorze années et comprend sept séries successives. Les principales évolutions concernent la motorisation, la transmission, les équipements et l’apparence extérieure. Les dates de transition peuvent légèrement différer selon les marchés et les millésimes.
La première série, commercialisée à partir de 1971, reçoit le moteur 982 cm³ de 58 ch et une boîte manuelle à quatre rapports. Elle conserve des pare-chocs métalliques brillants, des phares ronds et une silhouette particulièrement dépouillée. Le capot noir mat constitue l’un de ses signes distinctifs les plus connus. À bord, le conducteur bénéficie d’un volant sport, d’un compte-tours et d’instruments supplémentaires permettant de surveiller la mécanique.
La deuxième série apparaît en 1973. Elle apporte des modifications aux pare-chocs, à la calandre et aux garnitures intérieures. Les sièges et certains équipements évoluent également, tandis que la motorisation 58 HP reste au catalogue. Ces changements visent principalement à améliorer la présentation et l’utilisation quotidienne sans transformer le caractère de la voiture.
Une évolution majeure intervient à la fin de 1974, avec l’apparition de l’A112 Abarth 70 HP, généralement associée au millésime 1975. Le moteur passe à 1050 cm³ et développe désormais 70 ch DIN. Cette augmentation de puissance résulte d’un travail sur la cylindrée, la culasse, l’alimentation et plusieurs organes internes. La 70 HP conserve initialement une boîte à quatre rapports. La version 58 HP poursuit brièvement sa carrière avant de disparaître du catalogue.
La troisième série, introduite en 1975, accompagne cette montée en puissance avec des modifications de présentation. La 70 HP devient progressivement la référence sportive de la gamme. Avec environ 160 km/h en vitesse maximale annoncée, elle figure parmi les petites voitures les plus rapides de sa catégorie.
La quatrième série, apparue en 1977 selon les chronologies les plus courantes, adopte une présentation modernisée. La calandre, les feux arrière et différents éléments de carrosserie sont redessinés. Ces changements correspondent à l’évolution générale de l’A112, qui cherche à conserver son attractivité face à une concurrence de plus en plus nombreuse.
La cinquième série de 1979 apporte une amélioration mécanique importante avec l’adoption d’une boîte manuelle à cinq rapports. Cette transmission permet de mieux exploiter le moteur 70 HP et d’adapter son fonctionnement aux différentes conditions de circulation. L’allumage et plusieurs équipements évoluent également. Les pare-chocs et les éléments de finition deviennent plus enveloppants, donnant à la voiture une apparence plus moderne.
La sixième série apparaît en 1982, avec de nouvelles garnitures, des modifications esthétiques et des équipements actualisés. La mécanique conserve son architecture fondamentale et sa puissance de 70 ch. L’A112 Abarth reste ainsi fidèle à une formule devenue rare : une petite voiture très légère dotée d’un moteur atmosphérique à caractère sportif.
La septième et dernière série est introduite en 1984. Elle reçoit notamment une présentation arrière spécifique, avec un bandeau réfléchissant, et des détails de finition modernisés. Sa production prend fin en 1985. La famille A112 laisse progressivement la place à l’Autobianchi Y10, dont les versions Turbo puis GT prolongent l’idée d’une petite voiture italienne performante, sans reprendre directement l’appellation Abarth.
Fiche technique de l’Autobianchi A112 Abarth
| Caractéristique | A112 Abarth 58 HP | A112 Abarth 70 HP |
|---|---|---|
| Année de lancement | 1971 | Fin 1974 / 1975 |
| Fin de production | Milieu des années 1970 | 1985 |
| Carrosserie | Citadine 3 portes avec hayon | Citadine 3 portes avec hayon |
| Structure | Coque autoporteuse en acier | Coque autoporteuse en acier |
| Architecture moteur | 4 cylindres en ligne atmosphérique | 4 cylindres en ligne atmosphérique |
| Implantation | Transversale avant | Transversale avant |
| Cylindrée | 982 cm³ | 1050 cm³ |
| Alésage x course | 65 x 74 mm | 67,2 x 74 mm |
| Distribution | Arbre à cames latéral, culbuteurs, 8 soupapes | Arbre à cames latéral, culbuteurs, 8 soupapes |
| Alimentation | Carburateur Weber double corps | Carburateur Weber double corps |
| Puissance maximale | 58 ch DIN à 6 600 tr/min | 70 ch DIN à 6 600 tr/min |
| Couple maximal | Environ 74 Nm à 3 800 tr/min | Environ 87 Nm à 4 200 tr/min |
| Refroidissement | Liquide | Liquide |
| Transmission | Traction avant | Traction avant |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 4 rapports | Manuelle à 4 rapports, puis 5 rapports à partir de 1979 |
| Suspension avant | Indépendante, type MacPherson, ressorts hélicoïdaux | Indépendante, type MacPherson, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Roues indépendantes, ressort à lames transversal | Roues indépendantes, ressort à lames transversal |
| Direction | À crémaillère, sans assistance | À crémaillère, sans assistance |
| Freins avant | Disques | Disques |
| Freins arrière | Tambours | Tambours |
| Pneumatiques | 135 SR 13 sur certaines versions | Montes variables, notamment 155/70 R13 |
| Longueur | Environ 3,23 m | Environ 3,23 à 3,27 m selon série |
| Largeur | Environ 1,48 m | Environ 1,48 m |
| Empattement | Environ 2,04 m | Environ 2,04 m |
| Poids indicatif | Environ 660 à 690 kg | Environ 670 à 700 kg |
| Vitesse maximale | Environ 150 km/h | Environ 160 km/h |
| 0 à 100 km/h | Variable selon les essais | Environ 13,6 s selon certaines mesures |
| Consommation indicative | Variable selon utilisation | Environ 8 L/100 km en usage mixte rapporté |
| Pays de fabrication | Italie | Italie |
| Site de production | Desio | Desio |
Moteur, comportement routier et performances
Le caractère de l’Autobianchi A112 Abarth repose avant tout sur son rapport entre puissance et poids. Avec une masse inférieure ou voisine de 700 kg selon les versions, la voiture n’a pas besoin d’une grosse cylindrée pour offrir des accélérations convaincantes. Sa mécanique atmosphérique privilégie les hauts régimes, ce qui encourage une conduite active et une utilisation fréquente de la boîte de vitesses.
Le moteur de la 58 HP dérive de la famille des quatre-cylindres Fiat à arbre à cames latéral. Pour obtenir davantage de puissance, Abarth travaille notamment sur la respiration du moteur et son adaptation à des régimes élevés. La version 70 HP bénéficie ensuite d’une augmentation de cylindrée, d’une alimentation adaptée et de modifications des composants mécaniques. Elle offre des reprises plus vigoureuses et une vitesse de pointe supérieure.
Le châssis contribue largement au tempérament de cette petite sportive. La direction à crémaillère, dépourvue d’assistance, transmet directement les réactions des roues avant. L’empattement court favorise les changements de direction rapides, tandis que la suspension indépendante permet de conserver une bonne motricité sur les routes sinueuses. Le comportement reste celui d’une traction avant légère, avec une tendance au sous-virage lorsque les limites d’adhérence sont atteintes.
La suspension arrière constitue une particularité technique de l’A112. Elle utilise des roues indépendantes associées à un ressort à lames transversal, une solution différente des essieux rigides employés par plusieurs concurrentes. Ce dispositif participe à l’équilibre général du véhicule, même si le faible empattement et les réglages sportifs peuvent rendre les réactions assez vives sur chaussée irrégulière.
Le freinage associe des disques à l’avant et des tambours à l’arrière. Cette configuration, courante dans les années 1970, correspond aux performances de la voiture de série. En conduite soutenue, l’état des composants, le réglage des tambours et la qualité des pneumatiques influencent sensiblement le comportement. Les versions de compétition reçoivent souvent des adaptations spécifiques qui ne doivent pas être confondues avec l’équipement d’origine.
L’arrivée de la boîte cinq rapports en 1979 améliore l’agrément de la 70 HP. Elle permet d’exploiter plus facilement la plage de fonctionnement du moteur, particulièrement sur les parcours comportant de nombreux changements de rythme. Les premières versions à quatre rapports conservent néanmoins un intérêt particulier pour leur caractère mécanique plus ancien et leur proximité avec la conception initiale de 1971.
Design extérieur et habitacle : reconnaître une véritable A112 Abarth
L’Autobianchi A112 Abarth conserve les proportions caractéristiques de la petite A112 : capot court, pavillon relativement haut, grandes surfaces vitrées et arrière presque vertical. Son apparence sportive repose davantage sur des détails bien choisis que sur une transformation profonde de la carrosserie. Cette sobriété explique en partie son identité visuelle, très différente de celle des citadines sportives plus récentes.
Les premières A112 Abarth sont particulièrement reconnaissables à leur capot noir mat, souvent associé à une carrosserie rouge. Cette combinaison devient l’une des signatures du modèle. Les pare-chocs métalliques, les phares ronds, les petits éléments chromés et les écussons Abarth au scorpion renforcent son caractère de sportive italienne des années 1970.
Au fil des séries, la présentation évolue vers davantage de plastique noir, des pare-chocs plus imposants et des feux redessinés. Les dernières versions adoptent un style plus proche des citadines des années 1980. Il est donc important de ne pas considérer tous les détails extérieurs comme communs à l’ensemble de la production.
L’habitacle privilégie une ambiance fonctionnelle. Le conducteur dispose d’un volant sport, d’un compte-tours et d’une instrumentation plus complète que sur les versions ordinaires. Les sièges, les garnitures de portes et la planche de bord évoluent au cours de la carrière. Malgré ses dimensions réduites, l’A112 Abarth conserve une banquette arrière et un coffre accessible par hayon, deux caractéristiques qui la rendent utilisable au quotidien.
L’identification d’un exemplaire authentique demande davantage qu’un simple examen des badges. Les A112 standard ayant parfois été transformées pour reproduire l’apparence des versions sportives, il faut vérifier la concordance des documents, des numéros d’identification, de la motorisation et des équipements avec le millésime annoncé. Les jantes, les rétroviseurs, les pare-chocs et les éléments de carrosserie doivent également correspondre à la série concernée.
L’Autobianchi A112 Abarth en rallye et en compétition
La compétition occupe une place importante dans l’histoire de l’A112 Abarth. Son faible poids, sa mécanique relativement simple et son comportement agile en font une base appréciée des pilotes amateurs et des préparateurs. Elle participe à de nombreux rallyes nationaux et internationaux, notamment dans les catégories réservées aux petites cylindrées.
En Italie, le Trofeo A112 Abarth contribue à la popularité du modèle. Cette formule de promotion permet à de jeunes pilotes de découvrir le rallye avec des voitures proches de la série et des coûts relativement contenus. Le trophée joue un rôle dans la formation de compétiteurs et participe à l’association durable entre l’A112 Abarth et le sport automobile italien.
En France, l’importateur André Chardonnet contribue fortement à sa notoriété sportive. Son réseau développe et engage des A112 Abarth dans plusieurs compétitions, avec l’appui des ateliers de Bobigny. Jacques Levacher figure parmi les techniciens associés à ces préparations. Les interventions concernent notamment la culasse, l’alimentation, l’échappement et l’optimisation du fonctionnement moteur.
Les voitures préparées en Groupe 2 peuvent atteindre des puissances sensiblement supérieures aux 70 ch des modèles de série, certaines préparations étant annoncées autour de 90 ch. L’A112 Abarth apparaît notamment dans des épreuves comme le Rallye Monte-Carlo, le Tour de Corse et le Rallye d’Antibes, où sa légèreté constitue un avantage sur les parcours techniques.
Des projets plus radicaux voient également le jour. À la fin des années 1970, une A112 préparée pour le Groupe 5 reçoit une mécanique profondément modifiée, d’une cylindrée voisine de 1,5 litre et d’une puissance annoncée autour de 150 ch. Cette réalisation, associée aux activités sportives de Chardonnet, s’éloigne largement des caractéristiques de l’A112 Abarth commercialisée. Elle illustre toutefois le potentiel de développement recherché par les préparateurs de l’époque.
Les engagements en compétition ont aussi favorisé la diffusion de pièces spécifiques, de réglages sportifs et de transformations de carrosserie. Certaines A112 Abarth historiques possèdent ainsi un passé en rallye documenté, tandis que d’autres ont été modifiées ultérieurement pour reproduire l’apparence des voitures de course. Cette distinction joue aujourd’hui un rôle important dans l’appréciation des exemplaires de collection.
Production, rareté et achat d’une Autobianchi A112 Abarth de collection
L’Autobianchi A112 Abarth a connu une carrière commerciale relativement longue pour une petite sportive de sa génération. Les chiffres historiques fréquemment repris font état de 23 528 exemplaires pour la version 58 HP et de 117 351 exemplaires pour la 70 HP, soit un total de 140 879 voitures. Cette ventilation, publiée dans la documentation automobile spécialisée, n’a toutefois pas été confirmée ici par un registre de production constructeur exhaustif.
La première version 58 HP présente un intérêt particulier en collection en raison de sa période de fabrication plus courte et de sa proximité avec le projet initial développé sous l’influence de Carlo Abarth. Les exemplaires conservant leur capot noir, leurs pare-chocs métalliques et leur configuration mécanique d’origine sont particulièrement représentatifs des débuts du modèle.
La 70 HP demeure la version la plus connue et la plus répandue. Son moteur plus puissant, sa carrière prolongée et ses nombreuses évolutions expliquent sa présence dans les rassemblements de voitures anciennes. Les séries équipées de la boîte cinq rapports peuvent séduire les collectionneurs recherchant un meilleur agrément d’utilisation, tandis que les premières 70 HP conservent une présentation plus proche de celle des années 1970.
La corrosion constitue l’un des principaux points à examiner avant un achat. Les bas de caisse, les planchers, les passages de roues, les points d’ancrage des suspensions et les parties inférieures de la carrosserie méritent une inspection approfondie. Une peinture récente ne garantit pas l’absence de réparations anciennes, et l’état structurel doit primer sur la présentation extérieure.
Sur le plan mécanique, il convient de contrôler le refroidissement, la carburation, les fuites éventuelles, la pression d’huile et le fonctionnement de la boîte de vitesses. Les moteurs Abarth ayant parfois été sollicités intensivement, leur historique d’entretien et la qualité des interventions précédentes sont essentiels. La disponibilité de certaines pièces spécifiques, notamment d’habillage et de finition, peut également compliquer une restauration fidèle.
L’authenticité représente enfin un critère déterminant. Les transformations sportives, les changements de moteur et les modifications esthétiques sont fréquents sur les petites voitures ayant connu une carrière en compétition. Un exemplaire accompagné de documents cohérents, de factures anciennes et d’une identification conforme à son année de fabrication offre davantage de garanties qu’une voiture simplement équipée de badges Abarth.
Pour les voitures ayant participé à des rallyes, les anciens passeports techniques, photographies d’époque, fiches d’homologation et résultats d’épreuves permettent de retracer les modifications et de distinguer une véritable préparation historique d’une transformation plus récente. Ces éléments documentaires peuvent devenir aussi importants que l’état mécanique lorsqu’il s’agit d’établir la provenance d’une Autobianchi A112 Abarth de compétition.
