L’Autobianchi Giardiniera est une petite voiture familiale italienne produite sous la marque Autobianchi de 1968 à 1977. Directement issue de la Fiat 500 Giardiniera apparue en 1960, elle conserve une architecture originale associant un moteur bicylindre arrière disposé presque horizontalement, une carrosserie break allongée et un espace de chargement particulièrement exploitable pour ses dimensions. Fabriquée à Desio, près de Milan, elle représente la dernière étape d’une lignée de petites automobiles conçues pour conjuguer économie d’utilisation et polyvalence.
Avec ses quatre places, son toit ouvrant en toile et sa mécanique de 499,5 cm³ développant environ 17,5 ch, la Giardiniera privilégie les déplacements quotidiens et le transport de bagages plutôt que les performances. Elle existe également en version utilitaire Furgoncino, destinée aux artisans et aux petits commerçants. Sa commercialisation sous l’emblème Autobianchi correspond à une évolution industrielle et commerciale, sans transformation fondamentale du modèle d’origine.
Origines et histoire de l’Autobianchi Giardiniera
L’histoire de l’Autobianchi Giardiniera commence avec la Fiat Nuova 500, présentée en 1957. Cette petite voiture économique rencontre les besoins d’une Italie en pleine motorisation, mais son architecture compacte limite la capacité de transport. Fiat entreprend alors de développer une déclinaison plus pratique, capable d’accueillir une famille et ses bagages tout en conservant les qualités économiques de la berline.
La Fiat 500 Giardiniera apparaît en mai 1960. Son développement s’inscrit dans les travaux des équipes techniques dirigées par Dante Giacosa, ingénieur majeur de l’histoire de Fiat. Pour obtenir un espace de chargement utilisable, les ingénieurs modifient profondément l’implantation du bicylindre arrière. Le moteur, installé verticalement dans la berline, adopte une disposition presque horizontale permettant de libérer de la hauteur au-dessus du compartiment mécanique.
Cette solution donne naissance à une carrosserie sensiblement plus longue que celle de la Fiat 500 classique. L’empattement augmente, le pavillon se prolonge jusqu’à l’arrière et une porte latérale facilite l’accès au compartiment à bagages. La Giardiniera devient ainsi une véritable petite familiale, adaptée aussi bien aux déplacements urbains qu’aux besoins professionnels.
La production est progressivement confiée à Autobianchi, constructeur installé à Desio et étroitement associé à Fiat. Cette entreprise possède déjà une expérience dans la fabrication de petites automobiles dérivées de mécaniques Fiat, notamment avec l’Autobianchi Bianchina. Sa déclinaison Panoramica partage une philosophie de petite voiture familiale, mais possède une carrosserie et une présentation distinctes de celles de la Giardiniera.
En 1968, la Giardiniera adopte officiellement l’identité commerciale Autobianchi. Ce changement intervient dans un contexte de réorganisation des gammes du groupe Fiat. La fabrication se poursuit à Desio, tandis que le modèle conserve l’essentiel de sa conception mécanique et de sa silhouette. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle génération, mais de la continuation d’un véhicule existant sous une autre marque.
Cette période correspond également à une évolution importante d’Autobianchi. Avec l’Autobianchi Primula, lancée en 1964, le constructeur expérimente une architecture à moteur transversal avant et traction avant. La Giardiniera reste au contraire fidèle au moteur arrière et à la propulsion, deux solutions héritées de la Fiat 500 originelle.
Une carrosserie break compacte et fonctionnelle
L’Autobianchi Giardiniera se reconnaît immédiatement à sa silhouette de petit break. Sa longueur d’environ 3,19 mètres reste très contenue, mais son empattement de 1,94 mètre et son toit prolongé jusqu’à l’arrière lui permettent d’offrir davantage d’espace que la berline Fiat 500. Ses proportions privilégient le volume intérieur plutôt que la recherche d’une ligne sportive.
La face avant conserve les caractéristiques générales de la famille Fiat 500 : deux projecteurs circulaires, un capot court et bombé, un pare-chocs métallique chromé et une carrosserie aux formes arrondies. L’identification Autobianchi repose principalement sur les emblèmes et les détails de présentation, qui évoluent pendant la production.
Les portes avant conservent une particularité devenue emblématique des petites Fiat anciennes : leurs charnières sont placées à l’arrière. Elles s’ouvrent donc dans le sens inverse des portières habituelles des automobiles modernes. Cette disposition facilite certains mouvements d’accès à l’habitacle, mais nécessite des précautions particulières lors de l’utilisation.
Le pavillon comporte un long toit ouvrant souple en toile sur la version familiale. Cette caractéristique apporte davantage de luminosité et permet de profiter d’une conduite largement découverte sans transformer la voiture en véritable cabriolet. Les grandes surfaces vitrées latérales contribuent également à la visibilité et à l’impression d’espace.
À l’arrière, la Giardiniera possède une porte de chargement articulée latéralement, plutôt qu’un hayon relevable. Cette ouverture donne accès à un compartiment dont le plancher se situe au-dessus du moteur. La banquette arrière rabattable permet d’augmenter la longueur disponible pour les bagages ou les objets encombrants.
Les grilles d’aération placées dans les montants arrière constituent un autre signe distinctif. Elles participent au refroidissement du moteur et rappellent que la mécanique demeure installée derrière l’habitacle. Leur forme et certains éléments de finition évoluent au cours de la carrière du modèle.
Les premières Autobianchi Giardiniera reprennent une présentation très proche de celle des dernières Fiat. Au début des années 1970, les emblèmes changent progressivement, avec notamment l’apparition de badges rectangulaires puis de motifs horizontaux plus allongés. Ces différences sont utiles pour identifier une série, mais doivent être rapprochées du numéro de châssis, car les modifications ne correspondent pas toujours exactement au changement d’année civile.
Un moteur horizontal conçu pour libérer de l’espace
La principale originalité technique de l’Autobianchi Giardiniera réside dans son moteur Fiat type 120.000. Ce bicylindre de 499,5 cm³ fonctionne selon un cycle à quatre temps et bénéficie d’un refroidissement par air forcé. Il dérive de la mécanique de la Fiat 500, mais son implantation est profondément modifiée pour répondre aux contraintes d’une carrosserie familiale.
Le moteur est couché presque à l’horizontale sous le plancher arrière. Cette disposition lui vaut le surnom italien de Sogliola, qui signifie « sole », en référence à sa forme aplatie. Contrairement à la berline, dont le moteur occupe une partie importante du compartiment arrière, la Giardiniera dispose ainsi d’une surface de chargement relativement basse et régulière.
La puissance généralement retenue est de 17,5 ch à 4 600 tr/min. Certaines documentations anciennes indiquent des valeurs supérieures, proches de 21 ou 22 ch, en raison notamment de normes de mesure différentes. Le moteur reste avant tout destiné à une conduite économique, avec une vitesse maximale voisine de 95 km/h.
L’alimentation repose sur un carburateur Weber et la distribution utilise un arbre à cames latéral commandant les soupapes par tiges et culbuteurs. Cette conception simple correspond aux priorités des petites voitures populaires de l’époque : un entretien accessible, une consommation modérée et des coûts de fabrication maîtrisés.
La transmission conserve les roues arrière motrices et une boîte manuelle à quatre rapports. Le moteur étant installé à l’arrière, la chaîne cinématique reste compacte. La conduite demande toutefois de tenir compte de la puissance limitée, particulièrement lorsque la voiture transporte plusieurs passagers ou des bagages.
Le châssis monocoque en acier reprend les principes techniques de la Fiat 500, avec des adaptations liées à l’empattement et à la charge transportée. Les suspensions indépendantes associent un ressort à lames transversal à l’avant et des ressorts hélicoïdaux à l’arrière. Les quatre roues reçoivent des freins à tambour, conformément aux standards des petites automobiles économiques de cette période.
La consommation annoncée dans plusieurs documentations historiques se situe autour de 5,1 à 5,2 litres aux 100 kilomètres. Cette valeur reflète les conditions de mesure de l’époque et ne constitue pas une garantie de consommation en circulation actuelle. Avec un réservoir d’environ 22 litres, la voiture dispose néanmoins d’une autonomie adaptée à son usage quotidien.
Fiche technique de l’Autobianchi Giardiniera
| Caractéristique | Autobianchi Giardiniera (1968-1977) |
|---|---|
| Constructeur | Autobianchi |
| Origine | Italie |
| Site de production | Desio, Lombardie |
| Période de production | 1968 à 1977 sous marque Autobianchi |
| Segment | Petite voiture familiale |
| Carrosserie | Break 3 portes, version utilitaire Furgoncino |
| Nombre de places | 4 en version familiale, 2 en utilitaire |
| Structure | Monocoque autoporteuse en acier |
| Moteur | Fiat 120.000, bicylindre en ligne |
| Disposition du moteur | Arrière longitudinal, presque horizontal |
| Cylindrée | 499,5 cm³ |
| Alésage x course | 67,4 x 70 mm |
| Distribution | Arbre à cames latéral, tiges et culbuteurs, 2 soupapes par cylindre |
| Alimentation | Carburateur Weber 26 OC |
| Refroidissement | Air forcé |
| Taux de compression | 7,1:1 |
| Puissance maximale | Environ 17,5 ch à 4 600 tr/min |
| Couple maximal | Environ 30 Nm à 3 200 tr/min, selon les fiches |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 4 rapports et marche arrière |
| Embrayage | Monodisque à sec |
| Suspension avant | Indépendante, ressort à lames transversal et amortisseurs télescopiques |
| Suspension arrière | Indépendante, bras oscillants, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques |
| Direction | Mécanique, sans assistance |
| Freinage | Tambours hydrauliques aux quatre roues |
| Roues | Jantes en acier de 12 pouces |
| Pneumatiques | 125-12 selon les configurations historiques |
| Longueur | 3 185 mm environ |
| Largeur | 1 320 mm environ |
| Hauteur | 1 354 mm environ |
| Empattement | 1 940 mm |
| Voie avant | 1 121 mm environ |
| Voie arrière | 1 131 mm environ |
| Poids à vide | Environ 560 kg |
| Vitesse maximale | Environ 95 km/h |
| Consommation historique annoncée | Environ 5,1 à 5,2 l/100 km |
| Réservoir | Environ 21 à 22 litres |
| Installation électrique | 12 volts |
Versions familiales, Furgoncino et évolutions de gamme
L’Autobianchi Giardiniera est principalement proposée dans deux configurations répondant à des usages différents. La version familiale, entièrement vitrée, conserve une banquette arrière permettant d’accueillir quatre occupants. Son toit ouvrant en toile et sa banquette rabattable lui donnent une polyvalence inhabituelle pour une voiture aussi compacte.
La version Furgoncino répond davantage aux besoins des professionnels. Elle se distingue par ses panneaux latéraux arrière tôlés, son toit rigide nervuré et l’absence de banquette arrière. L’espace disponible est ainsi réservé au transport de marchandises, d’outillage ou de petits colis. Cette carrosserie s’adresse notamment aux artisans, commerçants et entreprises effectuant des livraisons urbaines.
Le moteur et l’architecture générale restent proches de ceux du break. Les différences portent essentiellement sur l’aménagement intérieur et la carrosserie, avec des équipements adaptés à la fonction utilitaire. La charge admissible demeure limitée par les dimensions et la mécanique du véhicule, mais son faible encombrement constitue un avantage dans les centres-villes italiens aux rues étroites.
Au fil des années, Autobianchi apporte des modifications de présentation plutôt que de profondes transformations techniques. Les emblèmes, les éléments de finition intérieure et certains détails des vitrages ou des aérations évoluent progressivement. La Giardiniera conserve néanmoins ses caractéristiques essentielles jusqu’à la fin de sa carrière.
Cette stabilité technique contraste avec le renouvellement du reste de la gamme. Lancée en 1969, l’Autobianchi A112 adopte une architecture moderne à moteur avant transversal et traction avant. Plus adaptée aux attentes des automobilistes des années 1970, elle contribue à repositionner Autobianchi sur le marché des citadines. Elle ne remplace cependant pas directement la Giardiniera, dont la vocation familiale et utilitaire reste spécifique.
La commercialisation française de la Giardiniera semble s’être interrompue plus tôt que sa production italienne, autour de 1970 d’après les archives de clubs spécialisés. En Italie, sa carrière se prolonge jusqu’en 1977, avec un écoulement possible des derniers exemplaires après l’arrêt de fabrication.
Production et place de la Giardiniera dans l’histoire Autobianchi
La production de la Giardiniera s’étend sur près de dix-sept ans si l’on considère l’ensemble de la lignée commencée sous la marque Fiat en 1960. La période Autobianchi, de 1968 à 1977, représente sa dernière décennie commerciale. Cette longévité témoigne de l’intérêt d’une formule simple, économique et particulièrement adaptée aux usages quotidiens.
Les chiffres de fabrication publiés ne sont pas parfaitement homogènes. Un relevé de numéros de châssis du Fiat 500 Club Italia permet d’estimer à environ 112 000 unités les séries correspondant à la période Autobianchi de 1968 à 1977. Ce total ne doit toutefois pas être assimilé sans réserve à un bilan industriel définitif, les relevés de châssis et les statistiques globales de la famille Fiat 500 Giardiniera utilisant des périmètres différents.
La distinction entre Fiat et Autobianchi est particulièrement importante pour l’identification des exemplaires. Les véhicules produits autour de la transition peuvent présenter des caractéristiques proches, tandis que les badges ont parfois été remplacés au cours de restaurations. Un exemplaire authentique doit donc être identifié à partir de plusieurs éléments concordants : numéro de châssis, documents administratifs, détails de carrosserie et équipements correspondant à sa période de fabrication.
La Giardiniera occupe une position singulière dans l’histoire d’Autobianchi. Alors que la marque développe des voitures de plus en plus modernes, elle continue de produire un modèle reposant sur une architecture conçue à la fin des années 1950. Cette coexistence répond à deux besoins distincts : proposer des citadines renouvelées tout en conservant une petite voiture de transport pratique et relativement peu coûteuse.
L’Autobianchi Giardiniera en collection : identification et points à surveiller
Pour un collectionneur, l’Autobianchi Giardiniera présente un intérêt particulier en raison de sa carrosserie spécifique et de son moteur horizontal. Sa parenté avec la Fiat 500 facilite la compréhension générale de sa mécanique, mais certaines pièces propres à la Giardiniera ne sont pas interchangeables avec celles de la berline. C’est notamment le cas de plusieurs éléments liés au moteur couché, au refroidissement et à la carrosserie arrière.
La corrosion constitue un point de vigilance important. Les bas de caisse, les planchers, les passages de roues, les ancrages de suspension et les parties inférieures de la carrosserie doivent être examinés attentivement. Les réparations anciennes peuvent masquer des détériorations structurelles, particulièrement sur des véhicules ayant longtemps servi au transport de marchandises.
Le moteur nécessite une vérification de son refroidissement, de son alimentation et de son étanchéité. Son implantation horizontale rend certains organes et accessoires spécifiques. Une restauration conforme doit tenir compte de ces particularités plutôt que de rechercher systématiquement des pièces de Fiat 500 berline.
Sur la version familiale, l’état de la toile du toit ouvrant, des mécanismes de fixation, des joints et des vitrages arrière mérite une attention particulière. Les infiltrations d’eau peuvent provoquer une corrosion peu visible à l’intérieur des panneaux de carrosserie. La porte arrière à ouverture latérale doit également être contrôlée au niveau de ses charnières, de sa fermeture et de son alignement.
La version Furgoncino demande une vérification supplémentaire de l’authenticité de sa carrosserie. Ses panneaux tôlés, son toit rigide et son aménagement intérieur doivent correspondre à une configuration utilitaire d’origine. Une transformation artisanale réalisée à partir d’un break ne possède pas nécessairement la même valeur historique qu’un exemplaire construit directement dans cette version.
Enfin, la datation précise repose sur la cohérence des éléments d’identification. Les emblèmes Autobianchi, les modifications de présentation et les numéros de châssis permettent de distinguer les principales périodes de fabrication. Pour une restauration fidèle, il est préférable de conserver les spécificités du millésime plutôt que de mélanger des accessoires issus de différentes séries Fiat et Autobianchi.
