Le Goupil G4 est un véhicule utilitaire 100 % électrique lancé fin 2016 par le constructeur français Goupil, installé à Bourran, dans le Lot-et-Garonne. Conçu pour les déplacements professionnels de proximité, il associe une cabine compacte à deux places, un châssis modulable et une capacité de chargement adaptée aux collectivités comme aux entreprises. Avec sa largeur d’environ 1,20 m, sa vitesse maximale de 50 km/h et ses nombreuses carrosseries disponibles, il répond aux besoins de transport et de maintenance dans les environnements où un utilitaire classique se révèle encombrant.
Le G4 se distingue par sa polyvalence. Il peut recevoir un plateau, une benne basculante, un fourgon fermé ou des équipements spécialisés pour l’entretien des espaces verts et la propreté urbaine. Son autonomie dépend de la batterie choisie, avec plusieurs solutions au plomb ou au lithium proposées au cours de sa commercialisation. Cette diversité explique pourquoi les caractéristiques d’un Goupil G4 peuvent varier sensiblement d’un exemplaire à l’autre.
Histoire du Goupil G4 : un utilitaire électrique lancé en 2016
Le Goupil G4 apparaît dans une période où les collectivités territoriales et les entreprises cherchent à réduire les émissions locales de leurs flottes professionnelles. Les petits véhicules électriques présentent alors plusieurs avantages pour les trajets répétitifs : absence d’émissions à l’échappement, fonctionnement silencieux, simplicité de conduite et possibilité de recharger les batteries pendant les périodes d’immobilisation.
Goupil possède déjà une expérience importante dans ce domaine lorsque le G4 est commercialisé. Fondée en 1996, l’entreprise française s’est spécialisée dans les utilitaires électriques légers. Elle rejoint le groupe américain Polaris en 2011, tout en conservant son implantation industrielle dans le Lot-et-Garonne.
Lancé à la fin de l’année 2016, le G4 succède directement au Goupil G3. Il reprend le principe d’un véhicule électrique étroit, destiné aux déplacements à faible vitesse, mais introduit une conception modernisée. Le constructeur cherche notamment à améliorer les performances, le confort de conduite, les capacités de transport et la compatibilité avec différents équipements professionnels.
Cette évolution répond à une demande plus large que celle des seuls services municipaux. Les exploitants de sites industriels, les entreprises de maintenance, les gestionnaires d’espaces verts et les opérateurs logistiques recherchent également des véhicules capables de circuler sur des voies étroites tout en transportant des outils, des marchandises ou des déchets.
Le développement commercial est rapide. En juillet 2019, Goupil annonce avoir vendu plus de 5 000 exemplaires du G4. En avril 2025, le constructeur célèbre la livraison du 16 000e véhicule. Ces chiffres illustrent l’importance du modèle dans l’activité industrielle de la marque, même s’ils correspondent à deux indicateurs distincts, les ventes cumulées et les livraisons.
Le G4 occupe progressivement une place centrale dans une gamme qui s’élargit. Le Goupil G2, lancé en 2019, propose une solution encore plus compacte pour les déplacements de proximité. Le G4 conserve pour sa part un positionnement intermédiaire, privilégiant la polyvalence et la capacité d’emport.
Design, dimensions et conception du Goupil G4
Le dessin du Goupil G4 privilégie les exigences pratiques plutôt que les effets stylistiques. Sa cabine avancée, son pare-brise de grande surface et ses proportions verticales facilitent la visibilité dans les environnements encombrés. La position de conduite relativement haute permet de surveiller les obstacles proches, un avantage pour les manœuvres sur les sites industriels, dans les parcs ou sur les voies de service.
La face avant est courte, sans long compartiment moteur. Les roues sont placées près des extrémités de la structure, tandis que l’espace situé derrière la cabine est réservé aux équipements professionnels. Les deux portes latérales donnent accès à un habitacle prévu pour le conducteur et un passager.
La largeur réduite constitue l’une des caractéristiques les plus importantes du véhicule. Elle permet de circuler dans des passages où une camionnette traditionnelle aurait davantage de difficultés. La longueur d’environ 3,60 m reste compatible avec les besoins d’un petit utilitaire, tandis que l’empattement relativement court favorise les changements de direction.
Le G4 repose sur une plateforme modulaire permettant de recevoir différentes carrosseries. Cette conception évite de limiter le véhicule à une seule mission : un même type de châssis peut servir au transport de marchandises, à la collecte de déchets ou à l’installation d’un équipement technique. En contrepartie, les dimensions hors tout et la masse à vide dépendent de l’aménagement retenu.
Le confort intérieur reste orienté vers le travail quotidien. Selon les millésimes et les options, le G4 peut disposer d’un affichage LCD, de rangements, d’une direction assistée, d’un pare-brise chauffant ou encore d’équipements de chauffage et de ventilation. Ces éléments améliorent l’utilisation lors des tournées répétitives, notamment lorsque le conducteur effectue de nombreux arrêts.
Le véhicule se distingue ainsi d’un utilitaire conventionnel autant par son gabarit que par sa philosophie. Il n’est pas conçu pour les longs trajets autoroutiers, mais pour des missions régulières à faible distance, avec des arrêts fréquents et des besoins de chargement variables.
Fiche technique du Goupil G4
| Caractéristique | Goupil G4 |
|---|---|
| Constructeur | Goupil |
| Pays d’origine | France |
| Site industriel | Bourran, Lot-et-Garonne |
| Année de lancement | 2016 |
| Type | Utilitaire électrique léger |
| Carrosseries | Plateau, benne, fourgon et équipements spécialisés |
| Nombre de places | 2 en configuration standard |
| Motorisation | Électrique asynchrone à courant alternatif |
| Puissance nominale | 10 kW, soit environ 13,6 ch |
| Puissance maximale documentée | 16,3 kW, soit environ 22,2 ch selon version |
| Couple moteur | 57 Nm sur documentation historique, valeurs supérieures sur certaines fiches ultérieures |
| Contrôleur moteur | Curtis |
| Transmission | Réduction fixe avec différentiel |
| Rapport de réduction documenté | 14,87:1 |
| Vitesse maximale | 50 km/h |
| Batteries | Plomb ouvert ou lithium LiFePO4 |
| Capacités plomb documentées | 8,6, 11,5 et 15,4 kWh |
| Capacités lithium documentées | 7, 9 et 14 kWh |
| Tension de traction | Principalement 48 V, 51,2 V sur certaines batteries lithium |
| Autonomie annoncée | Environ 35 à 110 km selon batterie et configuration |
| Temps de recharge documenté | Environ 3 h à 9 h 45 selon batterie |
| Alimentation de recharge | 230 V selon configuration |
| Longueur | 3 600 mm sur brochure 2020, 3 582 mm sur brochure 2018 |
| Largeur | 1 200 mm environ |
| Hauteur | 1 893 mm selon brochure 2020 |
| Empattement | 2 022 mm |
| Voies avant et arrière | 1 045 mm |
| Rayon de braquage aux roues | 3 900 mm |
| Rayon de braquage hors tout | 4 383 mm |
| PTAC | 2 100 kg sur configuration historique documentée |
| Charge utile maximale annoncée | Jusqu’à environ 1 200 kg selon configuration |
| Suspension avant | Type McPherson |
| Suspension arrière | Ressorts à lames composites |
| Freins avant | Disques hydrauliques |
| Freins arrière | Tambours de 230 mm |
| Frein de stationnement | Commande manuelle |
| Pneumatiques routiers | 155 R13C 90Q |
| Jantes | Acier, 4J × 13 |
| Capacité de remorquage documentée | 750 kg non freinés, jusqu’à 1 400 kg freinés selon homologation |
| Catégories d’homologation rencontrées | N1 et L7e-CU selon version |
Motorisation électrique, batteries et autonomie
Le Goupil G4 utilise une chaîne de traction électrique adaptée à une utilisation professionnelle à basse vitesse. Son moteur asynchrone transmet la puissance aux roues par l’intermédiaire d’un réducteur et d’un différentiel. L’absence de boîte manuelle conventionnelle simplifie la conduite, particulièrement lors des tournées comprenant de nombreux démarrages et arrêts.
Le choix de la batterie joue un rôle déterminant dans les capacités du véhicule. Les premières documentations commerciales présentent plusieurs accumulateurs au plomb ouvert et au lithium fer phosphate, également appelé LiFePO4. Ces deux technologies répondent à des contraintes différentes de coût, de masse, de recharge et d’exploitation.
Les batteries au plomb constituent une solution historiquement répandue dans les véhicules électriques industriels. Leur principal inconvénient réside dans leur masse importante, qui peut réduire la charge utile disponible. Les batteries lithium offrent une densité énergétique supérieure et des temps de recharge généralement plus courts, mais leur coût d’acquisition est différent.
L’autonomie doit être appréciée en fonction du travail demandé au véhicule. Un G4 circulant à vide sur un parcours plat ne sollicite pas sa batterie de la même manière qu’une benne chargée effectuant de nombreux démarrages ou qu’un véhicule équipé d’un système électrique auxiliaire. Le relief, la température et le vieillissement des accumulateurs interviennent également.
Les valeurs historiques annoncées par Goupil ne correspondent pas toutes à une mesure normalisée WLTP. Pour comparer deux exemplaires, il est donc préférable d’identifier la capacité exacte de leur batterie, sa technologie, son état et les conditions d’autonomie annoncées plutôt que de se fier à une distance maximale isolée.
La recharge sur une alimentation électrique adaptée au site d’exploitation permet d’organiser les tournées autour des périodes d’immobilisation. Cette logique convient particulièrement aux flottes qui rentrent quotidiennement dans un dépôt municipal, un atelier ou une base logistique. Les exploitants peuvent ainsi prévoir la recharge pendant la nuit ou entre deux périodes d’utilisation.
La vitesse limitée à 50 km/h confirme le positionnement du G4. Son intérêt ne repose pas sur les performances routières, mais sur sa maniabilité, son fonctionnement électrique et sa capacité à assurer des missions répétitives dans un périmètre géographique maîtrisé.
Carrosseries et utilisations professionnelles
La modularité représente l’un des principaux arguments du Goupil G4. Le constructeur a développé une gamme d’aménagements permettant de répondre à des besoins très différents sans modifier le principe général du véhicule. Un dossier de presse publié en 2022 évoque plus de trente équipements possibles.
La version à plateau fixe convient au transport d’outillage, de matériaux, de végétaux ou de marchandises. Les ridelles facilitent le chargement et peuvent être adaptées aux objets transportés. Cette configuration intéresse notamment les services techniques municipaux, les équipes d’entretien et les exploitants de sites privés.
La benne basculante ajoute une fonction de déchargement particulièrement utile pour les déchets verts, les feuilles, la terre ou les petits matériaux en vrac. Elle réduit les manipulations nécessaires à la fin d’une intervention, mais son mécanisme et sa structure augmentent la masse de l’ensemble par rapport à un plateau simple.
Les fourgons fermés protègent les marchandises et le matériel des intempéries. Des variantes bâchées, à rideaux ou dotées d’aménagements particuliers ont également été proposées. Certains équipements permettent de répondre aux contraintes du transport de produits sensibles à la température.
Le G4 peut aussi recevoir des installations spécialisées pour la propreté urbaine et les espaces verts : systèmes d’arrosage, nettoyeurs haute pression, dispositifs de collecte ou aspirateurs de feuilles. Ces applications montrent que le véhicule constitue davantage une base de travail électrique qu’un simple moyen de transport.
La charge utile doit cependant être distinguée de la capacité théorique du châssis. Un véhicule équipé d’un fourgon, d’une benne ou d’un matériel embarqué dispose d’une masse disponible pour les marchandises différente. Les annonces officielles de Goupil ont ainsi présenté des exemplaires offrant des charges utiles de 700, 751 ou 964 kg, selon leur équipement.
La catégorie d’homologation constitue un autre élément déterminant. Certaines versions relèvent de la catégorie N1, tandis que d’autres configurations ont été documentées en L7e-CU. Ces différences peuvent modifier les masses autorisées, les conditions d’utilisation et les obligations réglementaires. Pour un véhicule précis, le certificat d’immatriculation et les documents d’homologation restent les références.
Les utilisations du G4 dépassent le cadre municipal. Le constructeur a notamment cité des clients ou utilisateurs professionnels tels que Volkswagen, Naval Group, Selecta et l’Armée de Terre. Un témoignage consacré à l’aéroport d’Ajaccio décrit également l’emploi d’un G4 plateau fixe pour des opérations de maintenance, avec un parcours quotidien d’environ vingt kilomètres.
Place dans la gamme Goupil et marché de l’occasion
Le succès du G4 accompagne l’élargissement de la gamme électrique du constructeur. En 2020, le Goupil G6 arrive sur un segment supérieur, avec un gabarit plus important et notamment une cabine pouvant accueillir trois occupants. Il répond à des missions nécessitant davantage d’espace et des capacités différentes de celles du G4.
La gamme historique comprend également le Goupil G5, autre utilitaire électrique du constructeur, qui ne doit pas être confondu avec le G4. Plus récemment, Goupil a développé le G4+, un modèle distinct dont les caractéristiques ne doivent pas être attribuées au G4 lancé en 2016.
Le marché de l’occasion constitue une voie d’accès importante à ce type de véhicule. Goupil commercialise lui-même des exemplaires reconditionnés, notamment en versions plateau et fourgon. Des annonces publiées entre 2024 et 2026 présentent des prix d’entrée situés approximativement entre 8 500 et 11 300 euros, selon la date, la carrosserie et les équipements. Ces montants ne constituent pas une cote officielle et leur régime de TVA varie selon les annonces.
Lors de l’achat d’un G4 d’occasion, la batterie mérite une attention particulière. Sa technologie, son ancienneté, son état de santé et la disponibilité d’un chargeur compatible influencent directement les coûts d’exploitation. Une batterie ayant perdu une partie de sa capacité peut rester adaptée à une courte tournée quotidienne, mais devenir insuffisante pour une utilisation intensive.
L’état du châssis, des suspensions, du système de freinage et des équipements arrière doit également être examiné. Un véhicule utilisé pour transporter des déchets verts ou du matériel de voirie peut présenter une usure différente de celle d’un exemplaire affecté à des déplacements légers sur un site industriel.
Enfin, la configuration administrative et technique doit correspondre à l’utilisation envisagée. Le PTAC, la charge utile inscrite sur les documents du véhicule, la catégorie d’homologation et la compatibilité des équipements déterminent ce qu’il est légalement possible de transporter. Pour une collectivité ou une entreprise, cette vérification est aussi importante que le kilométrage affiché.
