Lancé en 1998, le Land Rover Discovery 2 constitue la deuxième génération du Land Rover Discovery. Aussi appelé Discovery Series II et identifié par le code L318, il conserve volontairement la silhouette du modèle original tout en bénéficiant d’une refonte technique beaucoup plus profonde que son apparence ne le suggère. Plus spacieux, plus sophistiqué et doté d’une électronique de châssis alors particulièrement élaborée pour un 4×4 à essieux rigides, il reste produit jusqu’en 2004.
Le Discovery 2 occupe une place particulière dans l’histoire de Land Rover. Il appartient encore à l’ancienne école du tout-terrain britannique, avec châssis séparé, transmission intégrale permanente, boîte de transfert avec gamme courte et deux essieux rigides. Mais il y associe des équipements comme le contrôle de descente HDC, l’antipatinage électronique ETC, la suspension arrière pneumatique SLS ou le système antiroulis actif ACE. Cette combinaison le distingue aussi bien de son prédécesseur que de son successeur.
Une deuxième génération profondément remaniée
À la fin des années 1990, Land Rover doit moderniser le Discovery sans abandonner les qualités qui ont assuré son succès. La marque évolue alors sous le contrôle de BMW et dispose d’une gamme comprenant également le Range Rover P38, le Defender et le récent Freelander. Le Discovery doit rester le modèle familial capable de conjuguer longs trajets, sept places et véritables aptitudes hors route.
La proximité visuelle avec le premier Discovery est donc intentionnelle. Land Rover conserve notamment l’empattement de 2 540 mm et les grands principes de l’architecture existante, mais annonce environ 720 modifications. La carrosserie est sensiblement retravaillée et allongée, particulièrement à l’arrière. Cet allongement améliore l’espace disponible pour les passagers supplémentaires et permet une implantation plus convaincante des sièges de troisième rangée.
Cette filiation technique remonte aux architectures développées autour du Range Rover Classic. Le Discovery 2 conserve ainsi un robuste châssis en échelle et des essieux rigides, à une époque où une part croissante du marché des SUV adopte des structures monocoques et des suspensions indépendantes.
Le lancement intervient en 1998, même si certains documents et marchés le présentent comme un modèle 1999. Cette différence explique les deux dates fréquemment rencontrées à son sujet. Pour identifier la génération, 1998 correspond à sa première apparition et constitue donc son année de lancement.
Le Td5 au coeur de la gamme européenne
La principale nouveauté mécanique est le cinq cylindres turbodiesel Td5 de 2 498 cm3. Ce moteur à injection directe utilise des injecteurs-pompes commandés électroniquement et développe environ 136 à 139 ch selon la norme et l’arrondi employés. Les données Land Rover donnent 101,5 kW à 4 200 tr/min, avec un couple atteignant 300 Nm sur la version à boîte manuelle. Le Td5 devient rapidement la motorisation emblématique du Discovery 2 en Europe.
Le moteur essence est le Rover V8, principalement proposé en version 4,0 litres sur les marchés européens. Avec 3 950 cm3, l’injection multipoint et environ 185 ch dans sa définition européenne, il apporte davantage de souplesse et des performances supérieures au diesel, au prix d’une consommation nettement plus importante. Un V8 de 4,6 litres est également commercialisé sur certains marchés, notamment en Amérique du Nord. Il ne faut donc pas considérer le 4.6 comme la motorisation essence standard du Discovery 2 vendu en France.
Selon les versions, le Discovery reçoit la boîte manuelle R380 à cinq rapports ou une transmission automatique ZF à quatre rapports. Toutes deux sont associées à une transmission intégrale permanente et à une boîte de transfert LT230 disposant de rapports longs et courts. La gestion du blocage du différentiel central évolue toutefois au cours de la carrière : sa présence mécanique et la possibilité de le commander depuis l’habitacle ne sont pas identiques sur tous les millésimes.
Un châssis traditionnel associé à une électronique avancée
Le Discovery 2 conserve deux essieux rigides, choix favorable au débattement et à la robustesse en terrain difficile. À l’avant, l’essieu utilise des ressorts hélicoïdaux. À l’arrière, Land Rover adopte notamment un guidage par liaison de Watt. Selon les versions et équipements, les ressorts arrière peuvent être remplacés par la suspension pneumatique SLS, pour Self Levelling Suspension, qui maintient automatiquement l’assiette du véhicule lorsque sa charge varie.
Autre dispositif marquant, l’ACE, pour Active Cornering Enhancement, utilise un circuit hydraulique afin de contrôler activement le roulis. L’objectif est de conserver la liberté de mouvement nécessaire aux essieux en tout-terrain tout en réduisant fortement l’inclinaison de la carrosserie sur route. ACE et SLS ne sont cependant pas présents sur tous les Discovery 2.
L’électronique joue également un rôle important dans les capacités hors route. Le système ETC peut freiner individuellement une roue qui patine afin de transférer du couple vers celles conservant de l’adhérence. Le HDC, ou Hill Descent Control, gère automatiquement le freinage à basse vitesse lors des descentes difficiles. L’ensemble fonctionne avec un ABS à quatre canaux et une répartition électronique du freinage.
Cette sophistication différencie nettement le Discovery du Land Rover Defender contemporain. Les deux véhicules conservent de solides aptitudes hors route, mais le Discovery 2 vise davantage le confort familial, les longs déplacements et la polyvalence routière, avec une dotation électronique et un habitacle sensiblement plus élaborés.
Fiche technique de la Land Rover Discovery 2
| Caractéristique | Land Rover Discovery 2 |
|---|---|
| Période | 1998 à 2004 |
| Code de génération | L318 |
| Carrosserie | 4×4 5 portes, 5 ou 7 places selon configuration |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, transmission intégrale permanente |
| Diesel | Td5, 5 cylindres en ligne turbodiesel à injection directe |
| Cylindrée Td5 | 2 498 cm3 |
| Puissance Td5 | 101,5 kW à 4 200 tr/min, environ 136 à 139 ch selon norme et arrondi |
| Couple Td5 | 300 Nm en boîte manuelle dans la définition initiale documentée |
| Essence principal en Europe | V8 atmosphérique à injection multipoint |
| Cylindrée V8 4.0 | 3 950 cm3 |
| Puissance V8 4.0 | Environ 185 ch dans la définition européenne |
| Couple V8 4.0 | Environ 340 Nm |
| Autre moteur | V8 4.6 sur certains marchés |
| Boîtes de vitesses | R380 manuelle 5 rapports ou automatique ZF 4 rapports |
| Boîte de transfert | LT230, gammes longue et courte |
| Structure | Châssis séparé de type échelle |
| Suspension avant | Essieu rigide, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide, liaison de Watt, ressorts hélicoïdaux ou SLS selon version |
| Freins | 4 disques, avant ventilés, ABS 4 canaux |
| Aides de châssis | ETC, HDC, EBD, ACE et SLS selon équipement |
| Longueur | Environ 4 705 mm avec roue de secours |
| Largeur | 1 885 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 940 mm sans barres de toit |
| Empattement | 2 540 mm |
| Voies avant / arrière | 1 540 / 1 560 mm |
| Garde au sol | Environ 254 mm dans la documentation technique |
| Poids à vide documenté | Environ 2 095 à 2 235 kg en V8 et 2 150 à 2 280 kg en Td5 selon configuration |
| Pneumatiques documentés | 235/70 R16, 255/65 R16 ou 255/55 R18 selon version |
| Vitesse maximale Td5 | Environ 157 km/h selon version |
| 0 à 100 km/h Td5 manuel | Environ 15,3 s |
| Vitesse maximale V8 4.0 | Environ 170 km/h pour certaines versions européennes |
| 0 à 100 km/h V8 4.0 BVA | Environ 12,8 s dans la définition française documentée |
Un restylage important pour les dernières années
Le Discovery 2 des premières années reste facile à reconnaître à ses projecteurs avant relativement simples et à une face très proche, dans son esprit, de celle de la première génération. Sa silhouette demeure caractéristique avec ses flancs verticaux, son toit surélevé vers l’arrière, ses vitrages supérieurs latéraux et la roue de secours fixée sur la porte arrière.
Un important restylage apparaît en 2002 pour les derniers millésimes. La face avant change nettement avec des projecteurs complexes intégrant plusieurs éléments circulaires sous une glace commune, accompagnés d’une nouvelle calandre et d’un pare-chocs redessiné. Cette évolution rapproche visuellement le Discovery des autres Land Rover contemporains sans modifier les principes fondamentaux de son architecture.
Les derniers modèles présentent également un intérêt particulier concernant le différentiel central. Après une période durant laquelle le conducteur ne dispose plus systématiquement d’une commande conventionnelle de verrouillage, Land Rover réintroduit cette possibilité sur certaines versions tardives. Ce détail explique pourquoi deux Discovery 2 extérieurement proches peuvent disposer de configurations différentes pour une utilisation tout-terrain exigeante.
Sept places et positionnement familial
L’allongement de la carrosserie répond notamment à l’un des objectifs essentiels de cette génération : améliorer les places arrière supplémentaires. Le Discovery original pouvait déjà transporter sept personnes, mais ses sièges additionnels étaient installés longitudinalement. Le Discovery 2 propose une organisation plus pratique, tout en conservant un volume arrière compatible avec sa vocation familiale.
Il occupe ainsi le milieu de la gamme Land Rover. Le Land Rover Freelander lancé peu auparavant représente une approche plus compacte et plus routière, tandis que le Defender conserve sa vocation rustique et utilitaire. Le Discovery 2 cherche au contraire à offrir un compromis entre ces univers, sans renoncer aux éléments mécaniques nécessaires à un véritable usage hors route.
Cette polyvalence explique également son emploi lors du premier Land Rover G4 Challenge en 2003. Des Discovery 2 spécialement préparés et reconnaissables à leur livrée orange participent à cette aventure internationale aux côtés d’autres véhicules de la marque. L’événement ne constitue pas un rallye traditionnel, mais met en avant les capacités des véhicules dans des environnements et sur des terrains particulièrement variés.
La fin de l’architecture historique du Discovery
La production du Discovery 2 s’achève en 2004. Malgré l’ampleur de ses évolutions, il reste fondamentalement apparenté au premier Discovery par son empattement, son châssis séparé, ses essieux rigides et sa conception générale. C’est précisément ce qui le distingue de la génération suivante.
Le Land Rover Discovery 3 introduit en 2004 rompt largement avec cette formule. Son architecture, ses suspensions et son style marquent le passage à une conception beaucoup plus moderne. Le Discovery 2 représente ainsi la dernière évolution directe du Discovery originel : un 4×4 encore construit autour d’une mécanique traditionnelle, mais enrichi de systèmes électroniques et hydrauliques qui annonçaient déjà la transformation technologique de la gamme Land Rover.




