Présenté en septembre 2016, le Land Rover Discovery 5 constitue une rupture majeure dans l’histoire du grand 4×4 britannique. Cette cinquième génération abandonne les formes très cubiques et la construction particulièrement lourde de son prédécesseur au profit d’une carrosserie plus fluide et d’une structure monocoque faisant largement appel à l’aluminium. Le principe reste pourtant fidèle au Discovery originel : réunir sept places, une forte capacité de chargement, de réelles aptitudes au tout-terrain et le confort attendu d’un grand SUV haut de gamme.
Le nom Discovery 5 est surtout employé par la presse et les automobilistes pour distinguer cette génération, également connue sous le code L462. Land Rover la commercialise simplement sous le nom Discovery. Elle ne doit pas être confondue avec le Land Rover Discovery Sport, modèle plus compact occupant une position inférieure dans la gamme.
Une cinquième génération en rupture avec le Discovery 4
Lorsque Land Rover dévoile le nouveau Discovery en 2016, la lignée existe depuis 1989. Le premier Land Rover Discovery avait créé un intermédiaire entre les Land Rover utilitaires et le luxueux Range Rover. Au fil des générations, le modèle s’est progressivement transformé en grand véhicule familial tout en conservant des capacités de franchissement inhabituelles dans sa catégorie.
La rupture devient particulièrement visible avec le Discovery 5. Les Discovery 3 et 4 étaient reconnaissables à leur carrosserie verticale, leurs surfaces vitrées importantes et leurs lignes presque géométriques. Le Land Rover Discovery 4, son prédécesseur direct, reposait en outre sur une architecture lourde associant une coque et une structure de type châssis intégré. Le nouveau modèle adopte une conception monocoque beaucoup plus légère faisant largement appel à l’aluminium. Land Rover revendiquait jusqu’à 480 kg d’allègement selon la comparaison de construction retenue.
Le style évolue dans la même direction. Sous la responsabilité du design Land Rover dirigé par Gerry McGovern, le Discovery reçoit une face avant affinée, des flancs plus sculptés et une silhouette nettement plus aérodynamique. Certains signes historiques subsistent, notamment le décroché du pavillon et une asymétrie à l’arrière rappelant l’emplacement décalé de la plaque des générations précédentes. Le hayon extérieur en deux parties disparaît cependant au profit d’un grand hayon monobloc, complété par une tablette intérieure rabattable électriquement sur certaines versions.
Sept places et une conception centrée sur la polyvalence
Avec 4,97 m de longueur au lancement et un empattement d’environ 2,92 m, le Discovery 5 reste un véhicule imposant. Son architecture intérieure permet d’accueillir jusqu’à sept occupants, Land Rover ayant cherché à rendre la troisième rangée utilisable par des adultes et pas seulement par des enfants. Les rangées sont disposées en gradins, conformément à une tradition ancienne du Discovery, tandis que la position de conduite reste volontairement haute.
L’une des particularités du lancement est l’Intelligent Seat Fold. Sur les versions équipées, les sièges des deuxième et troisième rangées peuvent être reconfigurés électriquement depuis les commandes du véhicule et, dans certaines conditions, à distance. Le volume disponible dépend fortement de la position des sièges et de la méthode de mesure : Land Rover annonçait jusqu’à 2 500 litres dans la configuration de chargement maximale du modèle initial. Le restylage conserve cette logique de modularité avec des valeurs légèrement différentes suivant les configurations.
Cette vocation familiale n’efface pas les ambitions hors route. Avec la suspension pneumatique et les équipements appropriés, la garde au sol peut atteindre 283 mm et la profondeur de gué annoncée atteint 900 mm. Les systèmes Terrain Response, et Terrain Response 2 sur les versions concernées, adaptent le fonctionnement de la transmission et des aides électroniques aux différentes surfaces. La capacité maximale de remorquage atteint 3 500 kg sur les configurations homologuées pour cette charge.
Fiche technique du Land Rover Discovery 5
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Génération | Cinquième génération, code L462 |
| Présentation | Septembre 2016 |
| Carrosserie | SUV 5 portes, jusqu’à 7 places |
| Structure | Monocoque faisant largement appel à l’aluminium |
| Implantation moteur | Longitudinale avant |
| Transmission | Transmission intégrale |
| Boîte | Automatique ZF à 8 rapports sur les motorisations de lancement |
| Td4 de lancement | 4 cylindres Diesel 2,0 l turbo, 180 ch, 430 Nm |
| Sd4 de lancement | 4 cylindres Diesel 2,0 l biturbo, 240 ch, 500 Nm |
| Td6 de lancement | V6 Diesel 3,0 l, 258 ch, 600 Nm |
| Si6 de lancement | V6 essence 3,0 l compressé, 340 ch, 450 Nm |
| Moteurs après restylage | P300 300 ch, P360 MHEV 360 ch, D250 MHEV 249 ch, D300 MHEV 300 ch, puis autres évolutions selon millésime |
| Suspension avant | Double triangulation |
| Suspension arrière | Indépendante multibras de type Integral Link |
| Suspension pneumatique | Disponible selon version et marché |
| Freinage | Disques ventilés avant et arrière sur plusieurs versions de lancement |
| Longueur au lancement | 4 970 mm |
| Largeur hors rétroviseurs | Environ 2 000 mm |
| Hauteur | Environ 1 890 mm |
| Empattement | Environ 2 923 mm |
| Poids | Environ 2 105 à 2 230 kg pour plusieurs versions françaises initiales, davantage sur certaines versions ultérieures |
| 0 à 100 km/h Td4 180 | Environ 10,5 s |
| 0 à 100 km/h Sd4 240 | Environ 8,3 s |
| 0 à 100 km/h Td6 258 | Environ 8,1 s |
| Vitesse maximale Td4 180 | Environ 189 km/h |
| Vitesse maximale Sd4 240 | Environ 207 km/h |
| Vitesse maximale Td6 258 | Environ 209 km/h |
| Garde au sol maximale | 283 mm avec configuration pneumatique adaptée |
| Profondeur de gué maximale | 900 mm |
| Capacité de remorquage maximale | 3 500 kg sur les configurations homologuées correspondantes |
| Volume de chargement maximal annoncé au lancement | Jusqu’à 2 500 l selon configuration et méthode constructeur |
Des moteurs Ingenium au restylage de 2020
La gamme mécanique initiale illustre une période de transition chez Jaguar Land Rover. Les quatre cylindres Ingenium Diesel Td4 et Sd4 côtoient encore les V6 3,0 litres, dont le Td6 Diesel de 258 ch et le Si6 essence à compresseur de 340 ch. Un quatre cylindres essence Ingenium Si4 de 300 ch rejoint également la gamme au cours de la carrière. Dans tous les cas, le Discovery privilégie davantage la disponibilité du couple et la polyvalence que la recherche de performances sportives.
Land Rover apporte une évolution profonde au modèle à la fin de 2020 pour le millésime 2021. Il ne s’agit pas d’une nouvelle génération, mais d’un restylage accompagné d’une modernisation technique importante. La gamme accueille notamment les six cylindres en ligne Ingenium de 3,0 litres associés à une hybridation légère 48 V. Le D250 développe 249 ch et 570 Nm, tandis que le D300 atteint 300 ch et 650 Nm. En essence, le P360 associe également un six cylindres 3,0 litres à l’hybridation légère, pour 360 ch et 500 Nm. Le quatre cylindres P300 de 300 ch complète alors l’offre sur certains marchés.
Cette évolution s’accompagne d’un habitacle modernisé et du système multimédia Pivi Pro. À l’extérieur, les changements restent mesurés : signatures lumineuses, calandre et boucliers évoluent sans remettre en cause la silhouette générale. Les finitions et séries spéciales changent également au fil des millésimes, avec notamment des appellations R-Dynamic, Metropolitan, Landmark ou Tempest selon les périodes et les marchés.
Un Discovery plus routier sans renoncer au franchissement
Le passage à une structure monocoque en aluminium modifie profondément le caractère du Discovery. La réduction de masse, la suspension indépendante et l’attention portée à l’aérodynamisme l’éloignent de l’image très utilitaire des anciennes générations. Cette évolution s’inscrit dans la transformation générale de Land Rover, déjà visible sur des modèles premium comme le Range Rover L405.
Pour autant, le Discovery 5 ne devient pas un simple SUV routier. La transmission intégrale, la possibilité d’une boîte de transfert à gamme courte sur certaines configurations, la suspension pneumatique à hauteur variable et les aides électroniques au franchissement maintiennent des capacités tout-terrain élevées. L’All-Terrain Progress Control peut notamment gérer automatiquement une faible vitesse sur terrain difficile afin de laisser au conducteur la direction du véhicule.
Son positionnement diffère aussi de celui du Land Rover Defender L663. Les deux modèles modernes disposent de technologies de franchissement élaborées, mais le Discovery privilégie nettement la modularité familiale, le confort des sept occupants et les longs trajets. Le Defender conserve pour sa part une identité davantage liée à l’usage tout-terrain et à l’héritage des Land Rover historiques.
Production et carrière commerciale
Le Discovery 5 est d’abord associé au site historique de Solihull, au Royaume-Uni. Jaguar Land Rover annonce toutefois dès 2016 que le modèle sera également produit dans sa nouvelle usine de Nitra, en Slovaquie. Inauguré en 2018, ce site devient un élément important de l’organisation industrielle du groupe et accueille la production du Discovery.
Au lancement, Land Rover propose également une First Edition limitée à 2 400 exemplaires dans le monde. En France, la gamme débute autour de 50 900 euros pour un Td4 180 S, tandis que les versions les plus puissantes et richement équipées dépassent nettement 70 000 euros. Les tarifs évoluent ensuite avec les motorisations, l’équipement et les différentes restructurations de gamme.
La carrière particulièrement longue du L462 explique la diversité des Discovery 5 disponibles sur le marché : un Td4 de 180 ch du début de production et un six cylindres Diesel micro-hybridé tardif partagent la même génération mais diffèrent sensiblement par leur mécanique, leur électronique et leur équipement. Pour identifier précisément un exemplaire, le millésime, la motorisation et la finition sont donc aussi importants que l’appellation Discovery 5 elle-même.
Les détails qui permettent de reconnaître le Discovery 5
Face au Land Rover Discovery 3 et au Discovery 4, la cinquième génération se reconnaît immédiatement à ses volumes plus arrondis. Le pare-brise et les montants sont davantage inclinés, les projecteurs deviennent fins et la carrosserie perd l’aspect presque vertical de ses prédécesseurs. Le décroché du toit demeure suffisamment marqué pour rappeler la filiation sans dicter tout le dessin.
L’arrière constitue l’un de ses signes distinctifs les plus évidents. La plaque d’immatriculation est décalée sur le hayon, créant une asymétrie volontaire qui fait référence aux Discovery historiques. Le hayon lui-même est désormais constitué d’un seul panneau extérieur, ce qui permet de distinguer rapidement cette génération des Discovery 3 et 4 à hayon en deux parties.
Le Discovery 5 est ainsi moins défini par une motorisation particulière que par cette combinaison inhabituelle : grande carrosserie sept places, architecture moderne largement en aluminium, confort de SUV premium et capacités de franchissement conservées. Son important restylage de 2020 modifie les moteurs et l’électronique sans changer cette identité ni créer une sixième génération.




