Apparue en 1934, la MG Pa appartient à la génération des petites sportives qui ont forgé la réputation de MG avant la Seconde Guerre mondiale. À son lancement, elle est simplement connue comme la P-Type ou P Midget. L’appellation PA devient nécessaire après l’arrivée de la PB en 1935 et permet aujourd’hui de distinguer clairement la première version, équipée du quatre cylindres de 847 cm³.
La PA reste fidèle à la recette des premières Midget: une automobile légère, basse, à moteur avant et propulsion, construite autour d’un châssis séparé. Elle ne constitue pourtant pas une simple évolution esthétique. MG revoit le moteur, le châssis, les freins et l’habitacle afin de corriger plusieurs limites de la J-Type tout en conservant une voiture compacte et accessible.
Une P-Type conçue pour faire progresser la Midget
La PA prend la suite de la J-Type, et notamment de la J2, dans la gamme sportive MG. Le quatre cylindres à arbre à cames en tête de cette dernière offrait déjà des performances intéressantes, mais son vilebrequin reposant sur deux paliers constituait l’un de ses points faibles. Pour la P-Type, MG adopte un vilebrequin à trois paliers et conserve une cylindrée de 847 cm³. Alimenté par deux carburateurs SU, le moteur développe environ 36 ch à 5 500 tr/min.
Le travail ne se limite pas à la mécanique. Le châssis est renforcé et légèrement allongé, avec un empattement porté à environ 2,21 m. Cette évolution libère davantage de place dans l’habitacle et accompagne une révision du comportement général. Les freins à tambour mécaniques atteignent 12 pouces de diamètre, une amélioration significative par rapport à ceux de la J2. La suspension conserve en revanche une architecture traditionnelle à essieux rigides et ressorts semi-elliptiques.
La boîte manuelle à quatre rapports n’est pas synchronisée. Avec le moteur monté longitudinalement à l’avant et les roues arrière motrices, l’ensemble reste techniquement simple. Cette architecture et le faible poids expliquent une grande partie du caractère de la PA, dont les performances reposent davantage sur la légèreté que sur une puissance élevée.
Roadster, Tourer et rare Airline Coupé
La carrosserie la plus étroitement associée à la MG PA est la deux places ouverte. Son apparence réunit les codes des petites MG des années 1930: capot long et étroit, calandre verticale, ailes séparées, marchepieds, roues à rayons et habitacle très ouvert. Un Tourer à quatre places est également proposé, donnant à la P-Type une polyvalence inhabituelle pour une automobile aussi compacte.
La gamme comprend aussi l’Airline Coupé, nettement plus rare. Sa carrosserie fermée et profilée offre une interprétation plus sophistiquée de la petite MG. Ces différentes silhouettes expliquent pourquoi le poids et certaines dimensions publiés pour la PA peuvent varier d’un exemplaire à l’autre. Pour la deux places, les données d’époque conduisent à un poids d’environ 686 kg.
La PA possède aussi plusieurs détails utiles pour l’identifier. Sa calandre utilise notamment une grille en nid d’abeilles. Ce point devient particulièrement intéressant lorsqu’il faut la différencier de la PB, qui adopte des barrettes verticales. Les voitures transformées pour la compétition ou équipées ultérieurement d’un compresseur peuvent toutefois s’éloigner sensiblement de la configuration de série.
Fiche technique de la MG Pa
| Caractéristique | MG PA |
|---|---|
| Période de production | 1934-1935 |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | 4 cylindres en ligne essence, arbre à cames en tête |
| Cylindrée | 847 cm³ |
| Alésage x course | 57 x 83 mm |
| Alimentation | 2 carburateurs SU |
| Puissance | Environ 36 ch à 5 500 tr/min |
| Vilebrequin | 3 paliers |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 4 rapports, non synchronisée |
| Structure | Châssis séparé |
| Suspension | Essieux rigides, ressorts semi-elliptiques |
| Direction | Type Bishop cam |
| Freins | Tambours mécaniques de 12 pouces, commande par câbles |
| Roues | À rayons, fixation centrale |
| Pneumatiques | 19 x 4.00 pouces |
| Empattement | 87 pouces, environ 2 210 mm |
| Voie | 42 pouces, environ 1 067 mm |
| Longueur | Environ 3 327 mm |
| Largeur | Environ 1 330 mm selon configuration et conversion des données d’époque |
| Poids | Environ 686 kg pour la configuration de référence documentée |
| Vitesse maximale | Environ 119 à 122 km/h selon configuration et conditions |
| Consommation historique | Environ 35 mpg impériaux, soit approximativement 8,1 l/100 km |
| Carrosseries | Deux places ouverte, Tourer quatre places, Airline Coupé |
De la PA à la PB puis aux T-Type
L’évolution décisive intervient en 1935 avec la PB. La cylindrée passe alors de 847 à 939 cm³ et la puissance atteint environ 43 ch. C’est à partir de cette évolution que la première P-Type est couramment identifiée sous le nom PA. La distinction ne repose donc pas seulement sur une appellation: moteur, présentation de la calandre et certains éléments du tableau de bord permettent de séparer les deux versions.
La production de la PA est généralement située autour de 2 000 voitures. Le MG Owners’ Club avance 1 973 exemplaires, tandis que le registre spécialisé du MG Car Club en indique 2 000. Une partie de l’écart peut être liée aux voitures converties en spécification PB, 27 transformations étant mentionnées dans la documentation historique. Il est donc plus rigoureux de retenir un ordre de grandeur d’environ 2 000 PA plutôt que de présenter un total unique comme définitivement établi.
Cette courte carrière précède un nouveau changement de génération. En 1936, la MG TA ouvre la famille qui succède aux P-Type. Les MG T-Type prolongeront ensuite pendant plusieurs années la formule du petit roadster britannique à châssis séparé, en la faisant évoluer progressivement.
Trois MG PA au Mans en 1935
La compétition occupe une place importante dans l’histoire du modèle. Les PA participent aux trials, courses de côte et épreuves sur circuit, mais leur apparition la plus célèbre se déroule aux 24 Heures du Mans 1935. Trois voitures sont engagées sous la direction de George Eyston avec des équipages exclusivement féminins, rapidement associés au surnom des Dancing Daughters.
Barbara Skinner et Doreen Evans partagent une voiture, Joan Richmond court avec Barbara Simpson, tandis que Margaret Allen est associée à Colleen Eaton. Les trois MG atteignent l’arrivée. Elles sont classées aux 24e, 25e et 26e places, un résultat qui met surtout en évidence l’endurance de ces petites voitures de moins d’un litre face à une épreuve particulièrement exigeante.
L’histoire de ces exemplaires rappelle cependant la difficulté d’utiliser une PA de compétition survivante comme référence technique pour une voiture de série. Certaines ont été profondément modifiées au fil de leur carrière. L’une des voitures du Mans, connue par la suite sous le nom de Leonidis, a notamment reçu une mécanique de type PB puis un compresseur Marshall. Ces transformations font partie de son histoire sportive, mais ne correspondent pas à la définition d’origine d’une PA routière.
Une petite sportive dans la gamme MG des années 1930
Le positionnement de la PA est celui d’une Midget, et non d’une automobile de grand tourisme. MG commercialise à la même époque des modèles plus importants, dont les MG Magnette. La PA représente au contraire l’approche la plus compacte de la sportivité selon la marque: mécanique de petite cylindrée, masse contenue et châssis simple capable d’être utilisé aussi bien sur route qu’en compétition amateur.
Cette philosophie explique aussi son prix. La deux places est proposée autour de 220 livres lors de son lancement, tandis que la quatre places coûte environ 240 livres et l’Airline Coupé environ 290 livres. Après l’arrivée de la PB, certaines PA encore disponibles sont proposées à un tarif réduit pouvant descendre à 199 livres.
La lignée évoluera considérablement après-guerre. La MG MGA abandonnera dans les années 1950 la silhouette verticale caractéristique des Midget et T-Type au profit d’une carrosserie beaucoup plus basse et enveloppante. La PA reste ainsi représentative d’une période très différente de l’histoire de MG, lorsque moins de 850 cm³, un châssis séparé et environ 36 ch suffisaient à constituer l’une des petites voitures de sport emblématiques de la marque.




