Présentée en 1939, la MG Tb occupe une place singulière dans l’histoire de la marque britannique. Produite pendant quelques mois seulement avant que la Seconde Guerre mondiale ne bouleverse l’activité de l’usine d’Abingdon, elle ne totalise que 379 exemplaires. Derrière une carrosserie très proche de celle de la MG TA qu’elle remplace, la Tb inaugure surtout le moteur XPAG de 1 250 cm³, mécanique appelée à devenir indissociable des petites sportives MG de l’après-guerre.
Une évolution décisive de la MG TA en 1939
La Tb apparaît au printemps 1939 comme la deuxième représentante de la famille MG T-Type. Il ne s’agit pas d’une automobile entièrement nouvelle. MG conserve l’architecture générale, le châssis séparé et l’allure caractéristique de la TA, mais intervient sur plusieurs éléments mécaniques importants. Cette stratégie permet de moderniser rapidement son petit roadster sans bouleverser une formule déjà bien établie.
La transformation essentielle se trouve sous le capot. Le quatre cylindres MPJG de 1 292 cm³ de la TA cède sa place au XPAG de 1 250 cm³. Malgré sa cylindrée légèrement inférieure, ce nouveau moteur possède une conception mieux adaptée au caractère sportif recherché par MG. Alimenté par deux carburateurs SU, il développe environ 54 bhp à 5 200 tr/min. Son adoption sur la Tb marque le début d’une longue carrière puisque le XPAG sera ensuite utilisé sur plusieurs modèles de la marque.
La transmission évolue également. La boîte manuelle conserve quatre rapports, mais ses rapports sont adaptés au nouveau moteur. L’ancien embrayage à garnitures de liège fonctionnant dans l’huile laisse place à un embrayage monodisque à sec Borg & Beck. Ces changements sont plus significatifs que ne le laisse penser la ressemblance extérieure entre TA et Tb.
La carrière commerciale commence dans un contexte particulièrement défavorable. Annoncée au printemps 1939, la voiture entre en production quelques mois avant le déclenchement de la guerre en Europe. L’activité automobile d’Abingdon est progressivement réorientée vers l’effort de guerre. La dernière Tb est généralement identifiée comme le châssis TB0629, sorti en octobre 1939. La production automobile de la lignée T ne reprendra qu’après le conflit.
Un roadster britannique à la construction traditionnelle
La MG Tb reste fidèle aux méthodes de construction de son époque. Sa carrosserie repose sur un châssis séparé et fait appel à une ossature en frêne habillée de panneaux métalliques. Le moteur est installé longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. Les essieux avant et arrière sont rigides, associés à des ressorts à lames semi-elliptiques et à des amortisseurs hydrauliques à bras.
Cette architecture est aujourd’hui rudimentaire en apparence, mais elle correspond à la philosophie des petites MG sportives d’avant-guerre. La direction utilise un boîtier Bishop Cam et le freinage est hydraulique, avec des tambours aux quatre roues. Les roues à rayons de 19 pouces participent autant au comportement qu’à la silhouette très identifiable du modèle.
Avec un empattement d’environ 2,39 m et une longueur proche de 3,55 m, la Tb est une automobile compacte. Sa carrosserie étroite, ses roues rejetées vers les extrémités et son poste de conduite ouvert renforcent cette impression. Les performances restent modestes en valeur absolue, avec une vitesse maximale généralement située autour de 125 à 130 km/h pour une voiture standard, mais le faible gabarit et la mécanique relativement vive correspondent à la vocation sportive du modèle.
Fiche technique de la MG Tb
| Caractéristique | MG Tb |
|---|---|
| Année de lancement | 1939 |
| Production | 1939 |
| Type | Voiture de sport 2 places |
| Carrosseries | Open two-seater, Tickford Drophead Coupé |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | XPAG, 4 cylindres en ligne essence |
| Cylindrée | 1 250 cm³ |
| Alésage x course | Environ 66,5 x 90 mm |
| Distribution | Soupapes en tête |
| Alimentation | Deux carburateurs SU |
| Puissance | Environ 54 bhp à 5 200 tr/min |
| Couple | Environ 87 Nm à 2 600 tr/min |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 4 rapports |
| Embrayage | Monodisque à sec Borg & Beck |
| Structure | Châssis séparé, ossature de carrosserie en frêne |
| Suspension avant | Essieu rigide, ressorts à lames semi-elliptiques |
| Suspension arrière | Essieu rigide, ressorts à lames semi-elliptiques |
| Amortisseurs | Hydrauliques à bras |
| Direction | Bishop Cam |
| Freins | Hydrauliques, tambours aux quatre roues |
| Diamètre des tambours | Environ 229 mm |
| Roues | À rayons, 19 pouces |
| Empattement | 2 388 mm |
| Longueur | Environ 3 550 mm |
| Largeur | Environ 1 422 mm |
| Voies | Environ 1 143 mm |
| Vitesse maximale | Environ 125 à 130 km/h pour une voiture standard |
| Lieu de production | Abingdon, Royaume-Uni |
| Nombre produit | 379 exemplaires |
Comment reconnaître une MG Tb
Distinguer une Tb d’une TA demande davantage d’attention que leur différence mécanique pourrait le suggérer. Les deux voitures partagent la même silhouette fondamentale, avec une calandre verticale surmontée du badge MG, des phares indépendants, de longues ailes séparées, des marchepieds et une roue de secours montée à l’arrière. La Tb conserve donc pleinement l’esthétique des Midget de la fin des années 1930.
Certains détails permettent néanmoins de l’identifier. Les roues à rayons adoptent notamment un rayonnage central différent de celui de la TA. La disposition des ouïes du capot évolue également et le côté gauche du capot présente un renflement lié à l’installation de la dynamo du moteur XPAG. Sur le roadster, les indicateurs de direction de type semaphore employés sur la TA disparaissent. Ces indices sont particulièrement utiles car la carrosserie générale ne suffit pas toujours à différencier les deux modèles sur une photographie.
La Tb existe principalement sous la forme du traditionnel roadster ouvert à deux places, mais une version plus raffinée est proposée avec une carrosserie Drophead Coupé Tickford. Réalisée par Salmons & Sons à Newport Pagnell, elle se distingue notamment par sa capote élaborée, utilisable dans plusieurs positions, et par ses vitres latérales descendantes. Elle apporte une protection supérieure aux intempéries tout en conservant l’architecture sportive de la Tb.
379 exemplaires avant l’interruption de la guerre
La brièveté de sa production explique la rareté actuelle de la MG Tb. Les numéros de châssis s’étendent de TB0251 à TB0629, soit exactement 379 numéros. La répartition entre les deux carrosseries fait l’objet d’une petite divergence documentaire. Le décompte de 322 open two-seaters et 57 Tickford est le mieux recoupé, tandis que certaines publications indiquent 319 roadsters et 60 Tickford. Le total de 379 voitures, lui, est solidement établi.
À son lancement, le two-seater est proposé au Royaume-Uni autour de 225 livres, tandis que le Tickford coûte environ 270 livres. Cette différence traduit le caractère plus complexe et plus luxueux de la carrosserie fermable. La guerre empêche cependant MG de développer normalement la gamme ou de faire évoluer la Tb au fil de plusieurs millésimes.
Cette production minuscule distingue fortement la Tb des T-Type qui suivront. Sa rareté ne résulte donc pas d’une série spéciale volontairement limitée, mais d’un événement historique ayant interrompu une carrière à peine commencée. Elle explique aussi l’importance des numéros de châssis et des caractéristiques mécaniques lorsqu’il s’agit d’authentifier un exemplaire aujourd’hui.
La Tb face aux TC et TD d’après-guerre
Lorsque MG recommence à construire des automobiles après la guerre, la MG TC prolonge directement la formule de la Tb. Elle conserve notamment le moteur XPAG et une architecture générale très voisine, tout en recevant plusieurs modifications de détail. La proximité est telle que la Tb peut être considérée comme la base mécanique immédiate de la T-Type qui contribuera largement à la réputation internationale de MG après 1945.
La transformation devient nettement plus profonde avec la MG TD. Celle-ci abandonne notamment l’essieu avant rigide au profit d’une suspension avant indépendante et adopte une direction à crémaillère. La comparaison permet de mesurer le caractère encore très nettement avant-guerre de la Tb, dont le châssis demeure fidèle aux solutions techniques des petites sportives britanniques des années 1930.
La famille T-Type sera finalement remplacée au milieu des années 1950 par la MG MGA, dont la carrosserie basse et enveloppante rompt avec les ailes séparées et la calandre verticale des anciennes Midget. Entre ces deux époques, le moteur introduit par la Tb aura accompagné l’essentiel du développement des petites MG à moteur XPAG.
Une carrière sportive prolongée bien après 1939
La date tardive de son apparition laisse très peu de temps à la Tb pour construire un palmarès avant-guerre. Il faut d’ailleurs éviter de lui attribuer certains résultats parfois associés au modèle dans des bases historiques. Le Grand Prix d’Australie disputé en janvier 1939, par exemple, précède de plusieurs mois le lancement de la Tb et ne peut donc constituer un engagement de ce modèle.
Des Tb ont en revanche été transformées et engagées en compétition après la guerre. Une MG TB Special est notamment associée à Alf Najar dans les épreuves australiennes de l’après-guerre, dont le New South Wales Grand Prix de 1946 à Mount Panorama. Ces voitures préparées ne correspondent toutefois plus nécessairement à la configuration d’origine du roadster de série.
Le principal apport sportif et technique de la Tb reste ainsi son XPAG. Avec seulement 379 voitures construites, elle n’a jamais bénéficié de la diffusion nécessaire pour égaler la notoriété des T-Type d’après-guerre. Elle est pourtant le premier maillon de cette période mécanique de MG, puisque le petit quatre cylindres apparu sous son capot en 1939 poursuivra sa carrière sur les TC, TD et les premières TF.




