Apparue en 2006, la Porsche Targa 4 marque une étape particulière dans l’histoire de la Porsche 911 Targa. Pour la première fois, Porsche associe systématiquement cette carrosserie à quatre roues motrices, d’où l’adoption des appellations Targa 4 et Targa 4S. Cette évolution ne se limite pourtant pas à la transmission : la voiture conserve le vaste pavillon vitré coulissant qui distingue alors la Targa du coupé comme du cabriolet.
Cette première Targa 4 appartient à la Porsche 911 type 997. Elle arrive environ deux ans après les premières Carrera de cette génération et reprend leur architecture traditionnelle, avec un six cylindres à plat installé derrière l’essieu arrière. Dans sa définition initiale, elle reçoit le moteur 3,6 litres atmosphérique de 325 ch, tandis que la Targa 4S utilise un 3,8 litres plus puissant.
Une Targa 997 à quatre roues motrices
La Targa 4 s’inscrit dans une lignée dont la philosophie avait déjà profondément changé avant son apparition. Les premières 911 Targa utilisaient un arceau fixe et une partie centrale de toit amovible. Plusieurs décennies plus tard, Porsche transforme progressivement cette formule en proposant un grand toit transparent coulissant. La Porsche 911 type 996 pousse cette évolution plus loin en associant le pavillon vitré à une lunette arrière relevable, une solution reprise sur la 997.
La génération lancée en 2006 se distingue cependant par un choix inédit : aucune Targa 997 à propulsion n’est proposée. Porsche utilise la carrosserie élargie des 911 à transmission intégrale et commercialise uniquement la Targa 4 et la Porsche Targa 4S. Le chiffre 4 devient donc indissociable de cette génération de Targa.
Visuellement, la Targa 4 reste très proche d’une 911 997, avec ses projecteurs aux formes arrondies qui rompent avec le dessin controversé de la génération précédente. Son pavillon permet toutefois de l’identifier immédiatement. Une grande surface vitrée s’étend au-dessus de l’habitacle et deux baguettes longitudinales en aluminium poli soulignent les côtés du toit. À l’arrière, la lunette peut être relevée indépendamment afin de faciliter l’accès à l’espace situé derrière les sièges.
Un toit panoramique au coeur de son identité
Sur cette génération, le mot Targa ne correspond donc pas encore au mécanisme spectaculaire qui apparaîtra sur les modèles plus récents. Le panneau transparent de la 997 coulisse électriquement vers l’arrière sous la lunette. Une fois ouvert, il découvre une large partie de l’habitacle tout en conservant les structures latérales du pavillon. Porsche emploie en outre un verre spécifique permettant d’alléger l’ensemble de 1,9 kg par rapport au dispositif précédent.
Cette architecture donne à la Targa 4 une personnalité distincte dans une gamme 911 déjà très diversifiée. Elle conserve une structure fermée et une silhouette proche du coupé, mais apporte davantage de lumière dans l’habitacle et une grande ouverture au-dessus des occupants. La lunette relevable constitue également une particularité pratique inhabituelle pour une 911, puisqu’elle permet de charger de petits objets sans ouvrir une malle conventionnelle.
La carrosserie reprend par ailleurs la largeur des versions à quatre roues motrices. Les ailes arrière sont plus généreuses que celles d’une Carrera à propulsion, avec environ 44 mm supplémentaires. Cette caractéristique rapproche techniquement et visuellement la Targa de la Porsche 911 Carrera 4, tout en laissant au toit panoramique le rôle de principal élément distinctif.
Flat-six 3,6 litres et transmission intégrale
La première Targa 4 reçoit un flat-six atmosphérique de 3 596 cm3 développant 325 ch. Installé longitudinalement en porte-à-faux arrière, il est associé de série à une boîte manuelle à six rapports. Une Tiptronic S automatique à cinq rapports est proposée en alternative. La transmission intégrale de cette première phase utilise un visco-coupleur multidisque et peut faire varier la part de couple envoyée vers l’essieu avant en fonction des conditions d’adhérence.
Cette configuration ne vise pas à transformer la Targa en modèle tout-terrain ni à effacer le caractère d’une 911. Le moteur reste placé derrière l’essieu arrière et la répartition mécanique conserve les particularités historiques de la famille. Les quatre roues motrices apportent surtout de la motricité et accompagnent le positionnement plus polyvalent de cette carrosserie.
La Targa 4 de lancement atteint 100 km/h en 5,3 secondes avec la boîte manuelle et peut atteindre 280 km/h. Ces performances la placent légèrement en retrait de certaines 911 plus légères ou plus puissantes, mais restent celles d’une véritable sportive. La masse supérieure s’explique notamment par la transmission intégrale et par le mécanisme complexe du toit panoramique.
Fiche technique de la Porsche Targa 4
| Caractéristique | Porsche Targa 4 997.1 |
|---|---|
| Période | À partir de 2006 |
| Carrosserie | 911 Targa 2+2, toit panoramique vitré coulissant |
| Moteur | 6 cylindres à plat atmosphérique |
| Implantation | Longitudinale arrière, en porte-à-faux |
| Cylindrée | 3 596 cm3 |
| Alésage x course | 96 x 82,8 mm |
| Distribution | 24 soupapes, VarioCam Plus |
| Rapport volumétrique | 11,3:1 |
| Puissance | 325 ch à 6 800 tr/min |
| Couple | 370 Nm à 4 250 tr/min |
| Transmission | Intégrale permanente |
| Boîte de série | Manuelle à 6 rapports |
| Boîte optionnelle | Tiptronic S à 5 rapports |
| Suspension avant | Type McPherson |
| Suspension arrière | Multibras |
| Direction | Crémaillère à assistance hydraulique |
| Freins | Disques ventilés aux quatre roues |
| Pneus avant | 235/40 R18 |
| Pneus arrière | 295/35 R18 |
| Longueur | 4 427 mm |
| Largeur | 1 852 mm |
| Hauteur | 1 310 mm |
| Empattement | 2 350 mm |
| Voie avant | 1 488 mm |
| Voie arrière | 1 548 mm |
| Poids à vide | Environ 1 585 kg selon la définition française documentée |
| 0 à 100 km/h | 5,3 s avec boîte manuelle |
| Vitesse maximale | 280 km/h avec boîte manuelle |
| Consommation mixte | 11,3 l/100 km selon le cycle d’homologation d’époque |
| Émissions de CO2 | 272 g/km |
Le restylage transforme la Targa 4
L’évolution technique de la 911 type 997 touche profondément la Targa. À partir du restylage introduit en 2008 pour le millésime 2009, le moteur 3,6 litres évolue et adopte l’injection directe d’essence. Sa cylindrée passe à 3 614 cm3, sa puissance atteint 345 ch et son couple 390 Nm. Les changements dépassent donc largement une simple retouche des boucliers ou des feux.
La transmission automatique évolue encore plus nettement. La Tiptronic S disparaît au profit de la PDK à sept rapports et double embrayage. Cette boîte permet des changements de rapport plus rapides et contribue à moderniser le comportement de la seconde phase. La transmission intégrale évolue elle aussi, dans le cadre des transformations apportées aux 911 Carrera 4 contemporaines.
Avec la boîte manuelle, la Targa 4 restylée peut atteindre environ 284 km/h et réaliser le 0 à 100 km/h en 5,2 secondes. Les exemplaires équipés de la PDK présentent des chiffres différents en fonction de leur configuration. Cette distinction entre 997.1 et 997.2 est essentielle : présenter toutes les Targa 4 de cette génération comme des modèles de 325 ch ou, inversement, de 345 ch serait incorrect.
Une diffusion limitée face à la Targa 4S
Les chiffres de production de référence généralement publiés font état d’environ 1 525 Targa 4 pour la première phase de la 997, puis 1 046 pour la version restylée, soit environ 2 571 exemplaires. Ces données proviennent de compilations spécialisées plutôt que d’un décompte public détaillé de Porsche, mais elles concordent sur un point : la Targa 4 est nettement moins répandue que la Targa 4S.
En France, les archives tarifaires indiquent un prix neuf proche de 97 000 euros en 2006, avec de petites différences selon la date exacte du tarif considéré. Le modèle restylé dépasse ensuite 99 000 euros en boîte manuelle. À ces montants pouvaient s’ajouter les nombreuses options caractéristiques du catalogue Porsche, ce qui rend peu pertinente la recherche d’un prix neuf unique applicable à tous les exemplaires.
La Targa 4 n’a pas été conçue comme une homologation de compétition et ne possède pas le palmarès des variantes GT de la 911. Son intérêt historique se situe ailleurs : la 997 est la première génération sur laquelle Porsche fait de la transmission intégrale une caractéristique systématique de la Targa, principe qui sera conservé par sa remplaçante.
Le passage de la 997 à la Targa moderne
Lorsque la Porsche 911 type 991 reprend l’appellation Targa 4 en 2014, Porsche change complètement de direction pour le pavillon. Le grand panneau vitré coulissant de la 997 disparaît au profit d’une interprétation moderne de la Targa historique, avec large arceau transversal, lunette arrière enveloppante et panneau de toit mobile.
La 997 reste ainsi la dernière Targa fondée sur le concept du vaste toit panoramique coulissant inauguré sur les générations précédentes. Sa Targa 4 occupe une place très identifiable dans l’histoire de la 911 : carrosserie large, transmission intégrale, flat-six atmosphérique et grand pavillon transparent forment une combinaison propre à cette période, avant que Porsche ne redonne au nom Targa une silhouette beaucoup plus proche de celle des modèles historiques.





